28/05/2009

Où l'auteur assoiffé de lectures édifiantes se délecte d'un des nombreux poèmes anagrammatiques d'une dame experte en ce genre de choses

Au hasard du net, je tombe sur ce superbe poème anagrammatique (chaque ligne est l'anagramme du titre) d' Elisabeth Chamontin, qui en donne d'autres à lire sur son site http://www.habiletes.net/ (le lecteur attentif remarque aussi sec que "habiletés" est l'anagramme d'Elisabeth).

Je m'incline devant tant de talent et savoure cette brillantissime réalisation.

LES VIOLENCES URBAINES

Un soleil bien crevassé
Se lève sur l’ancien bois.
Reviens, silence absolu,
Oublie les vers anciens !

Écrivons les banlieues
Si reculées, non viables.
Basse, l’incurie s’envole.
L’essence, voisine, brûla.

Bien sûr, Nicolas se lève ;
Vu les braises, il énonce
« Libérons ces avenues ». Il
Sécurise sa bonne ville.

On a vu ses CRS, lie en bile,
Suer bienveillance. SOS !
Vois le bel ennui crasse :
Rêves, absence, illusions ...

Ô beurs, îliens enclavés,
Oubliés, ceins à l’envers,
Loisirs en cave, en blues ;
Balivernes en coulisse !

Un verbe sans ciel isole
Laves encore nuisibles.
Venin, blessure sociale,
Les violences urbaines
.

19/05/2009

Où l'auteur fait voir quelques jolies images d'un tournage d'une vidéo qui promet...

 
Fin avril, au café-restaurant "Le Thé au Rhum d'Archi Ahmed" à Bruxelles (un endroit qui a l'habitude de recevoir des manifestations littéraires puisque c'est là que se tiennent régulièrement les Ateliers Oulipiens organisés par Kalame auxquels participe l'auteur), Bernard Feron filmait la première partie d'un clip vidéo destiné à illustrer le morceau "A propos d'un importun" de Modern Cubism (sur des paroles de Charles Baudelaire).  
Voici quelques photos de ce tournage, prises par Fabienne Cresens, qui rendent parfaitement compte de l'ambiance à la fois décontractée et professionnelle qui régnait sur le plateau - et j'en profite pour re-re-remercier tous ceux et celles qui y ont participé dont certain(e)s lisent d'ailleurs régulièrement les lignes de ce blog.  
La vidéo devrait être en ligne sur Youtube dans le courant du mois de juillet.
 
1
Le metteur en scène-réalisateur débarque sur le lieu du tournage...

4
... les figurants aussi, dont certains viennent de Paris (ou pas loin).

8
L'auteur s'apprête à entrer dans la peau de Mr Baudelaire importuné...

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Etranges figures dans l'assistance - on reconnaît notamment DJ Gore de Cruise Ctrl

13
Le patron, de dos, donne ses instructions...

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L'importun (joué par Théophile de Giraud), de dos, et les 2/3 de Modern Cubism (Gaston Hollands et Jean-Marc Mélot), de presque face.

28
Benoît, le tenancier des lieux, qui interprète son propre rôle.

32
Bernard en action...

37
Le même, expliquant un plan aux acteurs attentifs...

46
... qui font au plan suivant ce qu'ils ont compris de ce que l'chef a dit...

60

Les ravages désastreux et conjoints de l'alcool et des interminables monologues de l'importun...

75
...qui semble totalement ravi de ses effets.

72

Une partie de la famille de l'importuné est dans la salle...

74
L'importun bourré aux as,
Les donzelles le pourchassent.
 
87
Nicolas Crousse, arrivé à mi-tournage, a eu à coeur de combler sans retard son déficit d'avinage.
 
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L'auteur montre avec conviction qu'il a "le cerveau consterné".

93
... mais c'est toujours l'importun diabolique qui mène la danse...

106
... et la caméra n'en perd pas une miette...

118
...sous l'oeil goguenard d'un serveur improbable surgissant de nulle part...

122
et qui fait marrer la salle...
 
Mais voilà déjà que les lumières se rallument et que les caméras s'éteignent...
 
Un dernier mot pour conclure :

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"Non, Monsieur de Giraud, le handball n'est PAS un sport de tapettes"

18/05/2009

Où l'auteur s'estime légitimement en droit de rétablir publiquement la plus élémentaire des vérités

 
Monsieur Théophile de Giraud, que je prenais jusque là fort au sérieux, a bien failli finir de me compter parmi ses amis ce jour récent où il m'a prétendu avec une grande conviction que le hand-ball était, au contraire du football sur gazon de plein air qu'il pratiqua jadis*, un sport de gonzesses.
*NDLA: le bout de phrase en italique a été modifié quelques heures après le postage, la vérité vraie mérite bien de temps en temps un petit arrangement.
 
Me sentant mortellement meurtri dans mon fors intérieur autant que souillé dans mon honneur handballiphore, et pour démentir à jamais le susnommé TdG tout en trompettant résolument l'hymne pétaradant de la Vérité triomphante, voici donc, illustrée par des photos recueillies sans même devoir chercher longtemps, la preuve par neuf de l'incontradictible virilité foncière du plus beau des sports de salle. Et, croyez-en mon expérience de spectateur averti (et sur place le plus souvent possible, pas uniquement à la télé), des situations ci-dessous, s'il y en a moins de 50 sur les 60 minutes que compte un match, c'est qu'il s'agit d'une rencontre amicale de vétérans féminins...
 
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Coup de coude dans le ventre                                                  Etranglement en pleine course (et ce sont des gonzesses) 

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Deux autres variantes de strangulation en plein élan

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Tentative de coup de genou dans les roudoudous                              Collision frontale de bassins

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Croc-en-jambe tendance coup de genou dans tout ce qui passe      Manchette en pleine poire

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Déséquilibre arrière (provoqué) dans le saut = chute assurée sur le dos ou le coccyx...
 
Décoiffant, n'est-il point ?

14/05/2009

Où l'auteur hyperactif de retour effleure divers sujets, annonçant par ailleurs qu'il part ailleurs

 

La relativité du temps m’a récemment frappé en ceci : il me suffit de négliger mon blog durant trois jours pour constater, quand j’y retourne, que plus d’un mois s’est écoulé. Bizarre, n’est-il point ? La faute à mes activités débordo-trépidantes qui ne m’autorisent guère à vaquer et dont je cite brièvement quelques faits saillants :

-         le cabaret littéraire et musical précédemment annoncé du 17 avril qui eut lieu en 7 actes devant une Dolce Vita pleine à craquer ; à cette occasion, je performe désormais littérairement en compagnie de Mr. Didier Cz, guitariste de son état, actif dans divers groupes musicaux dont l’un au moins traverse régulièrement les frontières européennes pour aller arborer fièrement le drapeau musical national aux quatre coins du continent ;

-         l’assistance à la dernière d’une série de quatre succulentes conférences du truculent Jean-Pierre Verheggen à Ottignies-L-L-N, conférence qui fut fort nombreusement suivie et appréciée (« On s’est bien bazookés ! ») et à laquelle faillit succéder entre huit-z'yeux une double cuite au Champagne et à la triple Westmalle;

-         quelques concerts à décaper les papiers-peints (même en plein air) de Front 242 qui continue sans faiblir à prester d’enfer et d’énergie dans la modernité loin des medias ;

-         un excellent concert d’un groupe existant depuis 1986 et resté à la fois aussi totalement frais /surprenant que notoirement inconnu de l’auteur de ce blog : Sol XIX (appelé aussi Sol 19) dont je vous recommande particulièrement le morceau « Little Wicked » qui me rappelle non seulement Brian Eno mais aussi tous les fondamentaux que j’ai toujours aimés et tenté de promouvoir dans la musique électronique; 

-         la saison 2008-2009 de mon club chouchou l'USDK Dunkerque reste une énigme : comment expliquer que ce groupe, porté par un remarquable Ragnar Oskarsson omniprésent, puisse s'incliner 20-21 à domicile sous mes yeux ébahis face à Tremblay en championnat, avant d'aller s'imposer, 7 jours plus tard, en mon absence spectatoriale, dans la salle du même club - avec les mêmes joueurs - par 23-36 (7-18 à la mi-temps) à l'occasion des quarts de finale de la Coupe de France, en atomisant ledit club, et alors qu'Oskarsson a été inexistant ? Je m'interroge encore.

 

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Tremblay-Dunkerque 23-36, le résumé du match en une seule image : les Dunkerquois Lamon et Mokrani barrent la route à l'international Mongin.
 
Mais trève de trivialités ; en plus de l’agenda ordinaire déjà chargé, il a fallu sur-assumer sérieux ailleurs car l’heure fut grave et le ton sonna l’aile.

Depuis les temps immémoriaux que les sirènes de la ruralité m’emplissaient les pavillons de leurs mélopées tentatrices, il fallait que les choses bougeassent et elles ont bougeassé car j’ai tout récemment décidé avec résolutivité et méthodicage de craquer à leur salutaire appel (celui des sirènes sus-évoquées, précise-je à l’attention du lecteur non concentré qui aurait mégardement perdu le fil échevelé de mes parfois trop longs élans scripturaires) : en effet,

1)      j’en avais depuis longtemps plus que ras les burnes de la ville tentaculaire, ses voitures mono-occupées, ses conducteurs speedés et discourtois, ses habitants qui n’ont jamais le temps de rien, ses parkings aux tarifs exorbitants, ses embouteillages chroniques, ses odeurs nauséabondes, ses trams et bus bondés, son air de moins en moins respirable, ses travaux incessants, et des tas d’autres choses pompantes en sus ;

2)      j’aspire désormais et depuis auparavant - malgré quelques tentatives autant antérieures que pas trop réussies d’expatriage temporaire sous des cieux moins citadins - à du calme, de la verdure, de la sérénité, voire même de la lenteur et du du silence, de la promenade dans des bois immédiatement voisins et toutes ces sortes de choses...

 

Bref, après avoir décidé en âme et conscience qu’il était enfin temps de déménager incessamment et durablement à la campagne parce que c’était juste et bon pour les conforts respectifs de l'auteur et de la planète, je viens, après quelques visites ciblées sous l’œil expert de l’agent quasiment immobilier et clairvoyant que je fus brièvement jadis, d’effectuer toutes les démarches adéquates pour occuper d’ici peu un logis campagnard élu avec judiciosité et congruence.

 

Je reste en cela en parfaite adéquation avec une saine politique - déjà mise en application maintes fois précédemment au cours de ma longue existence - de déménageage systématique de ma carcasse empesée à proximité de son lieu de travail de façon à réduire au minimum (1) l’utilisation de la petite Joséphine à moteur qui a droit à du repos de temps en temps et (2) la perte de temps et d’énergie consumée en déplacements aussi mornes qu’évitables, stériles et polluants.

 

Je gagne dans l'opération, outre la proximité de mon lieu de travail, la jouissance d’un superbe logis moderne et ensoleillé, l’éloignement des plaisirs éphémères et coûteux de l'urbanité tentatrice, ainsi que le recul nécessaire et bienvenu pour que l’inspiration souvent fuyante vienne me revisiter assidûment, viens me voir ma cocotte, y a du taf de création qui m’attend auquel je retourne d’ailleurs sur-le-champ.

Bonne nuit.

 

JLDV

L'auteur à la Dolce Vita avec Modern Cubism, mis en lumière par Pierre Mansire / Action Lighting, et en boîte par Frédérique Longrée