25/11/2011

Où l'auteur, c'est pas si souvent, met une photo

 

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Front 242 au Sinner's Day - Hasselt - 30/10/2011

 

22/11/2011

Où l'auteur revisite la Genèse

 

Le premier jour, Dieu créa l’univers, tous les corps célestes et la Terre.

Le deuxième jour, Il créa le jour et la nuit, les océans, les mers et les continents.

Le troisième jour, Il créa les plaines, les lacs, les fleuves, les montagnes et les forêts.

Le quatrième jour, Il créa les animaux, les plantes et les minéraux.

Le cinquième jour, Il créa l’Homme, son chef-d’oeuvre

Le sixième jour, Il créa la Femme. Et là, franchement, on a vu qu’Il était fatigué…

04/11/2011

Où l'auteur rend un hommage appuyé à un grand homme finalement fort mal connu

 

Cette semaine je me suis offert une Deutsche Kulturwoche afin de me familiariser avec le patrimoine historique et culturel du quasi seul pays européen qui échappe encore un tant soit peu au ridicule ambiant dans lequel pataugent allègrement ses voisins, régis qu'ils sont par des personnages aussi arrivistes et imbus d'eux-mêmes qu'incompétents et menteurs, dont la moindre saillie publique vous ôte davantage et irrémédiablement l'envie d'aller encore dépenser vos sous à l'intérieur des frontières où ils sévissent. Une belle occasion donc de combler les innombrables trous qui peuplent les lacunes où baignent les manques de mon éduquage en matière de connaissances teutonnes puisqu'avant ce début novembre, mon compteur de visitage de lieux culturels outre-rhénanesques se montait honteusement à pas plus de 5 ou 6, à peu près équitablement répartis entre châteaux et musées, je n'en suis pas fier.

 

L'une des non moindres étapes de mon périple me mena au fort intéressant Musée Gutenberg de Mayence (Mainz). Qu'en retins-je, me demanderez-vous ? Ce qui suit, répondrais-je en une double phrase dont les quatre premiers verbes, vérifiez, sont tous conjugués à des temps différents dans le seul but de produire un énoncé au contenu varié parce que comme ça c'est plus joli.

 

Les Orientaux ont développé des techniques (rudimentaires) d'imprimerie bien avant l'Occident : le musée susnommé possède l'un des plus anciens imprimés au monde, en provenance du Japon et datant de l'an 770, soit près de 7 siècles avant la découverte de JG (Gutenberg se prénommait Johannes, s'il avait été Français il se serait donc appelé Jean Bonmont). Les techniques orientales d'imprimerie ne sont, à l'opposé de la poudre à canon, des sushis, des bonsaïs et des films de Kurosawa, jamais arrivées jusque dans nos régions. Avant JG, les livres en Europe restent extrêmement rares et coûteux à produire : ils sont écrits à la main ou imprimés par xylographie (gravure sur des matrices en bois assez vite détériorées).

 

Gutenberg n'a pas inventé l'imprimerie ex nihilo ; avant d'y parvenir, il fut aussi l'inventeur de toute une série d'innovations technologiques aussi préalables qu'indispensables : le poinçon, des alliages de métal et des moules pour fondre les lettres, des formules d'encre, la manière d'aligner des lettres, une presse mieux adaptée, etc.

 

Après quelques essais, déjà âgé de 50 ans (soit, à l'époque, déjà un vieillard) et espérant rentabiliser au plus vite de lourds investissements, JG se décida assez logiquement à produire en série l'inamovible best-seller de l'époque : la Bible. Pour ce faire, il dut fabriquer pas moins de 290 caractères différents : tous les signes de ponctuation ainsi que toutes les lettres de l'alphabet, non seulement en majuscules et en minuscules, mais aussi en versions allongées ou raccourcies, de manière à pouvoir systématiquement utiliser toute la longueur (et ne laisser aucun blanc à la fin) dévolue à chacune des 42 lignes de chaque page. Même dans ce cadre, tout n'était pas imprimé : il laissait systématiquement en début de chapitre un grand blanc de forme carrée destiné à recevoir la première lettre de celui-ci, ajoutée et enluminée à la main. A noter que moins de la moitié de la surface utile de chaque page est imprimée (les marges au-dessus, en-dessous, à gauche et à droite sont énormes); si JG avait utilisé la totalité de la surface, le nombre total de pages nécessaires en eût été grandement diminué. Je suppose qu'il n'était pas possible de faire techniquement mieux. Ou peut-être JG envisageait-il des illustrations manuelles postérieures dans les marges? Je n'ai pas de réponse à cette question.

 

Quelques chiffres pour donner une idée de la colossale progression de productivité induite par la découverte de l'imprimerie : un copiste mettait environ 3 ans pour produire une Bible ; sur ce même laps de temps, Gutenberg (à ses débuts, donc avec une technique pas encore tout à fait au point) en imprima 180 pour le quart du prix chacune, soit un gain global productivité-prix de l'ordre de 1 à 720.

 

En triple raison de l'épaisseur du support (parchemin, papier), de la longueur du texte et des problèmes techniques liés (hihihi) à la reliure, Gutenberg dut imprimer chacune de ses bibles en 2 volumes. Une seule bible en parchemin nécessitait la peau d'environ 200 chèvres. S'il compte bien, le lecteur calculera que JG utilisa 36.000 chèvres rien que pour ses bibles. Sauf que non, car il se mit en cours de route à utiliser du papier, qui lui coûtait moins cher.

 

Comme ce fut le cas pour beaucoup d'inventeurs, le génie de JG ne l'enrichit pas, au contraire : ses bibles ne se vendant pas, il se débattit longuement dans les problèmes financiers, perdit un procès contre son banquier qui lui réclamait les fonds prêtés et auquel il dut céder son imprimerie, obtint sur le tard de l'archevêque de Mayence une rente à vie qui lui sauva la mise et mourut en 1468 complètement inconnu de ses contemporains. Personne ne prit la peine de faire de lui un portrait de son vivant, et on ignore totalement à quoi il ressemblait. Il est quasiment toujours représenté avec une longue barbe. C'est une erreur grossière : il venait d'une famille patricienne où l'usage était de se raser le menton de près.

 

L'imprimerie est incontestablement l'une des découvertes majeures de l'histoire de l'humanité. Après avoir largement contribué notamment au succès de la Réforme en propageant les écrits de Luther, elle eut un effet indirect étonnant quoique pas nécessairement imprévisible : chacun des membres des deux clans (catholique et protestant) voulant persuader l'autre, et donc obligé de lire à la fois la Bible et les écrits de ceux d'en face, les taux d'alphabétisation en Allemagne connurent en quelques décennies des sommets jamais atteints.

 

Et c'est ainsi que Dieu est grand.

01/11/2011

Où l'auteur s'extasie devant les époustouflantes trouvailles d'un auteur majuscule


Comptant sans conteste parmi mes auteurs favoris, le virtuose Jacques Perry-Salkow (souvenez-vous de son génial Albert Einstein / Rien n'est établi cité jadis ici-même), a sorti l'an passé son 3e recueil d'anagrammes toujours flamboyantes, souvent prémonitoires et révélatrices du sens manifeste (ou caché) du monde.


Quelques extraits :

Gustave Courbet, L'origine du monde devient Ce vagin où goutte l'ombre d'un désir ;

Gravitation universelle / Loi vitale régnant sur la vie ;

Léonard Bernstein / L'art de bien sonner

Le commandant Cousteau / Tout commença dans l'eau ;

La quadrature du cercle / Calcul rare du détraqué.


Absolument formidable ! Et dire que le bougre travaille tout ça à l'ancienne, sans l'aide d'aucun logiciel !

 

Étienne Klein - Jacques Perry-Salkow, Anagrammes renversanteséd. Flammarion, 2010 (110 pages, 10 euro).