26/02/2009

Où l'auteur annonce une sacrée soirée en perspective

 
17 avril small

25/02/2009

Où l'auteur cause de l'un des autres génies de sa famille

 

Dialogue trans-générationnel :

 

Ma mère, s’adressant à mon neveu (son petit-fils), subjuguée par tant de génie par lui avéré (génie auquel pourtant son fils aîné, à ma mère, l’a diantrement habituée depuis sa naissance et sans discontinuer, mais la mémoire durable non stockée sur disque dur a généralement tendance à échapper aux générations antérieures) : « Waouw, mon choupinet Robinou des Bosquets, toi qui as 6 ans et demi*, je constate avec délice(s)** que tu as obtenu 100/100 en maths en 97,5/100 en français sur ton bulletin, et que ton institutrice a  ponctué tes performances par un laconique autant que révélateur commentaire disant « Mais où t’arrêteras-tu ? ». Alors, dis-moi, mon Robinou, une moyenne de 110/100 constituerait-elle désormais un horizon acceptable pour tes  performances scolaires à venir ? »

 

Il s’ensuivit un blanc notoire au cours duquel l’absence momentanée de réponse se fit lourde de sens autant qu’annonciatrice de la gravité de la réponse à suivre, nous reprendrons le cours des choses après une brève pause publicitaire.

... 

J’ai vu dimanche soir le dénommé IndispensablE Tristan Edern Vaquette en spectacle à Bruxelles, ce garçon déjanté vaut la peine qu’on s’y attache, on a déjà connu moins lucide.

Tûûût !

….

Mon neveu (6 ans et demi, je le répète), déjà kador en choses de l’esprit, sommé de répondre à peu près sur le champ, marqua donc une courte pause puis émit d’une voix posée (je ne lui en connais pas d’autre sauf quand il a picolé au Champagne qui lui fait du caca mou - car son environnement est extrêmement logique et structuré), la docte opinion qui suit : « Non, grand-mère, mon horizon, c’est l’infini ».

 

Allez, y a Louis ! Pour les quinze jours à venir, je re-crois en l’avenir de l’humanité  de la jeunesse des moins vieux que la sagesse habite, nom de Dieu !

 

* restitution certes douteuse, j’avais prévenu, mais ça aide à situer le personnage

** le pluriel est vraisemblable, je ne suis pas sûr de connaître aussi bien ma mère que je pourrais le prétendre.

19/02/2009

Où l'auteur, d'humeur végétale, met le focus sur un ficus

 

Ce matin, à peine arrivé dans le havre de travail qui réchauffe ma viande en voie d’avariage autant qu’il m’évite de décrépir prématurément pour cause d’inactivité, j’ai pris ma patience à deux mains, un seau dans l’autre, et j’ai entrepris de nettoyer une à une, à l’aide d’une éponge douce et humide, les centaines de feuilles très exagérément encrassées du sympathique ficus de la salle jouxtant mon bureau, ce qui m’a notamment obligé à déplacer ledit végétal hors du coin dans lequel il s’empoussiérait pour en atteindre les parties les plus extrêmes, et à hisser ma carcasse engourdie au péril de mes os arthritiques au sommet d’une chaise à l’équilibre précaire pour en atteindre les branches les plus hautes. Mais le résultat en valut largement la peine, et c’est un arbre regaillardi, luisant, et irradiant une jeunesse et une vigueur pétillantes que je replaçai, au sortir de mes caresses spongieuses humectées, avec délicatesse et tact au même endroit mais dans un angle nettement plus avantageux pour sa pousse future, qui ne l’obligera plus à se rétamer stupidement les feuilles immaculées sur un mur monotonement enduit de latex bon marché mais qui pourra les étendre à sa guise dans l'air et la lumière libres à l'opposé. Car enfin un type qui, comme moi, lit Norge matin et soir, et qui ne se montrerait pas bienveillamment attentif aux êtres vivant dans son entourage direct, ou qui en ferait moins, ne serait somme toute qu’un misérable sépulcre blanchi, comme l’a dit en son temps et à juste titre un grand sage avisé des turpitudes des choses humaines utilement descendu de son paradis duveteux pour botter son rectum mollasson à la consternante race des bipèdes qui n’en touche pourtant quasi pas une de plus depuis - et s’apprête à le payer cher - en matière de compréhension et de respect de l’ordre universel fondamental immuable.

 

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C'est pas le même mais il y ressemble. A vue de nez, 58.000 feuilles, le compte est bon.

 

Et puisque j’ai amené le rectum sur la table (façon de parler), force m’est de déplorer avec force que je ne connais décidément aucune partie du corps humain aussi mal nommée : pourquoi diable s'entêter à s’appeler rectum alors qu’on se trouve situé sur la partie arrière ? Ce rectum au nom décidément ridicule ferait bien mieux de s’appeler versum, ça tombe sous le sens, signe-je avec persistance.

16/02/2009

Où l'auteur, sans en avoir l'air, parle d'expérience

 

Si vous êtes en panne d’inspiration culinaire le jour de la Saint-Valentin, au moment où votre conjoint / camarade vous dit que vous êtes tout à la fois son pote et son chou, sautez-lui dessus (sur l’occasion) pour la prendre au mot et lui préparer... une potée au(x) chou(x). Ah certes, on connaît des spécialités gastronomiques à l'appellation plus romantique, mais celle-ci a l'avantage d'être simple comme bonjour : dans une grande casserole, jetez beaucoup d’amour, de l’eau, un chou blanc, des oignons, des poireaux, des carottes, des patates, du saucisson polonais, du lard fumé et l’assaisonnement qui va bien ;  deux heures de cuisson plus tard, pâmez-vous les papilles au dégustage de cette préparation délicieuse à mourir de bon et, contrairement aux idées reçues, sans effets gazeux secondaires indésirables. Cuisinez tout ça en quantités excédentaires pour vous en nourrir tout au long de la semaine qui suit, le chou est excellent pour la santé.

 

Et à part ça, le nom commun le plus long de la langue française dont les lettres sont rangées par ordre alphabétique est "aegilops" (oui, l'anagramme de "spoliage"); c'est le nom d'une céréale. Epoustouflifiant, non ?

 

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Aegilops: un nom extraordinaire pour un look banal.

11/02/2009

Où l'auteur, pour laisser reposer ses synapses, cite un autre auteur

 

Nous y sommes

"Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à
la peine.
Nous
avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A
la Troisième Révolution.
Qui
a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? »
demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec
la croissance.
Peine
perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de
la Troisième Révolution.
Pas
d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie - une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore".

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

10/02/2009

Où l'auteur persiste en surenchérissant dans le compactage calembourifiant

 

Puisque les neurones sont chauds, raffinons et condensons un brin l’exercice précédent : voici, compactés en un seul alexandrin, le nom d’un illustre auteur ancien, le titre de ses deux œuvres les plus célèbres, et le lieu où se passe la première et débute la seconde.

 

Il y a dans l’eau, ô mère, trois maudits cétacés.

 

Fumant, pas vrai ?

08/02/2009

Où l'auteur d'humeur antique fait rien qu'à calembourer dans l'alexandrisme

 

On me pose quelquefois la question de savoir comment un chanteur désoeuvré pourrait utilement valoriser l’interminable attente qui précède un concert. Cette pertinente question d’un intérêt considérable me tarauda l’esprit un court instant dans la capitale de la Grèce qu’avait investie ce vendredi soir mon groupe le plus bruyant dans l’unique et sournois but de rajouter sans vergogne une déluge sonore industriel à l’océan de souffrances d’une jeunesse grecque déjà tant éprouvée.

 

Ma réponse solennelle et sentencieuse à l’interrogation judicieuse ci-avant émise est la suivante : tout auteur qui se les pèle dans les loges avant son entrée en scène, au lieu de vaquer à des activités aussi puériles que l’ingestion d’alcool, la énième re-répétition du répertoire à interpréter ou le taquinage de la gueuse de coulisses*, se rabattra désormais, uniquement et obligatoirement sur l’utile, créative et ludique activité suivante : rédiger - dans sa langue maternelle ou une autre - une œuvre en alexandrins, de sujet libre, dont chaque ligne, y compris le titre, devra impérativement contenir (au moins) un calembour en rapport avec le pays de la prestation du jour. Il est admis que les chanteurs incultes (une engeance qui pullule), subinspirés ou infra-écrivants se fassent aider par leurs collègues musiciens, mais l’activité doit absolument se clôturer – question d’honneur – avant l’entrée en scène, quitte à exhaler la bancalitude.

 

N’hésitant jamais à payer de ma personne pour joindre, à la parole à graver dans le marbre, l’exemple à casser des barreaux de chaise, j’ai le plaisir et l’avantage de présenter en première mondiale l’œuvre inédite et immortelle réalisée de 18h19 à 21h22 – moins le temps d’installation, de sound-check et du frugal dîner -  en cette soirée vendredisiaque concertante mémorable où les thermomètres athéniens extérieurs indiquaient 13°C et où le temps était à la pluie fine.

 

Où l’auteur maudit sait comment meubler son temps

 

Ma jeunesse s’érode, la mort s'amène, hélas ! 

Et mon bon fond s’échappe au long du temps qui passe

 

J’étais d’humeur amère, et j’ai pas bien chanté ;

A une demi-scène je me suis confiné

Et au ras des pâq(ue)rettes, je l’avoue, j’ai presté.

Mais l’ambiance fut bonne et le pire évité.

 

Il y a du monde en loge, après la fin du show.

Une madonne hystérique, qui m’a l’air cultivée,

Tout en fumant six clopes s’enfile trois Cointreau ;

Elle m’appelle « Messire », taquine. Et d’ajouter :

 

« Pour qu’un jour tu atteignes un bon niveau sans bide,

Mon conseil est de boire surtout de l’eau limpide.

Et, avant que le temps ne finiss(e) par t’user,

Dormir longtemps, sinon ta perf’ elle est niquée ».

 

Ce soir, fête à ma pomme - c’est le calendrier - ;

Les invités boiront fort tard à ma santé,

Amis qu’on n’ose pas virer, qui nous diront :

« Restez et on vous aime, mais si vous partez, non »

 

Donc, si vous en avez trouvé 22 (voire 23), vous avez gagné. S'il y en a plus, c'est pas exprès.

 

* pire encore, certains cruciverbisent, flèchemottent ou sudokutent, je m’arrête sinon je sens que je vais rendre.

02/02/2009

Où le visiteur-promeneur-curieux ne se contente pas de faire des tas de choses, il en parle !

 

Pour apercevoir de jolis cailloux bien rangés, rien ne vaut la fréquentation d’un Salon des Minéraux et Fossiles. Justement, il s’en tenait un 33ème du nom ce week-end au Salon Communal de Marchienne-au-Pont (une bourgade hennuyère lugubre dont les rues se transforment nocturnement en coupe-gorges, mais diurnement praticable en char blindé), qui abritait de nombreuses pièces de grande qualité, notamment une gigantesque malachite d’une telle beauté que mon non-amour généralisé de la couleur verte en fut tout ébranlé. Au rayon spectaculaire, quelques crânes de chats « dents de sabre » aux canines proéminentes et acérées ne vous font guère regretter de n’avoir point vécu 50.000 années plus tôt. Idem pour des insectes, nettement plus anciens et gros comme des tortues, auxquels je préfère largement nos poux et blattes contemporains considérablement plus discrets. Aux fins de compléter ma minérale collection qui va bien, et en raison de la crise, je me contentai d’acquérir en guise de souvenir un petit bloc d’ambre fort bien poli.

 

Jean-Luc Moerman est un artiste prolifique au prénom exquis qui n’a pas peur de barbouiller avec talent des espaces allant du rikiki (photo ou page de magazine, à l’encre) au gigantesque (sol, murs et plafonds d’un énorme entrepôt, soit dans les 3.000m², à la peinture fluo). Ses influences multiples passent par le pop’art, les tatouages, la culture urbaine, les mangas… A à la vue ses compositions en noir et blanc, je pense à du Gotlib (celui de la Rubrique-à-brac) abstrait, mais peut-être fabule-je. JLM montrait, jusqu’à ce dimanche 1er février, ses œuvres les plus récentes au B.P.S.22 à Charleroi, il faudra donc aller le revoir ailleurs.

 

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Jean-Luc Moerman repeint Goldorak : du Gotlib abstrait ?
 
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Un artiste qui voit grand : hangar entier repeint en fluo

 

La Bruxelloise est un restaurant de Charleroi où, mis en appétit par les jolis cailloux et sympathiques graboutchas ci-avant relatés, et conseillé par un serveur de la Cour des Miracles aux innombrables cocktails fort goutus, j’ai franchement pas bien mangé : la patate n’y goûtait pas la patate et le jambonneau y était adipeux - et je ne suis pourtant pas difficile. Je m’en éclipsai donc vite fait pour aller prendre dès le lendemain ma mère à son domicile et ma revanche sur le mal manger au Refuge des Grisons à Bruxelles, un restaurant suisse où champignons et fromages se tiennent bien tandis que les pommes de terre la goûtent.

 

Et enfin, brio de l’apothéose de l’excellence sur la cerise du gâteau, l’équipe de France de handball, dont je ne serine pas pour rien à qui veut l’entendre que cela fait deux ans au moins que c’est la meilleure de la planète, est (enfin) devenue Championne du Monde en direk à la télé en s’imposant (24-19) avec brio, patience, intelligence tactique, sérénité et détermination face à une Croatie qui s’est effondrée dans le dernier quart d’heure (2 buts seulement marqués par Balic, Vori & co dans les 18 dernières minutes face à la défense de fer des Bleus, du jamais vu dans un Mondial). Je pense n’avoir jamais assisté à un match d’un niveau aussi élevé, et à un spectacle sportif d’une telle qualité. Ou alors c’est que je deviens exagérément chauvin. Encore que je doive montrer une certaine prudence à affirmer péremptoirement que ce terme désigne effectivement un Belge qui supporte des Français.

 

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Jérôme Fernandez, le capitaine admirablement irréprochable de la meilleure équipe du monde