13/01/2012

Où l'auteur, en villégiature sur une petite île méditerranéante, fait son grincheux

 

En tant qu’originaire du pays de la bière*, j’ai toujours eu envie d’aller vérifier si les habitants de Malte* étaient bruns ou blonds*. Ce début d’année étant propice, hop direction la petite île sous la Sicile sur laquelle la nation de Corto le Prattien méridionalise tellement dans le Sud de l’Europe qu’elle se situe carrément face à la Tunisie et à la Libye (*bière, malt, houblon : le lecteur averti aura flairé la trilogie).

 

Dès l’arrivée sur place, le constat s’impose : le Maltais typique est petit, basané, noir de cheveux et peu extraverti : il ignore les mots bonjour, merci et au revoir, et ne sourit jamais au touriste grâce à l'argent de poche duquel il vit pourtant plutôt bien. Il cuisine du lapin, du calamar, des escargots, des câpres et du cumin, tout ce que je déteste ; par contre, il mitonne de petits chaussons fourrés d’un mélange poisson-épinards tout à fait savoureux, et sait faire un bon café latte avec juste ce qu’il faut de mousse par dessus. A noter pour l’anecdote qu’il est prudent de découper son lapin en petites bouchées car il est impossible de l’avaler t*out entier (*La Vallette : capitale de Malte).

 

Le Maltais n’est guère pratique et encore moins écologique : alors que l’île se prêterait parfaitement à des déplacements à pied, en moto ou à vélo (distances courtes, artères étroites, saturation générale du flux automobile, fréquents embarras de circulation, difficultés de parking), tout est fait, brillamment, pour encourager l’usage de l’automobile et des bus et pour décourager les autres moyens de transport. Le résultat est probant : très peu de motos, aucun vélo, et des piétons qui mettent leur santé (voire leur vie) en péril en tentant de se faufiler au milieu des voitures garées n’importe où et des trottoirs qui disparaissent abruptement sans possibilité de traverser. Sur les routes très mal entretenues d’où est bannie toute ligne droite de plus de cent mètres, on n’est guère mieux loti. Partout, de nombreuses maisons abandonnées - ou jamais finies - s’écroulent, tout s'entasse anarchiquement et sans grâce.

 

Mdina.jpg

 

Quelques vieux temples (dont les supposées plus anciennes pierres superposées de l’humanité, datant de 3.600 av. J.-C., sur l’île annexe de Gozo*), de fascinantes catacombes, la très belle et silencieuse ville de Mdina (l’ancienne capitale, illustrée ci-dessus), des criques et des rochers fouettés par des vagues qui passent de 20 à 30 centimètres de haut en cas de forte tempête, des musées minuscules au contenu d’un intérêt douteux et au rapport qualité/prix très contestable, rien n’est parvenu à me faire changer de ma première impression pas très favorable (*c’est en souvenir des ex-Yougoslovaques, je suis allé sur place voir ce que Gozo vaut).

 

Bref, je suis allé à Malte. Y retourner ? Jamais : j’ai tout vu.

 

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