09/04/2012

Où l'auteur s'interroge sur un grand mystère

 

A quoi tient / d'où vient l'inspiration ? 

 

Depuis 35 ans que j'écris, je n'ai toujours pas de réponse à la question. Sauf qu'au plus j'essaie de donner un cadre à la création (du genre : me fixer un horaire précis chaque jour pour écrire) au moins ça vient. J'en ai déduit que l'inspirage a donc un côté bordélique et spontané, ce en prévision de quoi je garde en permanence à portée de la main un petit carnet et un crayon pour y fixer la moindre bribe d'idée susceptible de (dé)générer (en un/le) prochain opus, il suffit que ce soit … la bonne.

 

En ce qui concerne l'écriture de morceaux de musique, ma manière de travailler est restée assez constante dans le temps : je reçois des maquettes dans un état de finition plus ou moins avancé, sur lesquelles je suis censé écrire (et chanter) des textes hautement (ahem) inspirés. Globalement, ça fonctionne, ce qu'atteste une production discographique relativement importante. Mais ça ne marche pas à tous les coups, et même quand ça passe plutôt bien à mes oreilles, ça ne plaît pas systématiquement à mes collègues musiciens qui mettent au rebut certains travaux ; à l'occasion, leurs choix m'étonnent mais je ne m'en formalise pas outre mesure.

 

Souvent, le sort d'un morceau est réglé dans les trois premières écoutes : je sais d'emblée ce que veux faire, où et comment ; c'est le cas pour les morceaux les plus évidents, les plus mémorisables (pas forcément les plus intéressants), ceux qui feront se déchaîner les foules en concert.

 

Parfois, j'estime qu'un morceau est déjà complet en lui-même et n'a pas besoin de paroles, ou que celles que je pourrais y placer ne vont pas convenir ; c'est une position toujours très difficile à faire comprendre à quelqu'un qui vous a expressément demandé de collaborer avec lui sur un titre précis, et c'est toujours très mal pris de sa part (et ça génère des réactions du genre "C'est qui ce gros con qui estime que mon morceau ne mérite pas ses voix?"). 

 

Parfois, je traverse de longues périodes de sécheresse pour tel ou tel projet alors que les morceaux sont là : cela n'a pas forcément à voir avec la qualité de la musique mais plutôt avec des choses qui ne sont (ou ne se mettent pas) en place, des décalages entre des directions souhaitées ou des centres d'intérêt qui sont ailleurs (pour l'instant les miens sont très clairement du côté de l'écriture en français et d'autres activités, pas moins créatives mais sans rapport avec l'écriture). 

 

Jusqu'à présent, tous les blocages (qu'un travail volontariste et acharné contribuera plutôt à renforcer qu'à résoudre) sont restés limités sans le temps ou ont été contournés par d'autres moyens. Mais il n'est pas exclu qu'un jour, le flux s'arrête pour de bon. Il sera toujours temps de passer à autre chose.

 

Bon, la fois prochaine je causerai d'un sujet autrement passionnant quoique relativement connexe : les dinosaures. 

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