27/06/2010

Où l'auteur se désole assez nettement moins que par le passé sur des déplacements pourtant pas si lointains

Jusqu'à récemment c'est-à-dire il y a peu, le moindre déplacement vers un concert aux Pays-Bas s'annonçait tout sauf amusant : trajets certes courts mais néanmoins systématiquement interminables en raison des travaux et de la surabondance de poids lourds en convois serrés masquant la visibilité des panneaux et empêchant parfois toute manoeuvre de sortie aux bretelles adéquates ; parking répétitivement impossible à trouver dans les parages immédiats* de la salle et enchevêtrement inextricables de ruelles étroites surpeuplées de cyclistes, piétons hors trottoirs et sens interdits ; redevances de parking exorbitantes jusqu'à des heures scandaleusement tardives ; public amorphe et immobile jusqu'au moment du rappel où il semble se réveiller (sans doute parce qu'en-dessous de deux heures de concert, il estime n'en avoir pas eu assez pour son argent) ; et j'en passe.

 

Cependant, cet état de choses est en train de changer, ce que ne manque pas de constater avec un certain intérêt un esprit ouvert comme le mien, logé qu'il est dans le moule d'un être sensible et attentif qui ne demande pas mieux que de voir ébranlées ses mieux ancrées certitudes sous les coups de boutoir d'une réalité changeante qu'il accepte de voir telle qu'elle est avec une justesse et une impartialité qui lui valent l'admiration inconditionnelle de lui-même.


Bref, Front 242 dans ses récents concerts en Hollande (un pays où le groupe n'a jamais eu beaucoup de succès, contrairement à beaucoup d'autres), à savoir Arnhem et Enschede (et possiblement ce soir Zaandam dans la banlieue d'Amsterdam, dans un club où l'on jouera à domicile puisqu'il s'appelle "De-Ka-de" à prononcer deu-ka-deu) a réussi à faire bouger le public présent du début à la fin du show sous mes yeux éberlués et incrédules. Inutile de dire que le rappel (toujours unique, sinon c'est plus cher) fut exigé par le public conquis sur un mode assourdissant et impossible à refuser. Le personnel des salles lui-même semblait n'en pas revenir  - et nous a grandement félicités - de voir ainsi ses compatriotes se défoncer les tripes comme jamais auparavant, et en tout cas jamais sur ce genre de musique.


Est-il utile (puisque c'est non, il n'y aura pas de point d'interrogation en fin de phrase) de préciser ici que je n'ai nullement besoin de voir le public prendre son pied pour prendre les deux miens quand tout me semble se passer sans accroc (quand le son est foireux c'est évidemment une autre paire de … chaussettes), tant j'adore ce métier - sans y être accroché puisque j'ai intégré depuis longtemps l'idée que tout cela finira un jour, peut-être même brutalement, du jour au lendemain, va-t'en savoir...

 

* très jolie association d'un substantif localisatif avec un adjectif temporalisateur, n'est-il pas ?


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