19/10/2011

Où l'auteur se demande comment persuader son lectorat d'aller assister à un spectacle tellement imprégné de sublime qu'il confine quasiment au génie

 

Comment vous dire que j’ai vu hier soir un spectacle résolument inoubliable ? Allez, je me lance …

 

Il y a ce petit théâtre qui m’était inconnu, comme un nid cossu tapi sous le sol à un jet de pierre de la place Flagey (et son parking souterrain bien pratique), le genre d’endroit précieux où l’on devine que se passent régulièrement, loin de la fureur moutonnière des modes, des petits miracles de création dus à des artisans passionnés, sincères, sans prétention et peu ou pas du tout médiatisés.

Il y a la beauté, l’inventivité, la simplicité et la puissance des textes magnifiques de Géo Norge, son attention à tout ce qui se passe (la fourmi, la vague, Robert qui s’en va…) et sa langue directe et colorée, qui me fourguent invariablement des frissons à l’âme qui vont d’ici à là voir figure A.

Il y a la mise en scène d’une justesse évidente et servant merveilleusement le propos.

Il y a le formidable interprète Martial d’Hoé (qui ressemble furieusement à un croisement entre Pierre Arditi et Jean-Paul Corbineau - le chanteur de Tri Yann - avec en prime la somme de leur charisme), qui joue vrai, intense et habité, drôle et émouvant, étonné et bienveillant, espiègle et désabusé, naïf et roué.

Il y a de la musique, de la danse, des textes et des chansons. Parfois avec un petit couac, mais Norge, qui prenait tout en vrac, aurait adoré même les couacs (surtout les couacs).

Tout ça fonctionne naturellement, avec grâce et hauteur (beaucoup de hauteur).

Douze heures plus tard, je suis encore sur mon petit nuage et le monde me semble étonnamment beau.

 

« Soleil, tu vois tout de trop haut », un spectacle sublime et bouleversant, probablement la représentation la plus poétique à laquelle j’ai assisté jusqu’à ce jour, comme un petit trésor sur scène, un éclair d’une beauté rare, le plus beau des bleus du ciel. Il n’y manque qu’un public nombreux. Courez-y vite, ça se termine déjà ce samedi.

 

Théâtre de la Clarencière à Bruxelles (Ixelles) du mardi 18 au samedi 22 octobre à 20h30.

 

 

AFF-Norge-soleil.gif

 

 

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