27/05/2010

Où l'auteur se livre à une réflexion quasiment métaphysique

Quand on voit les ravages que provoque un tsunami, on frémit à l’idée du désastre qu’occasionnerait le passage d’un tsunennemi.

26/05/2010

Où l'auteur fait voir de jolis cailloux qui rendent fort paisible son intérieur cossu

Ci-dessous de la labradorite. C'est une pierre très reconnaissable qui, sans éclairage direct, oscille entre des verts cuivrés quasiment reptiliens et des bleus profonds. Eclairée, elle se pare d'éclats jaune doré et bleu ciel comme ci-dessous. Mon rural appartement en compte des tas, et elles y mettent une ambiance reposante.
 
Comme disait Mr Géo Norge : "Je me suis fait des amis dans la race pierre" ...
 
lab1

25/05/2010

Où l'auteur se délecte des écrits de son auteur préféré

Dans le but de préparer une très sérieuse conférence sur l'Oulipo que je donnerai en septembre prochain devant un parterre de déjà connaisseurs auxquels je n'ai guère envie de raconter des andouilleries approximées et qui donc me contraignent à l'avance à repotasser la matière, je suis actuellement en train de relire La Vie, Mode d'Emploi du génial et givré Georges Perec et, bien évidemment, je me régale. Le petit texte ci-dessous est du même auteur, et celui de mes lecteurs qui n'identifie pas la contrainte sous-jacente est prié de résoudre 100 grilles de Sudoku force 9 avant de remettre les pieds sur ce blog - et je vérifierai !

Chapitre cent-cinquante-cinq (copie certifiée conforme)

Ça commença comme ça : certaines calomnies circulaient,

concernant cinq conseillers civils coloniaux : contrats

commerciaux complaisamment conclus, collaborateurs congédiés,

comptabilités complexes camouflant certaines corruptions

crapuleuses, chantages comminatoires, concussions

classiques... Croyant combattre ces charges confuses,

cinquante commissaires-chefs comiquement conformes (cheveux

châtain clair coupés courts, costume croisé, chemise couleur

chair, cravate café crème, chaussures cloutées convenablement

cirées) contactèrent certain colonel congolais causant

couramment cubain. « Cherchez chez Célestin, Cinq Cours

Clemenceau », chuchota ce centenaire cacochyme constamment

convalescent, « car ce célèbre café-concert contrôle

clandestinement ces combines criminelles ». Cinq commissaires

chevronnés coururent courageusement Cours Clemenceau.

Cependant, coïncidence curieuse, cinq catcheurs corpulents,

cachés chez Célestin, complotaient contre cette civilisation

capitaliste complètement corrompue. Ces citoyens comptaient

canarder certain chef couronné considéré comme coupable.

Commissaires certifiés contre champions casse-cou : choc

colossal ! Ca castagna copieusement. Conclusion : cinquante

clients contusionnés, cinq cardiaques commotionnés, cinq

cadavres ! Ce chassé-croisé cauchemardesque chagrina chacun...

 

Foutrement fortiche, pas vrai ?

 

24/05/2010

Où l'auteur fait pas rien qu'à raconter des balivernes

Contrepèterie du week-end : les balivernes d’Abaca (et sa rockante valeur). Je vous laisse réfléchir là-dessus.

 

Eurêka : j’ai enfin compris pourquoi un sucrier s’appelle un sucrier : c’est parce que le sucre y est ! Je l’aurais hurlé au monde ébahi… si j’avais su crier.

 

Très exact proverbe : "Quand tu fais quelque chose, tu auras contre toi tous ceux qui font la même chose, tous ceux qui font le contraire et tous ceux qui ne font rien".

 

La Belgique handballante a, comme à ses habitudes, pris trois roustes ce week-end (cette fois c'était dans le cadre des éliminatoires du Championnat d'Europe des moins de 18 ans), dont un cinglant 42-15 contre la Norvège. Je me console avec la victoire de mes chouchoux de l'USDK Dunkerque (en pleine perdition pour cause d'innombrables blessés) contre Nantes.

 

L’ancien champion cycliste déchu Floyd Landis révèle que le dopage est généralisé dans le cyclisme et que c’est Lance Amstrong (jamais pris) qui lui appris l’abc de la chose. L’UCI, jamais en retard d’une hypocrisie, feint de s’étonner et déplore. Il y a longtemps que j’ai cessé de m’intéresser à ce sport où le mensonge et la tricherie systématiques sont les passages obligés du succès, un peu comme dans la société mais en pire, si c’est possible.

 

Dimanche, à l'occasion de la fête du Maitrank (boisson typiquement ardennaise qui hélas ne passe plus bien du tout dans mes boyaux décatis, me forçant à un abstinage forcé qui grandement me désoblige), j’ai été (re)voir Daniel Hélin (qui me semble avoir disparu un bon moment avant son retour récent) en concert au Magasin 4. J’ai toujours aimé ce garçon pour sa présence scénique enthousiasmante, son humour déluré et ses textes supérieurement bien écrits. Si j’avais moi-même à défendre son répertoire sur les planches (ou à le mettre en scène), je m’y prendrais tout à fait différemment, mais je ne suis pas lui, mon avis on s’en fout et il fait ce qu’il veut. Cette légère réserve n’enlève rien à mon appréciation à son égard. Je lui ai acheté son dernier CD « Mallacoota » dont il a confectionné lui-même à la main la pochette en carton (vive le carton !) étant donné qu’il a résilié tous ses contrats et décidé de s’autoproduire. Les attitudes créatives courageuses méritent de l’attention et des bravos.

DH

Daniel Hélin

21/05/2010

Où l'auteur se souvient d'un groupe immense et toujours actif dont, 33 ans plus tard, il connaît encore par coeur toutes les paroles

L'inébranlable admiration que l'on voue à un artiste est l'un des plus sûrs moyens de devenir musicalement un vieux con (statut que j'assume et revendique fièrement et qui me semble infiniment préférable à celui de jeune con, engeance crétine par excellence dont certains spécimens n'hésitent pas à clamer haut et fort du haut de leur immense ignorance musicale que Joy Division c'est de la daube comme je l'ai lu récemment sur la toile), ce qui est un processus assez simple à décrypter : il suffit de tomber très jeune sur un groupe exceptionnel à la cheville duquel aucun autre n'arrive, et, à l'usure, se rendre compte que ça ne sert à rien de chercher mieux dans le même genre puisque ça n'existe pas, qu'ils (ils = ledit groupe) ont déjà tout fait et tout dit. Les quatre musiciens groupés que j'évoque ici n'ont cependant jamais vraiment connu le succès qu'ils méritaient (et dont je pense qu'ils n'avaient pas grand-chose à foutre), même si la liste des artistes qu'ils ont influencés - ou qui les ont carrément pompés - est interminable. Comme quoi la reconnaissance de ses pairs et celle du public ne vont pas nécessairement... de pair.

J'écris ce qui précède à propos du groupe anglais Wire : après avoir découvert par hasard leur 1er album Pink Flag dès sa sortie (et acheté, plus tard, leur chef-d'oeuvre 154 au moins 15 fois car je l'ai ensuite offert 14 fois - ou prêté à des gens qui ne me l'ont jamais rendu), je les ai vus en 1978 à Leuven pour l'un des plus mémorables concerts de ma vie. Le concert a commencé avec une heure de retard en raison d'une panne de courant, et durant cette longue attente l'un des spectateurs, également journaliste à En Attendant, qui avait sous le bras l'album Chairs Missing tout frais pondu, l'a fait signer par tous les spectateurs présents, dont le très pertinent et regretté journaliste Bert Bertrand qui allait périr assassiné à New York quelques mois plus tard. Il se trouve que par la suite, je suis devenu ami avec Colin Newman (le chanteur du groupe, rencontré à l'occasion d'une démonstration du sampler Emulator II acquis par Patrick Codenys et utilisé dans F242) et, longtemps après, avec le spectateur-journaliste en question, que j'appellerai par les initiales FD. Quand Wire est revenu concerter à Leuven en 2008, soit trente ans plus tard, ledit FD, sachant que j'allais les voir et lui-même empêché de faire de même pour raison d'agenda surchargé, m'a demandé de remettre au groupe son album signé par l'intégralité des spectateurs louvanistes septante-huitards, ce que j'ai fait après le concert (par ailleurs excellent quoique fatalement moins surprenant que le premier vu dans la même cité) dans les blanches mains de Colin qui m'en sembla fort ému.

 

Wire, Drill : putain de grave bon groupe, sur scène comme sur disque, et pourtant gravement mésestimé

20/05/2010

Où l'auteur lit des trucs gondolants, mais pas pour tout le monde, sur la crise économique

Lu ce jour sur le site de l’hebdomadaire Marianne, sous la plume de Laurent Neumann :

 

A priori, la crise qui secoue l’Europe ne prête pas vraiment à rire. Ou alors à rire jaune. Pourtant, quand on y regarde de plus près, il y aurait de quoi se gondoler.

 

Ainsi la pensée économique dominante nous a-t-elle seriné pendant des décennies que les marchés devaient s’auto-réguler. Ni règles, ni sanctions : laissez-nous faire, on se débrouille entre nous ! On a vu le résultat. Mais aujourd’hui, alors que notre Président de la République continue à se payer de mots, c’est Angela Merkel, la très conservatrice chancelière allemande, qui vient, après Barack Obama, président des Etats-Unis, de prendre de vraies mesures de régulation des marchés financiers pour s’attaquer – enfin ! - aux spéculateurs. Rires…

 

Le même cercle de la raison nous a vanté, pendant à peu près autant d’années, les vertus du désengagement de l’Etat des secteurs-clés de l’économie, à commencer par celui de la finance. Or, l’Etat est désormais appelé partout à la rescousse, y compris par les banquiers qui, hier, ont failli être engloutis par la crise des subprimes et qui, aujourd’hui, portent les milliards de la dette grecque. Fous rires…

 

Les mêmes experts, péremptoires, nous ont expliqué combien il était nécessaire, urgent, vital, de baisser les impôts. Au nom de quoi, d’ailleurs, on a instauré pour ceux d’en haut le moyenâgeux bouclier fiscal, pendant que ceux d’en bas, eux, devaient continuer, sans se plaindre, à être consciencieusement percés de flèches. Or, désormais, les économistes les plus savants, ceux-là mêmes qui n’ont pas vu venir la crise, justifient doctement l’impérieuse nécessité d’augmenter les prélèvements pour combler les déficits abyssaux laissés derrière eux par les Diafoirus de l’économie. Mort de rire… Mieux, et ce n’est pas un gag, un économiste renommé de la banque d’affaires Natixis, Patrick Artus, qui ne passe pas vraiment pour un gauchiste et qu’il convient ici de saluer chapeau bas, vient même de calculer qu’en alignant la taxation du capital sur celle du travail, l’on pourrait dégager en France la bagatelle de 100 milliards d’euros de recettes supplémentaires ! Cela fait juste dix ou vingt ans qu’on nous explique que cette hérésie est proprement inconcevable. Prière de ne pas rire trop fort.

 

De même, quand, au moment du passage à l’euro, certains esprits lucides osaient suggérer qu’une monnaie unique – et non commune – ne pouvait fonctionner sans une politique économique européenne concertée, l’orchestre de la pensée unique sonnait la charge contre les fausses notes des mal pensants. Aujourd’hui, les mêmes virtuoses du marché dé-régulé nous expliquent, toute honte bue, qu’un gouvernement économique européen s’impose absolument. Mieux, la Commission, disent-ils, doit contrôler les budgets des Etats. Et là, tout à coup, on ne rit plus…

 

De quel droit, en vertu de quels principes, devrait-on continuer à faire confiance à ceux qui, non contents de s’être trompés dans les grandes largeurs pendant tant d’années, ont conduit les peuples européens au bord du précipice ? José Manuel Barroso, sauveur de l’Europe ? Je ne sais vous, mais moi, je n’ai pas envie de rire du tout !

18/05/2010

Où l'auteur, qui suit de près l'actualité politique en France depuis plusieurs mois, trouve que Mr Jean-François Kahn est à la fois pertinent et drôle, et qu'il cause au moins aussi bien qu'il scripture

... et pour le blog du même, c'est ici.

 

16/05/2010

Où l'auteur ouicandement désoeuvré se tape des tas de films dont quelques-uns émergent

Ce ouicande prolongé, c’était overdose-rattrapage de films sur grand écran et en DVD, soit une douzaine dont j’en ai instantanément oublié la moitié , mais cependant retenu ce qui suit :

Cate Blanchett avantageusement teinte en brune fait dans le Robin des Bois de Ridley Scott (étant médiéviste de formation, tout film consacré au Moyen Age m'intéresse a priori) une Marianne irrésistible à côté d’un Russell Crowe à nouveau obligé de se refarcir, après Gladiator, un jeune souverain taré – et ce n’est pas le seul parallèle qu’on pourrait établir entre les deux films. A noter que les deux morts les plus notoires ont lieu par perforation de la gorge sur tir lointain, le second par RdB soi-même avec un arc mouillé au sortir d’un bain forcé sous la coque de deux navires avec à la fois les yeux pleins d'eau salée, la gueule en sang et la flèche qui part en vrille et au ralenti, c’est ça la magie du cinéma.

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Dans "Erreur de la banque en votre faveur"Darroussin, Lanvin et Barbara Schulz campent des personnages auxquels on ne croit guère, j’ai noté un court passage digne d’intérêt avant de m’endormir rapidement : quand le banquier richissime et véreux croise devant sa banque un SDF qui mendie avec une pancarte « J’ai faim », il consulte sa montre et dit « Effectivement, il est déjà midi ».

Il y a deux acteurs français qu’on pourrait filmer immobiles pendant tout un film sans qu’on s’emmerde, c’est Yvan Attal et François Cluzet, qui excellent respectivement et notamment, l’un dans « Rapt » et l’autre dans « A l’origine », ce dernier étant à mes yeux un véritable chef-d’oeuvre. Pour le reste, il m'a nécessairement fallu voir un certain nombre de daubes obligées (ne fût-ce que pour, par contraste, mieux goûter la crème), notamment hollywoodiennes mais pas que, sur lesquelles, au lieu de les couper en rondelles à l'aune du bon goût objectif et considérable toujours de rigueur en ces lignes, je passerai un charitable silence pour consacrer mes forces déclinantes à de plus nobles et positives activités, comme par exemple celle qui consiste à finaliser la très définitive ritournelle du bûcheron annoncée quelques posts plus bas.

13/05/2010

Où l'auteur souligne l'intérêt manifeste, pour les artistes de scène, d'exceller dans au moins un sport de niveau raisonnable

 

Signer son arrêt de mottes

 

Il est parfois des organisateurs de festivals dont on se demande s’ils connaissent vraiment les groupes qu’ils invitent à leurs musicales agapes. En cette fin des années 90, Front 242, dont le management (entendez : nous) devait/devions également avoir omis d’ouvrir les yeux en signant le contrat, se retrouva à l’affiche d’un festival de … heavy metal, coincé entre deux groupes solides de chez lourd, Venom et Therion, ou l’inverse, sans garantie de certitude, mais en tout cas des chevelus qui font tourner leurs têtes en rond tout en hurlant et en grattant des guitares.

 

Je n’ai ni aversion ni inclinaison particulière à l’encontre du peuple jeanso-badgé-chevelu du monde du Metal, dont je me fous environ à l’exacte hauteur dont lui se tamponne du mien, mais je me doutais que la réaction de la majorité du public présent ce jour-là risquait de n'être que peu enthousiaste et que des manifestations de non-affinité notoire étaient à craindre dans leur chef en raison de l'inadéquation aussi manifeste des codes visuels respectifs. Effectivement, passé les premières minutes d’un compréhensible étonnement engendré par la totale absence sur scène de cheveux longs et de guitares stridentes, un certain nombre de spectateurs entreprirent, pour marquer leur désapprobation à l’égard de ce groupe venu d’ailleurs et nullement affilié à leur mouvance, de tenter de balancer sur scène (entendez : sur nos gueules) des mottes arrachées à la terre grasse du sol de dessous l’herbe car il pleuvinait et que la couche superficielle de Gaïa était humide ce soir-là dans ce coin reculé de la Germanie agricole.

 

Y avait-il péril en la demeure ? Certes il y eût pu, mais mon camarade Richard23 et moi-même eûmes à cette occasion l’opportunité et la présence d’esprit de remettre fort rapidement les pendules au milieu du village sous l’impulsion salutaire de nos considérables talents de sportifs de haut niveau que le monde entier de la zik électronique nous envie, et qui nous ont notamment permis de flanquer de solides dérouillées à tous les autres groupes footeux de la planète, c’est pas les Bollock Brothers ou Depeche Mode qui vont nous contredire.

 

Après plusieurs tirs tellement mal ajustés qu’ils ne passèrent même pas les barrières de sécurité (triste mais cohérent reflet de la situation du handball allemand complètement à la masse à l’époque), la première motte qui allait atterrir sur scène fut splendidement et instantanément explosée par une magnifique reprise de volée du pied droit de mon camarade chanteur-harangueur, également footballiste à ses heures, qui exécuta à cette occasion, sans arrêter de chanter, un superbe saut de carpe en ciseau qui lui aurait valu la première page du Bild s’il l’eût effectué dans le cadre d’une rencontre de la Bundesliga. Une demi-seconde plus tard, je prouvai que le handballiste que j’étais toujours à l’époque avait encore de beaux restes, en cueillant de la main gauche et en la relançant d’où elle venait, façon nonchalante quoiqu’autoritaire, sans sourciller ni bouger les oreilles, une motte destinée au batteur Tim Kroker qui cognait sur ses fûts quelques mètres derrière moi (et qui est teuton de ta race à toi, andouillesque et autoraciophobe patate de piètre lanceur de mes deux sur qui il faut pas !).

 

Le public hostile comprit instantanément que ses tentatives seraient vaines : la Belgique électro-sportive lui présentait un duo défensif infranchissable – et encore, Mr Codenys, qui fait le gardien de but footeux à ses heures, n’avait même pas eu besoin de rentrer dans la danse, puisque resté en réserve sur son podium en fond de scène - ; les tirs cessèrent aussitôt et définitivement, au grand soulagement du stage manager qui ne tenait nullement à ce que ses planches fussent transformées en auge à cochons, et qui nous remercia chaleureusement, lors de notre sortie de scène, pour notre sang-froid, notre sportive excellence et notre attachement à lui conserver un sol exempt de toute souillure même s'il était en l'occurence localisé par-delà les frontières de notre patrie chérie.

12/05/2010

Où l'auteur se trouve conforté dans sa ferme opinion que décidément, on n'est pas dans le brin

Extrait du remarquable blog de Mr Jean-François Kahn à propos du récent plan de sauvetage de l'Euro, intitulé "Plan de sauvetage ou sketche de Coluche?" :

On peut le regretter mais, faute que la seconde manifestation de lucidité, ou plutôt de bon sens, ait été le fait d’un dirigeant socialiste, c’est Marine Le Pen qui, avec les pires intentions du monde évidemment (j’exorcise d’avance le démon que l’Inquisition pourrait suspecter en moi), l’a exprimée. « On vient, a-t-elle déclaré, d’éteindre un incendie en arrosant d’essence le feu qui couvait ».
On pourrait décliner : pour échapper à une inondation on s’est jeté à l’eau. Pour résister aux Wisigoths on a fait appel aux Ostrogoths (Rome l’a fait). Pour défendre les libertés menacées on les suspend… provisoirement. Ou encore, pour se libérer d’une dette on la transfère sur sa carte de crédit !
Imaginons un instant les affres de n’importe quelle personne de bon sens qui cherche à comprendre quelque chose d’une façon générale à la crise financière qui a secoué l’Europe, et d’une façon plus particulière au remède que l’on a concocté. Qu’aura-t-elle retenu cette personne ?
Que plus les caisses sont vides et plus sont considérables les sommes que l’on est capable de mobiliser pour prendre le relais de leur vacuité.
Qu’on annonce être prêt à mobiliser tout l’argent dont on ne dispose pas pour sauver l’argent que l’on risque de perdre…
Que, à l’imitation du Sapeur Camember, on se dit prêt à creuser un énorme trou pour montrer qu’on est capable de combler, si nécessaire, des trous moindres…
Que pour mettre fin à d’inquiétantes suspicions on multiplie le danger par dix pour les rendre moins crédibles…
Que pour venir au secours de pays qui, pour avoir trop emprunté, pour combler leurs déficits, croulent sous leurs dettes, d’autres pays en déficit vont garantir ces dettes en se réservant la possibilité, pour ce faire, d’emprunter encore plus.
C’est un peu, en somme, comme la peine de mort qui revient à combattre le crime en tuant, ou la Croisade qui consiste à massacrer son prochain pour imposer une religion d’amour : là, on combat l’excès d’endettement en s’endettant.
Ce que Monsieur ou Madame Tout-le-monde traduira ainsi : des pays en manque de cash décident de mobiliser énormément de cash pour combattre les effets de ce manque de cash.
Mais où trouvent-t-ils l’argent ? s’interroge Monsieur Dupont ou Madame Michu.
Argent virtuel, leur répond-on. Mais des déficits et des dettes étant réels, comment peut-on exorciser du réel avec du virtuel sans prendre le risque que le virtuel se transforme en réel ? Autrement dit, ce qui a été décidé à Bruxelles revient, du moins virtuellement, à créer de la monnaie. Et donc, si besoin était, c’est-à-dire si les pays que l’on aide connaissent une défaillance, à recourir à l’inflation pour éponger leurs dettes.

L'auteur ne s'inquiète pas pour sa petite personne, mais plutôt pour les petites gens et les moins bien lotis qui, infailliblement, vont le plus souffrir des inévitables plans d'austérité que nous infligeront incessamment les ineptes qui se disent nos 'dirigeants' et qui sauront, eux, comme ils l'ont toujours fait, se mettre perfidement à l'abri des mesures de redressement destinées à tous les autres.

Où l'auteur, à qui personne n'a rien demandé, tente carrément une première ébauche de testament

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours adoré Kraftwerk, Raymond Devos, Pierre Desproges, Georges Perec, le bois, les livres de Pierre Hasaerts et le handball, cru dur comme fer en un Dieu assez peu catholique, eu de l'estime à l'égard des humoristes en général et des enseignants, aimé le chocolat et l'écriture, et voté écolo parce qu'il n'y avait pas de meilleur choix. Sur le tard, j'ai appris à aimer les légumes, rencontré les oeuvres de Géo Norge et Peter Greenaway, et vu le film Magnolia. Tout le reste, hormis quelques rencontres magnifiques (sur lesquelles repose à jamais un voile résolument pudique) et hasards fabuleux, est secondaire.

10/05/2010

Où l'auteur subjugué fait le point sur les progrès fulgurants d'une équipe de pionniers qui s'est mis en tête de conquérir l'espace

Quelques images valant mieux que de longs discours, voici comme annoncé l'état actuel de la recherche spatiale en République Démocratique du Congo.

D'abord, un franc succès avec le lancer de la fusée Troposphère 4 :

Ensuite, un autre franc succès avec la lancer de Troposphère 5 :

Elément troublant : le nom du chef de l'équipe des scientifiques a varié dans le temps : de IKEKA dans le 1er reportage, il est devenu KEKA dans le second. Je parierais que son vrai nom c'est plutôt IKEA. 

 

 

09/05/2010

Où l'auteur propose une contrepèterie vachement jolie, même pas vulgaire et quasiment métaphysique

 

Ne dites pas :

Le coma éthylique ?

Dites :

Le comique est-il là ?

Ce lundi, nous ferons en images le point sur la conquête spatiale au Congo.

03/05/2010

Où l'auteur, après un sondage intensif auprès des représentants les plus significatifs de la profession sylviculteuse, et dont il garantit le sérieux et la remarquable représentativité, livre ici un Best Of original et inédit

Voici donc le Best Of du Bûcheron* (extraits) gracieusement agrémenté de liens internettesques pertinents toutefois limités à 20 car telle est la règle imposée :

Animal préféré : le boa

Arbre barbouilleur préféré : le ça peint

Arbre fatiguant préféré : le bouleau

Auteur Classique préféré : Jean Racine

BD préférée : Sillage

Carrière rêvée : engagement dans la fonction publique pour pouvoir se contenter de mini-stères.

Champagne préféré : Michel Fagot

Chanson anglo-saxonne préférée : OMD « E(no)la Gay »

Chanteur français débutant préféré : Julien d’Orée

Chanteurs français non débutants préférés : Jacques Dutronc, Maxime Leforestier 

Chanteuse préférée : Marie Laforêt

Chien célèbre préféré :Lassie

Compositeur classique préféré : Jean-Philippe Rameau

Devise / maxime préférée : « Tout me fait scier »

Devise tennistique préférée : pour remporter la manche, faut cogner

Etat psychologique détesté : être abattu

Film préféré : Massacre à la tronçonneuse

Fromage préféré : le rondin de brebis

Guide touristique préféré : Le Petit Fûtaie

Homme politique préféré : George W. Bûche

Insulaires préférés : Les Corses

Joueur de basket préféré : Hervé Dubuisson

Joueur de handball préféré : Sébastien Bosquet

Historien préféré : Charles Petit-Dutaillis

Lettre préférée : H

Metteur en scène de théâtre préféré : Jacques Copeau

Nid d’espions pontifical préféré : La Sapinière

Note de musique préférée : si

Outil préféré : la perceuse (parce qu’on y met des forêts)

Parfum préféré : Boucheron

Partie anatomique préférée : le fendu

Passe-temps favori : dormir comme une souche

Pâtisserie préférée : tout ce qui est fourré

Paysagistes Français préférés : Henri et Achille Duchêne

Personnages de BD préféré : Olivier Delabranche (dit aussi Génial Olivier)  / Robin Dubois

Phrase célèbre préférée : "Hêtre ou ne pas hêtre…"

Pire crainte de santé : devenir dur de la feuille

Pire hantise financière : qu’on débite son compte

Récompense Sportivoprofessionnelle préférée : la Coupe des Coupes des coupes

Sculpteur préféré : Auguste Ro(n)din

Transport public wallon préféré : les TEC

Type d’écriture préférée : avec des sciures de mousse

XXX-actrice (à la retraite) préférée : Brigitte Lahaie

 

Renversant, convenons-en, non ?

 

*Que le lecteur pardonne à l'auteur son orthographe parfois approximative qui ne vise à rien d'autre qu'à renforcer la congruité de son propos.