23/10/2009

Où l'auteur explique sur scène, gestes à l'appui et avec sa conviction habituelle, que les trois piliers du bonheur terrestre sont l'esprit de troupe, les ritournelles potagères et les ambiances de sous-bois, et trouve en sus des raisons de râler

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Photo : Marianne Alexandre

C'était sur la scène de l'auditorium de l'espace "Voyelles" à Charleville-Mézières, la ville de naissance d'Arthur Rimbaud, le mardi 20 octobre, à un jet de pierre de la Meuse, où je fus convié par mon camarade Théophile de Giraud, un garçon que décidément j'adore. Seule ombre au tableau radieux de cette soirée de détente entre gens cultivés : l'absence totale de voie rapide pour rejoindre le lieu des réjouissances, d'où la très médiocre performance déplaçatoire de 2h20 de trajet aller pour 150km de voyage à peine (moyenne horaire : 64,29 km/h) ; j'y serasse allé en calèche ou en chaise à porteurs que je n'eusse point misse beaucoup moinsse de temps...

19/10/2009

Où l'auteur fait savoir les oeuvres culturelles récentes qui l'ont émouvé

 

<L'auteur s'excuse tout d'abord de laisser dans ses postures autant de fautes de non-relecture qu'il interdit cependant formellement à quiconque de considérer comme de vulgaires manquements à l'orthographe, tant il a cette dernière impeccable et au-dessus de tout soupçon.>

 

Alors qu'une lectrice tenace et surdouée vient, à mon grand interloquage, de découvrir sans coup férir les 20 prénoms de l'énigme postée ci-avant et lisible ci-après (dont je donnerai peut-être un jour la solution), je recommande avec bouillonnance trois œuvres d’exception :

-         le spectacle « L’Oral et l’Hardi » de Jacques Bonnafé sur des textes de Jean-Pierre Verheggen. Ce vendredi, j’y assistais, en 3è vision, au Théâtre 140 (où je n’avais plus mis les pieds depuis le dernier spectacle de Pierre Desproges il y a un quart de siècle) et je ne me lasse pas de barboter dans la jubilation à l’ouïssage de ce texte intemporel et décapopétaradant qui constitue une magnifique déclaration d’humour à la pétillance de la langue française dans tous ses états. De plus, auteur et interprète sont des êtres simples, profonds et attachants et disponibles à leur public ;

 

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Jacqus Bonnafé, décapant et irrésistible au volant de sa magnifique cravate

-         le recueil de « La Nouvelle Poésie Française de Belgique », parce qu’il contient de beaux morceaux de bravoure et quelques auteurs prometteurs que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer dans la vraie vie : mon camarade Théophile de Giraud, Laurence Vielle, Damien Spleeters, Anne Penders et Pascal Leclercq avec qui je partageai récemment la scène d’une salle parisienne, Frédéric Bourgeois et Alexis Alvarez Barbosa ;

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Anne Penders, poétesse et tête chercheuse

-         le film de science-fiction « District 9 » de Neill Blomkamp, qui me semble aussi révolutionnaire et digne de la cour des grands que le furent, en leur temps, Mad Max, Blade Runner et Alien, et qui me semble étrangement et puissamment en résonance (quoi qu’avec plusieurs dizaines d’années d’avance) avec l’univers de l’année 2109 que mes camarades musiciens et moi-même nous efforçons de dépeindre dans les morceaux de 32crash. Amen.

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District 9 : racisme, mutation génétique et course à l'armement sont au programme. 

17/10/2009

Où l'auteur pourtant nullement sollicité donne son avis sur un sujet pointu

En ce qui concerne la graphie de la capitale de la France, je propose qu'au lieu de Paris, on écrive pAris.

Pour ainsi y déjà voir la Tour Eiffel.

16/10/2009

Où l'auteur entreprend rien moins que de casser la tête (voire même d'autres parties anatomiques) à son lectorat

 

L’exercice décrit ci-dessous existe peut-être déjà, mais que le lecteur légitimement avide d’originalité fêlée (c'est pour ça qu'il est ici) se rassure : cette idée saugrenue naquit toute seule cette nuit dans mon petit cerveau bouillonnant sans qu’il éprouvât le besoin d’aller la pomper ailleurs.

 

Le principe de base est simple et vise à une économie de moyens : quand, dans une phrase, on trouve deux phonèmes identiques côte à côte, on les fait disparaître (car enfin, répéter deux fois le même phonème dans une seule phrase, c’est lassant).

 

Exemples simples :

« J’ai mangé des concombres » devient : « J’ai mangé des bres ».

« Un lectorat raréfié » devient « Un lectorréfié » (on peut se montrer créatif sur la graphie de la phrase recomposée du moment que les sons soient respectés).

 

Le plus ignare des moins doués des blogoliseurs, en cherchant peu, en trouvera des paquets.

 

Le phonème doublé peut évidemment comporter plus d’une syllabe.

Exemple : « Cet auteur persan perce en Chine » deviendrait « Cet auteur chine ».

« Amis Wallons, où allons-nous? » deviendrait « Amis, nous ? »

 

(Quand j’aurai du temps je chercherai un nom savant pour qualifier le procédé. Pour l’instant, je me contente de développer).

 

Corsons l’affaire en faisant disparaître les phonèmes identiques même s’ils ne sont pas contigus.

 

Exemples :

« Naguère, j’ai fait la guerre » deviendrait : « Na, j’ai fait la ».

« Venir chez toi samedi, ça me dit » deviendrait « Venir chez toi ».

« J’ai acheté une voiture, vois-tu ? » deviendrait « J’ai acheté une re ? »

 

On remarque à ce dernier exemple que la graphie de la phrase peut, dans certains cas, grandement aider à retrouver la phrase originale : la présence du point d’interrogation montre que la fin de la partie disparue induisait une question, c’est toujours ça de pris comme indice pour reconstituer l’original au cas où on vous le demanderait, ce qui ne saurait tarder.

 

On pourrait aller plus loin et supprimer plusieurs paires de phonèmes identiques non contigus :

Au lieu de dire : « Ca va, Vanessa ? », on dirait « Nè ? »

Ou encore : « Ah, si on pouvait consacrer mes créations » deviendrait « pouvait consa mè »

 

Bien sûr, dans ces derniers exemples, la phrase finale n’a plus de sens discernable. Le but ultime, le sel de la chose, serait évidemment de simplifier une phrase longue de manière à en créer une nouvelle plus courte qui aurait elle-même un sens, idéalement identique ou contraire à la phrase de départ.

 

Ceci fera l’objet de développements ultérieurs, mais en attendant, je vais tenter d’exploiter l’aspect ludique, voire sadique de l’exercice, et donc, dans le seul but vicieux de lui occasionner des migraines, je propose au lecteur qui a le temps et l’envie de se prendre grave la tête, de reconstituer ci-dessous les phrases originales avant disparition d’une paire de phonèmes selon les principes énoncés plus haut, sachant que l’un des deux phonèmes disparus est toujours un prénom, oui c’est un indice précieux qui va grandement vous faciliter la recherche, non ne me remerciez pas.

 

Ami lecteur, à toi de faire et ravi de t’avoir connu. Le premier qui m’envoie la liste complète et correcte des 20 prénoms (usuels) retirés des énoncés ci-dessous a droit au premier exemplaire du 2e volume de « Tous Contraints » (sortie en 2010) dûment dédicacé à la plume de paon par l’auteur. C’est parti.

 

1ère partie : avec une paire de phonèmes contigus

 

Exemple : « Dis-moi porte combien ? » (2)* est la dérivée de « Dis-moi Sarah, ça rapporte combien ? »

 

*Pour encore faciliter la recherche (car le chercheur téméraire a droit à des égards), le chiffre entre parenthèses indique le nombre de syllabes du prénom - attention, il peut y avoir des e muets.

 

- J’ai rapporté à ivre. (3)

- onnu. (1)

- Des types comme connais des tas. (1)

- Il a convoqué proviste. (2)

- ell au bout du fil. (3)       [ndla : à situer dans le contexte de la 2e Guerre Mondiale]

-                   (4)               [ndla : gratiné celui-là, je ricane]

- Nous verrons bien s’il meurt ou (2)

- Ce qui est dit (2)

- hochets sur l’eau (3)

- Il faudrait intè (2)

 

2ème partie : avec une paire de phonèmes NON contigus

 

Exemple : « privilège de rencontrer » = « J’eus le privilège de rencontrer Jules ».

 

Capiche ? Alllleeeez hop c’est parti pour 10 autres dans le genre :

 

- eut hélas affaire à un major (4)

- En devenant mère, contribua à l’augmentation de la té. (3)

- adore les pr (3)

- Tu n’as pas gagné en sagesse alors que a  (2)

- Ce m’a tout l’air d’un type a bi (2)

- Les pluies glaci déliter la maison d’ (3)

- fête son versaire. (2)

- a invité des a ui. (2)

- Demandez donc à de r bureau. (2)

- buvait une c (2)

 

Si ce blog était fort lu, les fabricants d’aspirine feraient des affaires dans les prochains jours, n’est-il pas ? 

Où l'auteur même pas gêné propose une petite ritournelle végétarienne à chutes potagères de son cru

 

(Ca se chantonne comme ça peut, et c'est extrait du répertoire du duo fantaisiste "Les Oiseaux Moqueurs")

 

« Dans la forêt de Mont-Luçon

Se promenaient, tout propres, cinq garçons

Et l’on pouvait y voir aussi,

Bien que nettement plus sales, six filles.

Une mai-maison s’est écrou-écroulée

Et l’on dé-dé l’on dénom-nombre

Trois mo-morts et deux blè-blessés

Sous les décon-combres.

Dans une noce un peu trop arrosée

Le marié empoigne l’un des invités ;

Sa femme lui crie « Sors d’ici, j’en ai marre,

Et va la finir sur la rue, ta bagarre. »

Vous mes petites pommes de terre

Par vos pelures et votre chair

Vous me ravîtes, vous m’étonnâtes

Vous me surprîtes, vous m’épatâtes ! »

 

Etonnant, non ?