12/01/2009

Où l’auteur-chanteur, n’hésitant jamais - pour le bien de la collectivité - à convertir en sagesse populaire la significative quintessence du moindre événement représentatif auquel il participe...

(suite du titre) ... expose en dix proverbes dûment commentés les méandres des (péri)musicales activités de sa fin de semaine.

 

Qui vole vers la banquise

Egare une valise

« La banquise » est ici une généralisation largement abusive désignant en réalité la Suède ; chaque déplacement de Front 242 vers ce jovial pays entraîne invariablement la non-arrivée à bon (aéro)port d’une valise…

 

Pour la Scandinavie

Prend double batterie

… valise contenant inévitablement plusieurs éléments indispensables au fonctionnement des bruyants instruments du batteur Mr Tim Kroker, fort marri de la chose, et de surcroît objet de sarcasmes bien qu’il n’y soit pour rien.

 

A Belgique en gelure,

Suède sans froidure

Tandis que les thermomètres du pays d’Albert II stagnaient misérablement aux alentours de -10° ce vendredi, le mercure göteborgien, pourtant 1.000km plus au Nord, affichait sans complexe un fier + 2° sans aucun flocon de neige à l’horizon.

 

A voir concerter 2-4-2

Gothenbourgeois viennent nombreux.

Göteborg ou Gothenburg, ville portuaire de Suède, énième sold out de la campagne, chaude ambiance malgré le temps humide.

 

Estrad(e) où pieds restent collés

Font jolies cuisses bien musclées

Certaines scènes sont rebondissantes comme des trampolines, d’autres glissantes comme des patinoires; celle de la salle Trad’ngar était poisseuse et collante, chaque décollement du sol demandait une double dose d’énergie, on se serait cru dans un marais.

 

Cidre de poire suédois

Met en tes boyaux grand émoi

Tournée post-concert : après minuit, le bar de l’hôtel ne propose qu’un choix limité de boissons ; ceux qui miseront sur le produit local, un cidre de poire au goût complètement chimique, en seront pour leur frais et paieront leur audace de sévères purges gastriques durant les 24 heures suivantes.

 

Chanteur, dans ta chambrette

N’oublie tes oreillettes

Le chanteur, dans son habituel état vaseux du matin (1), aurait été bien inspiré de ne pas omettre d’emporter avec lui, en sortant de sa chambre d’hôtel de la taille d’une boîte à chaussures, son système de monitoring in-ear (2). Le bougre habiterait dans un iglou mono-pièce qu’il parviendrait encore à y égarer un dromadaire !

 

A prononcer le nom « Malmö »,

Ne point meugler, penser « calme ».

Les Suédois, qui savent de quoi qu’ils causent dans leur dialecte viking, lorsqu’ils désignent le nom de la petite ville de Malmö, ne  prononcent pas « Mal-meuh », mais bien « Malme », soit une finale beaucoup plus courte identique à celle des mots « calme » ou « palme ».

 

A Malmö une fois encor

Le concert est vendu dehors

« Vendu dehors » : traduction littérale de l’anglais « sold out ». Le Kultur Bolaget (750 places) est bondé (comme un âne ?) et plein comme œuf.

 

Matos de circonstance

Induit la dissonance

Privé par sa coupable négligence de son matériel de monitoring habituel, le chanteur est donc obligé, pour un soir, de se produire avec du matériel de remplacement. Son de moindre qualité dans ce cas de retour non-gagnant moins adapté, qui l’oblige à cadenasser ses occasionnels accessoires auditifs non personnalisés et sub-adhérents bienveillamment accourus à son secours en les collant sur ses oreilles à grands coups de larges bandes de gaffer tape de couleur argentée, je vous raconte pas le look. Déstabilisé dans ses repères et auriquement traversé de spasmes vaguement mélodiques à la limite du discernable, il est donc inévitable qu’à certains moments ledit chanteur pousse la chansonnette dans des gammes franchement étranges voire résolument anti-conventionnelles et non repérées sur la carte. Il s’en sortira drapé dans la toge immaculée de l’honneur quasi-sauf en affirmant avec la dernière des mauvaises fois qu’il vocalise régulièrement en mode intentionnellement dissonant, concept inédit et novateur avec lequel l’auditeur contemporain n’est certes pas encore trop familiarisé, mais qui deviendra à coup sûr l’un des éléments fédérateurs des qualités interprétatives qui feront les grands beuglants de demain et que tout candidat aux scènes mondiales se devra de posséder sur le bout de la glotte. Que le politicien ou le manager qui n’a jamais recouru à de fallacieuses pirouettes rhétoriques pour eclipser ses criantes lacunes personnelles ou pour transformer ses honteuses défaites en trompettantes victoires lui jette la première pierre.

 

(1) à ne pas confondre avec un vaseux de nuit, rien à voir.

(2)  en français : retours dans les pavillons

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