28/04/2010

Où l'auteur, blasé et revenu de tout, s'étonne cependant

Je reçois régulièrement de certains membres de mon lectorat des mails de nature diverse auxquels je réponds ou non selon l'humeur du moment qui m'incite fort souvent à fermer ma gueule et à ranger ma plume. J'ai déjà, par ailleurs et par curiosité, essayé de lire mon blog traduit en anglais par un logiciel en ligne, ce qui, en raison des innombrables biscornuités et libertés que je me permets par rapport au français classique le petit-doigt-en-l'air et proute-ma-chouère, produit un texte à peu près incompréhensible. J'en ai un peu trop hâtivement conclu que je n'étais lu, outre par les gens de ma famille, que par un quarteron d'irréductibles francophones siphonnés au cerveau à peu près aussi tordu que le mien. J'avais tort, comme le prouve le mail ci-dessous.

Dear Jean-Luc,
I`m an attentive reader from your blog, since over 20 years
a great fan from your music and on this way I want to thank
you for coming with Front 242 to Hamburg 17.04. Markthalle.
It was a great event for me, first time see you live - my
birthday - PERFECT. Thanks so much!
Since I`ve heard your voice first 23 years ago, I love it - and I
think it remains till I`m old and grey.
I hope you do a lot of ingenious music in the future, write funny and
serious blogs to read and I wish you all the best in your life.
Have thanks for all - you`re great!
Kind regards from the edge of Hamburg
Gaby

Je dis respect, parce qu'il ne me viendrait pas à l'idée de suivre (au hasard) le blog de Jean-Louis Jossic s'il écrivait en breton.

Où l'auteur pourtant plein de belle et bonne volonté tombe dans un guet-apens dont il s'extrait dans l'abruptage mais avec la ferme conviction d'avoir bien fait

 

J’eus récemment l’occasion de dialoguer avec un jeune musicien débutant qui, averti de la longévité de ma carrière dans l’industrie musicale par un traître de mon entourage à qui je recommande pourtant de mentir effrontément sur mes activités réelles afin de préserver la tranquillité ouatée de ma vie privée, avait sans doute en tête de m’extorquer quelque confidence, adresse utile ou coup de pouce pour booster la sienne, de carrière.

 

L’individu en question a 18 ans et il travaille de façon conventionnelle : il utilise des sons d’usine qu’il extrait de CDs vendus dans le commerce, il assigne ses sons sur un clavier, compose ses morceaux sur son ordi via un logiciel prévu à cet effet, mixe le tout et sort le résultat en CD. Comme il avait l’air très fier de son savoir-faire qu’il semblait trouver fort peu banal, je me gardai bien de lui annoncer que c’est une manière de travailler qui date d’il y a environ 30 ans et qu’il y a probablement aujourd’hui dans le monde pas loin d’un bon demi-milliard d’individus qui font pareil. Sa musique fait boum-boum-bam-bam-pof-tchok, il la classe dans le genre R’nB électro, son entourage se pâme à l’écoute de ses CD (dit-il), les filles dorment par paquets de douze sur son paillassons (dit-il), il est tenu à l’œil par des tas de grosses firmes de disques (dit-il), je parie qu’il rêve de disques d’or et de grosses villas avec la piscine et les pouffes autour, bref il a déjà un melon considérable et un container de baffes qui l’attendent au tournant.

 

A mes oreilles, sa production sonne comme une sorte de bouillie rap-disco lourdingue à l’écoute de laquelle il me semble que tout être humain normalement constitué devrait s’attacher par pure charité à extirper farouchement de son auteur les germes de la maladie infectieuse qui l’incitent à pondre de tels miasmes, mais bon, mon avis étant probablement celui d’un vieux dinosaure aigri, à moitié sourd et non averti des tendances récentes de la dernière zik branchée dont il faut dire aujourd’hui qu’elle est mégabonne sous peine de passer pour le dernier des ignares (c’est curieux, ce genre d’attitude existait déjà de mon jeune temps quoique se déclinant avec d’autres vocables), je me la suis shuntée un bon coup et, optant pour un silence bienveillant à l’égard du résultat final qui venait d’envahir mes portugaises à ma plus grande répugnance, je poursuivis primesautièrement la conversation comme si de rien n’était en tenant de l’engager sur des terrains plus fertiles.

 

Après avoir rapidement dépassé les aspects technico-pratiques, je m’enquis donc auprès de l’écervelé de ses motivations profondes (chacun sait que l’impulsion initiale d’un projet est absolument prépondérante durant toute l’existence de celui-ci qu’elle contient déjà en germe, à l’instar de la graine minuscule qui intègre le plan superbe et à venir du chêne majestueux qu’elle deviendra au fil du temps par les effets conjugués de la photosynthèse et d’un tas d’autres phénomènes chimiques compliqués auxquels je n’entrave rien, j’ai toujours été nul en sciences). Il me répondit qu’il faisait de la musique "comme celle qui marchait" parce qu’il était convaincu d’être ainsi rapidement en mesure de gagner beaucoup d’argent en vendant ses morceaux instrumentaux à des vedettes à la mode qui allaient certainement lui en offrir des fortunes (d'où les filles sur le paillasson, parce que les filles qui devinent le pognon ça envisage et ça calcule avec une sournoisité qui frôle la chafouinure).

 

Dans un premier temps, je dus me cramponner fermement à ma chaise pour n’en point choir. Ensuite, j’eus beau multiplier les tentatives d’ouvertures de portes tous azimuts, en presque une demi-heure je n’obtins pas un mot, pas une virgule, pas même un point de suspension sur les considérations autrement plus fécondes et essentielles que sont au hasard l’exaltation de la création, l’excitation de la recherche, les trépidations de la composition, l’esquisse d’un prémisse de pressentiment qui répondait à l’appel d’une vocation émanant du plus profond des désirs de l’âme, l’évocation d’une inspiration capricieuse et abondante qui le tarauderait 24h/24 au point de se réveiller transi en pleine nuit avec l’irrépressible envie de composer du boumtchak là, maintenant, tout de suite... ou encore toute autre approche qui aurait témoigné, même de loin, même à dose homéopathique, d’un brin de hauteur de vue, de panache, d’élégance ou de classe : rien, nada, que dalle ; à chaque fois, avec une obstination sidérante et une non-entendance abyssale, l’olibrius m’a systématiquement ramené sur les seuls aspects mercantilement vénaux de son travail, en ajoutant que pour chaque morceau, partant de zéro, s’il n’avait pas un produit fini (entendez : vendable) après un quart d’heure, il jetait tout à la poubelle et partait regarder la télé.

 

Après un moment déjà trop long, et malgré mes dispositions initialement fort bien mises à son égard (ce qui m’étonna moi-même : je me réjouissais déjà de devenir, avec l'âge, asocial et bougon voire insupportable et infréquentable, et c'est le contraire qui se passe), quand je m’aperçus qu’il avait irrémédiablement tout dit depuis longtemps et me resservait sans cesse la même ritournelle, je coupai abruptement court à la conversation pour regagner mon rural et quiet logis, bien décidé à ne jamais lever le petit doigt pour aider ce cuistre en quoi que ce soit.

27/04/2010

Où l'auteur sa fait l'écho de la recette d'un cocktail particulièrement corsé : la gloutonnerie sans scrupules des financiers + l'inertie des politiques + la passivité des masses populaires = un super piège à cons où nous marinons tous

 

Extrait du blog http://www.superno.com/blog/

 

Les banksters nous pissent à la raie, protégés par nos politiciens bonimenteurs.  

 

Marc Fiorentino est trader, et fier de l’être. J’avais déjà parlé de lui, et pas en bien [...] Mais on doit au moins lui reconnaître deux choses : d’abord ne pas varier dans ses déclarations, puisqu’il affirmait déjà il y a un an que rien n’avait changé dans la finance mondiale; et de ne pas pratiquer la langue de bois lorsqu’il est devant un micro.

 

La preuve ce midi, chez Bernard Thomasson sur France Info. Il était invité à parler de Goldman Sachs, la plus célèbre des banques d’affaires de Wall Street. Elle est visée par un nouveau scandale, après avoir été montrée du doigt en Europe pour avoir poussé la Grèce au surendettement (avant accessoirement de spéculer sur sa chute), Goldman Sachs est désormais traînée en justice aux Etats-Unis pour avoir conseillé à des pigeons clients d’investir dans des produits financiers pourris, tandis qu’ils recommandaient à un autre client plus lucratif, un hedge fund, de spéculer à la baisse sur ce même produit.

 

Fiorentino commence par dédouaner d’une certaine manière Goldman Sachs, arguant du fait que son comportement, pour scandaleux qu’il soit, n’a rien de très différent de celui de ses concurrents. En gros, tout le monde fait la même chose, dans le même but : le maximum de profits dans le minimum du temps, la fin justifiant les moyens.

 

L’ensemble de l’interview est intéressante, mais à partir de 8mn45 environ, ça devient grandiose. Voici la retranscription intégrale de la fin.

 

- Bernard Thomasson : “Quel avenir pour Goldman Sachs, il y a un risque réel, pour eux ?

 

- Marc Fiorentino : “Non, aucun, je pense qu’on va se retrouver dans une… On est dans la commedia dell’arte, hein, on est dans le grand guignol, là, tout le monde va hurler, tout le monde va pousser des cris, d’ailleurs je…”

Bernard Thomasson : “C’est pas très rassurant, ce que vous dites, parce que le G20 nous dit on va…”

 

- Marc Fiorentino : “C’est ce que j’allais vous dire, le G20 nous dit ça depuis deux ans, je voudrais vous demander …”

 

- Bernard Thomasson : “C’est peut-être long à mettre en place, non ?”

 

- Marc Fiorentino : “Je voudrais vous demander ce qui a été fait depuis deux ans. On nous a dit : “on va lutter contre les hedge funds”, la semaine dernière les chiffres sont parus sur les hedge funds, ils n’ont jamais autant collecté d’argent que cette année, ils sont proches de leurs records. “On va lutter contre les bonus”, l’année a été l’année record pour les bonus. “On va lutter contre les paradis fiscaux” : ils sont toujours là, ils sont juste passés de noir à gris puis de gris à blanc, on ne sait pas par quel miracle. “Et on va lutter pour la réglementation financière”, et on vient d’assister au G20 finance ce week-end, et à la sortie du G20 finance, quel a été le communiqué ? Le communiqué a été de dire : on ne s’est mis d’accord sur rien, parce que notamment le Japon, le Canada, et l’Australie ont dit : aucune réglementation financière.”

 

- Bernard Thomasson : “Donc les politiques nous mentent.”

 

- Marc Fiorentino : “Les politiques nous mentent, les politiques nous abreuvent d’histoires. On a vu combien de G20, combien de déclarations d’Obama depuis qu’il est là en disant : “Attention Wall Street, tremblez, voilà, j’arrive” ? Il avait dit ça, c’était son premier discours dès qu’il avait été intronisé, il avait dit qu’il lutterait contre les bonus, et il se trouve que les bonus ont été les plus élevés”

 

- Bernard Thomasson : “Imaginez ce que pensent les gens qui nous entendent en ce moment, ils vont se dire, mais qu’est-ce qu’il faut faire, il faut faire la révolution, il faut aller brûler des banques, faut… ?”

 

- Marc Fiorentino : “Je suis toujours assez surpris de voir que finalement il n’y a jamais de manifestations devant les banques, je trouve ça assez étonnant.”

 

- Bernard Thomasson : “Voilà, Marc Fiorentino, moi je suis surpris de vos propos, vous qui avez dirigé des banques américaines en Europe…”

 

Voilà. Et c’est un expert de la finance qui le dit. Les politiques nous mentent, les politiques sont des escrocs, les politiques ne sont là que pour mettre en place ce que les dogmes du libéralisme prévoient.

 

La crise financière, provoquée par la cupidité insatiable des banksters, ce sont les contribuables, les électeurs ordinaires, qui vont la payer, trois fois : une première fois en cash, pour boucher les trous en urgence. Une deuxième fois par la crise économique qui en découle. Et une troisième fois par le sabotage de ses services publics et sociaux “nécessaire” pour résorber le déficit creusé par la “crise”. Et pendant le déroulement du hold-up, les Sarkozy, les Lagarde et les Woerth monopolisent l’antenne pour expliquer que l’affaire est sous contrôle et qu’ils travaillent dans l’intérêt des gens.

 

Dans un pays comme la Grèce, le phénomène est très accéléré. La stupidité et la cupidité de ses dirigeants, conseillés par Goldman Sachs, a poussé le pays à la faillite. Sous prétexte de résorber le déficit budgétaire, les “Grecs d’en bas”, qui n’y sont pour rien, vont devoir payer de leurs salaires, de leurs retraites, de leurs services publics, le fruit des malversations de leurs dirigeants et des banksters.

 

De même la raison principale du sabotage programmé des retraites françaises n’est pas la démographie ou autres foutaises dont on nous abreuve pour faire passer la pilule, c’est la volonté de ne pas déplaire aux marchés financiers et en particulier aux agences de notation (dont l’incompétence, la corruption et la responsabilité dans la crise sont notoires) afin de continuer à pouvoir emprunter de l’argent à un taux bas.

 

Fiorentino l’a dit clairement, les Obama, les Sarkozy, ont brassé de l’air à grand moulinets, mais ils n’ont strictement rien changé ! Ils n’en avaient d’ailleurs aucune envie, leur seul but était de détourner l’attention des électeurs. La situation des financiers est strictement la même qu’avant la crise, leurs objectifs et leurs moyens sont strictement les mêmes. Et ce sont toujours eux qui dictent leur loi au reste du monde.

 

L’objectif reste à la croissance et au crédit infinis. Et tout le monde s’en fout.

 

Nos politiques ? Les rois de l’enfumage et de la diversion : pendant qu’ils couvrent les agissements des banksters, et aiguisent en douce leurs couteaux contre les retraites, ils viennent de lancer, suivis en masse par l’ensemble de la presse, un débat psychédélique : “Peut-on conduire avec une burqa ?” Ou alors, variante : “Peut-on aller aux putes quand on est dans l’équipe de France de foot ?”

 

Certes, l’histoire les jugera. Mais en attendant, sommes-nous si cons que ça ? En Grèce, la révolte gronde. Un peu. Allons-nous attendre sagement que notre tour vienne ? Attendre passivement la prochaine “crise” ? Allons nous remplacer Sarkozy par DSK, qui est peut-être encore pire ? A quand, sinon la révolution, du moins, pour commencer, la première manifestation devant une banque ?

 

Un jour, bientôt, tout ça va faire boum, que je dis moi. Et même un très gros boum.

 

Pour le lecteur qui voudrait suivre les innombrables péripéties de l'apocalypse financière qui a lieu en ce moment sur la planète, le blog de Pierre Jovanovic. Surréaliste.

Où, perché au sommet de son infinie sagesse, l'auteur prodigue son indispensable conseil du jour

Si vous souhaitez conseiller à un camarade infortuné qui vient de perdre son emploi de canaliser sa frustration en allant abattre un arbre*, ne lui dites pas :

 

Si t’as perdu ton boulot,

Venge-toi sur un bouleau,

 

mais dites lui plutôt très vite, parce que c'est plus rigolo :

 

Si t’es cassé qu’on t’ait saqué, t’as qu’à scier un acacia.

 

 

* ce qui n’est guère écologique, mais, après tout, à chacun sa méthode.

 

26/04/2010

Où l'auteur avoue qu'il est irréductiblement fan de Jean-Baptiste Camille Corot

De par la grâce de mes parents qui se sont toujours intéressés à l'art et possédaient une fort belle bibliothèque dont j'ai exploré toutes les pages lors des très longues heures de ma jeunesse qui eût sans elles (les pages) été nettement plus chiante, je suis tombé dès que je sus lire dans la contemplation extatique et enchantée de nombre de magnifiques ouvrages superbement illustrés autant que bien écrits dans lesquels j'ai découvert quantité de peintres merveilleux dont Jean-Baptiste Corot (1796-1875) n'est pas le moindre ; ses paysages m'ont toujours fasciné, je ne m'en suis jamais lassé, et je m'y abîme encore aujourd'hui avec toujours autant de vertigineuse tourbillonnescence que jadis. Charles Baudelaire, qui ne fut jamais très loin de ses contemporains talentueux, a dit avec raison de son oeuvre qu'elle était "un miracle du coeur et de l'esprit". Comme Le Pont Auguste à Nera (ci--dessous) m'est repassé sous les yeux (et le coeur) tout récemment, et me rappelant que la dernière oeuvre de Mr Corot, peinte l'année de sa mort, s'intitule Les Bücheronnes, je m'attelle donc présentement à l'écriture - à sa mémoire - d'une chanson comico-troupière consacrée auxdits travailleurs sylvestres.

Bref, ça va scier. Résultat de ces élucubrations dans ces colonnes d'ici peu.

Corot-Narni%20Le_pont_d_Auguste_sur_la_Nera

 

Corot-Maison_pres_d_Orleans

25/04/2010

Où l'auteur n'ayant pas le temps d'écrire des vannes se dit qu'après tout compter c'est aussi rigolo (et peut-être même plus rapide)


Petites curiosités mathématiques citées sur la Liste Oulipo :

1 x 1 = 1
11 x 11 = 121
111 x 111 = 12321
1111 x 1111 = 1234321
11111 x 11111 = 123454321
111111 x 111111 = 12345654321
1111111 x 1111111 = 1234567654321
11111111 x 11111111 = 123456787654321
111111111 x 111111111 = 12345678987654321

1 x 9 + 2 = 11
12 x 9 + 3 = 111
123 x 9 + 4 = 1111
1234 x 9 + 5 = 11111
12345 x 9 + 6 = 111111
123456 x 9 + 7 = 1111111
1234567 x 9 + 8 = 11111111
12345678 x 9 + 9 = 111111111
123456789 x 9 +10 = 1111111111

9 x 9 + 7 = 88
98 x 9 + 6 = 888
987 x 9 + 5 = 8888
9876 x 9 + 4 = 88888
98765 x 9 + 3 = 888888
987654 x 9 + 2 = 8888888
9876543 x 9 + 1 = 88888888
98765432 x 9 + 0 = 888888888

1 x 8 + 1 = 9
12 x 8 + 2 = 98
123 x 8 + 3 = 987
1234 x 8 + 4 = 9876
12345 x 8 + 5 = 98765
123456 x 8 + 6 = 987654
1234567 x 8 + 7 = 9876543
12345678 x 8 + 8 = 98765432
123456789 x 8 + 9 = 987654321

Pas banal, hein ?


Question réservée au lectorat bruxellois : que dit, pour l'encourager, un Bruxellois à un ami musicien qui va monter sur scène  ?

Réponse : "Kick ass, peï !"

 

20/04/2010

Où l'auteur de retour de tournée pense et dit du bien d'un groupe belge épatant qui faisait inopinément du bruit dans les mêmes salles que lui

 

La semaine passée, tournée de 5 dates de Front 242 en Allemagne.

 

Business as usual ? Not exactly.

 

D’abord, parce que renouer avec une série de concerts dans des salles moyennes (chacune tournait autour des mille places) plutôt que sur des scènes énormes de festivals, c’était se retrouver au contact rapproché du public, ce qui a toujours été la position préférée du groupe.

 

Ensuite et surtout, parce que nous avions en première partie, outre les germanovétérans d’Orange Sector déjà connus de la plupart des (fort nombreux) spectateurs présents, la crème de la belgozik électromontante, à savoir le duo Soldout qui a ainsi effectué ses premiers pas sur le sol teuton face à un public pas forcément conquis d’avance, mais que Charlotte et David ont su convaincre et enthousiasmer grâce à leurs prestations mélodiques, vitaminées, et chaque soir plus affirmées. Outre qu’ils sont mignons tout plein, magistralement bien assortis, foutrement charmants, rigolos et tout, nos deux lascars sont bien aidés par leurs complices Gaëtan (au son, une bête) et Fred (à la vidéo, une brute) avec qui ils forment un quatuor aussi efficace sur scène que discret (et modeste) en dehors. Croyez-le ou non, même pour les vieux dinosaures que nous sommes, se retrouver sur la route avec des compatriotes talentueux et avenants est un plaisir rare que nous avons savouré avec l’exquisité qui se doit, et je pense que ce fut réciproque. A cet égard, un indice qui ne trompe pas : d’habitude nous ne regardons nos premières parties que distraitement, quelques minutes (voire secondes), depuis les coulisses ; cette fois, nous avons regardé la quasi-totalité de leurs 5 concerts depuis la salle. Et je ne vous raconte pas les délires communs d’après-concert. Ils ont tapé dans l’œil de plusieurs organisateurs présents, et il y a d’ores et déjà des plans pour que nous re-concertions avec eux dans d’autres pays.

 

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La moitié fredonnante de VenduDehors - photo Dominique Houcmant

Bref, une semaine de pur bonheur, avec du gros cartonnage à la clé. Trentième année dans l’électrozik, toujours autant de monde aux concerts avec la même frénésie inextinguible, aucune trace d’ennui à l’horizon, et le plaisir renouvelé et croissant de continuer l’aventure. C’est quasiment un rêve.

 

Soldout joue ce mercredi 21 avril à 23h10 à Louvain-la-Neuve et, sauf décès inopiné ou troisième guerre mondiale, j’y serai.

 

ps : à l'expérience, aux causes possibles de concerto-non-assistance, j'aurais dû ajouter l'endormissage inopiné sur mon confortable divan quelques minutes à peine avant de prendre la route pour rejoindre l'endroit des festivités. Comme quoi, à mon âge avancé, et plus que jamais, la vigilance s'impose.