06/08/2008

Où l'auteur se montre manifestement soucieux, en prévision d'un important concert vikandieux en Allemagne, de ne point se blesser aux chevilles ...

Un ami m'envoie ceci, qui me semble pertinent. Je le soumets donc à la sagacité (avérée) du lectorat de ce blog. Ignorant le site de pondaison dudit commentaire (non mentionné dans l'envoi), et encore embué des effluves pamplemoussesques pré-évoqués, je renonce sans remords à en rechercher l'origine (dudit commentaire), étant persuadé que tout lecteur même médiocrement familiarisé à la recherche internetteuse mais suffisamment motivé par la chose saura s'acquitter sans mollir ni délai de cette démarche heuristique, le tout dans un délai ridiculement court. 

" LA CHRONIQUE DE FAVILLA

La Chine a déjà perdu les JO 

Les JO débutent vendredi. Nul ne doute que la cérémonie d'ouverture sera parfaitement organisée, que le feu d'artifice sera le plus beau du monde depuis celui du bicentenaire de la Révolution française à Paris le 14 juillet 1989, que Pékin fera la preuve d'une maîtrise technique absolue dans le déroulement d'une manifestation de renommée mondiale.

Mais tout cela, on le savait d'avance. Quand le CIO a confié à la Chine l'organisation des Jeux de 2008, ce pays était déjà sorti de son hibernation des deux siècles passés pour entrer dans le cycle de rattrapage économique et technologique le plus époustouflant de l'histoire du capitalisme. Le risque qu'elle ne soit pas à la hauteur de l'événement olympique était donc à peu près nul.

En revanche, le régime chinois avait beaucoup à montrer sur les autres terrains. Eh bien, on a vu ! D'abord, le téléspectateur a pu observer lui-même ce que tous les visiteurs de cette région connaissent : le niveau de pollution très élevé de la capitale chinoise, qui n'est qu'un des indices du peu de cas fait par le régime chinois des conditions écologiques du développement. Conscientes de la mauvaise image que pouvait donner sur les écrans du monde entier un brouillard épais flottant sur Pékin, les autorités ont pris la stupéfiante décision d'arrêter le fonctionnement de toutes les usines au cours de la période olympique. Le résultat sur la qualité de l'air est médiocre ; en revanche, le régime a démontré urbi et orbi qu'une dictature peut soumettre tous les acteurs de la vie économique à ses oukases les plus saugrenus.

Ensuite, compte tenu des engagements pris devant le CIO, on aurait pu espérer pendant cette période que la Chine gère avec un peu de subtilité la question des droits de l'homme. Or on a eu droit à un festival de répression, depuis les massives mises à l'ombre de dissidents tibétains ou tout simplement démocrates, jusqu'aux refus de visas de certains journalistes, en passant par le blocage à géométrie variable de l'accès aux sites Internet et la transformation de Pékin en ville en état de siège avec blindés et batteries de missiles, comme si les militants ouïgours étaient devenus en un mois un péril imminent... jusqu'à l'attentat de lundi qui leur a été imputé.

Enfin, « last but not least », l'ambassadeur de Chine à Paris s'est permis d'ajouter l'arrogance à l'inconvenance en menaçant la France de foudres célestes si le président de la République osait recevoir le dalaï-lama.

Avant cet épisode olympique, l'image de la Chine dans le monde était presque tout entière colorée par son exceptionnelle réussite économique. En quelques semaines, elle a commis, sur le terrain politique, toutes les erreurs conduisant à ce qu'elle apparaisse d'abord comme une dictature et en second lieu seulement comme un géant économique. Les Jeux seront sûrement un magnifique spectacle ; mais pour la Chine, ils sont déjà perdus."