25/10/2011

Où l'auteur est perturbé dans ses justes et bons loisirs par un chat chafouin

 

Fin octobre 2011. L’auteur est installé dans un confortable canapé profond du Pfalz. Il a mal au dos et se sent légèrement exténué, car ses 80 kilos de muscles viennent d’affronter seuls et sans aide, durant 20 minutes sur un sol en pente défavorable, une balle de foin de 2 mètres de haut sur 1 de large (ce qui, en raison d’une densité fouineuse de 140kg/m3, lui faisait un adversaire qui titrait dans les 440 kilos) qu’il a finalement forcé à reculer d’au moins 2 mètres en y laissant deux litres de sueur et dix-huit pages d’insanités inreproductibles ici mais très imagées et fleuries autant que gratinées. Il s’apprête méritoirement à profiter de l’un des rares bienfaits de la technologie dont il jouit sans arrière-pensée en visionnant, sur le seul objet que Steve Jobs* ait jamais réussi à lui fourguer, un match de handball de la Champions’ League de handball et de haut niveau opposant de rusés Berlinois à d’athlétiques Madrilènes. Tout à coup, dans le seul but de nuire, un chat balinais dénommé Arko, en mal d’attention et avec un culot considérable, s’insinue sur le clavier dudit objet, bloquant irrémédiablement les doigts, le bras et la vue du spectateur en puissance fort désobligé de la sournoise manœuvre qu’il n’a pas vu venir. Avisant la présence à sa gauche d’une photographe sur le point de tirer le portrait de la scène dont il est partiellement le héros en même temps que l’involontaire victime, l’auteur a la présence d’esprit de retarder de quelques secondes la prise par la peau du dos et le lançage par la fenêtre du félon félin, et concomitamment (preuve qu’il est multi-tâche) d’arborer à destination des générations futures un sourire de circonstance aussi peu sincère que forcé de façon à leur masquer la véritable nature de l’origine et des enjeux de ladite scène ainsi que son véritable caractère profondément hostile à toute interférence animalière durant ses loisirs sportifs.

 

Et finalement, ce sont les Madrilènes qui l’ont emporté.

 

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* Steve Jobs, un génie, lis-je quasi partout. Peuh. Faut-il que l’humanité ait sombré dans le matérialisme le plus basique et le moins éclairé pour considérer génial un vulgaire fabricant d’objets utilitaires à grande échelle commerciale dans un but de profit ? Pas moins géniaux que lui, alors, l’inventeur de la poubelle, celui du char à voile, du trombone de bureau, de la poudre à laver et du casque à pointe. Soyons sérieux deux minutes. Un peu de hauteur et de lucidité, de temps en temps, seraient 'ach'ment profitables à l'humanité tout entière.

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