02/06/2010

Où l'auteur, puisant dans sa propre expérience, suggère une nouvelle méthode pour diminuer l'incivisme routier

Que le lecteur soucieux de conserver en permanence une longueur d’avance sur les développements de l’actualité s’entraîne dès à présent à mémoriser un nouveau terme certes un brin barbare mais qui sera explicité dans quelques secondes et ci-dessous avec toute la franche rigueur dont l’auteur est capable quand il se concentre vraiment sur ce qu’il raconte.

 

Ledit nouveau terme s’écrit et se prononce « Perdivéroukifonch ». Certes on dirait du Portugais, voire de l’Etrusque ou du Tibétain, mais répétez-le à haute voix dix fois de suite et vous verrez qu’il se retient fort bien. Je vois d’ici la complice pétillance illuminant instantanément l’œil des plus fûtés lecteurs de ce blog qui ont immédiatement compris, et je les en félicite car c’est effectivement le cas, qu’il s’agit là de l’abréviation d’une formule plus vaste*.

 

Le Perdivéroukifonch n’est rien d’autre que l’abréviation de « Permis de dissoudre les véhicules routiers qui font chier », un document au titre très explicite qui désormais s’impose et dont j’ai déjà entamé les prémisses de l’indispensable création officielle avec l’aide et la coopération des membres de ma famille et des très nombreux amis d’enfance qui occupent aujourd’hui la plupart des fonctions-clés au sein du gouvernement fédéral ainsi que dans les instances judiciaires, pénales et automobilaires de notre beau Royaume, c’est dire si j’ai les passe-droits moyens de mes ambitions.

 

Ce permis d’un genre nouveau serait octroyé à quelques personnes triées sur le volet, réputées ayant une bonne vue, dignes de confiance et de jugement sain (soit très exactement la description de l’auteur de ce blog, ce qui explique que le permis n° 001 lui soit d’ores et déjà promis), et s’assortirait de la mise à disposition du « Divérouquifonch » voir figure A (avec Di pour Dissolveur), une arme portative au plasma capable d’atomiser instantanément, et sans remuer les oreilles, des volumes de matières composites pouvant atteindre 100m3 ( = un gros camion ).

 

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Figure A : Divérouquifonch. Aisément maniable à une seule main, idéal pour utilisation à partir d'un véhicule en mouvement.

 

La possession de ces deux attributs permettrait à chaque titulaire (en abrégé « PP » pour Porteur du Perdivéroukifonch) d’apporter une contribution décisive autant que bienvenue à l’ordre et au bien-être public en dissolvant sur-le-bitume (pour ne pas dire sur-le-champ car il est rare que les tracteurs in situ désobligent l’automobiliste moyen) les véhicules coupables de crétinerie(s) routières notoire(s) et caractérisée(s) telle(s) que :

-          bloquer un carrefour après s’y être engagé sans possibilité de pouvoir en sortir avant le changement des feux ;

-          conduite anormalement lente et/ou freinages intempestifs et injustifiés (en cas de doute, l’infraction est définitivement avérée si elle a pour effet de créer une file suiveuse de 50 véhicules ou plus) ;

-          rouler sur la bande de gauche ou du milieu d’une autoroute alors qu’aucune voiture ne circule sur les bandes plus à droite ;

-          manœuvre dangereuse, débile ou non-civique (p.ex. virer à droite sans clignoteur en coupant la route à un cycliste qui voulait continuer tout droit, ou s’arrêter en plein milieu d’une artère pour tailler la discute avec un piéton) ;

-          parcage témérairement inconsidéré (p.ex. en double file à 10 mètres d’une autre voiture en double file dans l’autre sens) ;

-          et tous actes routiers de nature et de conséquences avoisinantes.

 

Dans tous ces cas, le PP serait autorisé à agir de sa propre initiative et moyennant le respect de procédure légale et incontournable qui suit :

1) présentation du Perdivéroukifonch au contrevenant ;

2) explicitation au même en termes précis et circonstanciés de l’infraction constatée ;

3) annonce d’un préavis (optionnel) de 10 secondes destiné à l’évacuation du véhicule par ses occupants (ce préavis est raccourcissable, sans pouvoir être inférieur à zéro seconde, en cas de grossièreté ou de mauvaise foi notoire de la part du contrevenant ou de ses accompagnants - la fixation de la durée du préavis adéquat est dans ce laissée à l’appréciation souveraine du PP) ;

4) vaporisation de l’objet du délit sans autre forme de procès.

 

Dans tous les cas où le PP serait dans l’impossibilité de s’adresser directement au contrevenant (p.ex. parce que ce dernier aurait continué sa route après infraction), la procédure démarre directement au point 4).

 

Enfin, afin de garantir l’objectivité et l’équité de traitement pour tous, le PP s’engage à appliquer exactement les mêmes sanctions à son propre égard, s’il y a lieu.

 

Voilà. Ne doutons pas que la mise en œuvre de ces quelques mesures profitera au plus grand nombre en rendant nos routes plus sûres. Et si elle me vaut un jour une statue pour contribution notoire au mieux-être de l’humanité, je la souhaite gigantesque et en carton.

 

* « abréviation d’une formule plus vaste » = pléonasme, au même titre que « graduation progressive », « étapes successives » ou « errer un peu partout ».

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