28/01/2009

Où l’auteur avertit le lecteur non amateur de handball qu’il risque de passer un bon moment à lire des trucs qui ne le passionneront guère

 

Dans un Mondial croate d’un niveau tout à fait remarquable, à l’issue du second tour, trois de mes quatre favoris se retrouvent en demi-finales : la Croatie, la France et le Danemark. Quatrième équipe du carré final et surprise du chef : la Pologne, finaliste du Mondial précédent, qualifiée hier soir de toute justesse, à 5 secondes de la fin, en marquant dans un but vide d’un tir lointain qui sanctionnait une perte de balle norvégienne en attaque où s’était inconsidérément rué le gardien (31-30) et qui évinçait du même coup son adversaire du soir. Comme quoi, une qualification tient parfois à un cheveu (si vous n’avez pas tout compris, relisez avec plus d’attention, je persiste et signe).

 

L’Espagne, mon 4ième favori, a été sortie dès le premier tour après un parcours tellement indigne de son rang que l’entraîneur s’en est excusé auprès de son pays. Condamnés à jouer en poule de consolation, les (plus trop fiers) Ibères aux naseaux frétillants d’amertume tels des toros (poin/tron)çonnés par des matadors de troisième zone dans un corrida cantonale, ont pu se refaire une (relative) santé dans les poules de consolation en écrabouillant tout sur leur passage :  205 buts pour et 98 contre en 5 matches (soit un score moyen de 41-20), c’est du jamais vu dans un Mondial ; l’Espagne a portant dû se contenter de  la 13è place.

 

Quant aux Allemands, ex-champions du Monde pas du tout méritants, avec un nul et deux défaites pour leurs trois dernières sorties, ils ont beau rouspéter sur l’arbitrage (pour la forme, parce que la paille et la poutre, hein, ça commence à bien faire…), ils ont été défenestrés de ce Mondial par les Scandinaves (Norvège et Danemark) unis pour cette noble cause, na-nananère, et c’est un juste retour des choses après l’imposture de leur succès mondial précédent dont que sur l’ignominisme duquel je vous ai déjà causé en long en large en travers et en diagonale.

 

La Croatie et la France se sont donc affrontées hier soir pour la première place du groupe A, dans ce que beaucoup qualifiaient de fausse finale avant la lettre (ou de match à fleurets mouchetés), un match sans véritable enjeu puisque les deux pays, en tête de leur groupe, toujours invaincus et favoris pour la finale, étaient déjà qualifiés pour les demi-finales. En réalité, il y avait quand même un enjeu à ce match, surtout pour les Croates : ils devaient l’emporter pour rester invaincus devant leur public (prestige oblige) et surtout éviter en demi-finale le Danemark, leur bête noire, qui venait de terminer premier du groupe B. La France, elle, pouvait se permettre de perdre (son seul objectif est le titre suprême), mais devait néanmoins rester concentrée sur son sujet pour éviter de subir une défaite trop lourde qui aurait pu nuire à la zénitude du moral de ses troupes et gonfler celui d’en face. L’entraîneur tricolore Claude Onesta, soucieux de cacher au maximum les possibilités de son groupe dont la plupart des observateurs (et moi aussi) considèrent qu’il s’agit du meilleur du monde, laissait opportunément au repos ses cadres principaux ; ni le gardien Thierry Omeyer ni le buteur Jérôme Fernandez n’ont  été alignés ; les autres joueurs de base (Karabatic, Sorhaindo, Gille, Guigou, Abalo, Narcisse), ne sont montés au jeu que pour un demi-match ou moins et ont été remplacés par des réservistes qui ont connu des fortunes diverses : si Franck Junillon a été étincelant, les deux gauchers Sébastien Bosquet (mon chouchou puisqu’il évolue à Dunkerque où il casse régulièrement la baraque) et le jeune Xavier Barachet ont signé de piètres 1/4 et 1/6 en attaque et n’ont guère été efficaces.

 

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Sébastien Bosquet - impérial en club, trop court pour l’équipe nationale 

 

Sébastien Bosquet, ce grand joueur, malgré toute l’estime que je lui porte - mais jamais au détriment de l'incontestable lucidité qui m'habite - est hélas l’une des déceptions de ce Mondial ; il a été peu utilisé, et quand il l’a été, il n’a pas saisi sa chance, sauf contre l’Australie, qui était de loin... l’équipe la plus faible du tournoi . A déjà 28 ans, le grand Seb, qui n’est plus une solution d’avenir, risque de devoir renoncer définitivement à sa carrière internationale ; il regrettera certainement les blessures qui l’ont tenu éloigné des terrains trop longtemps, à une époque où il aurait pu gagner durablement ses galons de titulaire… Au final, la victoire est revenue à l’équipe qui la voulait le plus : la Croatie s’est imposée 22 à 19, la France n’a rien dévoilé et a reposé ses troupes, tout le monde est content.

 

Les demi-finales opposeront donc la France au Danemark et la Pologne à la Croatie. La logique voudrait que France et Croatie se retrouvent une seconde fois pour une vraie finale explosive, cette fois-ci à couteaux tirés et visages découverts, mais rien n’est jamais écrit à l’avance : le Danemark est très solide (on n’est pas champion d’Europe par hasard), et la fantasque Pologne, dans un bon jour, peut battre n’importe qui. Le spectacle est assuré.

 

Côté non-européen, seule la Corée du Sud, au jeu rapide et déroutant, mais désavantagée par ses gabarits moindres, a réussi à passer le premier tour ; au second, elle n’a pu éviter la dernière place de son groupe, et ne se classera donc au mieux que 11ième. L’Egypte termine deuxième nation non-européenne, à la 14ième place, pas terrible pour eux (mais mieux qu’une très décevante Russie, 16ième). Autrement dit, la maîtrise européenne sur le hand mondial reste incontestée.

 

 

Note additive postée ultérieurement : la disgrâce (temporaire) des arrières gauchers de l'équipe de France (Bosquet et Barachet) se confirme avec la convocation, pour les deux derniers matches du Mondial, de Joël Abati, un arrière droitier très expérimenté au palmarès incontournable (champion du Monde, champion olympique, champion de France et d'Allemagne, vainqueur de la Coupe d'Europe des Champions et de la Coupe de France, qui a joué en Allemagne et qui joue aujourd’hui à Montpellier, champion de France) mais très âgé ( 39 ans en avril prochain! ).

 

Interrogé à ce sujet le 29 janvier par le magazine en ligne Handzone, Michaël Guigou, l’ailier gauche génial et virevoltant de l’équipe de France, ne laisse pas planer le moindre doute :

HandZone : Et le retour de Joël Abati ?

Michael Guigou : […] C’est un choix fait par Claude [Onesta, l’entraîneur] par rapport aux gauchers actuels. S’il vient avec la confiance du coach et des joueurs, ce qui est le cas, c’est positif. Vendredi, on ne doit pas gâcher* mais montrer […]

 

*claire allusion au désolant 2/10 (2 buts marqués sur 10 tirs) réalisé par les gauchers lors du match contre la Croatie.

 

Allez, Jacques est à l'Est...

 

20/01/2009

Où l'auteur, réparant un grave oubli, entretient son lectorat du fameux Docteur H. dont il a plusieurs fois fait mention dans le passé

 

Le Docteur H. est un être rare comme on n’en fait plus. Au premier abord, rien ne le distingue d’un humain ordinaire. On pourrait éventuellement évoquer une certaine ressemblance avec le célèbre tintinesque Tryphon Tournesol (chapeau, lunettes et loden en moins, quelques cheveux gris en plus) mais le docteur H., tout en élucubrant dans les développements scientifiques les plus pointus, garde, lui, les pieds toujours sur terre et n’est jamais à l’Ouest. Je parie qu’avec les crédits et l’équipement adéquats, il serait même en mesure de construire une soucoupe volante fonctionnant avec des crottes de lapin (ou un truc époustouflant dans le genre).

 

Le Docteur H., ne trimbalant jamais le moindre gramme superflu, est carrément superfluet. Son budget nourriture hebdomadaire ne dépasse que rarement la dizaine d’euro. Là où le commun des mortels, pour se rassasier, s’enfile apéro, entrée, plat, fromages et desserts, lui se contente nonchalamment d’une demi-pomme et la termine en disant qu’il a bien mangé. Le dernier qui l’a vu boire de l’alcool ou du coca-cola a quitté ce bas monde il y a bien longtemps. Bref, le Docteur H. est un être résolument frugal. C’est à se demander si son organisme renferme la moindre trace de cholestérol.

 

Le Docteur H., quand vous êtes son ami, il laisse tout tomber pour venir vous rejoindre et vous porter secours lorsque vous l’appelez à l’aide.

 

Le Docteur H., dans un groupe, il est toujours d’accord pour faire ce que personne d’autre ne veut faire. L’ampleur de la tâche ne le rebute jamais. Il est dur au labeur, persévérant, déterminé. Et la qualité du travail produit est toujours largement supérieure à ce qui était attendu.

 

Le Docteur H. est une encyclopédie sur pattes. Inutile d’aller vérifier ce qu’il vous a raconté sur des tas de sujets aussi variés que passionnants, c’est toujours exact. Quand il ignore de quoi qu’on cause, il annonce sans ambages qu’il n’y connaît rien (ce n’est d’ailleurs pas toujours vrai). Mais attention : quand on aborde un sujet à propos duquel il dit, de sa voix douce, la tête légèrement inclinée sur le côté, et avec un demi-sourire, « Je sais », cela veut dire qu’il connaît le sujet sur le bout des doigts, qu’il a lu tous les ouvrages importants sur la question, et qu’il s’est fait sa propre opinion – toujours originale, éclairée, éclairante.

 

Le Docteur H. ne transige jamais sur ses principes et ses engagements, dusse-t-il en baver des ronds de chapeau : il va sa route droit comme un i sans dévier d’un pouce, quitte à braver l’inconfort, prendre des coups ou sacrifier son bien-être.

 

Le Docteur H., je ne lui connais pas de défaut. Ah si, quand même : quand, au volant de son break, hésitant sur la sortie à prendre, il ralentit au point quasiment de s’arrêter en plein milieu d’un rond-point, il me fout une trouille bleue.

15/01/2009

Où l'auteur va incessamment se gaver de son sport favori

 

Ce samedi 17 janvier, c’est le début du Mondial de Handball masculin en Croatie. Les favoris en seront la France, championne olympique, la Croatie, pays organisateur, le Danemark, champion d’Europe, et l’Espagne jamais loin des meilleurs. Encore qu'un cinquième larron pourrait venir mettre tout le monde d'accord tant la hiérarchie mondiale peut se retrouver bousculée d'une compétition à l'autre.

 

Seule absente de marque : l’Islande, médaille d’argent à Pékin, qui s’est fait surprendre en qualifications, à l’étonnement général, par une Macédoine en pleine progression. On espère de bonnes prestations de l’Egypte, l’équipe-phare d’Afrique, seule équipe non européenne à pouvoir envisager de figurer dans le top 10, mais qui devra se bouger pour y parvenir.

 

Par contre, l’équipe championne du Monde en titre, l’Allemagne, complètement à la ramasse, n’a pas l’ombre d’une chance de renouveler son bail, et ce n’est que justice. J’avais largement raillé dans mon blog précédent les scandaleux truquages arbitraux - restés impunis par la Fédération Internationale - qui avaient permis à cette équipe de s’imposer indûment à domicile en 2007 alors qu’elle aurait dû se faire sortir par une Espagne, supérieure, dès les quarts de finale. En demi-finale, rebelote, la partialité des arbitres (suédois) fut encore plus honteuse car, accumulant toujours dans le même sens les décisions abracadabrantes et iniques, ils volèrent - il n’y a pas d’autre terme - à la France une victoire qui aurait cent fois dû revenir à des Bleus héroïques et légitimement furax de s’être fait ainsi gruger. Dans les 2 années qui suivirent ce scandale qui a considérablement terni l’image de ce noble sport, l’Allemagne n’a d’ailleurs jamais fait honneur à son titre usurpé, en foirant magistralement tous ses rendez-vous internationaux, et restera dans l’histoire du hand comme l’équipe de tous temps la plus indigne du titre suprême. Espérons que pour ce Mondial, la Fédération ait resserré les boulons sur le plan de l’arbitrage…

 

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Daniel Narcisse, arrière de l'équipe de France, l'un des meilleurs joueurs au monde.

Où l'auteur, in extremis, fait le point sur ce qui l'a bien botté lors de l'année précédente

 

Fruit de l’année : le pamplemousse en apéro, y a pas photo.

 

Spectacle de l’année : Fabrice Luchini dans la seconde partie de « Le point sur Robert » au Théâtre de la Renaissance à Paris. Totalement hallucinant et jubilatoire. Cet homme est un génie et son discours est passionnant. Mais que pourrais-je en dire qui n’ait déjà été dit ? Donc se taire, écouter, rire, savourer, lire un excellent compte rendu de l’affaire…

 

Concerts de l’année (hors groupes belges) : la sublimissime Juliette (je vous raconterai un jour par le menu l’épisode « Lapin » du concert, un truc que personne n’avait osé avant elle et que personne n’osera plus jamais après elle) et les magnifiques Tri Yann, tous les deux vus, à des dates différentes, à l’Olympia de Paris.

 

Groupes belges de l’année sur scène : Dada Pate, Texas Trauma et Les Bourreaux. La presse n’en parle pas, signe évident qu’il faut les suivre.

 

Pire concert de l’année : Saint-André cet été sur la Place de Moscou à Bruxelles. Besogneux, insipide, larvaire, chiantissime. Avec en prime dans le nullard une regrettable et salissante reprise de « Comme ils disent », dont l’exécution (vraiment le terme qui convient) fut un outrage sans nom au magistral talent de Mr Aznavour.

 

Série TV : découverte sur le tard en DVD, Rome, même avec ses errances historiques et mon aversion générique pour le genre, m’a emballé.

 

Film de l’année : Rumba, de et avec Fiona Gordon et Dominique Abel que j’ai vus en chair et en os interpréter une très belle chorégraphie lors de la très émouvante et réussie Soirée d’Hommage à Pierre Etaix.

 

Evénement de l’année : ladite soirée Pierre Etaix au Théâtre de la Toison d’Or, où ledit PE était présent, à la fois drôle et grave, avec ce je ne sais quoi d’indiciblement émouvant qui n’appartient qu’aux plus grands humoristes, ce qui explique que Mr Jean-Marie Bigard n’en fasse pas partie.

 

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Pierre Etaix, à gauche, ici avec son camarade Jerry Lewis. Ils sont fans l'un de l'autre.

Livre de l’année : j’ai retrouvé, après l’avoir perdue de vue durant plusieurs années, ma chère Elisa Brune, la seule auteure à laquelle, de toute ma vie fanatique pourtant déjà longue, j’ai un jour osé demander un autographe (c’était à la Foire du Livre 2002 si ma mémoire est bonne), dont je conseille vivement la lecture de son petit dernier « Alors, heureuse ? … croient-ils ! La vie sexuelle des femmes normales ». Savoureux ! Vite, acquérir ses ouvrages non encore lus et combler, en les rattrapant, mes lacunes en ses écrivages !

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Elisa Brune

Sportifs de l’année : la palme d’or et les gros bizous empressés du membre unique  - rouge de timidité autant que saillant d’admiration - du jury reviennent à l’équipe handballante féminine de Norvège, cet été Championne Olympique, et cet hiver Championne du Monde en surclassement sur une jambe et les doigts dans le nez alors même que ses deux meilleures joueuses (Katja Nyberg et Gro Hammerseng) étaient absentes pour blessures. Palme d’argent et chaleureuse poignée de mains à l’équipe de France masculine du même sport pour son titre olympique cent fois mérité : de toute l’histoire manoballante, jamais une équipe nationale n’a été aussi forte.

 

Restaurant de l’année : le Saint-Boniface, au 9 rue du même nom à 1050 Bruxelles. Ne pas s’abstenir d’en abuser.

 

Ostracizem de l’année (j’insiste sur l’orthographe) : la coupe de platine revient à Mr Eddy Decorte. Ne pas chercher à comprendre, lui seul pourra. Je fais des apartés si je veux.

12/01/2009

Où l’auteur-chanteur, n’hésitant jamais - pour le bien de la collectivité - à convertir en sagesse populaire la significative quintessence du moindre événement représentatif auquel il participe...

(suite du titre) ... expose en dix proverbes dûment commentés les méandres des (péri)musicales activités de sa fin de semaine.

 

Qui vole vers la banquise

Egare une valise

« La banquise » est ici une généralisation largement abusive désignant en réalité la Suède ; chaque déplacement de Front 242 vers ce jovial pays entraîne invariablement la non-arrivée à bon (aéro)port d’une valise…

 

Pour la Scandinavie

Prend double batterie

… valise contenant inévitablement plusieurs éléments indispensables au fonctionnement des bruyants instruments du batteur Mr Tim Kroker, fort marri de la chose, et de surcroît objet de sarcasmes bien qu’il n’y soit pour rien.

 

A Belgique en gelure,

Suède sans froidure

Tandis que les thermomètres du pays d’Albert II stagnaient misérablement aux alentours de -10° ce vendredi, le mercure göteborgien, pourtant 1.000km plus au Nord, affichait sans complexe un fier + 2° sans aucun flocon de neige à l’horizon.

 

A voir concerter 2-4-2

Gothenbourgeois viennent nombreux.

Göteborg ou Gothenburg, ville portuaire de Suède, énième sold out de la campagne, chaude ambiance malgré le temps humide.

 

Estrad(e) où pieds restent collés

Font jolies cuisses bien musclées

Certaines scènes sont rebondissantes comme des trampolines, d’autres glissantes comme des patinoires; celle de la salle Trad’ngar était poisseuse et collante, chaque décollement du sol demandait une double dose d’énergie, on se serait cru dans un marais.

 

Cidre de poire suédois

Met en tes boyaux grand émoi

Tournée post-concert : après minuit, le bar de l’hôtel ne propose qu’un choix limité de boissons ; ceux qui miseront sur le produit local, un cidre de poire au goût complètement chimique, en seront pour leur frais et paieront leur audace de sévères purges gastriques durant les 24 heures suivantes.

 

Chanteur, dans ta chambrette

N’oublie tes oreillettes

Le chanteur, dans son habituel état vaseux du matin (1), aurait été bien inspiré de ne pas omettre d’emporter avec lui, en sortant de sa chambre d’hôtel de la taille d’une boîte à chaussures, son système de monitoring in-ear (2). Le bougre habiterait dans un iglou mono-pièce qu’il parviendrait encore à y égarer un dromadaire !

 

A prononcer le nom « Malmö »,

Ne point meugler, penser « calme ».

Les Suédois, qui savent de quoi qu’ils causent dans leur dialecte viking, lorsqu’ils désignent le nom de la petite ville de Malmö, ne  prononcent pas « Mal-meuh », mais bien « Malme », soit une finale beaucoup plus courte identique à celle des mots « calme » ou « palme ».

 

A Malmö une fois encor

Le concert est vendu dehors

« Vendu dehors » : traduction littérale de l’anglais « sold out ». Le Kultur Bolaget (750 places) est bondé (comme un âne ?) et plein comme œuf.

 

Matos de circonstance

Induit la dissonance

Privé par sa coupable négligence de son matériel de monitoring habituel, le chanteur est donc obligé, pour un soir, de se produire avec du matériel de remplacement. Son de moindre qualité dans ce cas de retour non-gagnant moins adapté, qui l’oblige à cadenasser ses occasionnels accessoires auditifs non personnalisés et sub-adhérents bienveillamment accourus à son secours en les collant sur ses oreilles à grands coups de larges bandes de gaffer tape de couleur argentée, je vous raconte pas le look. Déstabilisé dans ses repères et auriquement traversé de spasmes vaguement mélodiques à la limite du discernable, il est donc inévitable qu’à certains moments ledit chanteur pousse la chansonnette dans des gammes franchement étranges voire résolument anti-conventionnelles et non repérées sur la carte. Il s’en sortira drapé dans la toge immaculée de l’honneur quasi-sauf en affirmant avec la dernière des mauvaises fois qu’il vocalise régulièrement en mode intentionnellement dissonant, concept inédit et novateur avec lequel l’auditeur contemporain n’est certes pas encore trop familiarisé, mais qui deviendra à coup sûr l’un des éléments fédérateurs des qualités interprétatives qui feront les grands beuglants de demain et que tout candidat aux scènes mondiales se devra de posséder sur le bout de la glotte. Que le politicien ou le manager qui n’a jamais recouru à de fallacieuses pirouettes rhétoriques pour eclipser ses criantes lacunes personnelles ou pour transformer ses honteuses défaites en trompettantes victoires lui jette la première pierre.

 

(1) à ne pas confondre avec un vaseux de nuit, rien à voir.

(2)  en français : retours dans les pavillons

06/01/2009

Où l'auteur ne se foule pas pour se fendre d'un titre accrocheur

 
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Gustave Parking, un humoriste très inventif frisant fréquemment le génial, et qui citait peut-être quelqu'un d'autre, a dit : "Suivez ceux qui cherchent et fuyez ceux qui ont trouvé."

Il a dit aussi : "Ne pas avoir de toit (1) dans un pays froid, c'est comme ne pas avoir d'eau dans un pays chaud".

 

(1) c'es la nouvelle orthographe. On écrit désormais toit au lieu de toît, l'accent circonflexe a disparu. On écrit aussi un sèche-cheveu au lieu de un sèche-cheveux. On croît rèver.

05/01/2009

Où l’auteur précautionneux appose un très visible carré blanc avant d’entreprendre sans fausse pudeur le narrage décomplexé de ses souvenirs de Bèze.

 

S’il n’y avait pour m’en retenir l’immesurable immensité de la modestie naturelle qui m’étouffe à chaque fois que me saisit l’envie d’en faire plus que le strict minimum, je placerais résolument cet article dans la droite lignée du reportage devenu légendaire que l’inimitable Daniel Prévost, dont la truculence n’est plus à vanter, consacra jadis au village de Montcucq dans l’émission-télé culte « Le petit rapporteur » et que je visionnai en direct à l’époque en me roulant par terre de concert (déjà) avec toute ma famille hilare pliée en quatre devant le poste.

 

Pour le réveillon de Nouvel An, je fus aimablement invité du côté de Dijon par des amis que je rencontre trop peu souvent car ils habitent loin, c’est la vie. Je le précise à l’intention du lecteur non géographiquement aware, Dijon est la très bourguignonne capitale de la moutarde, une préparation assez zonée et tellement relevée qu’elle n’a aucune peine à monter fréquemment au nez des chats dont le déjeuner n’est pas servi à l’heure (*).

 

S’enquérant à ma requête et sur le tard des disponibilités hébergementales environnantes, ma très zélée secrétaire particulière, qui règle les menus détails matériels de mon existence opulente et oisive dont les aléas de l’organisation pratique me courent sur le haricot, ma dite secrétaire donc me signala avec empressement qu’elle m’avait dégotté, en guise de primochoix de proximité, un petit hôtel estampillé « Logis de France » ( suivez cette enseigne les yeux fermés et, je l’atteste, vous serez bien logés ) qui seyait dans le village de Bèze dans la Côte d’Or (21), avant d’ajouter avec un enthousiasme mal contenu et une voix chevrotante qu’en raison de ce nom très prometteur elle serait également du voyage et que ce n’était pas négociable. Je ne pus donc qu’opiner.

 

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Bèze sur la Bèze

Arrivé sur place, au Chemin du Routoir (oui, il y a bien écrit Routoir avec un R), force me fut de constater que mes amis avaient grandement agrandi leur logis pour y mieux faire pousser leur marmaille qui s’était d’ailleurs multipliée depuis notre dernière rencontre, le tout non sans une très chaleureuse harmonie. Profitant de l’espace à disposition, lesdits amis avaient, avec une judiciosité et un hospitalitage de bon aloi, mis les grands plats dans les énormes et concocté un menu de 6 entrées, 3 plats et 5 desserts - le tout fait maison – qu’arrosaient la panoplie assortie des alcools qui vont bien ; même Pantagruel, Gargantua et consorts tous réunis n’en fussent point venus à bout - or il y avait de bonnes fourchettes autour de la (gigantesque) table - tant ça gargamellait (****) dans la bombance boustifo-ripaillante.

 

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Un lieu propice aux étreintes passionnées : la tour à chaux de Bèze

Au cours de la soirée, j’appris mille et une informations passionnantes sur la charmante bourgade de Bèze ; qu’elle était d’origine gallo-romaine voire antérieure (**) : qu’elle se situait à la source de la rivière homonyme et longue de 31 km (**) ; qu’elle comportait un centre fort urbanisé dit « Centre de Bèze » ou « Bèze-en-Ville » (***) ; qu’il y régnait en permanence un microclimat torride (***) ; qu’il s’y organisait chaque été depuis plus de trente ans une très renommée « Fête des Andouilles et des Cornichons » avec élection concomitante (******) de la reine des premières et du roi des seconds (**), ce à quoi ma secrétaire, jamais en manque d’initiative, me sussura (******) à l’oreille (*****) sur un ton vaguement égrillard (******) qu’elle nous y inscrirait pour l’édition 2009, encore que je ne ressente pas vraiment de motivation trépidante ni transcendante à l’idée d’une élection à un titre inférieur à celui d’empereur - ceci dit, je suis toutefois d'accord avec l'idée qu'une élection longue et durable s'impose pour jouir pleinement de Bèze.

 

Qu’échangeâmes-nous donc du côté de Bèze et à minuit sous le gui de l’An Neuf ? De grosses … accolades, évidemment.

 

 

(*) autrement dit : dont le mou tarde

(**) c'est très sérieux

(***) c'est pas sérieux du tout

(****) celui de Rabelais, pas celui de Peyo

(*****) on peut éventuellement sussurer ailleurs mais c’est nettement moins audible

(******) on ne m'aura pas sur un coup simple, j'ai vérifié l'ortho au dico