07/05/2012

Où l'auteur se (re)livre à un de ses exercices préférés

 

Le tout proche Fiestival Maelström (c’est cette semaine et j’y serai ce samedi 12) a pour titre « Troubler le futur ».

 

C’est l’occasion d’un brin d’écriture sous contrainte.

 

Troubler le futur constitue notre énoncé de départ, qui, à bien le lire, comporte 15 lettres parmi lesquelles 3 voyelles différentes. Voici donc 15+3 = 18 énoncés voisins, classés par ordre croissant de longueur, qui n’utilisent que les voyelles de l’énoncé de départ : il s’agit donc de 18 lipogrammes en a, i et y, au cours desquels, surtout vers la fin, l’auteur se lâche.

 

Torcher J+1 et sv.

Flouter l’émergent.

De toekomst storen.

To confuse tomorrow.

Perturber le non échu.

Unsere Zukunft stören.

Embrumer le subséquent.

Gêner le cours des choses.

Déconcerter le post-présent.

Corrompre le non encore survenu.

Engendrer un gros bordel censé durer.

Pousser le cortège des jours vers le désordre.

Mettre sens dessus dessous le réel en genèse.

Enténébrer le jour plus un et tous ceux en sus.

Foutre le boxon sur le déroulement escompté des occurrences temporelles non écloses.

Se porter résolument contre le monotone ronronnement de notre bonne fortune égocentrée.

Supporter fermement tous les renversements en mesure de rendre notre sort nettement plus nébuleux.

Plonger en l’onde, d’un geste souple, une pogne, une truelle ou une pelle pour déclencher un mouvement de flux et de reflux, créer une houle, provoquer un remous, éventuellement même rendre le flot un peu plus boueux ; les découvertes que nous réservent en conséquence les éons du Temps en ces reflets déformés et tourmentés n’en prendront que plus de profondeur et d’envergure.

 

Le tout en bougeant à peine les oreilles.

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