02/02/2011

Où l'auteur avoue sa fascination pour des gens qui, adeptes d'un sport tranquille, n'arrêtent pas de se toucher les boules

Le seul sport que j'ai pratiqué avec un certain succès et une réelle longévité (plus de 30 ans), c'est le handball, qui me convenait parfaitement puisqu'il fallait y courir, sauter et tirer dans tous les sens sans jamais s'arrêter, avec permission de bouger virilement l'adversaire et même de lui foutre à l'occasion des coups en douce sans se faire choper soi-même (ni par ce dernier, revanchard, ni par la paire arbitrale).

 

Il est un autre sport nettement moins furieux duquel, pour raison de performances exécrablement cochonnées, j'ai décroché très vite : la pétanque ; j'y ai toujours été archi-nul car totalement infoutu d’approcher à moins de 30 centimètres, avec des boules chromées parfaitement rondes et très cher payées (et même avec celles qui me furent quelquefois offertes), un cochonnet jeté à maximum 7 ou 8 mètres. C'est pourquoi les joueurs du sport appelé « bowls » en anglais (« boules » en français) sont à mes yeux éberlués de véritables doubles-dieux puisqu’ils arrivent, avec une implacable régularité qui me fait ressentir avec encore plus de flagrance mes criantes limites subpétanqueuses, à toucher ledit cochonnet de leurs bowls lancées de 25 mètres (vingt-cinq mètres, bordel !), voire à entraîner celui-ci avec elles, performances insensées qui vaut d’ailleurs à leurs auteurs de recevoir, sur la boule touchante et de la part de l’arbitre, un double sprotchage honorifique dont je m’interroge - également doublement - sur la vraie nature et le but recherché ; manifestement, l’arbitre retire de sa poche un petit spray et fait pschhh sur un des bords de la boule, puis la même chose sur le bord opposé ; il me semble qu’il s’agit d’un double coup de peinture blanche mais qui s’efface presque aussi sec puisqu'on n'en voit plus rien dès le jeu suivant (ou alors c'est que ma vue baisse) ; je n’ose pas penser qu’il puisse s’agir de parfumage ou de désodorisage, procédés plutôt désobligeants voire vexatoires à l’égard du lanceur boulatoire concerné.

 

Certes, la surface sur laquelle jouent ces gaillards est parfaitement plane et souvent couverte -alors que j'ai toujours joué dehors sur des surfaces caillouteuses-, mais leurs boules à eux ne sont mêmes pas rondes et les obligent à pratiquer à tous les coups (de boule, of bcourse) des trajectoires courbes sauf quand ils tirent violemment sur une (ou des) boule(s) ennemie(s), auquel cas la trajectoire est quasi-droite et notoirement plus rapide.

 

Pour les avoir vus multiplier les coups de génie les plus improbables et renverser des situations tellement mal embarquées qu’à leur place je me serais jeté plusieurs fois dans la mer du haut de la plus abrupte falaise disponible dans les parages, je m’incline respectueusement devant mes chouchous-experts en boules-à-trajet-courbe, les Anglais Greg Harlow et Mervyn King (photos dans cet ordre ci-dessous), dont le physique rondouillard et non spectaculaire pourrait bien me les faire confondre, si je les rencontrais un jour en rue pour de vrai, avec de vulgaires champions du monde de fléchettes.

 

gregharlow466.jpg

king.jpg

Les commentaires sont fermés.