15/04/2008

Où l'auteur la boucle et illustre

 
JM
 
JL2
 
AM
 
GH
 
Modern Cubism @ DNA, 11 avril 2008 - Photos : Bernard Féron

06/04/2008

Où l'auteur fait le plein de génie généralement poétique

 

Le 20 mars dernier, quelques jours avant d’atteindre ses 62 ans, s’est éteint le génial et fantasque (ça va souvent de pair) Klaus Dinger. Pionnier de la musique électronique, il fut membre de Kraftwerk à ses débuts, fonda ensuite Neu! , puis La Düsseldorf, que je considère comme l’un des tout meilleurs groupes électroniques de l’Histoire, avec (seulement) 3 albums magistraux : La Düsseldorf, Viva (que j’ai bien dû acheter cinq fois en version vinyl tant je me l’écoutais en boucle – manuelle à l’époque) et Individuellos, contenant des morceaux sublimes comme Rheinita, Cha Cha 2000 et Ich Liebe Dich, entre autres.

 

dinger
Klaus Dinger, le génie de la zik électronique (à droite)
 

Parmi les artistes géniaux encore vivants, j’ai assisté cette semaine aux triomphes à Paris de Fabrice Luchini (au Théâtre de la Renaissance) et de Juliette (à l’Olympia). A peine remis de cette double claque phénoménale ponctuée d’une visite au Musée d’Orsay où j’eus les sens retournés par une série d’œuvres terrassantes au point que les mots me manquent pour en parler décemment, je m’en suis pris une troisième dans la foulée, de baffe, au FiESTIVAL Maelström ce samedi à Bruxelles, à l’écoute d’Ann Waldmann accompagnée/traduite par Marianne Costa et Pierre Guéry (qui interpréta un "Blues de la Reproduction" tout bonnement sidérant), Charles Coocoo, et les poètes et musiciens de la Troupe Poétique Nomade (que je viens de rejoindre) avec Dominique Massaut, Vincent Tholomé, Martin Bakero, Damien Spleeters, Théophile de Giraud et d’autres non moindres encore (du coup est née dans mon cerveau fertile l’idée d’enregistrer bientôt un album avec cette joyeuse bande au talent multiforme et non-sédentaire). J’ai interprété à cette occasion une double version oulipienne du Corbeau et du Renard, agrémentée de considérations fromagères étendues. Mon camarade Théophile se trouva fort aise que j'accordasse des vacances à son museau en quittant le siège voisin du sien pour aller déclamer au micro, tant les relents du Herve* que je tenais en poche pour illustrer mes propos commençaient à devenir insupportables à son petit nez mutin et fromajo-réfractaire.

 

* Le Herve est cette denrée fermentée belge ferme, légère et relevée, présentée en revêtement vert. En désenfermer le Herve révèle de revêches relents de sel, de ferments et de crème ; l’ensemble énerve très nettement le nez. Bref et certes, le Herve empeste et je m’empresse de le sceller derechef. Le Herve se sert en entrée et en entremets, et même, de temps en temps, se prend en dessert. Et ce n'est péché de s'en délecter.

 

La soirée se termina entre Poètes Nomades par une errance alcoolisée et rigolarde dans les bas-fonds bruxellois jusqu’au petit jour.

02/04/2008

Où l'auteur, collant à l'actualité du mieux qu'il peut, révèle des choses sidérantes mais finalement pas si incroyables que ça

La chose est à peine croyable mais bien réelle : les superbes poèmes de Monsieur Norge s’invitent sur scène pour quatre jours dès ce soir au Jardin de ma Sœur à Bruxelles (près de la place Sainte-Catherine), pour en savoir plus, suivez ce lien.

 Of course, j’en serai, emmenant avec moi un fort contingent d’inconditionnels. J’ai réservé les places il y a déjà longtemps tout en n’en parlant qu’à la dernière minute, car je ne tenais point à faire exploser sous la considérable capacité d'influence (ahem) de ce blog la billetterie très alerte de ce petit endroit précieux précédemment ignoré de moi et tellement bien sur le coup qu'il répond aux mails jusqu'aux heures les plus indues de la nuit. 

 

Beaucoup moins folichon : je viens d’apprendre que MM. Lambot et Gates, patrons de la société PIAS active dans la musique, qui distribuèrent jadis les disques de Front 242, viennent de recevoir le titre de Chevaliers des Arts et Lettres. Grand bien leur fasse. Mais permettez-moi de ricaner à cette nouvelle preuve de la lamentabilité de notre époque : des boutiquiers qui sont faits chevaliers ! Il n’y a sans doute pas assez d’Artistes Méritants dans ce pays pour qu’on attribue ce titre prestigieux non point à de Vrais Créateurs, mais à des commerçants bien plus préoccupés de rentabilité et de profit que d’art, de littérature ou de culture autres que sous leurs formes les plus dégradées, exploitables et commerciales. Dans une société où tout se récupère, s’achète et se vend, Arts et Lettres sont depuis longtemps moulinettés, conservisés et marketés comme de vulgaires marchandises (de Bas-Arts), et dans cette nouvelle donne, autant qu'on s'y habitue, ce sont les siphonneurs-de-talents-pour-en-faire-du-pognon qui empochent les sous et les honneurs. Ben voyons ! C’est merveilleux (et demain on canonisera Rocco Sifredi) ! Ne vous méprenez point à lire dans ces lignes la moindre trace d'envie de ma part : non seulement je ne me considère nullement comme un artiste (un artisan, à la rigueur), mais en sus je n’ai aucune ambition de reconnaissance hormis celle de faire passer quelques bons moments aux gens qui tombent sur ce qu'il m'arrive de pondre. Par contre, pour venir en aide désintéressée aux décideurs mous de la cervelle des Hautes Décorations Culturelles (dont on se demande s'ils y connaissent vraiment quelque chose), je suis en mesure de leur fournir gracieusement une liste motivée d'au moins vingt vrais artistes belges dont la nomination, elle, ne déparerait pas la hauteur supposée du titre qu'ils se targuent de décerner.

 

Allez, un peu d'audition d'oeuvres de Juliette pour retrouver la zénitude qui s'impose avant d'aller écouter les poèmes norgiens au cours de la belle soirée qui s'annonce.

 

PS : mon verdict post-visum: le spectacle sur Norge est une vraie réussite, nous sommes sept (identifiés) plus une trentaine d'autres (non identifiés) à avoir passé une soirée sublime et inoubliable. Courez-y !