06/04/2008

Où l'auteur fait le plein de génie généralement poétique

 

Le 20 mars dernier, quelques jours avant d’atteindre ses 62 ans, s’est éteint le génial et fantasque (ça va souvent de pair) Klaus Dinger. Pionnier de la musique électronique, il fut membre de Kraftwerk à ses débuts, fonda ensuite Neu! , puis La Düsseldorf, que je considère comme l’un des tout meilleurs groupes électroniques de l’Histoire, avec (seulement) 3 albums magistraux : La Düsseldorf, Viva (que j’ai bien dû acheter cinq fois en version vinyl tant je me l’écoutais en boucle – manuelle à l’époque) et Individuellos, contenant des morceaux sublimes comme Rheinita, Cha Cha 2000 et Ich Liebe Dich, entre autres.

 

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Klaus Dinger, le génie de la zik électronique (à droite)
 

Parmi les artistes géniaux encore vivants, j’ai assisté cette semaine aux triomphes à Paris de Fabrice Luchini (au Théâtre de la Renaissance) et de Juliette (à l’Olympia). A peine remis de cette double claque phénoménale ponctuée d’une visite au Musée d’Orsay où j’eus les sens retournés par une série d’œuvres terrassantes au point que les mots me manquent pour en parler décemment, je m’en suis pris une troisième dans la foulée, de baffe, au FiESTIVAL Maelström ce samedi à Bruxelles, à l’écoute d’Ann Waldmann accompagnée/traduite par Marianne Costa et Pierre Guéry (qui interpréta un "Blues de la Reproduction" tout bonnement sidérant), Charles Coocoo, et les poètes et musiciens de la Troupe Poétique Nomade (que je viens de rejoindre) avec Dominique Massaut, Vincent Tholomé, Martin Bakero, Damien Spleeters, Théophile de Giraud et d’autres non moindres encore (du coup est née dans mon cerveau fertile l’idée d’enregistrer bientôt un album avec cette joyeuse bande au talent multiforme et non-sédentaire). J’ai interprété à cette occasion une double version oulipienne du Corbeau et du Renard, agrémentée de considérations fromagères étendues. Mon camarade Théophile se trouva fort aise que j'accordasse des vacances à son museau en quittant le siège voisin du sien pour aller déclamer au micro, tant les relents du Herve* que je tenais en poche pour illustrer mes propos commençaient à devenir insupportables à son petit nez mutin et fromajo-réfractaire.

 

* Le Herve est cette denrée fermentée belge ferme, légère et relevée, présentée en revêtement vert. En désenfermer le Herve révèle de revêches relents de sel, de ferments et de crème ; l’ensemble énerve très nettement le nez. Bref et certes, le Herve empeste et je m’empresse de le sceller derechef. Le Herve se sert en entrée et en entremets, et même, de temps en temps, se prend en dessert. Et ce n'est péché de s'en délecter.

 

La soirée se termina entre Poètes Nomades par une errance alcoolisée et rigolarde dans les bas-fonds bruxellois jusqu’au petit jour.

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