28/06/2010

Où l'auteur un brin énervé sort de ses gonds

Pauvre, pauvre France !

Vue de Belgique, la situation politique de notre joli et ami pays du Sud se détériore de jour en jour au point de ressembler de plus en plus furieusement à celle d'une république banannière. Si les Français se gaussent - à juste titre - des inextricables et surréalistes querelles linguistiques du morne plat pays qui est le mien, les Belges - comme beaucoup d'autres de par le monde - commencent à en avoir mal aux côtes de rire (de plus en plus de Français aussi, sauf qu'eux ont plus de mal à s'en gausser puisque c'est leur tronche qui prend) des péripéties infâmes du règne infernal du nabot à talonnettes (l'appellation est de Guy Bedos) qui veut se mêler de tout sans rien y connaître et y fout inexorablement et invariablement le bordel*, avec un sans-gêne avéré qui le dispute à l'incompétence prouvée, à grand renfort de népotisme, de coups foireux, de vengeances personnelles, de décisions absurdes, d'appropriations abusives, d'absence d'éthique, d'invraisemblables retournements de vestes, de martèlement d'un discours totalement déconnecté de la réalité voire émaillé de mensonges patents et grossiers, de diversions médiatiques sur des sujets sans importance montés en épingle, d'enfumages à tout crin, d'étalage de turpitudes et de vulgarité, de volonté de donner des leçons sur tout et de préférence dans des domaines où ses propres insuffisances personnelles sont criantes, de ridiculisations à répétition à la face du monde, de promotion éhontée du bling-bling et de l'indignité, de copinage avec les riches et les puissants couplé avec un mépris ouvert des petites gens, de truquages de chiffres, de non-tolérance du moindre avis contraire au sien, du défaussage sur d'autres de la cause des problèmes dans lesquels il s'empêtre, d'absence de résultats sur la quasi-totalité des dossiers pris en charge, et surtout du manque flagrant de vision cohérente et de projet global puisque chaque jour qui passe rend de plus en plus manifeste que le seul fil rouge sarkozyste clairement identifiable est celui du "tout pour ma gueule" : profiter de son mandat par tous les moyens possibles pour assurer sa survie matérielle et politique personnelle (et accessoirement celle de sa clique de sbires aux ordres, et celle de la caste des nantis intouchables dans laquelle il tente de se faire une place à tout prix) en dévoyant les instances de la République dont, au lieu d'être le garant, il est devenu le fossoyeur. Jamais autant que sous son règne délétère on n'aura eu l'impression que la politique est devenue un secteur-refuge pour sous-doués autistes minables non comprenants aveugles et sourds incapables de faire carrière dans un secteur d'activité sociétal normal.


Les derniers coups d'éclat du risible mais dangereux nanomonarque, qui ont contribué à lui coller de nouveaux mauvais points indélébiles et à faire augmenter de plusieurs décibels le volume de la broncha à son encontre (la montée notoire du mécontentement général est patente ces dernières semaines), ont consisté notamment :

- à décréter qu'il allait réorganiser l'équipe de France de foutre, annonce sur laquelle il s'est aussitôt fait tacler par la FIFA qui a rappelé que les politiques n'étaient pas habilités à se mêler de se ses affaires (la FIFA a en effet déjà maintes fois prouvé par le passé qu'elle n'avait nullement besoin d'aide pour gérer toute seule de travers son sport de tutelle) ;  

- à préférer recevoir, plutôt qu'une délégation des 2 millions de personnes descendues dans la rue pour manifester contre la réforme des retraites, un footballeur richissime et chômeur probablement venu expliquer que sa disgrâce en équipe de France était due à son âge avancé, à sa pointe de vitesse émoussée et à son efficacité en chute libre, ce que chacun avait bien vu, mais bon, à qui n'y connaît que béatrice il faut tout fatalement tout (ré)expliquer de A à Z ;

- à faire virer de France Inter les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte, qui comptent parmi les meilleurs dans leur genre et qui sont parmi les derniers à ne pas tenir leur langue en poche, voire juste et frapper fort, ce qui, fatalement, fait dépasser leurs têtes de toutes de toutes celles des carpettes serviles et couchées qui se planquent dans les médias français. Ah certes, ils n'étaient peut-être pas drôles ni pertinents à tous les coups (du reste, si on exigeait des politiques qu'ils soient efficaces et pertinents à tous les coups, le nombre d'élus encore en activité se compterait sur les doigts d'un manchot des deux bras), mais, à bien s'en souvenir, Pierre Desproges et Coluche non plus, même au sommet de leur art, quand ils y allaient au moins aussi fort.

Soit trois interventions qui prouvent indubitablement un magnifique sens des priorités.


J'espère que les Français, à la vue des agissements catastrophiques de leur président élu sur base d'un discours a priori aguichant mais qui a eu depuis l'occasion de montrer l'étendue de son incontournable incompétence, ne commettront pas l'erreur de lui conserver les clés de la maison, mais profiteront de la prochaine élection pour le renvoyer dans ses foyers avec les coups de pompe qui s'imposent.


Et je suis persuadé que, le jour où, à tête reposée et loin des passions exacerbées de l'instant, historiens et sociologues se pencheront sur le bilan sarkozyen, ils en arriveront immanquablement à la conclusion que le règne du bibelot sur piles aura constitué l'époque du plus formidable recul des 3 valeurs symboliques de la République : liberté, égalité, fraternité.


En Belgique, Dieu soit loué (meublé si c'est possible**), on n'a pas de gouvernement ; par contraste, ça en devient presque une bénédiction.


* pour ceci et chaque argument qui suit, j'ai des exemples, mais bon, on va pas en faire quinze pages non plus.

** c'est de Jean Yanne, ou pas loin.

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