10/11/2009

Où l'auteur pourtant rayonnant de bonheur rural, au risque d'écorner gravement sa réputation naissante de campagnard farouche, se lance soudain dans l'apologie sans retenue d'une ville qui lui paraît urbanistiquement digne des éloges les plus fulgurants

 

En pleine crise violemment anti-urbaine, voilà qu’après un lourd ouikande de prestations frontesques (Paris puis Aarhus au Danemark puis Hasselt au Limbourg sur une scène interminable devant un monde fou puisque la musique et les beuglages se sont terminés bien avant que j’aie eu le temps de terminer mon comptage de tous les spectateurs présents (oui, dénombrer le chaland de concert est une de mes marottes ; j’ai dû m’arrêter à 12.623 - comment je fais ? C’est simple : je compte les bras levés et je divise par deux*))****, je me suis retrouvé pour une petite semaine exilé en un appartement cossument meublé de la méditerranéenne cité de Montpellier, sa Faculté de Médecine, sa Place de la Comédie, ses jolis tramways-boas colorés, confortables et silencieux, ses restaurants aux plats savoureux mais au service souvent à la masse**, ses grogs ***** du bar « Le Triskell », son Odysseum tout neuf avec ses requins-scies, ses raies et ses torpilles dans leurs eaux bleutées et ses manchots dans leurs odeurs de marée, son architecture à la grecque particulièrement esthétique et à taille humaine, sa gigantesque esplanade de l’Europe, son Jardin des Plantes aux panneaux indicateurs à mon avis légèrement erronés***, son équipe de handball peut-être bientôt tout au sommet de l’Europe, sa population extrêmement jeune et bien fringuée, ses magasins de fringues tout à fait époustouflantes à prix ridicules, son charme discret et ses chaussures hors de prix dont l’achat d’une paire onéreuse n’entraîne aucune réduction sur l’acquisition de la suivante.

 

Du coup, et en dépit des quelques contrariétés évoquées ci-dessus et détaillée ci-après (j’insiste un peu lourdement en soulignant à propos des contrariétés : j’en évoque plusieurs (pluriel) ci-dessus mais n’en détaille qu'une seule (singulier) ci-dessous avant de refermer la seule parenthèse qui restait encore ouverte) voilà qui est fait, je me dis que ma culture urbaine peut encore se peaufiner dans le raffinement qui tendrait vers le beau à condition d’être sélectif, et la ville en général m’insupporte du coup déjà nettement moins. On me dit que la ville de Sète constitue elle aussi un joyau qui vaut la peine d’être vue. J’envisage. Et je termine par les explicages étoilés puis quelques images montpelliéraines.

 

 

* aux concerts de Modern Cubism, je compte les cheveux et je divise par 50.000.

 

** je ne déblatère pas ici - ni ailleurs ni jamais - à la légère et j’argumente :

(a) commander en apéro un Pineau des Charentes (je sais, en bord de Méditerranée, c’est débile) et voir arriver le serveur 15 minutes plus tard avec la carte des vins en demandant : « C’est quelle bouteille encore que vous avez choisie ? » ;

(b) rester 20 minutes face à un plat terminé alors qu’il y a en salle 6 serveurs pour 14 tables de 1 à 3 couverts ; 

(c) voir débarquer un serveur qui, prétextant coacher une serveuse débutante, n’écoute pas ce qu’on lui dit (au contraire d’elle) et lui fait apporter à table une mauvaise commande alors qu’elle avait été impeccable avant son inopportune intervention ("coacher mon cul, coucher plutôt", comme le fit hilaramment remarquer ma voisine de table qui n'avait pas perdu une miette de la scène);

(d) se retrouver placé en fond de restaurant quasiment sur un chantier avec des bâches en plastique, des outils en pagaille et de la poussière de plâtre qui volette;

(e) j’en passe et non des moindres,

si ce n’est pas du foutage de gueule c’est quand même bien imité, et ça rend la note difficile à digérer même si le repas fut irréprochable.

 

*** ce Jardin des Plantes compte en effet un tas de plaques « SORTIE » qui ne mènent pas dehors ; j’en ai conclu que, dans un moment d’aberration, le fabricant de ces plaques avait placé la dernière lettre en premier lieu par inadvertance, et que ces panneaux devaient être lus « ORTIES », ce qui correspondrait nettement mieux à la réalité de ce vers quoi ils envoient le promeneur.

 

**** ne pas se tromper dans le comptage du fermage des parenthèses : il y en avait bien deux d’ouvertes.

 

***** lisez : 5 étoiles.

 

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Montpellier : de l'urbanisme comme ça, j'en veux bien trois tonnes tous les matins dans mon café au p'tit déj' !

 

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