03/03/2015

Où l'auteur repasse en coup de vent pour éviter de rester plus d'une année absent ...

Je sais désormais tout de Drusus, de Willigis, de Saint Aubain et de Saint Theonest, d'André Thévet, de Gutenberg, des Vandales, des Chérusques et d'Arminius, de Saint Boniface, de Valentin Thomann, des conséquences catastrophiques de la terrible bataille de Mursa en 351, des innombrables incendies, épidémies de peste et inondations qui ont ravagé la ville, de la cathédrale Saint-Martin et des églises Saint-Quentin, Saint-Etienne, Saint-Pierre, Saint-Jean et un tas d'autres, j'ai bien en tête qui sont Raban Maur, Albert de Brandebourg, Karl Adam de Lamberg, Jockel Fuchs, Gershom ben Jehuda, Arne Jacobsen, Frauenlob, Eustache de Saint-Far et Jeanbon Saint-André, j'ai appris que le 27 février 1945 un demi-million de bombes (soit 5 par habitant) sont tombées sur cette ville qui n'avait plus ni défenses ni industries ni le moindre intérêt stratégique, la rasant à 80% en moins de 15 minutes, j'ai vu les Schwellköppe du Rosenmontag et la Jupitersaüle, je me suis douché dans la Fontaine du Carnaval, j'ai été manger des gâteaux chez Blum et des sushis chez Sakura, je suis monté sur le Kästrich pour voir les traces des exploits de la XXIIe légion romaine, je sais pourquoi Jean-Baptiste Enderlé a été préféré à Jozef Appiani pour peindre les plafonds de Saint-Ignace, j'ai commis quelques lourds calembours sur les plus célèbres des princes-évêques de la ville, je sais en quoi les dates (au hasard) de 406, 975, 1009, 1036, 1462, 1793 et 1852 sont importantes, je suis descendu dans les interminables couloirs souterrains de la citadelle, j'ai entendu les imprécations vaudouesques des initiés du culte d'Isis au sous-sol du Römer Passage, j'ai grimpé au sommet de la Christuskirche pour voir la ville d'en haut, je ne confondrai plus jamais les caractéristiques architecturales et décoratives des styles Renaissance, maniérisme, baroque, rocaille et rococo, je connais tous les endroits dans la ville où l'on peut encore voir des traces du Jugendstil, j'ai calculé le nombre d'heures nécessaires à la seule composition des 1.282 pages de la première bible imprimée avec des caractères mobiles en métal, coulé moi-même des dizaines de fois la lettre G en zinc/aluminium/antimoine et imprimé à tour de bras en noir - bleu - rouge la 1e page de l'évangile de Saint-Jean devant des visiteurs ébahis, appris par cœur les horaires et les tarifs de la DBahn, bu des gobelets de Federweiser à 8 heures du matin avant de descendre plus bas que le niveau de l'eau dans la salle de conférence au sous-sol du Rathaus, parqué ma voiture à des tarifs exorbitants là où précédemment coulait le Rhin, traduit en français des poèmes de Kathinka Zitz, lu dans le texte Carl Zuckmayer et Anna Seghers, constitué un immense fichier avec toutes les sculptures et fontaines locales.

Et voilà qu'aujourd'hui j'ai bêtement un trou de mémoire sur le nom de la ville ... 

Les commentaires sont fermés.