13/07/2011

Où l'auteur éberlué se frotte à un premier précepte de la Très Haute Sagesse Pfalzienne.

 

Dans le petit village du Pfalz qui me sert à l'occasion de seconde résidence, entre nourrissage de sangliers, chassage de souris et promenade de chevaux, je participai certain soir tout récent, invité et introduit par des amis bienveillants qui tiennent beaucoup à m'intégrer à leur petite communauté amicalo-rurale, à une agape fort arrosée de bière (industrielle) locale entre gens de tous âges issus des environs.

 

Certes, et malgré des progrès fulgurants, je ne maîtrise encore qu'imparfaitement la langue de Goethe, Ralf Hütter et Alexander Veljanov, mais je suis obligeamment assisté dans mes méritoires efforts de socialisation par une traductrice aussi dévouée que patiente qui me susurre à l'oreille la traduction anglaise des éléments dialectaux les plus susceptibles d'échapper aux non-germanophones, fussent-ils à mon instar bien disposés dans l'attentionnage et/ou supérieurement appliqués dans l'écoutage et la volonté de compréhendage de cette langue encore trop souvent hermétique à mes néophyteuses écoutilles.

 

La soirée battait son plein lorsque l'un des joviaux participants, qu'on ne pouvait pas ne pas voir, un fils d'agriculteur qui dépassait tout le monde d'une tête tout en projetant sur tous une ombre colossale tant sa carrure était immense, un gars du genre taillé dans le chêne auquel on préfère donner un bizou plutôt que de serrer la main qui pourrait inopinément et sans effort broyer la vôtre sans penser à mal, annonça assez fièrement qu'après avoir en vain consacré une année entière à des études universitaires qu'il n'avait pas réussies, il se consacrerait désormais à la recherche… d'une épouse. A la question de savoir quelles devaient être ses qualités, le néo-chercheur affirma sans rire qu'elle ne devait pas forcément être jolie ou intelligente, mais que sa principale qualité serait surtout de… posséder de la terre. Et il ajouta, sur un ton solennel : "Schönheit vergeht, Hektar besteht" ("La beauté passe, l'hectare reste").

 

Tandis que les autres convives se roulaient quasiment sur les tapis, je restai confondu par le bon sens et la praticalité de cette opinion frappée au coin du bon sens, et provenant en droite ligne d'une somme d'expérience et de sagesse probablement issue du fond des âges…

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