31/07/2009

Où l'auteur de retour du diable vauvert après avoir transporté ailleurs ses urbaines pénates, revient aux affaires en douceur et sans forcer la dose

 

Un lecteur m’écrit : plus d’un mois sans postage, c’est-y pas scandaleux ?

 

Je dis : certes, mais j’avais à faire ailleurs et tenais à le bien faire ; clôturer une année de travail intense puis déménager mon chez moi dans la ruralité, tout en prestant les concerts prévus et en écrivant un spectacle en français.

 

Déménager. Aaargh, le cauchemar ! C’est incroyable ce que l’on peut acquérir comme matériaux de tous types dont l’accumulation devient rapidement insupportable dès que l’on conscientise que les dés en sont jetés et qu’il faut tout-tout-tout emporter. Il me fallut donc aller au charbon et trier-jeter de mes blanches mains à tour de bras, puis emballer et transporter le reste qui était encore beaucoup trop, ce qui me prit un temps considérable et m’endolorit dos, bras et mains malgré la présence efficace et joviale de quelques joyeux co-déménageurs surmusclés à mes côtés, que voulez-vous, avec l’âge et les excès de table le corps devient moins aguerri à l’effort et la matière autrefois bienveillante et légère se rebiffe et s’alourdit, si j’avais voulu faire ça tout seul j’aurais mis six mois. Il faut dire que bien qu’ayant opéré un tri sévère parmi les innombrables objets de valeur glanés au gré de mes pérégrinations dans le monde entier, je n’ai pu me résoudre à me séparer ni de ma collection d’enclumes allemandes du XVIIIème (350 pièces) ni de mon assortiment de missiles ballistiques ex-soviétiques (200 specimens), objets magnifiques qui ont fait (font et feront) l’admiration unanime des personnes triées sur le volet que j’invite (rarement) dans le (gigantesque) hangar qui me sert de salon.

 

Ceci dit, la difficulté du déplaçage en valait le candélabre, car l’endroit d’arrivée n’est pas loin de confiner au paradisiaque : belle exposition à la lumière, magnifiques espaces calmes et dégagés, loyer d’un montant ridicule, voisins charmants, tous commerces utiles à distance promenadesquement accessible, vertes forêts adjacentes propices au vadrouillage et à l’enflammage de l’inspiration.

 

En attendant ces lendemains qui chantent, je te laisse ici, ami lecteur, car une montagne de coussins voluptueux m’appelle à siester paresseusement sans retard ni retenue.