25/11/2009

Où l'auteur se montre, vis-à-vis de son petit neveu rigolo, moins avenant qu'un dénommé Smith qui passe dans le poste

 

Preuve irréfutable que les centres d’intérêt et les goûts personnels ne se transmettent pas de tonton à neveu, le fils de ma belle-sœur (celle qui est aussi de mon frère la femme et de ma mère la belle-fille), prénommé Robin, le plus jeune de la smala qui fait office de rigolo de service dans les réunions de famille, est tellement fan de musique en général et du groupe anglais The Editors en particulier (ce genre d’errance lui passera lorsqu’il progressera en âge et en culture musicale) qu’il est allé voir les voir en concert à Forest-National, la salle au son le plus pourri de Belgique, non sans s’être rendu au préalable à leur rencontre dans un grand magasin bruxellois pour quémander leurs autographes à l’occasion d’une séance de dédicaces.

 

S’il n’entend rien encore à la musique, mon neveu chéri possède cependant quelque talent de gribouilleur ; donc, avant de se rendre avec sa mère à la séance susdite, et tout émoustillé à l’idée de rencontrer ses-héros-qui-brâment-dans-le-poste, il réalisa un fort joli dessin pour illustrer de ses graciles blanches mains la vénération quasi sans bornes qu’il porte au titre « Papillon » qui cartonne sur les ondes aéroportées en réjouissant autant ses pavillons* qu’il agace les miens quand il s’y insinue, c'est à dire bien trop souvent.

 

* on le voit bien, le papillon dans les pavillons, non ?

 

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Muni de son dessin papillonnesque, de sa bonhomie de bon aloi et du sourire angélique qu'arborent benoîtement les diablotins en herbe de sa trempe, mon neveu se présenta donc à la séance de dédicaces où il offrit son œuvre au chef de la bande, Tom Smith, avant de se faire tirer le portrait en sa compagnie. Et il en fut fort heureux.

 

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Pour le concours de la plus belle tête d'ahuri je dis match nul.

 

Quelle ne fut pas la surprise, pour mon petit neveu transi de bonheur, de constater à son arrivée dans la salle de concert quelques heures plus tard, que Tom Smith son idole avait placé son dessin bien en vue sur son piano (comme on le voit sur la photo ci-dessous et même ici sur ToiTuyau avec des images qui bougent). Ce dénommé Smith, du coup, en dépit de ses borborygmes désobligeants, m’apparut soudain éminemment sympathique, et sa musique nettement moins insupportable.

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Epilogue : le tonton sans coeur

Quelques jours plus tard, à l’occasion de la festation mes 25 printemps, mondit neveu Robin, manifestement encouragé par son récent succès éditorial, m’offrit en dessin une gigantesque fusée format 5xA4 provisoirement non illustrée ici. Je lui fis sentencieusement remarquer que sa carrière débutante de décorateur de scène boum-boum avait du plomb dans l’aile sur ce coup-là, car, outre le fait qu’il n’est pas dans mes mœurs de pistonner les miens (bêêêrk que c'est trop vulgaire), il est considérablement plus compliqué de fixer un quintuple A4 sur un pied de micro que de scotcher un double A4 sur la face latérale d’un piano.

Quoiqu'un brin déçu, mon neveu opina, preuve à la fois d'une certaine sagesse dans le renoncement face à l'impossible, de son intelligence des arguments fondés et de l'excellence de son éducation.

20/11/2009

Où l'auteur se pose se pose en petits caractères une question d'une insondable profondeur métaphysique dont l'ampleur considérable ne devrait pas échapper au lecteur finaud

La maman d'une fille Sophie, c'est une mère sommaire ?

19/11/2009

Où l'auteur explique que, dans certains morceaux de musique, il y a bien plus que juste des bêtes mots sur des bêtes sons...

 

L’écriture d’un story-board est une pratique courante dans la production cinématographique. Mes camarades et moi avons régulièrement travaillé d’une manière comparable dans Front 242, en élaborant au préalable (ou en cours de création) pour des tas de morceaux un véritable scénario, fouillé, détaillé, régulièrement illustré par des dessins ou des photos, dans lequel nous allions puiser des ambiances, des phrases, des concepts, des slogans, des idées pour les concerts, et même (aussi incroyable que cela puisse paraître) des rythmes et des sons, etc.

 

En voici une nouvelle illustration, cette fois dans le cadre de 32crash : ci-dessous, un aperçu (fort résumé) de l’un des scénarii écrits sur base des fréquentes tempêtes de cerveaux entre Jan, Len et moi, auxquelles nous consacrons au moins autant de temps que la composition, l’enregistrement et le mixage des chansons. Je le répète, il s’agit d’un résumé, car le texte original fait plus de 10 pages.  

 

 

Terre, juin 2109

 

Depuis plusieurs décennies, des Clairvoyants (voyants extra-lucides, aussi appelés « Prophètes de Malheur », aux facultés dopées par de puissants psychotropes, prédisant l’avenir avec plus ou moins de bonheur, grassement rémunérés, contrôlés par des hordes de scientifiques, et jouissant d’un prestige considérable) ont annoncé une confrontation avec des extra-terrestres qui se montreront hostiles et destructeurs (au contraire de plusieurs races plutôt bien intentionnées) ; certains ont cité presque correctement le nom de leur race (« Aul-lassar » ou « Olleres », voir ci-dessous) et décrit avec divers degrés de précision leur apparence physique, leurs vaisseaux, leur mode de pensée et certaines caractéristiques de leur civilisation ; cependant, les informations sont restées lacunaires, vagues, voire contradictoires dans de nombreux domaines, et des tas de questions sont restées sans réponse consistante : d’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Quel est leur degré d’avance sur notre civilisation ? Ont-ils découvert l’invisibilité (avancée particulièrement redoutée) ? Par contre, tous les Clairvoyants ont prédit des destructions, certains même la fin de la civilisation terrienne.

 

Aiguillonnés par la certitude, relayée par la propagande internationale anti-alien, que cette confrontation à venir sera inéluctable et potentiellement fatale, tous les laboratoires de recherche militaire se sont mis à plancher sur des systèmes de détection et de défense à grande échelle et sur l’arme de dissuasion absolue imaginée par l’auteur de science-fiction* Alastair Reynolds sous le nom de Merlin’s Gun (Canon de Merlin) en 2000 : une arme légère, terrifiante, capable de tirer à longue portée des… trous noirs, et donc de détruire planètes, étoiles, galaxies, voire l’univers tout entier. Des rumeurs diverses circulent régulièrement sur l’état d’avancement de la recherche sur cette arme, évidemment classée ultra-secrète : ceux qui y participent ont une obligation de silence absolue sur ces travaux sous peine de mort, et de nombreuses disparitions inexpliquées pourraient résulter de l’élimination de plusieurs chercheurs jugés trop peu fiables ou trop bavards, dont certains probablement dénoncés par les Clairvoyants.

 

*Un département de la Défense Terrienne épluche systématiquement depuis 1974 tous les écrits de sci-fi parus sur terre pour y puiser des idées de concepts et techniques à développer.

 

Le premier contact avec les Ol-Lesar* a lieu début 2107, plus tôt que prévu, la plupart des « prophètes de malheur » ayant situé la rencontre après 2110. Le 13 février 2107, les Ol-Lesar se manifestent en capturant une station orbitale non loin d’Orion, semant la panique dans toutes les colonies terriennes car aucun des systèmes de détection pourtant ultra-sophistiqués n’a décelé la moindre approche ni déclenché la moindre contre-mesure.

 

A l’étonnement (et au soulagement) général, les Ol-Lesar acceptent de recevoir une délégation terrienne, dans un lieu tenu secret, lors d’une conférence au cours de laquelle ils annoncent qu’ils n’ont pas l’intention de rendre la station (qu’ils ont en fait complètement anéantie) et exigent que les Terriens se retirent de 4 planètes qu’ils occupent ; de leur côté, les Terriens leur annoncent disposer de plusieurs Canons de Merlin dont ils se serviront pour détruire leur lune puis leur soleil s’ils ne restituent pas la station capturée et n’arrêtent pas immédiatement leur agression.

 

* orthographe officielle. Les graphies Ol_Lesar et OL-Lesar sont également admises.

 

Lors de cette conférence, qui ne débouche sur aucun engagement, les Ol-Lesar ont pris soin de scanner discrètement tous les Terriens présents… sans véritable résultat car, se doutant qu’ils allaient être soumis à un tel traitement, les Terriens ont pris soin de n’envoyer que des émissaires n’ayant aucune possibilité de trahir leur cause, même à leur insu : aucun d’eux n’a vu le Canon de Merlin, ni en vrai ni en photo ni sur plan, pas un ne saurait expliquer son fonctionnement, tous ignorent la localisation des prototypes opérationnels ; les aliens ne découvrent donc, en dehors de la ferme conviction de son existence dans l’esprit de tous les scannés, et de leur volonté collective de s’en servir au besoin, aucun indice confirmant l’existence réelle de cette arme.

 

Par contre, les Ol-Lesar ont bien compris que malgré leurs Clairvoyants (qu’ils craignent), les Terriens ne savent quasiment rien sur eux : ils sont nomades, et la seule planète par laquelle ils transitent parfois, et où se trouvent quelques installations sommaires, possède non pas une, mais trois lunes. Très peu sûrs du succès d’une attaque rapide directe de la Terre, et se doutant que si des Canons de Merlin ont été fabriqués, il peuvent se trouver à bord de n’importe lesquels des milliers de vaisseaux terrestres éparpillés dans l’univers et impossibles à détruire tous en même temps, les Ol-Lesar, prenant à la lettre la menace de riposte en deux temps (« lune puis soleil »), sont d’avis de forcer les Terriens à se découvrir, prenant délibérément le risque d’une salve de CM sur un objectif mineur (leur planète-relais rapidement découverte ?), tout en dévoilant eux-mêmes en partie leur capacité offensive : ils décident d’attaquer une petite planète lointaine (ZA4) récemment colonisée par les Terriens, faiblement peuplée (environ 2.000 colons) et sous-équipée en armement.

 

Cette fois, l’attaque est annoncée en clair dans l’après-midi du 25 mai 2107 pour le lendemain matin ; les Terriens de ZA4 savent qu’ils n’ont aucune chance : leurs défenses, bien que relativement sophistiquées, sont trop faibles pour s’opposer à une attaque en règle, les renforts sont trop éloignés que pour arriver à temps, et les moyens de transport disponibles ne pourraient emporter que moins de 100 personnes. Dès lors, le commandant de la planète donne la possibilité à chaque colon d’en finir par SIA  - suicide indolore assisté - durant la nuit pour échapper à un sort peu enviable consécutif à une possible capture par les aliens (il faut savoir que le nombre de combattants disponibles importe assez peu, les boucliers magnétiques et les autres systèmes de défense, largement automatisés, pouvant être commandés par une poignée d’hommes). Quelques humains se suicident, la plupart choisissent de rester. Les Ol-Lesar, cependant, ne se soucient pas de les capturer, souhaitant simplement se débarrasser de la présence des intrus humains dans une de leurs zones de passage régulier.

 

L’offensive a lieu comme annoncée le lendemain matin et est enregistrée par des satellites espions, repérés mais épargnés par les aliens pour qu’ils puissent rendre compte de la puissance de leur arsenal - encore qu’ils n’utilisent à dessein qu’une arme déclassée ; l’attaque, déclenchée par le message laconique « Kryptonically Yours ! »* que chaque Terrien semble entendre depuis l’intérieur de son crâne, débute par la descente du ciel d’une énorme gerbe de fumée ressemblant étrangement à une rose (ou une tulipe) à l’envers ; ensuite, la planète est instantanément congelée sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur, avec coupure quasi-simultanée des liaisons vers l’extérieur, avant que la totalité de la surface du globe prenne feu et que l’ensemble des matériaux composites, même les plus durs et les plus résistants au feu, se mettent à fondre et disparaissent en quelques minutes, à une allure anormalement rapide. Résultat : aucun survivant, toutes les installations détruites, et une planète devenue inhabitable pour plusieurs siècles.

 

* effectivement prononcé en anglais

 

Sur Terre, où les images ont été retransmises en temps réel, c’est la consternation, l’inquiétude (malgré les déclarations officielles selon lesquelles les défenses terrestres repousseraient sans peine une telle attaque)… et surtout l’embarras : car si sept Canons de Merlin embarqués sur sept vaisseaux interstellaires différents sont opérationnels, les Aliens s’étant volatilisés, ils n’ont provisoirement aucune cible en dehors de la planète déjà détruite, qu’ils pourraient faire disparaître pour l’exemple ; mais créer un trou noir à cet endroit de l’espace serait beaucoup trop dangereux pour d’autres installations terriennes à proximité …

 

Plus de détails et la suite sur l’album à venir de 32crash (sortie prévue 09/2010).

12/11/2009

Où l'auteur à peine réveillé cite un site généralement bien informé

Dans le cadre d’un nouvel épisode de l’interminable série « On nous prendrait-y pas pour des andouilles ? », voici un extrait édifiant de l’indépendant et très instructif magazine on-line Bakchich à propos des pratiques de pub en vigueur dans les milieux cinématographiques. Toute ressemblance avec des pratiques similaires dans les domaines de la musique, de l’art (copinages, chantages, idolâtrage à tout crin a de pures fins mercantiles) ou de la consommation de masse en général est bien entendue purement fort8.

Pris dans la toile des majors

mercredi 21 octobre par Simon Piel

Qui n’a jamais vu écrit sur une affiche de ciné « éblouissant ! »,« le chef d’œuvre du XXI siècle » pour vanter un nanard. Derrière les éloges se cachent une entente cordiale entre producteurs et journalistes.

La pratique des « baseline », ces bouts de phrases tirés d’articles de presse et goulûment apposés par les producteurs sur les affiches de cinéma est de plus en plus courante. District 9, le dernier Blockbuster produit par Peter Jackson n’échappe pas à la règle et peut-on lire sur les affiches est la « révélation de la rentrée », selon le magazine Première. Mais comment des phrases tirés d’un article de presse peuvent-elles se retrouver ainsi sur une affiche commerciale ? Ou comment les producteurs s’entendent avec les journalistes pour vendre leur film.

C’est quelqu’un qui m’a dit…

Alex Masson, journaliste ciné, raconte à Bakchich qu’après la projection presse du film Borat à laquelle il assistait pour le magazine Tracks, il reçoit un coup de fil de l’attaché de presse de la Fox, qui produit le film. « T’as une idée de Baseline ? », « oui, on pourrait mettre ça », « ok, en revanche pour l’affiche on mettra pas Tracks, mais Première. » Plus classe sans doute. Et une bonne manière de duper le spectateur en apposant le label vu et approuvé. L’affiche ne se fera pas, mais l’intention y est. Et « il n’est pas rare, s’insurge un autre journaliste du sérail, que les papiers soient envoyés aux attachés de presse avant même qu’il ne soit publié dans leur propre canard ! » Si le journaliste se montre un peu revêche, la réponse des majors ne tarde pas. Ainsi, alors que les Inrockuptibles avait massacré le film Men In Black, la Columbia, qui produit le blockbuster, reprend pour son affiche le seul mot laudatif de l’article. Las ! Les Inrocks dénoncent la combine dans leurs colonnes.

 

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Morvandiau - Baiser fatal

 

Serge Kaganski, le monsieur ciné du journal, se verra privé de projection Columbia pendant un tempsSony avait fait plus fort encore, en 2005, en inventant de toute pièce un journaliste qui n’écrivait que des articles à la gloire des films produit par Sony. Prise la main dans le sac, l’entreprise avait dû indemniser les spectateurs dupés. Mais, comme l’explique à Bakchich un critique ciné quelque peu désabusé : « Pour les majors de toute façon, les articles de presse ne sont que des places gratuites intégrées à leur plan marketing. Les baseline ne sont que la partie émergée des ententes. Et malheureusement, le poids des majors est bien trop lourds pour lutter. » Ainsi, précise-t-il amère, « la Warner décide, comme autant de bons ou mauvais points distribués aux journalistes, de les inviter ou non aux projections presse. Un article un peu décapant et on atterrit dans la blacklist des communicants. » Tout cela serait grave si les gens lisaient encore les critiques avant d’aller voir les films.

10/11/2009

Où l'auteur pourtant rayonnant de bonheur rural, au risque d'écorner gravement sa réputation naissante de campagnard farouche, se lance soudain dans l'apologie sans retenue d'une ville qui lui paraît urbanistiquement digne des éloges les plus fulgurants

 

En pleine crise violemment anti-urbaine, voilà qu’après un lourd ouikande de prestations frontesques (Paris puis Aarhus au Danemark puis Hasselt au Limbourg sur une scène interminable devant un monde fou puisque la musique et les beuglages se sont terminés bien avant que j’aie eu le temps de terminer mon comptage de tous les spectateurs présents (oui, dénombrer le chaland de concert est une de mes marottes ; j’ai dû m’arrêter à 12.623 - comment je fais ? C’est simple : je compte les bras levés et je divise par deux*))****, je me suis retrouvé pour une petite semaine exilé en un appartement cossument meublé de la méditerranéenne cité de Montpellier, sa Faculté de Médecine, sa Place de la Comédie, ses jolis tramways-boas colorés, confortables et silencieux, ses restaurants aux plats savoureux mais au service souvent à la masse**, ses grogs ***** du bar « Le Triskell », son Odysseum tout neuf avec ses requins-scies, ses raies et ses torpilles dans leurs eaux bleutées et ses manchots dans leurs odeurs de marée, son architecture à la grecque particulièrement esthétique et à taille humaine, sa gigantesque esplanade de l’Europe, son Jardin des Plantes aux panneaux indicateurs à mon avis légèrement erronés***, son équipe de handball peut-être bientôt tout au sommet de l’Europe, sa population extrêmement jeune et bien fringuée, ses magasins de fringues tout à fait époustouflantes à prix ridicules, son charme discret et ses chaussures hors de prix dont l’achat d’une paire onéreuse n’entraîne aucune réduction sur l’acquisition de la suivante.

 

Du coup, et en dépit des quelques contrariétés évoquées ci-dessus et détaillée ci-après (j’insiste un peu lourdement en soulignant à propos des contrariétés : j’en évoque plusieurs (pluriel) ci-dessus mais n’en détaille qu'une seule (singulier) ci-dessous avant de refermer la seule parenthèse qui restait encore ouverte) voilà qui est fait, je me dis que ma culture urbaine peut encore se peaufiner dans le raffinement qui tendrait vers le beau à condition d’être sélectif, et la ville en général m’insupporte du coup déjà nettement moins. On me dit que la ville de Sète constitue elle aussi un joyau qui vaut la peine d’être vue. J’envisage. Et je termine par les explicages étoilés puis quelques images montpelliéraines.

 

 

* aux concerts de Modern Cubism, je compte les cheveux et je divise par 50.000.

 

** je ne déblatère pas ici - ni ailleurs ni jamais - à la légère et j’argumente :

(a) commander en apéro un Pineau des Charentes (je sais, en bord de Méditerranée, c’est débile) et voir arriver le serveur 15 minutes plus tard avec la carte des vins en demandant : « C’est quelle bouteille encore que vous avez choisie ? » ;

(b) rester 20 minutes face à un plat terminé alors qu’il y a en salle 6 serveurs pour 14 tables de 1 à 3 couverts ; 

(c) voir débarquer un serveur qui, prétextant coacher une serveuse débutante, n’écoute pas ce qu’on lui dit (au contraire d’elle) et lui fait apporter à table une mauvaise commande alors qu’elle avait été impeccable avant son inopportune intervention ("coacher mon cul, coucher plutôt", comme le fit hilaramment remarquer ma voisine de table qui n'avait pas perdu une miette de la scène);

(d) se retrouver placé en fond de restaurant quasiment sur un chantier avec des bâches en plastique, des outils en pagaille et de la poussière de plâtre qui volette;

(e) j’en passe et non des moindres,

si ce n’est pas du foutage de gueule c’est quand même bien imité, et ça rend la note difficile à digérer même si le repas fut irréprochable.

 

*** ce Jardin des Plantes compte en effet un tas de plaques « SORTIE » qui ne mènent pas dehors ; j’en ai conclu que, dans un moment d’aberration, le fabricant de ces plaques avait placé la dernière lettre en premier lieu par inadvertance, et que ces panneaux devaient être lus « ORTIES », ce qui correspondrait nettement mieux à la réalité de ce vers quoi ils envoient le promeneur.

 

**** ne pas se tromper dans le comptage du fermage des parenthèses : il y en avait bien deux d’ouvertes.

 

***** lisez : 5 étoiles.

 

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Montpellier : de l'urbanisme comme ça, j'en veux bien trois tonnes tous les matins dans mon café au p'tit déj' !

 

09/11/2009

Où l'auteur se souvient avec nostalgie du temps d'avant où il rigolait déjà pas mal

Du temps où j'étais encore fort petit, il me souvient m'être souvent et grandement fendu la poire en suivant l'émission "Commercial Breakdown" de Jasper Carrott sur la BBC, et plus particulièrement à la pub pour le pain qui commence ci-dessous à 05:00 et qu'il faut regarder jusqu'au bout, merci monsieur ToiTube.

Et, pour rester dans le ton, voici le pontifiant et inoubliable aphorisme du soir : "A choisir, préférez toujours avoir une bonne bouille qu'une conne couille".

02/11/2009

Où l'auteur s'en revient, heureusement pour quelques heures seulement, et de mauvaise grâce, dans une zone urbanisée à forte densité de population ensardinée

 

Après 4 mois déjà de campagnitude appartementale dans les verdoyantes vallées brussellobanlieusardes aux massifs feuillus à peine décoiffés par les féroces ondées humides* et venteuses qui régulièrement sur mon nouveau chez moi sévissent et des furies desquelles un toît dûment tuilé* me protège avec autant de stable herméticité que de de bienveillante imperméabilité*, j'ai dû me résoudre à m'en retourner dernièrement dans une métropole fortement urbanisée (tant il est vrai que les vraies métropoles sont en général assez faiblement ruralisées*) pour de hautes et impérieuses raisons pécuniaires de business musical grassement rémunéré - parce que, oui, ce n'est nullement parce que je n'en parle plus dans ces colonnes trop souvent silencieuses sur le sujet que les concerts se font rares, non non, c'est tout le contraire, cette année bat même tous les records ainsi qu'en atteste la plénitude de mon agenda tellement gribouillé de rendez-vous

   (a) soit passés qui ont précédemment eu lieu*

   (b) soit futurs planifiés dans l'avenir*

que j'envisage de m'en acheter un second* (d'agenda) juste pour les 2 derniers mois de l'année.

 

A pAris (à propos, et pour rester dans l'innovation scripturaire, je trouverais particulièrement opportun de modifier la graphie de Pise en pIse**), dans l'énervement général au milieu duquel l'auteur resta stoïquement zen au point de susciter l'admiration (trois) sans bornes (soit le kilométrage aller) de l'unique témoin de sa solennelle exemplarité puisque nous étions moins de trois à voyager de concert dans l'exigu cockpit de la double monoplace qui véhiculait notre duo*, l'expédition de la petite mais zélée équipe front242esque mit exactement une heure de 60 minutes tout rond, à savoir à une près 3.600 interminables secondes, pour parcourir les ultimes 1.200 mètres du parcours menant des environs de la capitale de l'Europe à la parisienne Loco(motive) dont c'était par ailleurs le dernier concert avant fermeture définitive, performant ainsi ce sinistre dernier tronçon à l'improbable vitesse de 1,2 km/h, à vue de nez - voire à senteur d'oeil - environ 10 fois moins rapide que la vitesse moyenne de déplacement gratuit (ou à prix écrasé) à dos de mammouth en vigueur à l'époque paléolithique, mais avec les vapeurs d'essence, la poussière et la mauvaise humeur des embouteillés en sus, sans parler des coups de trompe aussi incessants qu'inutiles et crétins parce le trafic local était totalement à l'arrêt de toute façon.

 

Bref, pour conclure en moins de trois lignes (tâche ô combien pénible de mon chef sauf à utiliser des caractères minuscules), et même si Bruxelles n'est pas (encore) Paris, plus jamais je ne reviendrai habiter en ville.

 

Et pour ce qui est du concert, n'en ayant rien vu, je ne saurais émettre le moindre avis sensé à son endroit.

 

* Le lecteur pourra ici constater avec joie que l'auteur n'a nullement renié l'un des principes quintessentiellement fondamentaux de ce blog, qui consiste à le truffer d'andouilleries.

** afin, évidemment, d'y déjà voir la tour penchée, précise-je à l'attention du lecteur oublieux des élucubrations antérieures.