04/12/2007

Où l'auteur dresse avec conviction le Pannini Générique d'un sport admirable même dans sa version féminine dont c'est le Mondial en cet instant même

 

Le handball est un sport viril dont la version femelle fournit un passe-temps digne d'intérêt aux dames qui considèrent que le rugby est un sport de gonzesses, En effet, c'est à juste titre que les moins tapettes de nos alter ego féminines considèrent qu'il est infiniment plus jouissif de se faire arracher un bras plutôt que de se faire plaquer par les jambes (peuh!), de choir en plein galop sur une surface dure plutôt que sur de l'herbe moëlleuse (fi!), et de tirer à la main avec un petit ballon rond dans un but défendu par une gardienne qu'on peut éventuellement assommer au passage (yesss!) plutôt que d'aller poser un ballon ovoïde derrière une ligne blanche même pas sniffable ou de tirer au pied par-dessus un en-but défendu par personne (billevesées!). Et d’infliger la réciproque à l’équipe d’en face. Ce sport plaît, accessoirement, aux hommes trop ravis de voir, saucisson et chopine à la main, leurs douces compagnes enfin leur lâcher la grappe et s’en mettre plein la tronche entre elles sur un terrain pas trop grand avec ralenti subséquent - et en gros plan - sur partout où ça castagne.

 

Dans ce sport éminemment rugueux voire proche du brutal quand les arbitres déconnent, ce sont évidemment les nations européennes qui dominent, quoique des nations d'autres continents puissent à l'occasion créer la surprise. Je pense en particulier à la Corée du Sud dont les équipes nationales pratiquent le hand avec une rapidité et une précision tout à fait sidérantes mais que, hélas, leur faible gabarit moyen empêche d'atteindre les vrais sommets, tant il est vrai que les Asiatiques des deux sexes sont frêles et chétifs, et que la taille et le poids sont en handball des atouts de choc, ce qui est d’ailleurs le seul point commun entre ce noble sport et le rugby précité.

 

On le sait trop peu: la France handballante du sexe pas si faible a déjà remporté un Mondial, c'était en 2003 dans des circonstances homériques puisque les ouailles de Mr Krümbholz (c'est l'entraîneur, qui comme souvent possède un nom péniblement orthographiable), bien mal embarquées dans la finale, avaient remonté dans les 6 dernières minutes un handicap de 6 buts, infligeant à l'instar d'une Justine Hénin déchaînée un cinglant 6-0 à l'équipe norvégienne adverse qui encaissa sans réagir une demi-douzaine de buts consécutifs, soit une double triplette, et c'est rien de le dire même en multipliant les pléonasmes.

 

C'est précisément en France que, depuis ce dimanche, le Mondial 2007 féminin bat son plein - parce que s’il battait son vide ce serait d’un ridicule achevé -, ce qui donne une bonne occasion au pays local (qu'on peut qualifier aussi d'autochtone, voire de topique) de rechausser une seconde fois la couronne du sacre suprême (pour une couronne, ne conviendrait-il pas plutôt d'utiliser le terme "retêter" afin d’éviter une salade de membres ? Je m'interroge). A l’immense satisfaction de l’amateur avide généralement frustré de la sous-médiatisation persistante de ce sport sublime, pour la première fois lors d'un compétition handballifiante, TOUTES les rencontres sont suivibles en direct sur internet. Certes, ça me fait un beau bras (*) quand il y en a quatre (de rencontres) qui se jouent simultanément, mais cela permet d’admirer à l'oeuvre et en principe la totalité des équipes quand on a suffisamment d’écrans et de paires d’yeux, et de comparer les styles, les forces, les faiblesses, les coupes de cheveux, couleurs des maillots et autres choses bien utiles pour se faire une idée de sur laquelle des équipes il faut miser des picaillons chez Monsieur Ladbroke ou Madame Unibet afin de tenter de relever l’ordinaire en beurrant ses épinards pour peut qu’on ait eu le flair adéquat lors du pronosticage.

 

On n'en est qu'au tour préliminaire – mais ruez-vous quand même, ce soir c’est déjà la fin du tour susdit - et pourtant le public, enthousiaste autant qu’ébahi, a déjà pu assister à une première surprise de taille XL : l'élimination de l'Ukraine, pourtant médaille de bronze aux derniers J.O., et qui rêvait de podium, suite à deux défaites d'emblée contre l'Allemagne et la Corée. Et un second étonnement se profile avec la probable et imminente élimination du Brésil, qui avait pourtant battu la France en match de préparation. Parmi les équipes qui impressionnent, tout en cachant soigneusement leur jeu comme c'est de mise avant que les choses sérieuses ne débutent vraiment, on note la Russie, championne du monde en titre, la Norvège, la Roumanie et la Hongrie. Je suis pour l'instant plus réservé sur la France, qui n'a pas dû sortir le grand jeu pour venir facilement à bout de deux équipes de second plan (Argentine et Kazakhstan). Les Hexagonales jouent ce soir contre la Croatie, on verra plus clair sur leurs réelles possibilités à l’issue de ce duel fort attendu.

 

Au vu du niveau de jeu, je suis fort jouasse d’avoir bien à l’avance réservé des places pour aller assister en direct là-bas de visu sur place et de mes yeux, au stade de Paris-Bercy, aux quatre quarts de finale ainsi qu’aux quatre finales (pour les places 1 à 8) en fin de semaine prochaine. Et dès le 19 janvier, ce sera le tour de l’Euro masculin ! Régalade assurée.

 

 

(*) Si je causais foutebal, je dirais évidemment "une belle jambe".

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