08/12/2008

Où l'auteur, redressant la tête, pérégrine et narre

 

Ami lecteur, c’est avec joie que je peux enfin commencer à lentement lever le nez de mon accaparant travail, et que j’annonce (avec prudence, donc au conditionnel) que je devrais être en mesure de reprendre un rythme de postage décent au cours des mois qui viennent. La complète palette des réactions à cette nouvelle, pouvant s’évaluer allant de « Chic ! » à « Oh non ! », m’enchante iso-également puisque j’ai toujours autant plaisir à régaler l’amateur -qui s’en délecte- qu’à désobliger le fâcheux -qui s’en débecte-, tout ceci étant exprimé dans la joie et l’allégresse avec l’élégance coutumière de mise en cet endroit langagièrement bien tenu et syntaxiquement irréprochable.

 

Je plaide coupable pour les impasses et les forfaits que j’ai respectivement dû faire et déclarer récemment sur des événements aussi variés et importants que le décès de François Caradec (il faudrait urgemment dire aux poètes et aux écrivains de talent d’arrêter de mourir les uns après les autres, c’est devenu une manie franchement désagréable), les prestations calamiteuses de l’équipe de France de hand féminin à l’Euro, les époustouflantes prestations de Jacques Bonnafé interprétant Jean-Pierre Verheggen, la soirée d’hommage à Pierre Etaix organisée par Nicolas Crousse et Véronique Navarre, j’en passe mais pas trop.

 

Il y eut la Finlande il y a quelques semaines, il y aura l’Irlande et la Pologne en 2009, mais ce week-end c’était en Hongrie que Front 242, dont l’incessante extension des frontières traversées et des territoires conquis n’a d’égale que la pétaradance de la formule scénique, s’aventurait pour la première fois de sa carrière pour y tester sa métallurgie bruitiste après laquelle certes l’herbe repousse, mais faut du temps quand même. Lisez ci-dessous pourquoi l’évocation de l’herbe est particulièrement pertinente dans le contexte qui nous occupe.

 

La Hongrie, disais-je, est un charmant pays de l’ex-Bloc de l’Est au climat invariablement tropical puisque même quand de par chez nous on gèle, là-bas on grille… les moins calembourophiles de mes lecteurs m’ont vu venir à des kilomètres avec mes gros sabots.

 

Sa capitale, à la Hongrie, énerve la plupart des grands mystiques ; rien qu’à y penser, Jésus fulmine et Bouddha peste. C’est pourtant une ville charmante ou hongroise des tas de gens dont on imagine qu’ils pourraient aisément s’appeler Terri-Aleur, Prissaleuçon ou Kitésèdètt, puisqu’ils se prénomment généralement « Attila », qui est là-bas le prénom numéro hun.

 

Cette ville possède une salle de sports que les organisateurs du concert de ce samedi 6 décembre avaient somptueusement décorée de photographies géantes de la Grand-Place de Bruxelles, histoire de ne pas trop nous dépayser dans ces plaines lointaines, et de toutes les pochettes de nos albums. Et dans les loges, serviettes de bain brodées au nom du groupe et chocolat belge, c’est pas tous les jours qu’on est aussi bien accueillis. Pour vous dire comme c’était la fête, même la sono asthmatique n’a pas réussi à refroidir l’enthousiasme des 1.000+ gens venus se défoncer les tympans et se remuer les fessiers aux rythmes frénétiques de la vigueur industrielle au service de vos sols.

 

Dès la lendemain matin, accompagné des organisateurs de la veille, subjugués, qui se joignirent au convoi alors que ce n’était pas prévu, départ matinal autoroutier pour 600km jusqu’à Prague (Tchéquie) pour un concert dans une salle plus petite, bondée et  chaudronnesque, dont l’étrange configuration (une scène dont la partie centrale est un cercle) fut un excellent prétexte à changer la disposition des musiciens, ce dont témoigne assez bien la série de (fort belles) photos que l’on peut trouver ici.

 

Bref, un week-end de plus de pur bonheur, et qui, de surcroît, (j'ai décidé de faire une phrase avec des tas de virgules) présage que, croyez-le ou non, l’histoire, pourtant déjà fournie, de ce groupe hyperactif, comme on peut le lire ici, n’est pas près, croyez-le, de s’achever, et c'est rien de l'dire.

 

A noter à l’agenda : ce mardi 16 décembre à 22h10, sur la chaîne de télé Canvas (c’est la VRT2), un reportage d’une heure sur Front 242 dans le cadre de la série Belpop. L’équipe de réalisation a accumulé des dizaines d’heures de filmage, je découvrirai le résultat en même temps que les lecteurs de ce blog devenus télévoyeurs pour l’occasion.

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