19/02/2009

Où l'auteur, d'humeur végétale, met le focus sur un ficus

 

Ce matin, à peine arrivé dans le havre de travail qui réchauffe ma viande en voie d’avariage autant qu’il m’évite de décrépir prématurément pour cause d’inactivité, j’ai pris ma patience à deux mains, un seau dans l’autre, et j’ai entrepris de nettoyer une à une, à l’aide d’une éponge douce et humide, les centaines de feuilles très exagérément encrassées du sympathique ficus de la salle jouxtant mon bureau, ce qui m’a notamment obligé à déplacer ledit végétal hors du coin dans lequel il s’empoussiérait pour en atteindre les parties les plus extrêmes, et à hisser ma carcasse engourdie au péril de mes os arthritiques au sommet d’une chaise à l’équilibre précaire pour en atteindre les branches les plus hautes. Mais le résultat en valut largement la peine, et c’est un arbre regaillardi, luisant, et irradiant une jeunesse et une vigueur pétillantes que je replaçai, au sortir de mes caresses spongieuses humectées, avec délicatesse et tact au même endroit mais dans un angle nettement plus avantageux pour sa pousse future, qui ne l’obligera plus à se rétamer stupidement les feuilles immaculées sur un mur monotonement enduit de latex bon marché mais qui pourra les étendre à sa guise dans l'air et la lumière libres à l'opposé. Car enfin un type qui, comme moi, lit Norge matin et soir, et qui ne se montrerait pas bienveillamment attentif aux êtres vivant dans son entourage direct, ou qui en ferait moins, ne serait somme toute qu’un misérable sépulcre blanchi, comme l’a dit en son temps et à juste titre un grand sage avisé des turpitudes des choses humaines utilement descendu de son paradis duveteux pour botter son rectum mollasson à la consternante race des bipèdes qui n’en touche pourtant quasi pas une de plus depuis - et s’apprête à le payer cher - en matière de compréhension et de respect de l’ordre universel fondamental immuable.

 

ficus9

C'est pas le même mais il y ressemble. A vue de nez, 58.000 feuilles, le compte est bon.

 

Et puisque j’ai amené le rectum sur la table (façon de parler), force m’est de déplorer avec force que je ne connais décidément aucune partie du corps humain aussi mal nommée : pourquoi diable s'entêter à s’appeler rectum alors qu’on se trouve situé sur la partie arrière ? Ce rectum au nom décidément ridicule ferait bien mieux de s’appeler versum, ça tombe sous le sens, signe-je avec persistance.

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