20/08/2011

Où l'auteur tire d'un objectif constat une pertinente question

 

Quand je vais au resto, je m'ennuie.

Quand je sors en boite, je m'emmerde.

Quand je vais au cinéma, je me fais choir.

Quand je lis un roman, je m'endors.

Tout lit inconnu s'arrange pour me faire passer une mauvaise nuit.

Les boissons alcoolisées me font des lendemains pénibles.

Les plateaux de la balance des cons viennent de basculer : avant, il n'y avait que des vieux cons ; avec le temps, la proportion de jeunes cons s'est accrue et dépasse aujourd'hui largement les 50%.

Un nombre croissant de gens autour de moi s'enquièrent de plus en plus fréquemment de ma santé en général voire, pour les plus hardis, de l'état de mes principaux organes en particulier.

Je connais(sais) personnellement au moins vingt personnes plus jeunes que moi qui sont décédées. 

J'attrape des envies de sieste dès la fin de la matinée.

A chaque nouveau groupe qui apparaît, je me dis invariablement que pfff, untel ou autretel faisait déjà pareil en mieux* il y a 20 ou 30 ans. Et quand Lady Gaga arrive malgré moi au contact de mes yeux ou de mes oreilles, je vomis.

Desproges et Perec me manquent.

Les mots croisés des grands journaux ont toujours été ou sont devenus beaucoup trop faciles.

Tout chat domestique que je croise vient immanquablement s'installer sur mes genoux.

 

Le tout un peu plus qu'hier et, je le crains, un peu moins que demain.

Je me demande si je ne serais pas en train de vieillir.

 

*oxymore

11/08/2011

Où l'auteur tombe par hasard sur un texte bien torché qui dénonce avec justesse l'une des innombrables dérives du sport-roi méga-pourri qui, avec le temps, lui est devenu carrément insupportable

 

Lu sur le blog de Jérôme LATTA à http://latta.blog.lemonde.fr/2011/03/03/irresponsables/#x...

  

Valenciennes-Lorient, samedi soir. Francis Coquelin, jeune défenseur breton déjà averti pour un tirage de maillot, se jette en direction de son adversaire: son tacle n’est pas dangereux, mais il est complètement raté et son bras relevé vient contrer le ballon. Estimant cette main volontaire, l’arbitre sort un deuxième carton jaune tout aussi légitime que le premier et expulse le joueur après lui avoir rappelé qu’il venait d’échapper, sur une action précédente, à cette sanction. Coquelin, après avoir mimé l’incompréhension avec conviction, ne quitte pas le terrain sans mettre un grand coup de semelle sur une barrière.

 

QUI “INSULTE” LE JEU ?

 

À la fin du match, son entraîneur Christian Gourcuff commente cette expulsion devant les caméras de Canal+: “Tant que les arbitres n’auront pas d’intelligence dans le discernement (sic), on sera toutes les semaines confrontés à ce type de situation. Il y a une main qui n’est pas volontaire, il met un carton jaune, c’est une aberration, c’est une insulte au jeu”. L’homme qui prononce ses mots est pourtant estimé comme un entraîneur particulièrement sensé, qui prône un football ambitieux et auquel on prête certaines valeurs. Pourtant, il s’indigne que son joueur ait été sanctionné conformément aux règles, pour un acte d’antijeu et – au mieux – une énorme maladresse, puis il cautionne publiquement son attitude en désignant un bouc émissaire. En réalité, c’est bien Christian Gourcuff qui insulte le jeu, la vérité et l’intelligence de ceux qui l’écoutent.

 

Il ne s’agit pourtant pas de stigmatiser l’entraîneur lorientais ni ses joueurs: ces scènes sont d’une parfaite banalité et l’on en trouve d’autres exemples au cours de cette même soirée. Le Sochalien Brown Ideye, après avoir mis un coup de tête à son vis-à-vis, a eu des protestations d’innocence avant de déclarer dans le vestiaire: “C’est lui qui m’a provoqué le premier. Je n’ai pas fait ça intentionnellement.” Vous avez bien lu. Et s’il “regrette” quelque chose, c’est de laisser ses partenaires à dix.

 

ÉRUCTATIONS

 

Ces scènes qui se sont déroulées au cours de la 25e journée ont eu des précédents au cours des vingt-quatre autres. Chaque semaine ou presque, des entraîneurs qui passent leur temps à vociférer contre les arbitres et à sortir de leur zone, crient au déni de justice et fustigent le manque de psychologie des arbitres quand ils se font expulser. Des équipes de télévision filment des dirigeants éructant contre le trio arbitral jusque devant la porte de leur vestiaire. Des joueurs, après avoir commis des fautes grossières dont ils sont parfaitement conscients, hurlent sur l’arbitre comme s’il commettait la pire des erreurs judiciaires.

 

On pourrait invoquer le “respect”, mais ce terme est instrumentalisé à l’extrême, et surtout il s’agit bien plus d’une question de responsabilité: simplement, tous ces acteurs du football n’en ont plus la moindre notion. Ils ne sont pas responsables de leurs actes et sont tout aussi incapables de s’en excuser (n’évoquons, de la Coupe du monde des Bleus, que l’extraordinaire impotence des principaux protagonistes au moment d’assumer leurs actes). Le football vit sous le régime de l’irresponsabilité, et celle-ci est parfaitement organisée. Les contrevenants n’encourent que les sermons vains du Conseil national de l’éthique et des suspensions dont les entraîneurs se moquent ouvertement en assistant aux matches juste derrière les grillages. Quand ils ne participent pas à la curée anti-arbitrale, la plupart des médias la mettent en scène complaisamment… et refusent toute critique à cet égard.

 

SANS VERGOGNE

 

Nul besoin d’invoquer la “mentalité” des footballeurs où leur extraction pour expliquer de telles attitudes: c’est bien le football tout entier qui cultive cette fuite de toute responsabilité, et des joueurs comme Nicolas “Jamais ma faute” Anelka sont finalement le produit le plus abouti de cette morale particulière. Dans un milieu où les contrats entre les clubs et les joueurs n’ont aucune valeur d’engagement, où seuls les arbitres sont sommés de reconnaître leurs erreurs, où les présidents de clubs en déroute ne démissionnent jamais, comment leur reprocher de pousser à l’extrême l’égoïsme et l’infantilisme si vivement encouragés autour d’eux?

 

Évitons toutefois de croire que le football, surtout coupable de se gargariser constamment de valeurs qu’il bafoue tout aussi constamment, aurait l’exclusivité de ces maux. Il fait écho dans sa propre langue aux mots d’ordre de la vie publique. L’actualité politique illustre ainsi presque quotidiennement le fait que plus personne, même au plus haut niveau de l’État, n’entend endosser ses responsabilités, aussi patentes soient-elles. Le protagoniste de conflits d’intérêts exorbitants est blessé au plus profond de son âme par leur révélation. Un ministre de l’Intérieur condamné pour injure raciale après de piteuses dénégations ne démissionne pas, un autre siégeant au Quai d’Orsay, absurdement compromis en plein renversement du régime tunisien, n’est poussé dehors qu’en dernière extrémité… pour se poser en victime. Et combien d’autres milieux récompensent ostensiblement l’absence de vergogne?

 

Au royaume de la plus extrême tartufferie, qui élève le déni de responsabilité au rang de philosophie de vie, le football professionnel est une province banale et les footballeurs ne sont finalement que d’aimables bouffons. Roulez, jeunesse, en vous tordant de douleur feinte après un coup imaginaire, postillonnez sur l’arbitre votre propre culpabilité, refusez l’application de la règle, ne vous excusez jamais, ne reconnaissez rien. Qui oserait vous demander des comptes ou vous parler de dignité?

10/08/2011

Où l'auteur, interrogeant la toile au sujet des émeutes shopping en Angleterre, obtient - après avoir lu un invraisemblable ramassis de conneries - une première explication qui lui semble intéressante…

 

Ce ne sont pas des émeutes de la faim, ce sont des émeutes de consommateurs disqualifiés. Aujourd’hui, nous sommes tous des consommateurs. Des consommateurs d’abord et avant tout. Le lendemain du 11 septembre, pour calmer le traumatisme et l’indignation des américains, George Bush n’avait rien trouvé de mieux à faire que d’appeler les américains à retourner dans les magasins. Le niveau de notre activité commerciale et la facilité avec laquelle nous disposons d'un objet de consommation servent d'indicateur de notre statut social. J'achète, donc je suis. "To shop or not to shop", this is the question. Les boutiques sont ainsi devenues des "pharmacies du social" remplies de médicaments censées pouvoir guérir les maladies de nos vies en commun.

 

(s) Zygmunt Bauman, sociologue, lisez ici l'article intégral (en anglais).

08/08/2011

Où l'auteur persiste dans l'animalerie genre modèle réduit mais à population en forte croissance

 

xn+1=a*xn*(1-xn) est interprété par 32crash sur l'album Y2112Y


Il y a des mouches, Prigogine, Prigogine,

Il y a des mouches, mouches, mouches….

 

Il y a des mouches par milliers

Il y a des mouches par millions

Elles débouchent en rangs serrés

En escadrilles, en bataillons

Il y a des mouches qui vrombissent

Telle une turbine à hélice

Il y a des mouches sous ton toit

Dans ta couche et dans ton chez toi

Des mouches qui te font de l'ombre

Et t'habillent d'un costume sombre

Il y a des mouches qui bourdonnent

Qui fanfaronnent et qui frelonnent

 

Il y a des mouches, Prigogine, Prigogine,

Il y a des mouches, mouches, mouches….

 

Mouches par milliers

Mouches par millions

En rangs serrés

En bataillons

Mouches qui vrombissent

Mouches à hélices

Et qui bourdonnent et qui frelonnent


Il y a des mouches à toute heure

Il y a des mouches sur ta bouche

Il y a des mouches dans ton coeur

Qui prennent corps et qui font souche

Des milliards de larves de mouches

Collées partout d'épaisses couches

Elles tapissent le plafond

Et se réveillent à l'unisson

Et tombent en tourbillons par louches

Et coulent dru comme eau de douche

Des milliards de larves de mouches

Qui prennent corps et qui font mouche