18/01/2010

Où l'auteur, émergeant de son stock de carton dans lequel il bâtifole avec délices, raconte de courtes histoires dont deux au moins sont basées sur des vérités incontournables

 

Jules César aurait eu cette phrase célèbre lors d’une de ses victoires-éclairs : « Veni, vidi, vici » (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu / conquis). Comme il aimait beaucoup se citer lui-même et qu’il se renouvelait peu, il aurait dit quelques années plus tard, en quittant le lit de Cléopâtre : « Vidi, vici, veni » (J’ai vu, j’ai conquis, je suis venu), voire même « Vici, veni, vidi » (J’ai conquis, je suis venu, je suis vidé)… les deux sont plausibles.

 

L’adjectif « certain », chacun peut le constater en consultant le dictionnaire, veut dire :

1)      qui est fiable, connu, avéré ;

2)      (en tant qu’adjectif indéfini) qui est mal connu, quelconque, vague, p.ex. : « Un certain Mr. Trucmuche vous a appelé ».

Bref, « certain » signifie à la fois « tout à fait sûr » et « complètement vague ». Un adjectif qui signifie à la fois une chose et son contraire, c’est du propre * !

 

* L’expression « C’est du propre ! » signifiant elle-même « C’est dégueulasse ! », on n’est pas sorti de l’auberge.

 

Le savant (pas si) fou dit aux marins qui repêchaient son avion tombé dans la mer : « La prochaine fois, je construirai un sous-marin et qui sait, peut-être qu’il tiendra en l’air… ».

11/01/2010

Où l'auteur subjugué par tant de créativité envoie une nouvelle salve de sièges en carton dont il compte bien s'inspirer pour réaliser d'ici peu les siens, qu'il voudrait bien INUSABLES...

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Où l'auteur débute l'année 2010 par son très alphabétique et subjectif meilleur de (best of) 2009 illustré* de manière incomplète et incohérente

 

Acteurs-chouchous absolus : Albert Dupontel et Fabrice Luchini

Actrice : Sandrine Kiberlain*

Artiste : Jean-Luc Moerman

Auteur : Agota Kristof 

Boisson : le Gerlati de Danone

Champagne : Wafflart (Bouilly) pour la 21e année consécutive

Chanteur français parti : Alain Bashung

Chanteur français que je préférerais parti : Vincent Delerm

Chroniqueur TV le plus imbuvable : Eric Zemmour

Club sportif : USDK Dunkerque, 2e du championnat de France de handball à mi-saison

Concerts : Sol19 au Bar Mondial à Antwerpen / No More au Klub à Paris

CD : CruiseCtrl « I heard It »* et tout Sol19

Danseur de concert : Théophile de Giraud

Départ regretté vers des cieux plus légers : mon papa

Dessert : le blancmanger

Divinité égyptienne à deux derrières : Anubis

Emission TV : Le Petit Journal (Canal + / Be.tv)

Expo/performance : ‘Jeux de Massacre’ de Pascal Bernier et Patrick Codenys au MAC à Hornu.

Film, le pire : Lucky Luke

Films, les meilleurs ex-aequo : District 9 / A l’origine

Groupe : The Horrors

Groupe séparé et qu’il le reste : Oasis

Homme politique, palme d’or : Herman Van Rompuy

Homme politique belge, catégorie bourré 24h/24 et compétent mon cul : Michel Daerden

Hommes politiques, catégorie huées avec lancer de d’oeufs pourris et de légumes tachants : le nabot à talonnettes et sa cour de carpettes serviles

Humoriste : Camille Chamoux

Jeu : c-evo (je sais, c’est basique…)

Légumes : le pissenlit et le paksoi+ (en potage) + les patates noires (qui font une purée mauve)

Magazine : Marianne

Matériaux recyclé : bouse de vache et carton*

Région de France : Picardie

Restaurant – meilleur décor : Le Train Bleu (Paris)

Restaurant – meilleur steak tartare : le Viool à Berchem-Ste-Agathe

Spectacle : L’Oral et l’Hardi de Jean-Pierre Verheggen, avec Jacques Bonnafé, au 140

Sportif : Daniel Narcisse* (handball)

Ville géniale : Montpellier (FRA)

Ville nulle : Chemnitz (GER)

 

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14/12/2009

Où l'auteur prodigue avec désintéressement et en nom collectif quelques conseils fort utiles pour survivre élégamment à l'intense vague de froid qui nous arrive de l'Est

 

Intéressons-nous aux diverses manières de recycler créativement en superbes et confortables sièges (voir ci-dessous) nos vieux cartons d’emballage sinon voués à de moins nobles destinées que celle, privilégiée, d'obligeamment recevoir nos augustes derrières.

 

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Suivons de près les Championnats du Monde de handball féminin en Chine, pour pallier la carence encourageatrice des autochtones qui n’en ont rien à cirer de ce sport injustement méconnu chez eux : il n’est pas rare de ne compter qu’une poignée de centaines de spectateurs pour des rencontres qui attireraient vingt fois plus de monde en Europe. Pourquoi pas la Coupe du Monde de course de chameaux au Groenland, aussi ? Sinon, rien que du beau jeu handballant et du suce-pince ; bien malin qui pourrait dire aujourd’hui qui l’emportera des Russes, Norvégiennes, Roumaines ou Espagnoles…

Elevons des hordes de lièvres afin de contribuer au développement du râble.

 

Dormons longuement afin de préserver nos corps malingres et de rasséréner nos esprits trop agités.

 

Quand on voit ce qu’est devenu Johnny à 66 ans, célébrons avec ferveur la mémoire d'Elvis qui eut, lui, l'opportune élégance d’en finir à 42, et restons opiniâtrement débranchés des médias décérébrés délirant dans la surenchère éhontée de crétinerie flagornante à l’usage des masses populassières abruties et incultes vautrées dans l'idôlatrie des nullissimités ondesques qui, à longueur d'année, non contents d'étaler avec complaisance dans la presse pipole leurs minables turpitudes et de partouzer dans l'ignominie et sous les nappes avec les moins recommandables de leurs dirigeants politiques au cours d'infâmes orgies à douze mille euro le couvert, nous les brisent menu tant par leurs faciès bovins que par leurs brâmes disgracieux suintant la bêtise et la démagogie. Soucieux de ne point panurger dans les taupinières auto-creusantes d'un dénuement neuronal généralisé qu'on pensait légitimement réservés aux escargots d'élevage voire aux azalées en pot, convenons de nous choisir pour modèles culturels de véritables créateurs ayant au minimum l’œil vif, la répartie alerte, un soupçon d’intelligence et quelque bribe de talent, et cherchons-les loin des projecteurs médiatiques invariablement tournés vers Guignol même et surtout quand il agonise car les hyènes n'ont plus de retenue dès que ça sent à la fois la mort et le pognon.

 

Pour finir sur une note plus gaie, rions à gorge déployée des innombrables prises en flagrant délit des mesquins chipotages et tromperies sans vergogne dont se rendent régulièrement coupables les hommes politiques (de France), et qui sont épinglés dans le jubilatoire Petit Journal du très fort Yann Barthès sur Canal + / Be.TV.

 

Ainsi, à défaut d'être heureux, nous serons au moins occupés à des choses un tant soit peu intéressantes.

01/12/2009

Où l'auteur, en goguette à l'étranger, se laisse conquérir par le charme insolite d'une oeuvre remarquable dans un matériau qui ne court pas les rues

Me promenant ce ouicande passé - et plus précidément ce samedi écoulé où les précipitations furent effectivement abondantes quoique je déambulassais à mon aise - du côté de la Place de la Bastille à Paris, et m’aventurant sur le boulevard Richard Lenoir non loin duquel je me flatte* de prendre mes quartiers chaque fois que je réside dans cette jolie ville récemment promue capitale d’un régime despotique fort peu éclairé à base de servilité couchée, je mis les pieds sans le savoir dans une exposition d’artistes de tous bords qui se tient là, et plutôt bien, chaque veille de dimanche.

Parmi toutes les échoppes, je remarquai celle qui présentait les œuvres ci-dessous, au charme étrangement indicible et ineffablement trouble, qui s’admirent également ici sur le site www.carolosculpture.fr, et qui me rappellent à la fois (pour certaines) les moaïs** de l’Ile de Pâques, les dieux de l’Egypte ancienne, les gargouilles de Notre-Dame et d’autres choses encore (mais que des belles).

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M’approchant de plus près à pas feutrés pour ne point effaroucher la demoiselle artiste présente prénommée Carol (je crois) qui paraissait étrangement timide et n’avait manifestement aucune envie de faire ni l’article ni la réclame de ses oeuvres qu’elle laissait paisiblement exister par elles-mêmes pour le bonheur des yeux des passants, je constatai avec un certain étonnement que les très belles créations exposées étaient sculptées… dans de la bouse de vache. Mais que le lecteur au museau délicat se rassure : une fois sec, le matériau est totalement inodore (la précision s’impose à l’égard du non averti des aspects pratiques des réalités rurales).

Ah ben merde alors ! me dis-je en mon moi-même pour rester discret. Je fus conquis. Conquis comme je peux l’être face à la création du poète qui donne de la hauteur à la vie en deux lignes griffonnées au crayon sur un papier froissé, à la vanne de l’humoriste qui fait se gondoler l’auditeur en un magistral aphorisme révèlant en cinq secondes la véracité des choses avec une acuité et une concision largement hors de portée du politique et du journaliste, à l’artisan qui reconstruit une tour Eiffel miniature avec le contenu d’une boîte d’allumettes, au peintre qui vous crée un ciel d’orage en trois traits de couleur (j’en ai au moins deux dans ma famille, c’est vous dire si je sais de quoi je parle), au musicien qui bidouille un hymne universel avec quatre notes de musique, à tous ceux qui, partout, font du sens, de l’intelligence, de la beauté et de la grandeur avec trois fois rien si ce n’est un cœur immense, une réelle attention à ce qu’ils font, un talent dont ils ne soupçonnent ni l’étendue infinie ni l’intensité de la douche lumineuse d’humanité qu’ils mettront au cœur résonnant de qui saura vibrer à leur unisson, et d’autres choses encore dont je ne veux rien savoir afin qu’elles puissent encore exister en m’étonnant.

 * ce terme prend tout son sens au regard de la suite des aventures trépidantes de l’auteur, narrées plus bas ci-dessous dans un passage ultérieur qui suit, mais situées localement plus haut dans ce texte, allez donc tenter de comprendre les méandres infernaux de l'ubiquité rédactionnaire polysituée.

** et non les maoris comme je l'écrivis assez sottement dans un premier temps sans qu'aucun lecteur ne m'en fasse la remontrance, alors que tout le monde sait pertinemment que les maoris sont les habitants de l'île Maoris.

Epilogue : après une telle révélation artistique, rien d'étonnant à ce que, quelques encâblures plus loin et un certain nombre d'heures plus tard, l'auteur soit saisi de la force, et devant témoins, par la contrepèterie qui s'imposait au croisement du bar dénommé "Café Oscar" : "Caca forcé ! " 

25/11/2009

Où l'auteur se montre, vis-à-vis de son petit neveu rigolo, moins avenant qu'un dénommé Smith qui passe dans le poste

 

Preuve irréfutable que les centres d’intérêt et les goûts personnels ne se transmettent pas de tonton à neveu, le fils de ma belle-sœur (celle qui est aussi de mon frère la femme et de ma mère la belle-fille), prénommé Robin, le plus jeune de la smala qui fait office de rigolo de service dans les réunions de famille, est tellement fan de musique en général et du groupe anglais The Editors en particulier (ce genre d’errance lui passera lorsqu’il progressera en âge et en culture musicale) qu’il est allé voir les voir en concert à Forest-National, la salle au son le plus pourri de Belgique, non sans s’être rendu au préalable à leur rencontre dans un grand magasin bruxellois pour quémander leurs autographes à l’occasion d’une séance de dédicaces.

 

S’il n’entend rien encore à la musique, mon neveu chéri possède cependant quelque talent de gribouilleur ; donc, avant de se rendre avec sa mère à la séance susdite, et tout émoustillé à l’idée de rencontrer ses-héros-qui-brâment-dans-le-poste, il réalisa un fort joli dessin pour illustrer de ses graciles blanches mains la vénération quasi sans bornes qu’il porte au titre « Papillon » qui cartonne sur les ondes aéroportées en réjouissant autant ses pavillons* qu’il agace les miens quand il s’y insinue, c'est à dire bien trop souvent.

 

* on le voit bien, le papillon dans les pavillons, non ?

 

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Muni de son dessin papillonnesque, de sa bonhomie de bon aloi et du sourire angélique qu'arborent benoîtement les diablotins en herbe de sa trempe, mon neveu se présenta donc à la séance de dédicaces où il offrit son œuvre au chef de la bande, Tom Smith, avant de se faire tirer le portrait en sa compagnie. Et il en fut fort heureux.

 

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Pour le concours de la plus belle tête d'ahuri je dis match nul.

 

Quelle ne fut pas la surprise, pour mon petit neveu transi de bonheur, de constater à son arrivée dans la salle de concert quelques heures plus tard, que Tom Smith son idole avait placé son dessin bien en vue sur son piano (comme on le voit sur la photo ci-dessous et même ici sur ToiTuyau avec des images qui bougent). Ce dénommé Smith, du coup, en dépit de ses borborygmes désobligeants, m’apparut soudain éminemment sympathique, et sa musique nettement moins insupportable.

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Epilogue : le tonton sans coeur

Quelques jours plus tard, à l’occasion de la festation mes 25 printemps, mondit neveu Robin, manifestement encouragé par son récent succès éditorial, m’offrit en dessin une gigantesque fusée format 5xA4 provisoirement non illustrée ici. Je lui fis sentencieusement remarquer que sa carrière débutante de décorateur de scène boum-boum avait du plomb dans l’aile sur ce coup-là, car, outre le fait qu’il n’est pas dans mes mœurs de pistonner les miens (bêêêrk que c'est trop vulgaire), il est considérablement plus compliqué de fixer un quintuple A4 sur un pied de micro que de scotcher un double A4 sur la face latérale d’un piano.

Quoiqu'un brin déçu, mon neveu opina, preuve à la fois d'une certaine sagesse dans le renoncement face à l'impossible, de son intelligence des arguments fondés et de l'excellence de son éducation.

20/11/2009

Où l'auteur se pose se pose en petits caractères une question d'une insondable profondeur métaphysique dont l'ampleur considérable ne devrait pas échapper au lecteur finaud

La maman d'une fille Sophie, c'est une mère sommaire ?

19/11/2009

Où l'auteur explique que, dans certains morceaux de musique, il y a bien plus que juste des bêtes mots sur des bêtes sons...

 

L’écriture d’un story-board est une pratique courante dans la production cinématographique. Mes camarades et moi avons régulièrement travaillé d’une manière comparable dans Front 242, en élaborant au préalable (ou en cours de création) pour des tas de morceaux un véritable scénario, fouillé, détaillé, régulièrement illustré par des dessins ou des photos, dans lequel nous allions puiser des ambiances, des phrases, des concepts, des slogans, des idées pour les concerts, et même (aussi incroyable que cela puisse paraître) des rythmes et des sons, etc.

 

En voici une nouvelle illustration, cette fois dans le cadre de 32crash : ci-dessous, un aperçu (fort résumé) de l’un des scénarii écrits sur base des fréquentes tempêtes de cerveaux entre Jan, Len et moi, auxquelles nous consacrons au moins autant de temps que la composition, l’enregistrement et le mixage des chansons. Je le répète, il s’agit d’un résumé, car le texte original fait plus de 10 pages.  

 

 

Terre, juin 2109

 

Depuis plusieurs décennies, des Clairvoyants (voyants extra-lucides, aussi appelés « Prophètes de Malheur », aux facultés dopées par de puissants psychotropes, prédisant l’avenir avec plus ou moins de bonheur, grassement rémunérés, contrôlés par des hordes de scientifiques, et jouissant d’un prestige considérable) ont annoncé une confrontation avec des extra-terrestres qui se montreront hostiles et destructeurs (au contraire de plusieurs races plutôt bien intentionnées) ; certains ont cité presque correctement le nom de leur race (« Aul-lassar » ou « Olleres », voir ci-dessous) et décrit avec divers degrés de précision leur apparence physique, leurs vaisseaux, leur mode de pensée et certaines caractéristiques de leur civilisation ; cependant, les informations sont restées lacunaires, vagues, voire contradictoires dans de nombreux domaines, et des tas de questions sont restées sans réponse consistante : d’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Quel est leur degré d’avance sur notre civilisation ? Ont-ils découvert l’invisibilité (avancée particulièrement redoutée) ? Par contre, tous les Clairvoyants ont prédit des destructions, certains même la fin de la civilisation terrienne.

 

Aiguillonnés par la certitude, relayée par la propagande internationale anti-alien, que cette confrontation à venir sera inéluctable et potentiellement fatale, tous les laboratoires de recherche militaire se sont mis à plancher sur des systèmes de détection et de défense à grande échelle et sur l’arme de dissuasion absolue imaginée par l’auteur de science-fiction* Alastair Reynolds sous le nom de Merlin’s Gun (Canon de Merlin) en 2000 : une arme légère, terrifiante, capable de tirer à longue portée des… trous noirs, et donc de détruire planètes, étoiles, galaxies, voire l’univers tout entier. Des rumeurs diverses circulent régulièrement sur l’état d’avancement de la recherche sur cette arme, évidemment classée ultra-secrète : ceux qui y participent ont une obligation de silence absolue sur ces travaux sous peine de mort, et de nombreuses disparitions inexpliquées pourraient résulter de l’élimination de plusieurs chercheurs jugés trop peu fiables ou trop bavards, dont certains probablement dénoncés par les Clairvoyants.

 

*Un département de la Défense Terrienne épluche systématiquement depuis 1974 tous les écrits de sci-fi parus sur terre pour y puiser des idées de concepts et techniques à développer.

 

Le premier contact avec les Ol-Lesar* a lieu début 2107, plus tôt que prévu, la plupart des « prophètes de malheur » ayant situé la rencontre après 2110. Le 13 février 2107, les Ol-Lesar se manifestent en capturant une station orbitale non loin d’Orion, semant la panique dans toutes les colonies terriennes car aucun des systèmes de détection pourtant ultra-sophistiqués n’a décelé la moindre approche ni déclenché la moindre contre-mesure.

 

A l’étonnement (et au soulagement) général, les Ol-Lesar acceptent de recevoir une délégation terrienne, dans un lieu tenu secret, lors d’une conférence au cours de laquelle ils annoncent qu’ils n’ont pas l’intention de rendre la station (qu’ils ont en fait complètement anéantie) et exigent que les Terriens se retirent de 4 planètes qu’ils occupent ; de leur côté, les Terriens leur annoncent disposer de plusieurs Canons de Merlin dont ils se serviront pour détruire leur lune puis leur soleil s’ils ne restituent pas la station capturée et n’arrêtent pas immédiatement leur agression.

 

* orthographe officielle. Les graphies Ol_Lesar et OL-Lesar sont également admises.

 

Lors de cette conférence, qui ne débouche sur aucun engagement, les Ol-Lesar ont pris soin de scanner discrètement tous les Terriens présents… sans véritable résultat car, se doutant qu’ils allaient être soumis à un tel traitement, les Terriens ont pris soin de n’envoyer que des émissaires n’ayant aucune possibilité de trahir leur cause, même à leur insu : aucun d’eux n’a vu le Canon de Merlin, ni en vrai ni en photo ni sur plan, pas un ne saurait expliquer son fonctionnement, tous ignorent la localisation des prototypes opérationnels ; les aliens ne découvrent donc, en dehors de la ferme conviction de son existence dans l’esprit de tous les scannés, et de leur volonté collective de s’en servir au besoin, aucun indice confirmant l’existence réelle de cette arme.

 

Par contre, les Ol-Lesar ont bien compris que malgré leurs Clairvoyants (qu’ils craignent), les Terriens ne savent quasiment rien sur eux : ils sont nomades, et la seule planète par laquelle ils transitent parfois, et où se trouvent quelques installations sommaires, possède non pas une, mais trois lunes. Très peu sûrs du succès d’une attaque rapide directe de la Terre, et se doutant que si des Canons de Merlin ont été fabriqués, il peuvent se trouver à bord de n’importe lesquels des milliers de vaisseaux terrestres éparpillés dans l’univers et impossibles à détruire tous en même temps, les Ol-Lesar, prenant à la lettre la menace de riposte en deux temps (« lune puis soleil »), sont d’avis de forcer les Terriens à se découvrir, prenant délibérément le risque d’une salve de CM sur un objectif mineur (leur planète-relais rapidement découverte ?), tout en dévoilant eux-mêmes en partie leur capacité offensive : ils décident d’attaquer une petite planète lointaine (ZA4) récemment colonisée par les Terriens, faiblement peuplée (environ 2.000 colons) et sous-équipée en armement.

 

Cette fois, l’attaque est annoncée en clair dans l’après-midi du 25 mai 2107 pour le lendemain matin ; les Terriens de ZA4 savent qu’ils n’ont aucune chance : leurs défenses, bien que relativement sophistiquées, sont trop faibles pour s’opposer à une attaque en règle, les renforts sont trop éloignés que pour arriver à temps, et les moyens de transport disponibles ne pourraient emporter que moins de 100 personnes. Dès lors, le commandant de la planète donne la possibilité à chaque colon d’en finir par SIA  - suicide indolore assisté - durant la nuit pour échapper à un sort peu enviable consécutif à une possible capture par les aliens (il faut savoir que le nombre de combattants disponibles importe assez peu, les boucliers magnétiques et les autres systèmes de défense, largement automatisés, pouvant être commandés par une poignée d’hommes). Quelques humains se suicident, la plupart choisissent de rester. Les Ol-Lesar, cependant, ne se soucient pas de les capturer, souhaitant simplement se débarrasser de la présence des intrus humains dans une de leurs zones de passage régulier.

 

L’offensive a lieu comme annoncée le lendemain matin et est enregistrée par des satellites espions, repérés mais épargnés par les aliens pour qu’ils puissent rendre compte de la puissance de leur arsenal - encore qu’ils n’utilisent à dessein qu’une arme déclassée ; l’attaque, déclenchée par le message laconique « Kryptonically Yours ! »* que chaque Terrien semble entendre depuis l’intérieur de son crâne, débute par la descente du ciel d’une énorme gerbe de fumée ressemblant étrangement à une rose (ou une tulipe) à l’envers ; ensuite, la planète est instantanément congelée sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur, avec coupure quasi-simultanée des liaisons vers l’extérieur, avant que la totalité de la surface du globe prenne feu et que l’ensemble des matériaux composites, même les plus durs et les plus résistants au feu, se mettent à fondre et disparaissent en quelques minutes, à une allure anormalement rapide. Résultat : aucun survivant, toutes les installations détruites, et une planète devenue inhabitable pour plusieurs siècles.

 

* effectivement prononcé en anglais

 

Sur Terre, où les images ont été retransmises en temps réel, c’est la consternation, l’inquiétude (malgré les déclarations officielles selon lesquelles les défenses terrestres repousseraient sans peine une telle attaque)… et surtout l’embarras : car si sept Canons de Merlin embarqués sur sept vaisseaux interstellaires différents sont opérationnels, les Aliens s’étant volatilisés, ils n’ont provisoirement aucune cible en dehors de la planète déjà détruite, qu’ils pourraient faire disparaître pour l’exemple ; mais créer un trou noir à cet endroit de l’espace serait beaucoup trop dangereux pour d’autres installations terriennes à proximité …

 

Plus de détails et la suite sur l’album à venir de 32crash (sortie prévue 09/2010).

12/11/2009

Où l'auteur à peine réveillé cite un site généralement bien informé

Dans le cadre d’un nouvel épisode de l’interminable série « On nous prendrait-y pas pour des andouilles ? », voici un extrait édifiant de l’indépendant et très instructif magazine on-line Bakchich à propos des pratiques de pub en vigueur dans les milieux cinématographiques. Toute ressemblance avec des pratiques similaires dans les domaines de la musique, de l’art (copinages, chantages, idolâtrage à tout crin a de pures fins mercantiles) ou de la consommation de masse en général est bien entendue purement fort8.

Pris dans la toile des majors

mercredi 21 octobre par Simon Piel

Qui n’a jamais vu écrit sur une affiche de ciné « éblouissant ! »,« le chef d’œuvre du XXI siècle » pour vanter un nanard. Derrière les éloges se cachent une entente cordiale entre producteurs et journalistes.

La pratique des « baseline », ces bouts de phrases tirés d’articles de presse et goulûment apposés par les producteurs sur les affiches de cinéma est de plus en plus courante. District 9, le dernier Blockbuster produit par Peter Jackson n’échappe pas à la règle et peut-on lire sur les affiches est la « révélation de la rentrée », selon le magazine Première. Mais comment des phrases tirés d’un article de presse peuvent-elles se retrouver ainsi sur une affiche commerciale ? Ou comment les producteurs s’entendent avec les journalistes pour vendre leur film.

C’est quelqu’un qui m’a dit…

Alex Masson, journaliste ciné, raconte à Bakchich qu’après la projection presse du film Borat à laquelle il assistait pour le magazine Tracks, il reçoit un coup de fil de l’attaché de presse de la Fox, qui produit le film. « T’as une idée de Baseline ? », « oui, on pourrait mettre ça », « ok, en revanche pour l’affiche on mettra pas Tracks, mais Première. » Plus classe sans doute. Et une bonne manière de duper le spectateur en apposant le label vu et approuvé. L’affiche ne se fera pas, mais l’intention y est. Et « il n’est pas rare, s’insurge un autre journaliste du sérail, que les papiers soient envoyés aux attachés de presse avant même qu’il ne soit publié dans leur propre canard ! » Si le journaliste se montre un peu revêche, la réponse des majors ne tarde pas. Ainsi, alors que les Inrockuptibles avait massacré le film Men In Black, la Columbia, qui produit le blockbuster, reprend pour son affiche le seul mot laudatif de l’article. Las ! Les Inrocks dénoncent la combine dans leurs colonnes.

 

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Morvandiau - Baiser fatal

 

Serge Kaganski, le monsieur ciné du journal, se verra privé de projection Columbia pendant un tempsSony avait fait plus fort encore, en 2005, en inventant de toute pièce un journaliste qui n’écrivait que des articles à la gloire des films produit par Sony. Prise la main dans le sac, l’entreprise avait dû indemniser les spectateurs dupés. Mais, comme l’explique à Bakchich un critique ciné quelque peu désabusé : « Pour les majors de toute façon, les articles de presse ne sont que des places gratuites intégrées à leur plan marketing. Les baseline ne sont que la partie émergée des ententes. Et malheureusement, le poids des majors est bien trop lourds pour lutter. » Ainsi, précise-t-il amère, « la Warner décide, comme autant de bons ou mauvais points distribués aux journalistes, de les inviter ou non aux projections presse. Un article un peu décapant et on atterrit dans la blacklist des communicants. » Tout cela serait grave si les gens lisaient encore les critiques avant d’aller voir les films.

10/11/2009

Où l'auteur pourtant rayonnant de bonheur rural, au risque d'écorner gravement sa réputation naissante de campagnard farouche, se lance soudain dans l'apologie sans retenue d'une ville qui lui paraît urbanistiquement digne des éloges les plus fulgurants

 

En pleine crise violemment anti-urbaine, voilà qu’après un lourd ouikande de prestations frontesques (Paris puis Aarhus au Danemark puis Hasselt au Limbourg sur une scène interminable devant un monde fou puisque la musique et les beuglages se sont terminés bien avant que j’aie eu le temps de terminer mon comptage de tous les spectateurs présents (oui, dénombrer le chaland de concert est une de mes marottes ; j’ai dû m’arrêter à 12.623 - comment je fais ? C’est simple : je compte les bras levés et je divise par deux*))****, je me suis retrouvé pour une petite semaine exilé en un appartement cossument meublé de la méditerranéenne cité de Montpellier, sa Faculté de Médecine, sa Place de la Comédie, ses jolis tramways-boas colorés, confortables et silencieux, ses restaurants aux plats savoureux mais au service souvent à la masse**, ses grogs ***** du bar « Le Triskell », son Odysseum tout neuf avec ses requins-scies, ses raies et ses torpilles dans leurs eaux bleutées et ses manchots dans leurs odeurs de marée, son architecture à la grecque particulièrement esthétique et à taille humaine, sa gigantesque esplanade de l’Europe, son Jardin des Plantes aux panneaux indicateurs à mon avis légèrement erronés***, son équipe de handball peut-être bientôt tout au sommet de l’Europe, sa population extrêmement jeune et bien fringuée, ses magasins de fringues tout à fait époustouflantes à prix ridicules, son charme discret et ses chaussures hors de prix dont l’achat d’une paire onéreuse n’entraîne aucune réduction sur l’acquisition de la suivante.

 

Du coup, et en dépit des quelques contrariétés évoquées ci-dessus et détaillée ci-après (j’insiste un peu lourdement en soulignant à propos des contrariétés : j’en évoque plusieurs (pluriel) ci-dessus mais n’en détaille qu'une seule (singulier) ci-dessous avant de refermer la seule parenthèse qui restait encore ouverte) voilà qui est fait, je me dis que ma culture urbaine peut encore se peaufiner dans le raffinement qui tendrait vers le beau à condition d’être sélectif, et la ville en général m’insupporte du coup déjà nettement moins. On me dit que la ville de Sète constitue elle aussi un joyau qui vaut la peine d’être vue. J’envisage. Et je termine par les explicages étoilés puis quelques images montpelliéraines.

 

 

* aux concerts de Modern Cubism, je compte les cheveux et je divise par 50.000.

 

** je ne déblatère pas ici - ni ailleurs ni jamais - à la légère et j’argumente :

(a) commander en apéro un Pineau des Charentes (je sais, en bord de Méditerranée, c’est débile) et voir arriver le serveur 15 minutes plus tard avec la carte des vins en demandant : « C’est quelle bouteille encore que vous avez choisie ? » ;

(b) rester 20 minutes face à un plat terminé alors qu’il y a en salle 6 serveurs pour 14 tables de 1 à 3 couverts ; 

(c) voir débarquer un serveur qui, prétextant coacher une serveuse débutante, n’écoute pas ce qu’on lui dit (au contraire d’elle) et lui fait apporter à table une mauvaise commande alors qu’elle avait été impeccable avant son inopportune intervention ("coacher mon cul, coucher plutôt", comme le fit hilaramment remarquer ma voisine de table qui n'avait pas perdu une miette de la scène);

(d) se retrouver placé en fond de restaurant quasiment sur un chantier avec des bâches en plastique, des outils en pagaille et de la poussière de plâtre qui volette;

(e) j’en passe et non des moindres,

si ce n’est pas du foutage de gueule c’est quand même bien imité, et ça rend la note difficile à digérer même si le repas fut irréprochable.

 

*** ce Jardin des Plantes compte en effet un tas de plaques « SORTIE » qui ne mènent pas dehors ; j’en ai conclu que, dans un moment d’aberration, le fabricant de ces plaques avait placé la dernière lettre en premier lieu par inadvertance, et que ces panneaux devaient être lus « ORTIES », ce qui correspondrait nettement mieux à la réalité de ce vers quoi ils envoient le promeneur.

 

**** ne pas se tromper dans le comptage du fermage des parenthèses : il y en avait bien deux d’ouvertes.

 

***** lisez : 5 étoiles.

 

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Montpellier : de l'urbanisme comme ça, j'en veux bien trois tonnes tous les matins dans mon café au p'tit déj' !

 

09/11/2009

Où l'auteur se souvient avec nostalgie du temps d'avant où il rigolait déjà pas mal

Du temps où j'étais encore fort petit, il me souvient m'être souvent et grandement fendu la poire en suivant l'émission "Commercial Breakdown" de Jasper Carrott sur la BBC, et plus particulièrement à la pub pour le pain qui commence ci-dessous à 05:00 et qu'il faut regarder jusqu'au bout, merci monsieur ToiTube.

Et, pour rester dans le ton, voici le pontifiant et inoubliable aphorisme du soir : "A choisir, préférez toujours avoir une bonne bouille qu'une conne couille".

02/11/2009

Où l'auteur s'en revient, heureusement pour quelques heures seulement, et de mauvaise grâce, dans une zone urbanisée à forte densité de population ensardinée

 

Après 4 mois déjà de campagnitude appartementale dans les verdoyantes vallées brussellobanlieusardes aux massifs feuillus à peine décoiffés par les féroces ondées humides* et venteuses qui régulièrement sur mon nouveau chez moi sévissent et des furies desquelles un toît dûment tuilé* me protège avec autant de stable herméticité que de de bienveillante imperméabilité*, j'ai dû me résoudre à m'en retourner dernièrement dans une métropole fortement urbanisée (tant il est vrai que les vraies métropoles sont en général assez faiblement ruralisées*) pour de hautes et impérieuses raisons pécuniaires de business musical grassement rémunéré - parce que, oui, ce n'est nullement parce que je n'en parle plus dans ces colonnes trop souvent silencieuses sur le sujet que les concerts se font rares, non non, c'est tout le contraire, cette année bat même tous les records ainsi qu'en atteste la plénitude de mon agenda tellement gribouillé de rendez-vous

   (a) soit passés qui ont précédemment eu lieu*

   (b) soit futurs planifiés dans l'avenir*

que j'envisage de m'en acheter un second* (d'agenda) juste pour les 2 derniers mois de l'année.

 

A pAris (à propos, et pour rester dans l'innovation scripturaire, je trouverais particulièrement opportun de modifier la graphie de Pise en pIse**), dans l'énervement général au milieu duquel l'auteur resta stoïquement zen au point de susciter l'admiration (trois) sans bornes (soit le kilométrage aller) de l'unique témoin de sa solennelle exemplarité puisque nous étions moins de trois à voyager de concert dans l'exigu cockpit de la double monoplace qui véhiculait notre duo*, l'expédition de la petite mais zélée équipe front242esque mit exactement une heure de 60 minutes tout rond, à savoir à une près 3.600 interminables secondes, pour parcourir les ultimes 1.200 mètres du parcours menant des environs de la capitale de l'Europe à la parisienne Loco(motive) dont c'était par ailleurs le dernier concert avant fermeture définitive, performant ainsi ce sinistre dernier tronçon à l'improbable vitesse de 1,2 km/h, à vue de nez - voire à senteur d'oeil - environ 10 fois moins rapide que la vitesse moyenne de déplacement gratuit (ou à prix écrasé) à dos de mammouth en vigueur à l'époque paléolithique, mais avec les vapeurs d'essence, la poussière et la mauvaise humeur des embouteillés en sus, sans parler des coups de trompe aussi incessants qu'inutiles et crétins parce le trafic local était totalement à l'arrêt de toute façon.

 

Bref, pour conclure en moins de trois lignes (tâche ô combien pénible de mon chef sauf à utiliser des caractères minuscules), et même si Bruxelles n'est pas (encore) Paris, plus jamais je ne reviendrai habiter en ville.

 

Et pour ce qui est du concert, n'en ayant rien vu, je ne saurais émettre le moindre avis sensé à son endroit.

 

* Le lecteur pourra ici constater avec joie que l'auteur n'a nullement renié l'un des principes quintessentiellement fondamentaux de ce blog, qui consiste à le truffer d'andouilleries.

** afin, évidemment, d'y déjà voir la tour penchée, précise-je à l'attention du lecteur oublieux des élucubrations antérieures.

 

 

23/10/2009

Où l'auteur explique sur scène, gestes à l'appui et avec sa conviction habituelle, que les trois piliers du bonheur terrestre sont l'esprit de troupe, les ritournelles potagères et les ambiances de sous-bois, et trouve en sus des raisons de râler

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Photo : Marianne Alexandre

C'était sur la scène de l'auditorium de l'espace "Voyelles" à Charleville-Mézières, la ville de naissance d'Arthur Rimbaud, le mardi 20 octobre, à un jet de pierre de la Meuse, où je fus convié par mon camarade Théophile de Giraud, un garçon que décidément j'adore. Seule ombre au tableau radieux de cette soirée de détente entre gens cultivés : l'absence totale de voie rapide pour rejoindre le lieu des réjouissances, d'où la très médiocre performance déplaçatoire de 2h20 de trajet aller pour 150km de voyage à peine (moyenne horaire : 64,29 km/h) ; j'y serasse allé en calèche ou en chaise à porteurs que je n'eusse point misse beaucoup moinsse de temps...

19/10/2009

Où l'auteur fait savoir les oeuvres culturelles récentes qui l'ont émouvé

 

<L'auteur s'excuse tout d'abord de laisser dans ses postures autant de fautes de non-relecture qu'il interdit cependant formellement à quiconque de considérer comme de vulgaires manquements à l'orthographe, tant il a cette dernière impeccable et au-dessus de tout soupçon.>

 

Alors qu'une lectrice tenace et surdouée vient, à mon grand interloquage, de découvrir sans coup férir les 20 prénoms de l'énigme postée ci-avant et lisible ci-après (dont je donnerai peut-être un jour la solution), je recommande avec bouillonnance trois œuvres d’exception :

-         le spectacle « L’Oral et l’Hardi » de Jacques Bonnafé sur des textes de Jean-Pierre Verheggen. Ce vendredi, j’y assistais, en 3è vision, au Théâtre 140 (où je n’avais plus mis les pieds depuis le dernier spectacle de Pierre Desproges il y a un quart de siècle) et je ne me lasse pas de barboter dans la jubilation à l’ouïssage de ce texte intemporel et décapopétaradant qui constitue une magnifique déclaration d’humour à la pétillance de la langue française dans tous ses états. De plus, auteur et interprète sont des êtres simples, profonds et attachants et disponibles à leur public ;

 

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Jacqus Bonnafé, décapant et irrésistible au volant de sa magnifique cravate

-         le recueil de « La Nouvelle Poésie Française de Belgique », parce qu’il contient de beaux morceaux de bravoure et quelques auteurs prometteurs que j’ai déjà eu l’occasion de rencontrer dans la vraie vie : mon camarade Théophile de Giraud, Laurence Vielle, Damien Spleeters, Anne Penders et Pascal Leclercq avec qui je partageai récemment la scène d’une salle parisienne, Frédéric Bourgeois et Alexis Alvarez Barbosa ;

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Anne Penders, poétesse et tête chercheuse

-         le film de science-fiction « District 9 » de Neill Blomkamp, qui me semble aussi révolutionnaire et digne de la cour des grands que le furent, en leur temps, Mad Max, Blade Runner et Alien, et qui me semble étrangement et puissamment en résonance (quoi qu’avec plusieurs dizaines d’années d’avance) avec l’univers de l’année 2109 que mes camarades musiciens et moi-même nous efforçons de dépeindre dans les morceaux de 32crash. Amen.

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District 9 : racisme, mutation génétique et course à l'armement sont au programme. 

17/10/2009

Où l'auteur pourtant nullement sollicité donne son avis sur un sujet pointu

En ce qui concerne la graphie de la capitale de la France, je propose qu'au lieu de Paris, on écrive pAris.

Pour ainsi y déjà voir la Tour Eiffel.

16/10/2009

Où l'auteur entreprend rien moins que de casser la tête (voire même d'autres parties anatomiques) à son lectorat

 

L’exercice décrit ci-dessous existe peut-être déjà, mais que le lecteur légitimement avide d’originalité fêlée (c'est pour ça qu'il est ici) se rassure : cette idée saugrenue naquit toute seule cette nuit dans mon petit cerveau bouillonnant sans qu’il éprouvât le besoin d’aller la pomper ailleurs.

 

Le principe de base est simple et vise à une économie de moyens : quand, dans une phrase, on trouve deux phonèmes identiques côte à côte, on les fait disparaître (car enfin, répéter deux fois le même phonème dans une seule phrase, c’est lassant).

 

Exemples simples :

« J’ai mangé des concombres » devient : « J’ai mangé des bres ».

« Un lectorat raréfié » devient « Un lectorréfié » (on peut se montrer créatif sur la graphie de la phrase recomposée du moment que les sons soient respectés).

 

Le plus ignare des moins doués des blogoliseurs, en cherchant peu, en trouvera des paquets.

 

Le phonème doublé peut évidemment comporter plus d’une syllabe.

Exemple : « Cet auteur persan perce en Chine » deviendrait « Cet auteur chine ».

« Amis Wallons, où allons-nous? » deviendrait « Amis, nous ? »

 

(Quand j’aurai du temps je chercherai un nom savant pour qualifier le procédé. Pour l’instant, je me contente de développer).

 

Corsons l’affaire en faisant disparaître les phonèmes identiques même s’ils ne sont pas contigus.

 

Exemples :

« Naguère, j’ai fait la guerre » deviendrait : « Na, j’ai fait la ».

« Venir chez toi samedi, ça me dit » deviendrait « Venir chez toi ».

« J’ai acheté une voiture, vois-tu ? » deviendrait « J’ai acheté une re ? »

 

On remarque à ce dernier exemple que la graphie de la phrase peut, dans certains cas, grandement aider à retrouver la phrase originale : la présence du point d’interrogation montre que la fin de la partie disparue induisait une question, c’est toujours ça de pris comme indice pour reconstituer l’original au cas où on vous le demanderait, ce qui ne saurait tarder.

 

On pourrait aller plus loin et supprimer plusieurs paires de phonèmes identiques non contigus :

Au lieu de dire : « Ca va, Vanessa ? », on dirait « Nè ? »

Ou encore : « Ah, si on pouvait consacrer mes créations » deviendrait « pouvait consa mè »

 

Bien sûr, dans ces derniers exemples, la phrase finale n’a plus de sens discernable. Le but ultime, le sel de la chose, serait évidemment de simplifier une phrase longue de manière à en créer une nouvelle plus courte qui aurait elle-même un sens, idéalement identique ou contraire à la phrase de départ.

 

Ceci fera l’objet de développements ultérieurs, mais en attendant, je vais tenter d’exploiter l’aspect ludique, voire sadique de l’exercice, et donc, dans le seul but vicieux de lui occasionner des migraines, je propose au lecteur qui a le temps et l’envie de se prendre grave la tête, de reconstituer ci-dessous les phrases originales avant disparition d’une paire de phonèmes selon les principes énoncés plus haut, sachant que l’un des deux phonèmes disparus est toujours un prénom, oui c’est un indice précieux qui va grandement vous faciliter la recherche, non ne me remerciez pas.

 

Ami lecteur, à toi de faire et ravi de t’avoir connu. Le premier qui m’envoie la liste complète et correcte des 20 prénoms (usuels) retirés des énoncés ci-dessous a droit au premier exemplaire du 2e volume de « Tous Contraints » (sortie en 2010) dûment dédicacé à la plume de paon par l’auteur. C’est parti.

 

1ère partie : avec une paire de phonèmes contigus

 

Exemple : « Dis-moi porte combien ? » (2)* est la dérivée de « Dis-moi Sarah, ça rapporte combien ? »

 

*Pour encore faciliter la recherche (car le chercheur téméraire a droit à des égards), le chiffre entre parenthèses indique le nombre de syllabes du prénom - attention, il peut y avoir des e muets.

 

- J’ai rapporté à ivre. (3)

- onnu. (1)

- Des types comme connais des tas. (1)

- Il a convoqué proviste. (2)

- ell au bout du fil. (3)       [ndla : à situer dans le contexte de la 2e Guerre Mondiale]

-                   (4)               [ndla : gratiné celui-là, je ricane]

- Nous verrons bien s’il meurt ou (2)

- Ce qui est dit (2)

- hochets sur l’eau (3)

- Il faudrait intè (2)

 

2ème partie : avec une paire de phonèmes NON contigus

 

Exemple : « privilège de rencontrer » = « J’eus le privilège de rencontrer Jules ».

 

Capiche ? Alllleeeez hop c’est parti pour 10 autres dans le genre :

 

- eut hélas affaire à un major (4)

- En devenant mère, contribua à l’augmentation de la té. (3)

- adore les pr (3)

- Tu n’as pas gagné en sagesse alors que a  (2)

- Ce m’a tout l’air d’un type a bi (2)

- Les pluies glaci déliter la maison d’ (3)

- fête son versaire. (2)

- a invité des a ui. (2)

- Demandez donc à de r bureau. (2)

- buvait une c (2)

 

Si ce blog était fort lu, les fabricants d’aspirine feraient des affaires dans les prochains jours, n’est-il pas ? 

Où l'auteur même pas gêné propose une petite ritournelle végétarienne à chutes potagères de son cru

 

(Ca se chantonne comme ça peut, et c'est extrait du répertoire du duo fantaisiste "Les Oiseaux Moqueurs")

 

« Dans la forêt de Mont-Luçon

Se promenaient, tout propres, cinq garçons

Et l’on pouvait y voir aussi,

Bien que nettement plus sales, six filles.

Une mai-maison s’est écrou-écroulée

Et l’on dé-dé l’on dénom-nombre

Trois mo-morts et deux blè-blessés

Sous les décon-combres.

Dans une noce un peu trop arrosée

Le marié empoigne l’un des invités ;

Sa femme lui crie « Sors d’ici, j’en ai marre,

Et va la finir sur la rue, ta bagarre. »

Vous mes petites pommes de terre

Par vos pelures et votre chair

Vous me ravîtes, vous m’étonnâtes

Vous me surprîtes, vous m’épatâtes ! »

 

Etonnant, non ?

10/09/2009

Où l'auteur commente un péripétie calendaresque non sans signification

Le fait n'aura pas échappé à l'oeil perçant et acerbe du lecteur avisé scrutateur éclairé des coïncidences de l'existence. Hier, c'était le jour rêvé pour, dans tous les domaines, abandonner le fatras du passé et se tourner résolument vers l'avenir, remettre les compteurs à zéro et repartir sur des bases saines.

Hier, en effet, c'était la date du neuf du neuf du neuf.

28/08/2009

Où le belge s'exile pour mieux se culturer avant de le narrer en l'illustrant

 

En été, poussé par son instinct grégaire atavique, le belge moyen émigre en masse au bord du littoral national, où il est assuré - bien que légèrement agacé par la chose - de retrouver en masse les flopées suintantes de ses congénères huileux qui se piétinent à longueur de journée pour occuper trois centimètres carrés de sable, de ne plonger qu’au péril de son crâne une tête dégarnie dans une eau polluée, de se gaver de mauvaise bouffe à des prix exorbitants, et surtout de se dorer la couenne en plein soleil de façon à ne pas foirer la mise en route du cancer de la peau qui le rongera infailliblement dans moins de trente ans au cas bien improbable où aucune autre parmi la cohorte des innombrables maladies qu’il entretient soigneusement par une hygiène de vie déplorable ne l’aurait d’ici-là déjà mis par terre voire six pieds dessous.

 

Le belge moyen, prompt qu’il est à verser une larme vite essuyée sur le funeste sort d’une infortunée baleine malencontreusement échouée sur ses mornes plages, est incapable de s’apercevoir qu’il reproduit lui-même à grande échelle un naufrage identique dès que le mercure se dilate et que ses occupations le libèrent, comme on dit en Espagne. L’Observateur Averti des Choses Belges comprendra sans peine que cette dérive saisonnière de type cétacien est induite par la fulgurante désespérance dudit belge moyen (ou de ce qu’il en reste) aux tristes constats conjoints (1) des déclins simultanés de (a) son football de plus en plus ridicule, (b) ses musiques désormais irrémédiablement aussi anémiques que subventionnées, (c) ses économies fondant au Luxembourg, et (2) des mesquins et microcosmocentriques agissements de ses mal-gouvernants - pour ne citer que la pointe aisément visible de l’iceberg en s’abstenant d’approfondir (pour éviter d’en faire des pages) -, bref en se désolant plus généralement de son existence individuelle et collective empreinte de manque autant d’envergure que d’innovation, d’éthique, de générosité, de réelle solidarité, de perspectives et j’en passe. On comprend qu’il y a là de quoi se vautrer sur le sable la panse à l’air en y attendant la mort.

 

L’excellent Laurent d’Ursel a un jour écrit à juste titre : « La Belgique est une catastrophe et doit le rester ». Indéniable. Et chaque jour, le royaume empire.

 

Par un contraste aussi flagrant que paradoxal, le belge moins moyen (« bmm »), pour peu qu’il désire s’aérer la tête sous des cieux moins ternes et qu’il soit également épris d’art, d’histoire, de nature, de culture, de fraîcheur et d’agoraphobie (ce qui, convenons-en, en fait un bmmcatb ou belge moins moyen carrément atypique tendance borderline), choisit plutôt pour ses vacances de s’exiler une dizaine de jours dans un petit hôtel à la frontière de la Picardie et de la Champagne-Ardenne, et s’y délecte de visites somptueuses dans d’innombrables hauts-lieux quasiment (et aussi massivo-mystérieusement qu’inexplicablement) déserts en cette époque d’exil bord-de-merdien : les cathédrales de Cambrai, Amiens, Reims, Senlis et Troyes, la Collégiale de Vitry-le-François (dont la construction prit … 269 ans), les parcs, forêts et châteaux de Chantilly, Compiègne ou Pierrefonds (avec son surprenant « Bal des Gisants » en sous-sol, que je recommande aux innombrables lecteurs gothiques de ce blog, qui vont a-do-rer), l’insolite cité souterraine de Naours et ses 4 km de ruelles enfouies, les caves du champagniste Pommery et ses dizaines de millions de bouteilles au repos, les églises à pans de bois, et des tas de petits quartiers et musées typiques non ou peu répertoriés dans les parages immédiats, tout cela rien que du ravissement et du bonheur.

 

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La forêt de Compiègne: c'est un peu comme la forêt de Soignes en trois fois plus touffu

 

Il en profite, ledit bmm, pour faire au passage l’emplette d’excellentes bouteilles de champouze millésimé auprès de son fournisseur attitré depuis 21 ans, et pour rajouter deux petits établissements discrets à la pas si longue liste (car il cuisine souvent excellemment en son logis) de ses gargottes préférées : le Bistrot du Terroir à Compiègne, et l’Hôtel Bon Séjour à Vitry-le-François, où l’on fait pour fort peu de sous, tout en devisant culture et rigolade avec le tenancier local, des repas à mourir de bon. Il découvre le blanc-manger, un dessert frais-léger-goûtu de ses papilles auparavant inconnu, et en fait illico le numéro un au hit-parade de son palais dans le rayon desserts lactés.

 

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Blanc-manger : les cailloux à côté du verre ne font pas partie du dessert

Et il ne manque pas de s’étonner, le bmmcatb à qui ne viendrait même pas à l’idée de déposer un bouchon de bouteille de Gerlati (de Danone) ailleurs que dans un récipient dédié PMC, de la propreté et du bon entretien général des bourgades françaises traversées ; a contrario et sur le retour, la traversée des faubourgs de Charleroi, aux bords de route jonchés de détritus, lui écorche la vue en tant qu’illustration implacable et immonde du jemenfoutisme, de la gestion urbaine déplorable et de la belgico-catastrophitude ambiante. Et il lui monte au creux de ses chastes reins une irrépressible et double envie de démissionner de sa belgitude et de se faire renaturaliser Outre-Quiévrinois. 

31/07/2009

Où l'auteur de retour du diable vauvert après avoir transporté ailleurs ses urbaines pénates, revient aux affaires en douceur et sans forcer la dose

 

Un lecteur m’écrit : plus d’un mois sans postage, c’est-y pas scandaleux ?

 

Je dis : certes, mais j’avais à faire ailleurs et tenais à le bien faire ; clôturer une année de travail intense puis déménager mon chez moi dans la ruralité, tout en prestant les concerts prévus et en écrivant un spectacle en français.

 

Déménager. Aaargh, le cauchemar ! C’est incroyable ce que l’on peut acquérir comme matériaux de tous types dont l’accumulation devient rapidement insupportable dès que l’on conscientise que les dés en sont jetés et qu’il faut tout-tout-tout emporter. Il me fallut donc aller au charbon et trier-jeter de mes blanches mains à tour de bras, puis emballer et transporter le reste qui était encore beaucoup trop, ce qui me prit un temps considérable et m’endolorit dos, bras et mains malgré la présence efficace et joviale de quelques joyeux co-déménageurs surmusclés à mes côtés, que voulez-vous, avec l’âge et les excès de table le corps devient moins aguerri à l’effort et la matière autrefois bienveillante et légère se rebiffe et s’alourdit, si j’avais voulu faire ça tout seul j’aurais mis six mois. Il faut dire que bien qu’ayant opéré un tri sévère parmi les innombrables objets de valeur glanés au gré de mes pérégrinations dans le monde entier, je n’ai pu me résoudre à me séparer ni de ma collection d’enclumes allemandes du XVIIIème (350 pièces) ni de mon assortiment de missiles ballistiques ex-soviétiques (200 specimens), objets magnifiques qui ont fait (font et feront) l’admiration unanime des personnes triées sur le volet que j’invite (rarement) dans le (gigantesque) hangar qui me sert de salon.

 

Ceci dit, la difficulté du déplaçage en valait le candélabre, car l’endroit d’arrivée n’est pas loin de confiner au paradisiaque : belle exposition à la lumière, magnifiques espaces calmes et dégagés, loyer d’un montant ridicule, voisins charmants, tous commerces utiles à distance promenadesquement accessible, vertes forêts adjacentes propices au vadrouillage et à l’enflammage de l’inspiration.

 

En attendant ces lendemains qui chantent, je te laisse ici, ami lecteur, car une montagne de coussins voluptueux m’appelle à siester paresseusement sans retard ni retenue.

20/06/2009

Où l'auteur se dit : sur internet, on lit des tas de conneries, et puis à un moment, on se dit quand même que PAF!, c'est bien vu (quand même x 2)...

Provenance : 11.info/spip/spip.php?article464

[nlda : on  truove un paqeut de fuates d'orhtograhpe dasn le tetxe qui siut, mias bon, on liassera le fodn l'epmotrer sur la fomre] 

"La Rollex cachait la montagne

Je me suis demandé tout récemment si les clowneries scandaleuses du clan Sarkozy n’étaient pas simplement un catalyseur d’indignation. C’est vrai que voir le président se trémousser sur des yachts et agiter sa rollex en temps de crise, ça laisse branlant d’une juste colère.

C'est tellement gros et récurrent qu’on n’a presque plus le temps de réfléchir à la substance de la politique. Une sorte de parapluie bling-bling en quelque sorte. Ou comment mettre un arbre en or pour cacher la forêt d’excréments… En réfléchissant un peu mieux et en me souvenant du silence penaud affiché par l’Élysée et le gouvernement au moment où la crise envoyait de la choucroute dans le pâté, je me suis rassuré en me disant qu’on n’a pas tant été manipulé (ou qu’ils n’ont pas osé aller jusque là), que c’est peut-être bien simplement de la bêtise. Cependant, on peut attendre de notre nain présidentiel et d’un gouvernement - l’un de ses tentacules - ayant dépensé en 2007 environ 50 millions d’euros en frais de communication diverses (sondages, campagne anti-crise, conseils, …) que, pour ce prix-là, il maitrise son image médiatique.

Manipulation ou pas, le résultat est là : la peopleisation de la politique permet de faire de la politique tranquille, les journaleux ont bien assez à bouffer dans les poubelles pour pas s’emmerder avec des trucs rébarbatifs. Bref, il faut faire attention à ne pas prendre la peau du people pour la toison d’or.

Pour reprendre une célèbre allégorie : quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt, et le pourri en profite pour faire une balayette au sage pour lui apprendre à faire le malin.

Ça s’est passé tout pareil avec la crise. Il en est sorti grandi, le petit N., alors qu’il est sûrement l’une des incarnations les plus vicelardes de ce monde économiques qui brinquebale toujours du même côté. Je pensais à ça, récemment, en mirant deux documentaires Made in Arte, fort bien achalandés.

Retour sur la crise à travers deux documentaires

On parle un peu moins de la crise ces derniers temps, c’est vrai que ça colle pas trop au grand rêve européen et c’est peut-être une des raisons de l’abstention, la couleuvre était trop grosse et les gens ont pas le cœur à rêver. Et comme, c’est vrai, la crise est l’un des seuls sujets réellement réjouissants de l’époque, je me permet d’en remettre une couche.

Tout ça pour revenir sur la conjonction de deux documentaires d’Arte à ce sujet [1]. Le premier, Le malheur est dans le prêt de Kersten Schlüssler, explique le mécanisme de la magouille pour ceux qui ont toujours pas capté l’essence des subprimes. Exposant ainsi ce qui est - selon un intervenant - « la plus grande association de malfaiteurs de tout les temps », et ceci entrainant cela : qu’il n’y aura jamais de responsabilité engagée dans la mesure où tout le monde est coupable et innocent à la fois.

La chaîne de responsabilité est infinie : des ménages, qui se sont surendettés en laissant leur conseiller falsifier leurs revenus, et des conseillers, qui ont vendu des produits pourris sans rien y comprendre, à leurs supérieurs, qui leur ont demandé de vendre ces produits « sans risques », ainsi qu’aux banques, aux organismes de cotations, aux gouvernements qui n’ont pas exercé les contrôles nécessaires et à l’ensemble de l’institution financière… En clair : tous coupables.
D’où : les seuls qui vont payer, c’est la base. D’ailleurs, ça a déjà commencé à lui retomber sur le coin de la gueule. À commencer par une bonne partie de nos vieux, qu’on a poussé à placer leurs retraites et qui ont tout perdu (Represent mes grands-parents).

Le documentaire a aussi le mérite d’expliquer comment le 11 Septembre et autres contrariétés ont largement participé à la formation de cette bulle : la Fed, pour contrer une potentielle crise, a massivement injecté de la caillasse dans le business. Il pose aussi que le dollar a de fortes chances de s’effondrer comme un château gonflable rempli de gamins pervers avec des chaussures à crampon, ce qui sonne doux à mes oreilles. Même si, à mon avis, on ne rigolera pas longtemps, ce sera toujours ça de pris.

Le documentaire est bien réalisé, bien monté et tout et tout. Intéressant et facile à regarder. Il y a juste quelques passages qui titillent la machine à scepticisme : ce sont les multiples interviews d’anciens membres de la finance ou de l’ex-directeur de la Deutsche Bank (cette dernière ayant joué un rôle non négligeable dans cette sombre affaire) qui fustigent leurs collègues en leur disant « Attention, si vous continuez comme ça, je me vois obligé de vous dire que vous allez perdre votre légitimité. », menace à peu près aussi impressionnante que « si vous continuez à m’embêter, je gifle votre chien. ». Surtout de la part de gens qui ont tous inévitablement trempé dans la magouille et qui se précipitent du bon côté de la barrière pour faire les pères-la-morale. Du retournage de chemise bien comme il faut.

Le deuxième documentaire s’intitule Je suis un psychopathe. Il prend tout son sel une fois mis en regard de Le malheur est dans le prêt, qui appuie lourdement sur le fait que si les comportements ne changent pas dans la finance, le monde va se casser la binette. Il s’agit d’un documentaire réalisé par Ian Walker sur Sam Waknin, ce dernier se qualifiant lui-même de psychopathe. Il en a même fait son fonds de commerce. Jeune self made man surdoué, il a grimpé dans le milieu de la finance et a créé sa start-up internet, magouillant un poil avant de se retrouver en taule. Il a alors tout perdu et s’est reconverti dans l’écriture de bouquins sur la manière de gérer et de comprendre les psychopathes. Mais pas n’importe quel type de psychopathe : celui qu’on qualifie de performant, loin du serial killer de base.

Sam Waknin, psychopathe boursier

La trame narrative du documentaire est l’analyse du comportement de Sam Waknin et son passage par tous les tests reconnus par les instances judiciaires, qui le certifie psychopathe.

A l’arrière-plan du documentaire, il y a la confrontation entre le réalisateur et le psychopathe, et la pression que ce dernier fait subir à Ian Walker.

Le psychopathe performant est devenu un sujet d’études en psychiatrie depuis quelques années. En gros, c’est quelqu’un qui présente, suivant les tests pratiqués par les psychiatres, le même profil psychologique qu’un psychopathe criminel. Quelqu’un de totalement dénué de scrupules et de compassion, généralement assez intelligent, narcissique et versé dans l’art de la manipulation, soit le type de personnes qu’on retrouve partout dans les hautes sphères de la société, en particulier financières. D’ailleurs, l’un des spécialistes mondiaux des psychopathes criminels raconte qu’il aurait en fait dû passer la moitié de sa vie à étudier les salles de bourse au lieu d’aller dans des Quartiers de Haute Sécurité, ça aurait été plus instructif.

Une phrase du documentaire est particulièrement intéressante, qui dit en substance : "Si on vient d’une bonne famille, qu’on fait des études et qu’en plus on a une bonne gueule, on va pas braquer une banque, on rentre dans son conseil d’administration".

Effectivement, pour moi, ça procède de la même intention.

Le libéralisme est un système étudié quasiment sur mesure pour ce genre d’individus. Et cela se confirme si l’on se rapporte à Darwin et à sa loi de l’évolution. Une étude a d’ailleurs été menée, qui montre que ces psychopathes performants ont beaucoup plus de succès avec les femmes que le blaireau moyen (dans le reportage, bizarrement, ces profils de psychopathes sont explicitement exclusivement masculins). Ce qui s’explique très facilement, puisque la personne est en situation de réussite sociale et qu’elle n’a absolument aucun scrupule à user de tous les moyens pour conquérir « l’objet » de son désir. Il y a également une théorie dans le documentaire suivant laquelle les femmes seraient instinctivement attirées par ce genre d’hommes. Suivant la théorie de l’évolution, ce sont les membres les mieux adaptés à leur environnement, qui se reproduisent le plus et modèlent ainsi l’évolution de l’espèce à long terme.

Dieu soit loué pour l’existence de la contraception !

En apparté : Personnellement, ça répond à une de mes interrogations fondamentales d’adolescent looser : pourquoi ceux qui se comportent comme des enfoirés ont toujours eu plus de succès que moi ? Avant, je croyais que c’était parce que j’étais moche et con en plus d’être timide. Mais non : c’est juste qu’ils sont mieux adaptés à leur environnement…

En fait, ce que démontrent ces documentaires, c’est que cette crise est l’émanation parfaite et logique du système. Les mentalités devraient changer pour éviter une crise mondiale, mais il n’y a aucune chance pour que cela arrive.
Au fond, le seul moyen pour que se retrouvent au pilori ceux qui ont ruiné les pauvres gens assez bêtes pour croire à la valeur travail, c’est qu’on s’enfonce raz-la-gueule dans un puits de merde sur fonds de crise mondiale.

Ayez confiance : tout va bien se passer.

Il a volé notre indignation

C’est toujours comme ça : on a tout pour être indigné, et puis non, ça s’arrête vite. Rien n’a changé, les mêmes tartuffes pilotent en roue libre une économie mondiale psychopathe après avoir balancé quelques déclarations grandiloquentes, et on continue tout pareil.

Revenons-en à notre contexte tricolore. Là-aussi, la machine poursuit sa route, Sarkozy à la parade comme si de rien n’était. Là aussi - comme en matière financière - l’indignation a un double rôle politique : écarter les yeux critiques des problèmes sérieux et faire un héros du chef qui se pose en défenseur de la nation. On l’a vu dans ses déclaration grotesques sur la responsabilisation du monde de la finance et la nécessité de sanctionner les patrons. Il écarte toute réflexion avec des diatribes à l’emporte-pièce.

Sarkozy a mis en route une manœuvre grossière pour s’approprier l’indignation. Comme il a spolié l’environnement, comme il essaye de spolier la justice sociale. Sans rien faire, juste en les intégrant dans son discours.

Comme tout ce qu’il touche se transforme en merde, on n’a presque plus envie de s’indigner, juste de s’occuper d’autre chose : planter des carottes, faire dérailler des trains… Ce mec est en train de nous pourrir notre bonne vieille contestation. Et puis… peut-être qu’a bien y réfléchir je m’en fous, ça oblige à devenir un peu créatif, à se faire plus vicieux que le vice.

Notes

[1] Pour ceux que ça intéresse et qui ont pas la téloch, grâce nous soit rendue, il y a Arte+7 où on peut voir les docus en streaming mais pas plus d’une semaine après."

Un lecteur dudit blog ajouta en commentaire :

"Cher Herr Grimaud,

Ton aparté est bien plus qu’un aparté. C’est même, à mon sens, beaucoup plus proche du coeur du problème que les Rolex et autres verotteries pour blaireaux.

Le sexe est le moteur de notre monde, qu’on le déguise en rose bonbon et qu’on le rebaptise "amour" ou qu’on aligne fièrement les conquêtes comme autant de trophées de chasse. Si je devais choisir entre une montre de maquereau Albanais et Carla Bruni, je n’hésiterais pas très longtemps.

Les psychopathes dont tu parles sont bien plus machistes que les islamistes les plus perturbés. Pour eux, la femme est un bel objet, un signe extérieur de richesse (matérielle). Et celles qui s’amourachent de ces pathétiques "gagneurs" de vent doivent avoir une bien piètre opinion d’elles-mêmes...

Il est très révélateur que Carla Bruni ait été mannequin. C’est une profession dans laquelle les femmes sont réduites à leur aspect le plus superficiel. On mesure tous les détails de leur anatomie, on les pèse comme des vaches, une armée d’infographistes retouchent tout ce qu’elles pourraient avoir de particulier, de touchant, de vrai (les "défauts physiques"). On ne peut pas sortir d’un tel lavage de cerveau intacte.

Qu’une top model vieillissante (les top models, ça conserve encore moins bien que les sportifs de haut niveau) se maque avec un président qui lui arrive au nombril pour se rassurer sur sa valeur marchande, c’est dans l’ordre des choses dans ce monde-là. Vu de l’extérieur, c’est pitoyable. Ils sont tellement ridicules qu’on aurait presque pitié. J’ai bien dit "presque".

J’ai souffert des mêmes problèmes depuis l’adolescence. Les filles qui s’intéressent à moi sont soit à moitié dingues, soit complètement, soit elles ne me plaisent pas. Les autres me fuient. J’essaie de ne pas devenir misogyne ou homo (ou les deux à la fois). Dans une société moins axée sur la compétition de tous contre tous, j’aurais sans doute beaucoup d’atouts, mais dans celle-ci, où il est extrêmement bien considéré d’avoir la capacité d’écraser ses semblables avec le sourire, ma valeur marchande est au plus bas.

Pourvu que cette société de merde (pour rester poli) s’écroule avant que mes hormones prennent leur retraite, sinon je finirai en vieux célibataire aigri qui aboie sur tout le monde en promenant son hamster déguisé en chien."

Et l'auteur de conclu-di-re : "Amen ! "

 

15/06/2009

Où l'auteur dévoile une évidence fulgurante tellement manifeste qu'elle n'a jamais été mise en lumière précédemment

 

Commençons par un constat incontradictible : la réputation d’hospitalité de la Belgique a depuis longtemps traversé les frontières. Je possède à ce sujet une belle panoplie de témoignages concordants issus d'horizons divers. 

 

Poursuivons par un nuancement - en (a) - et un développage - en (b) - :

(a) quand je dis de la Belgique, je veux dire surtout du côté francophone, car du côté de la Flandre, cette flatteuse réputation s’écorne progressivement de façon de plus en visible à coup de décrets et de circulaires fort peu amènes à l’égard des non-causants dans la langue de Vondel (perso je m’en tape car depuis tout petit je bilinguise avec volubilation dans le belgo-causage, mais j’en connais que ça urtique, à juste titre) ;

(b) quand je dis depuis longtemps, c’est parce que les terres belges sont tellement nimbées d'accueillante bienveillance qu’elles servent de champ de bataille à l’Europe entière depuis des siècles, à l'occasion de mâles affrontements sanguino-plurinationaux où la France prend assez curieusement la pâtée plus souvent qu’à son tour, je pense notamment à Bouvines en 1214 (contre une coalition anglo-germano-flamande, env. 16.000 combattants sur place), Ramillies en 1706 (défaite de Louis XIV soi-même dans le cadre de la Guerre de Succession d’Espagne face à une coalition menée par l’Angleterre, 120.000 combattants en décousent) et Waterloo en 1815, exit Napoléon pour de bon face à la coalition anglo-prussienne-zé-des-tas-d'autres, 200.000 hommes au départ et un joli carnage à l'arrivée).

 

Ce qui est étonnant et peu connu, mais que je m’en vas révéler ci-dessous en autant de lignes que de coups de cuillère à pot, et avec le brio coutumier qui m’habite dès que j’ai le temps de réfléchir à ce que j’écris, ou l’inverse au lecteur ébahi de tant d’évidence anthropo-sociologico-culturelle couplée d’imparable pertinence concisionnesque, c’est que cette légendaire hospitalité est due en premier lieu à l’humidité du climat belge.

 

En effet, sa chère patrie étant régulièrement balayée par la traditionnelle drache* nationale, le Belge accueille généralement ses hôtes trempés jusqu’à l’os par la formule de bienséance : « Sèchez-vous** ici… ».

 

Etonnant, non ?

Et que celui qui a une meilleure explication monte au créneau pour la faire connaître, Godverdom !

 

 

* synonyme : pluie quasiment diluvienne ; autre synonyme : tournée générale (« Soje, remets-nous une petite drache, une fois ! »)

** nouvelle orthographe

28/05/2009

Où l'auteur assoiffé de lectures édifiantes se délecte d'un des nombreux poèmes anagrammatiques d'une dame experte en ce genre de choses

Au hasard du net, je tombe sur ce superbe poème anagrammatique (chaque ligne est l'anagramme du titre) d' Elisabeth Chamontin, qui en donne d'autres à lire sur son site http://www.habiletes.net/ (le lecteur attentif remarque aussi sec que "habiletés" est l'anagramme d'Elisabeth).

Je m'incline devant tant de talent et savoure cette brillantissime réalisation.

LES VIOLENCES URBAINES

Un soleil bien crevassé
Se lève sur l’ancien bois.
Reviens, silence absolu,
Oublie les vers anciens !

Écrivons les banlieues
Si reculées, non viables.
Basse, l’incurie s’envole.
L’essence, voisine, brûla.

Bien sûr, Nicolas se lève ;
Vu les braises, il énonce
« Libérons ces avenues ». Il
Sécurise sa bonne ville.

On a vu ses CRS, lie en bile,
Suer bienveillance. SOS !
Vois le bel ennui crasse :
Rêves, absence, illusions ...

Ô beurs, îliens enclavés,
Oubliés, ceins à l’envers,
Loisirs en cave, en blues ;
Balivernes en coulisse !

Un verbe sans ciel isole
Laves encore nuisibles.
Venin, blessure sociale,
Les violences urbaines
.

19/05/2009

Où l'auteur fait voir quelques jolies images d'un tournage d'une vidéo qui promet...

 
Fin avril, au café-restaurant "Le Thé au Rhum d'Archi Ahmed" à Bruxelles (un endroit qui a l'habitude de recevoir des manifestations littéraires puisque c'est là que se tiennent régulièrement les Ateliers Oulipiens organisés par Kalame auxquels participe l'auteur), Bernard Feron filmait la première partie d'un clip vidéo destiné à illustrer le morceau "A propos d'un importun" de Modern Cubism (sur des paroles de Charles Baudelaire).  
Voici quelques photos de ce tournage, prises par Fabienne Cresens, qui rendent parfaitement compte de l'ambiance à la fois décontractée et professionnelle qui régnait sur le plateau - et j'en profite pour re-re-remercier tous ceux et celles qui y ont participé dont certain(e)s lisent d'ailleurs régulièrement les lignes de ce blog.  
La vidéo devrait être en ligne sur Youtube dans le courant du mois de juillet.
 
1
Le metteur en scène-réalisateur débarque sur le lieu du tournage...

4
... les figurants aussi, dont certains viennent de Paris (ou pas loin).

8
L'auteur s'apprête à entrer dans la peau de Mr Baudelaire importuné...

12
Etranges figures dans l'assistance - on reconnaît notamment DJ Gore de Cruise Ctrl

13
Le patron, de dos, donne ses instructions...

22
L'importun (joué par Théophile de Giraud), de dos, et les 2/3 de Modern Cubism (Gaston Hollands et Jean-Marc Mélot), de presque face.

28
Benoît, le tenancier des lieux, qui interprète son propre rôle.

32
Bernard en action...

37
Le même, expliquant un plan aux acteurs attentifs...

46
... qui font au plan suivant ce qu'ils ont compris de ce que l'chef a dit...

60

Les ravages désastreux et conjoints de l'alcool et des interminables monologues de l'importun...

75
...qui semble totalement ravi de ses effets.

72

Une partie de la famille de l'importuné est dans la salle...

74
L'importun bourré aux as,
Les donzelles le pourchassent.
 
87
Nicolas Crousse, arrivé à mi-tournage, a eu à coeur de combler sans retard son déficit d'avinage.
 
131
L'auteur montre avec conviction qu'il a "le cerveau consterné".

93
... mais c'est toujours l'importun diabolique qui mène la danse...

106
... et la caméra n'en perd pas une miette...

118
...sous l'oeil goguenard d'un serveur improbable surgissant de nulle part...

122
et qui fait marrer la salle...
 
Mais voilà déjà que les lumières se rallument et que les caméras s'éteignent...
 
Un dernier mot pour conclure :

135
"Non, Monsieur de Giraud, le handball n'est PAS un sport de tapettes"

18/05/2009

Où l'auteur s'estime légitimement en droit de rétablir publiquement la plus élémentaire des vérités

 
Monsieur Théophile de Giraud, que je prenais jusque là fort au sérieux, a bien failli finir de me compter parmi ses amis ce jour récent où il m'a prétendu avec une grande conviction que le hand-ball était, au contraire du football sur gazon de plein air qu'il pratiqua jadis*, un sport de gonzesses.
*NDLA: le bout de phrase en italique a été modifié quelques heures après le postage, la vérité vraie mérite bien de temps en temps un petit arrangement.
 
Me sentant mortellement meurtri dans mon fors intérieur autant que souillé dans mon honneur handballiphore, et pour démentir à jamais le susnommé TdG tout en trompettant résolument l'hymne pétaradant de la Vérité triomphante, voici donc, illustrée par des photos recueillies sans même devoir chercher longtemps, la preuve par neuf de l'incontradictible virilité foncière du plus beau des sports de salle. Et, croyez-en mon expérience de spectateur averti (et sur place le plus souvent possible, pas uniquement à la télé), des situations ci-dessous, s'il y en a moins de 50 sur les 60 minutes que compte un match, c'est qu'il s'agit d'une rencontre amicale de vétérans féminins...
 
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Coup de coude dans le ventre                                                  Etranglement en pleine course (et ce sont des gonzesses) 

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Deux autres variantes de strangulation en plein élan

5small6small
Tentative de coup de genou dans les roudoudous                              Collision frontale de bassins

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Croc-en-jambe tendance coup de genou dans tout ce qui passe      Manchette en pleine poire

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Déséquilibre arrière (provoqué) dans le saut = chute assurée sur le dos ou le coccyx...
 
Décoiffant, n'est-il point ?

14/05/2009

Où l'auteur hyperactif de retour effleure divers sujets, annonçant par ailleurs qu'il part ailleurs

 

La relativité du temps m’a récemment frappé en ceci : il me suffit de négliger mon blog durant trois jours pour constater, quand j’y retourne, que plus d’un mois s’est écoulé. Bizarre, n’est-il point ? La faute à mes activités débordo-trépidantes qui ne m’autorisent guère à vaquer et dont je cite brièvement quelques faits saillants :

-         le cabaret littéraire et musical précédemment annoncé du 17 avril qui eut lieu en 7 actes devant une Dolce Vita pleine à craquer ; à cette occasion, je performe désormais littérairement en compagnie de Mr. Didier Cz, guitariste de son état, actif dans divers groupes musicaux dont l’un au moins traverse régulièrement les frontières européennes pour aller arborer fièrement le drapeau musical national aux quatre coins du continent ;

-         l’assistance à la dernière d’une série de quatre succulentes conférences du truculent Jean-Pierre Verheggen à Ottignies-L-L-N, conférence qui fut fort nombreusement suivie et appréciée (« On s’est bien bazookés ! ») et à laquelle faillit succéder entre huit-z'yeux une double cuite au Champagne et à la triple Westmalle;

-         quelques concerts à décaper les papiers-peints (même en plein air) de Front 242 qui continue sans faiblir à prester d’enfer et d’énergie dans la modernité loin des medias ;

-         un excellent concert d’un groupe existant depuis 1986 et resté à la fois aussi totalement frais /surprenant que notoirement inconnu de l’auteur de ce blog : Sol XIX (appelé aussi Sol 19) dont je vous recommande particulièrement le morceau « Little Wicked » qui me rappelle non seulement Brian Eno mais aussi tous les fondamentaux que j’ai toujours aimés et tenté de promouvoir dans la musique électronique; 

-         la saison 2008-2009 de mon club chouchou l'USDK Dunkerque reste une énigme : comment expliquer que ce groupe, porté par un remarquable Ragnar Oskarsson omniprésent, puisse s'incliner 20-21 à domicile sous mes yeux ébahis face à Tremblay en championnat, avant d'aller s'imposer, 7 jours plus tard, en mon absence spectatoriale, dans la salle du même club - avec les mêmes joueurs - par 23-36 (7-18 à la mi-temps) à l'occasion des quarts de finale de la Coupe de France, en atomisant ledit club, et alors qu'Oskarsson a été inexistant ? Je m'interroge encore.

 

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Tremblay-Dunkerque 23-36, le résumé du match en une seule image : les Dunkerquois Lamon et Mokrani barrent la route à l'international Mongin.
 
Mais trève de trivialités ; en plus de l’agenda ordinaire déjà chargé, il a fallu sur-assumer sérieux ailleurs car l’heure fut grave et le ton sonna l’aile.

Depuis les temps immémoriaux que les sirènes de la ruralité m’emplissaient les pavillons de leurs mélopées tentatrices, il fallait que les choses bougeassent et elles ont bougeassé car j’ai tout récemment décidé avec résolutivité et méthodicage de craquer à leur salutaire appel (celui des sirènes sus-évoquées, précise-je à l’attention du lecteur non concentré qui aurait mégardement perdu le fil échevelé de mes parfois trop longs élans scripturaires) : en effet,

1)      j’en avais depuis longtemps plus que ras les burnes de la ville tentaculaire, ses voitures mono-occupées, ses conducteurs speedés et discourtois, ses habitants qui n’ont jamais le temps de rien, ses parkings aux tarifs exorbitants, ses embouteillages chroniques, ses odeurs nauséabondes, ses trams et bus bondés, son air de moins en moins respirable, ses travaux incessants, et des tas d’autres choses pompantes en sus ;

2)      j’aspire désormais et depuis auparavant - malgré quelques tentatives autant antérieures que pas trop réussies d’expatriage temporaire sous des cieux moins citadins - à du calme, de la verdure, de la sérénité, voire même de la lenteur et du du silence, de la promenade dans des bois immédiatement voisins et toutes ces sortes de choses...

 

Bref, après avoir décidé en âme et conscience qu’il était enfin temps de déménager incessamment et durablement à la campagne parce que c’était juste et bon pour les conforts respectifs de l'auteur et de la planète, je viens, après quelques visites ciblées sous l’œil expert de l’agent quasiment immobilier et clairvoyant que je fus brièvement jadis, d’effectuer toutes les démarches adéquates pour occuper d’ici peu un logis campagnard élu avec judiciosité et congruence.

 

Je reste en cela en parfaite adéquation avec une saine politique - déjà mise en application maintes fois précédemment au cours de ma longue existence - de déménageage systématique de ma carcasse empesée à proximité de son lieu de travail de façon à réduire au minimum (1) l’utilisation de la petite Joséphine à moteur qui a droit à du repos de temps en temps et (2) la perte de temps et d’énergie consumée en déplacements aussi mornes qu’évitables, stériles et polluants.

 

Je gagne dans l'opération, outre la proximité de mon lieu de travail, la jouissance d’un superbe logis moderne et ensoleillé, l’éloignement des plaisirs éphémères et coûteux de l'urbanité tentatrice, ainsi que le recul nécessaire et bienvenu pour que l’inspiration souvent fuyante vienne me revisiter assidûment, viens me voir ma cocotte, y a du taf de création qui m’attend auquel je retourne d’ailleurs sur-le-champ.

Bonne nuit.

 

JLDV

L'auteur à la Dolce Vita avec Modern Cubism, mis en lumière par Pierre Mansire / Action Lighting, et en boîte par Frédérique Longrée

11/04/2009

Où l'auteur, ayant vu un fort bon film, en relate les péripéties essentielles en se gardant bien d'en révéler le dénouement

 

Au milieu de l’insondable médiocrité cinématographique que nous proposent ces jours-ci nos grands écrans moroses devant lesquels je baîlle de plus en plus fréquemment, j’ai vu tout récemment une superproduction qui me semble digne de quelque intérêt, et ce dans une grande salle incompréhensiblement vide hormis moins d’une vingtaine de spectateurs subjugués : « Red Cliff » (en français « Les Trois Royaumes ») de John Woo, une épopée stratégico-guerrière au budget pharaonique dont je m’en vais vous narrer les hauts faits de la version européenne (2h20 seulement, contre le double pour la version asiatique) sans me soucier de savoir s’ils sont contés par Mr Woo conformément au récit mythique du XIIième siècle dont ils sont tirés.

208 après J.-C. : l’empereur de Chine est sous la coupe de son premier sinistre qui répond au doux nom de Cao Cao, à prononcer Tcha-Tchao, ce qui, malheureusement, pour le spectateur avisé et attentif aux signes que je suis, évente quand même un peu l’issue du récit.
Cet individu ambitieux, arrogant et peu recommandable (il porte notamment de longs cheveux en chignon, bêêêrk) lève une armée de 800.000 hommes et 2.000 bateaux - je n’ai pas compté, mais au vu des images je dirais qu’il y a moins de soldats mais plus de navires (*) - pour aller conquérir les deux derniers royaumes insoumis, respectivement dénommés celui du Sud-Ouest (situé au Sud-Ouest) et celui de Wu (situé pas loin du Sud-Ouest puisque le personnage central du film évolue dans le premier lors du plan A, et dans le second lors du plan B qui succède immédiatement au plan A, si ce n’est pas un clair indice de proximité c’est que je suis nul en filmitude). Après avoir échappé de peu à la capture, lors d’une première bataille, en raison de sa grandeur d’âme le poussant à protéger ses paysans en fuite et grâce à ses généraux courageux qui n’hésitent pas à aller taillader de la soldatesque adverse en se jetant en plein cœur de la bataille au péril de leur vie précieuse, le roi du Sud-Ouest Liu-Bei demande et obtient l’alliance avec le roi de Wu via un jeune, beau et convaincant stratège, Zhuge Liang (suis allé rechercher son nom sur internet, j’aurais juré qu’il s’appelait autrement, mais avec tous ces noms chinois on fait vite de la salade), qui devient la figure centrale du film, celle qui voyage vite, ou alors moins vite mais entre deux royaumes fort proches comme expliqué plus haut, et qui scelle cette alliance lors d’une vibrante collaboration musicale (*) aux instruments à cordes avec le vice-roi Zhou Yu, lui-même chanceux époux (*) de l’icône vivante Xiang Qiang, la Carla Bruni de l’époque qui aurait eu un mari mélomane maniant le sabre.

Redcliffposter
Le vice-roi, la brute et le stratège


La totalité des troupes ainsi réunies, un maigre 50.000 âmes, se retranche dans la forteresse dite de la « Falaise Rouge » sur le  fleuve Yangtze. On remarque derrière les remparts un général très photogénique et fort concerné par la bataille, y entraînant ses hommes avec conviction, qui confectionnera plus tard d’étranges bombes incendiaires contenant des œufs ( ?)(*) et qui sacrifiera sa vie pour faire s’écrouler dans une explosion préatomique, lors de l’assaut final, les fortifications du camp des assiégeants.

Bien qu’un avant-détachement de ses troupes en approche ait été proprement attiré et liquidé dans un traquenard placé sous le double signe de la tortue et des gonzesses avides d’escarmouches (*), l’infâme Cao Cao, qui voit les choses en grand et feint de négliger ce détail de l’histoire, amène prestement ses troupes par le fleuve et va bâtir son camp sur la rive opposée à celle occupée par les alliés ; à la vue de sa gigantesque flotte, un général allié découragé , anticipant de quelque 1.800 ans les préoccupations écolo-énergétiques contemporaines, s’écrie dans un sanglot : « Ca ferait du bois de chauffage pour 100 ans ! », comme on le comprend.

Pendant un moment, rien ne se passe, car ça cogite des deux côtés, et c’est clairement dans celui des alliés que se rangent l’humilité, l’intelligence et la clairvoyance stratégique, et on se dit non sans raison que Mr John Woo nous prévient que ça va bientôt chauffer sous les fesses de ce scélérat de Cao Cao décidément trop sûr de lui.

D'abord, une princesse du clan des bons, déguisée en soldat ennemi, s’infiltre dans le camp dudit Cao Cao pour y soutirer un tas de renseignements fort pertinents qu’elle communique aux siens via blanches colombes et linge de corps (*) ; elle y constate notamment qu’une épidémie de typhus ravage l’armée qu’elle espionne, dont le commandant suprême, qui n’en est pas à une scélérature près, envoie ses morts contagieux par bateaux chez ceux d’en face dans l’espoir de leur pourrir encore un peu plus le siège, et il y parvient presque, mais heureusement le stratège Zhuge Liang, qui a tout compris, veille au grain et et sauve l’affaire en isolant les contagieux des soldats sains.
Hélas, le début d’épidémie dans l’armée alliée, pourtant rapidement étouffé, a profondément affecté le moral du roi Liu Bei (dont on comprend que le visage cadavérique et défait n’inspire guère la vaillance à ses troupes *) qui décide de se retirer de l’alliance avec son armée, abandonnant le roi et le vice-roi de Wu (même pas fâchés), le stratège et leurs 30.000 combattants face aux 800.000 Cao-Caotiens, le tout diminué des typhoïdés, mais le rapport de forces reste quand même inégal.

Au fil du film, le stratège Zhuge Liang s’avère non seulement fortement sympathique et subtilement zen (il sourit toujours), mais aussi rudement finaud (il lit dans les pensées de son adversaire comme dans un jo
urnal intime et en déjoue tous les coups tordus), et surtout foutrement expert en nébulo-climatologie, puisque par deux fois son observation attentive de l’état du ciel va lui permettre d’anticiper de brusques variations atmosphériques qu’il exploitera à l’avantage des siens ;
- une première fois en envoyant furtivement dans la brume matinale inattendue des navires recouverts d’une épaisse couche de paille que les troupes de Cao Cao cribleront de 100,000 flèches qui, seront triomphalement ramenées au fort intactes, triplant d’un coup le matériel ballistique à disposition des archers ;
- une seconde fois en prédisant un brusque retournement de la direction du vent qui permettra aux alliés de bouter un feu dévastateur à la flotte
assiégeante.
Mais ce n’est pas tout.
Car comme en plus,
d’une part,
la vice-reine de Wu, Xiao Qiao (qui survivra finalement grâce à deux plongeons magistraux mais peu réalistes, l’un d’un général allié et l’autre de son mari) va jouer en parallèle un coup brillant en solo, désertant sans l’avoir prévenu son vice-roi d’époux pour aller retarder du temps qu’il faut - par son cha
rme diaphane et une fort lente cérémonie du thé (*) - l’attaque du généralissime Cao Cao secrètement amoureux de -et fasciné par- elle,
et que,
d’autre part,
le roi Liu-Bei, dont la désertion suite au typhus n’était qu’une ruse de guerre s’ajoutant à toutes les précédentes, revient en force attaquer les assiégeants par l’arrière,
je vous laisse vous faire une idée sur le dénouement final inattendu et surprenant dont je ne dévoilerai rien.

Je vous le dis comme je le pense, si Napoléon avait eu ce Zhuge Liang à ses côtés, une bonne partie de la Russie serait devenue française en 1812.

(*) je n’en dis pas plus, allez voir le film

10/04/2009

Où l'auteur, non gêné d'insister lourdement, se fend d'un peu de réclame en faveur des oeuvres qu'il promeut en nom collectif autant que propre

avril17

31/03/2009

Où l'auteur surpris s'incline de bonne grâce devant un génie surdoué

 

En matière de travaux / jeux de (et sur le) langage, il est de ces créateurs devant lesquels on ne peut que s’incliner façon carpette pour leurs improbables inventions qui ne sauraient souffrir de se voir accolées aucun qualificatif inférieur à « géniales ».

 

C’est ce que je me dis en découvrant avec incrédulité, délectation et des frissons de là à ici voir figure A, les sublissimes anagrammes de Monsieur Jacques Perry-Salkow, dont le nouvel opus Anagrammes pour sourire et rêver paraîtra ce 2 avril 2009 au Editions du Seuil.

 

Je rappelle au lecteur distrait, oublieux voire totalement égaré à son corps défendant en les lignes de ce blog allumé, que l’anagramme est un mot ou un groupe de mots formé par la transposition des lettres d’un autre mot ou groupe de mots.

 

Parmi les joyaux de Mr Perry-Salkow, on trouve :

 

Claude Levi-Strauss : a des avis culturels.

L’Amiral Nelson : sillonna la mer.
Auguste Rodin :
Oui, tu es grand.
Chatouillons : Nicolas Hulot.
Hi Jintao, Président de la République populaire de Chine : de l'abruti qui jardine et déracine un peuple philosophe.

Mais mon préféré, l’Ultime, celui qui me fait lui voter un crédit illimité pour l’érection d’une statue échelle 10 :1 en or massif de son auteur avec en prime sa promotion dans le cosmos pour un million d’années, c’est :

 

Albert Einstein ... Rien n’est établi.

 

Rien que de le réécrire, j’en frissonne encore.

 

Ce même Auteur, ne craignant nullement d’en rajouter une couche dans l’Inégalabilité Virtuosifiante du Retour de la Balle de Chez qui Déchire Ta Race, propose ici rien moins que deux poèmes palindromiques consacrés à Dante (des palindromes, il en a déjà écrit plus de 5.000). Vous avez bien lu : ça scande, ça rime, et ça se lit à l’endroit comme à l’envers.

 

On croît rêver, non ?

 

Jacques Perry-Salkow : il interdit de ne pas retenir ce nom.

28/03/2009

Où l'auteur groggy parvient néanmoins à se régaler, et tente de régaler

 

Voici un très beau texte à contrainte, créé par Arnaud Gazagnes sur son excellent blog que je recommande chaudement.

 

" J'ai ici idée folle, tendre : créer poésie, texte pour Elle. Thème intime ! Après-midi, matin, soirée, toute minute, comme chaque instant, chaque seconde passée, cette dame est en moi. Si ! Car Elle vient ébahir toute minute écoulée... Heureuse émotion partagée, adoptée (sachez notre couple formé). Jour après jour. Car Elle est ma vie. Elle est tout, mon seul amour. Elle est, il est vrai, livre dont toute page dit un des plus beaux poèmes. Aussi pour moi, pour qui sait les lire, les vers ainsi écrits égaient (vérité) toute minute. Comme Elle est gaie, cette minute, quand Elle est là ! Car tout est en mon Elle. Ses yeux, aussi, savent deviner chaque homme croisé comme vrai frère. Doux, ses mots ont goût des bons miels. Elle, femme active, bouge pour que tout homme soit libre, vivant heureux. Savoir aimer tant est beau. Corps rêvé (canon, quoi ! Vénus aurait jalousé, maudit) ainsi fait... est-ce que cela put être mon seul (idiot) regard quand Elle parut (tout début) ? Cela est pure folie ! Bête ! Cette dame (ravie, simple, subtile, rieuse comme Elle était donc) avait déjà gagné tout mon être, voilà ! Simple façon pour moi de lui dire ici tout ! "

 

La contrainte est celle des "montagnes russes". Chaque mot a soit une lettre de plus soit une lettre de moins que le mot précédent. Elle a été inventée par Patrick Flandrin.