14/12/2009

Où l'auteur prodigue avec désintéressement et en nom collectif quelques conseils fort utiles pour survivre élégamment à l'intense vague de froid qui nous arrive de l'Est

 

Intéressons-nous aux diverses manières de recycler créativement en superbes et confortables sièges (voir ci-dessous) nos vieux cartons d’emballage sinon voués à de moins nobles destinées que celle, privilégiée, d'obligeamment recevoir nos augustes derrières.

 

1f11f2

 

1f31f4

 

1f51f6
 

Suivons de près les Championnats du Monde de handball féminin en Chine, pour pallier la carence encourageatrice des autochtones qui n’en ont rien à cirer de ce sport injustement méconnu chez eux : il n’est pas rare de ne compter qu’une poignée de centaines de spectateurs pour des rencontres qui attireraient vingt fois plus de monde en Europe. Pourquoi pas la Coupe du Monde de course de chameaux au Groenland, aussi ? Sinon, rien que du beau jeu handballant et du suce-pince ; bien malin qui pourrait dire aujourd’hui qui l’emportera des Russes, Norvégiennes, Roumaines ou Espagnoles…

Elevons des hordes de lièvres afin de contribuer au développement du râble.

 

Dormons longuement afin de préserver nos corps malingres et de rasséréner nos esprits trop agités.

 

Quand on voit ce qu’est devenu Johnny à 66 ans, célébrons avec ferveur la mémoire d'Elvis qui eut, lui, l'opportune élégance d’en finir à 42, et restons opiniâtrement débranchés des médias décérébrés délirant dans la surenchère éhontée de crétinerie flagornante à l’usage des masses populassières abruties et incultes vautrées dans l'idôlatrie des nullissimités ondesques qui, à longueur d'année, non contents d'étaler avec complaisance dans la presse pipole leurs minables turpitudes et de partouzer dans l'ignominie et sous les nappes avec les moins recommandables de leurs dirigeants politiques au cours d'infâmes orgies à douze mille euro le couvert, nous les brisent menu tant par leurs faciès bovins que par leurs brâmes disgracieux suintant la bêtise et la démagogie. Soucieux de ne point panurger dans les taupinières auto-creusantes d'un dénuement neuronal généralisé qu'on pensait légitimement réservés aux escargots d'élevage voire aux azalées en pot, convenons de nous choisir pour modèles culturels de véritables créateurs ayant au minimum l’œil vif, la répartie alerte, un soupçon d’intelligence et quelque bribe de talent, et cherchons-les loin des projecteurs médiatiques invariablement tournés vers Guignol même et surtout quand il agonise car les hyènes n'ont plus de retenue dès que ça sent à la fois la mort et le pognon.

 

Pour finir sur une note plus gaie, rions à gorge déployée des innombrables prises en flagrant délit des mesquins chipotages et tromperies sans vergogne dont se rendent régulièrement coupables les hommes politiques (de France), et qui sont épinglés dans le jubilatoire Petit Journal du très fort Yann Barthès sur Canal + / Be.TV.

 

Ainsi, à défaut d'être heureux, nous serons au moins occupés à des choses un tant soit peu intéressantes.

01/12/2009

Où l'auteur, en goguette à l'étranger, se laisse conquérir par le charme insolite d'une oeuvre remarquable dans un matériau qui ne court pas les rues

Me promenant ce ouicande passé - et plus précidément ce samedi écoulé où les précipitations furent effectivement abondantes quoique je déambulassais à mon aise - du côté de la Place de la Bastille à Paris, et m’aventurant sur le boulevard Richard Lenoir non loin duquel je me flatte* de prendre mes quartiers chaque fois que je réside dans cette jolie ville récemment promue capitale d’un régime despotique fort peu éclairé à base de servilité couchée, je mis les pieds sans le savoir dans une exposition d’artistes de tous bords qui se tient là, et plutôt bien, chaque veille de dimanche.

Parmi toutes les échoppes, je remarquai celle qui présentait les œuvres ci-dessous, au charme étrangement indicible et ineffablement trouble, qui s’admirent également ici sur le site www.carolosculpture.fr, et qui me rappellent à la fois (pour certaines) les moaïs** de l’Ile de Pâques, les dieux de l’Egypte ancienne, les gargouilles de Notre-Dame et d’autres choses encore (mais que des belles).

ssb01

ssb02ssb07

05

M’approchant de plus près à pas feutrés pour ne point effaroucher la demoiselle artiste présente prénommée Carol (je crois) qui paraissait étrangement timide et n’avait manifestement aucune envie de faire ni l’article ni la réclame de ses oeuvres qu’elle laissait paisiblement exister par elles-mêmes pour le bonheur des yeux des passants, je constatai avec un certain étonnement que les très belles créations exposées étaient sculptées… dans de la bouse de vache. Mais que le lecteur au museau délicat se rassure : une fois sec, le matériau est totalement inodore (la précision s’impose à l’égard du non averti des aspects pratiques des réalités rurales).

Ah ben merde alors ! me dis-je en mon moi-même pour rester discret. Je fus conquis. Conquis comme je peux l’être face à la création du poète qui donne de la hauteur à la vie en deux lignes griffonnées au crayon sur un papier froissé, à la vanne de l’humoriste qui fait se gondoler l’auditeur en un magistral aphorisme révèlant en cinq secondes la véracité des choses avec une acuité et une concision largement hors de portée du politique et du journaliste, à l’artisan qui reconstruit une tour Eiffel miniature avec le contenu d’une boîte d’allumettes, au peintre qui vous crée un ciel d’orage en trois traits de couleur (j’en ai au moins deux dans ma famille, c’est vous dire si je sais de quoi je parle), au musicien qui bidouille un hymne universel avec quatre notes de musique, à tous ceux qui, partout, font du sens, de l’intelligence, de la beauté et de la grandeur avec trois fois rien si ce n’est un cœur immense, une réelle attention à ce qu’ils font, un talent dont ils ne soupçonnent ni l’étendue infinie ni l’intensité de la douche lumineuse d’humanité qu’ils mettront au cœur résonnant de qui saura vibrer à leur unisson, et d’autres choses encore dont je ne veux rien savoir afin qu’elles puissent encore exister en m’étonnant.

 * ce terme prend tout son sens au regard de la suite des aventures trépidantes de l’auteur, narrées plus bas ci-dessous dans un passage ultérieur qui suit, mais situées localement plus haut dans ce texte, allez donc tenter de comprendre les méandres infernaux de l'ubiquité rédactionnaire polysituée.

** et non les maoris comme je l'écrivis assez sottement dans un premier temps sans qu'aucun lecteur ne m'en fasse la remontrance, alors que tout le monde sait pertinemment que les maoris sont les habitants de l'île Maoris.

Epilogue : après une telle révélation artistique, rien d'étonnant à ce que, quelques encâblures plus loin et un certain nombre d'heures plus tard, l'auteur soit saisi de la force, et devant témoins, par la contrepèterie qui s'imposait au croisement du bar dénommé "Café Oscar" : "Caca forcé ! "