24/03/2009

Où l'auteur, parce que la vie continue, combine - brièvement - nouvelle orthographe et calembour foireux

 

J'ai un landau, je l'époussète.

Et à part ça, que ça aille bien ou non, lisez et relisez Géo Norge, c'est du tout bon pour l'âme et le coeur.

20/03/2009

Où le fils reconnaissant célèbre le départ de son père vers des cieux plus lumineux

 

Mon père, Jean-Marie, à qui je dois tant, s’est éteint la nuit passée. Douze ans qu’il se battait, solide comme un roc, contre la maladie d’Alzheimer. Il a décidé de rendre les armes au moment choisi par lui, en refusant de s’alimenter depuis une semaine, avec sa détermination coutumière, d’abord sans céder un pouce de terrain, avant de sombrer en quelques heures, sans un gémissement, apaisé, totalement serein. Il se libère ainsi des contraintes de ce bas monde, libérant du même coup tous ceux autour de lui, en premier lieu son épouse ma mère, admirable tout au cours de ce parcours, et qui était à côté de lui à l’heure de son départ.

Admirable d’abord pour l’avoir gardé à la maison le plus longtemps possible – pendant plus de dix ans. Ensuite pour être allée le voir chaque jour dans l’institution où il était placé depuis qu’il était devenu impossible pour elle de s’en occuper encore en permanence.

Car avant cela, un soir, ma maman ayant oublié de fermer à clé la porte extérieure, il était sorti, sans se rendre compte de rien, en pantoufles et en pyjama, dans les rues, et avait marché, marché… d’autant mieux qu’il a toujours adoré ça et qu’il avait encore ses jambes de marathonien. Une légère distraction de quelques instants avait suffi, il avait disparu sans rien dire. Ma mère et moi avions immédiatement et longuement sillonné les rues environnantes en voiture, sans résultat. Une patrouille d’agents l’a retrouvé plusieurs heures plus tard, à dix kilomètres de là, sur la route vers Ninove, frais comme un gardon et se demandant ce qu’il avait bien pu faire d’anormal pour se faire embarquer dans une camionnette de police.

Et puis, pour dire à quel point cette p*** de s*** de maladie tord les humains et les change jusqu’à l’inimaginable en leur donnant les masques de ce qu’ils ne sont pas, cet homme toujours si doux était devenu, par moments, violent.

 

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Marc, Jean-Marie et Jean-Luc, 1963

Mon père et ma mère : par-delà les dimensions visibles et les épreuves, ces deux-là se sont gardés l’un pour l’autre un amour inextinguible, vibrant, vivant, transcendant, ça c’est sûr, et pas si courant.

 

Je pense aux personnes qui ont accompagné la vie quotidienne de mon père au cours des dernières années : des infirmières africaines, mal payées, peu considérées, et pourtant de véritables piliers de vie, d’humanité, de bonne humeur et de dévouement, auxquelles je suis profondément reconnaissant de l’avoir aussi excellemment pris en charge, avec sérieux, tendresse, douceur.

 

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Mon père et son père, dans les années 80.

Maintenant qu’il est parti, les questions se bousculent : l’ai-je aimé assez ? L’ai-je vu dans tout ce qu’il représentait ? Ai-je accompli ce que j’avais à accomplir vis-à-vis de lui ? N’aurais-je pas pu faire plus ? Il n’y aura jamais de réponse satisfaisante…

 

J’ai quand même un regret, mais de taille, et justifié : celui de ne pas avoir réussi à composer un morceau pour lui. J’ai pourtant pris le temps qu’il fallait, à la fin 1998, dans le studio Dreamworld au Pays de Galles où nous avions terminé le second (et dernier) album de Cobalt 60 quelques jours en avance sur le planning… mais je n’y suis pas parvenu : la musique était trop petite et ne comblait pas l’immensité de ce que je voulais créer pour lui. Aujourd’hui, je ne me souviens que des premières lignes et de la mélodie du chant :

Like a pure jewel he was born

Like a flower without a thorn

I wish I had his gentle ways

For just one single of my days

My father, my father…

 

Et puis, zut quoi, je ne vais pas hurler à l’injustice divine, mais c’est encore un homme profondément bon, juste et bienveillant qui quitte la planète à un moment où elle aurait bien besoin que ce genre de profil s’y multiplie, rogntudjuu (*).

 

Je me sens vide et foutrement fragile, et pourtant infiniment plus heureux que triste, car je sais que dans un ailleurs meilleur, c’est une âme libérée, légère et joyeuse qui poursuit son chemin, une belle âme dont je ne souhaite en rien entraver l’envolée par de la tristesse ou de vain regrets qui ne feraient que l’alourdir. Pas de chagrin dans mes larmes (ou juste un peu, je ne suis qu’un humain, après tout…), mais beaucoup de joie et de reconnaissance pour ce qu’il m’a montré et donné.

 

Alors à Dieu, et merci, mon Papounet chéri. Chacun des poèmes de Monsieur Géo Norge que je chanterai, et que tu aurais adoré, sera désormais pour toi là-haut.

 

 

(*) finis les accents circonflexes sur les « u », c’est la nouvelle orthographe. Et puis Dieu me sussure à l’oreille que les âmes bonnes, justes et bienveillantes ont des tas de places réservées à leur nom dans les plus beaux coins de toutes les dimensions de l’univers.

17/03/2009

Où l'auteur, qui n'est décidément qu'un vieux grincheux, avoue avec déplorage qu'il n'est en guère en phase avec l'évolution de l'orthographe contemporaine

Le texte ci-dessous, bien qu’il m’écorche les yeux, est parfaitement correct ainsi que chacun peut le vérifier ici.

Incredible, no ?

16/03/2009

Où l'auteur curieux entreprend témérairement de vérifier l'orthographe de son lectorat

 

Combien y a-t-il de fautes d’orthographe dans le texte ci-dessous ? Comptez bien. J'emploie à dessein un caractère plus grand pour que ce soit bien clair.

 

Laissant pour le dernier weekend d'aout son charriot combattif et affuté au "Relai des Rugbymans" afin qu’on l’époussète entre deux matchs, le contrespion offrit, en toute imbécilité et avec bonhommie, un révolver québécois et deux-mille-sept-cent-soixante-six coroles boursoufflées de nénufars douçâtres au joailler persiffleur qui brulait d’un traitreux exéma et dont l’ognon couteux égrenait un tictac plaintif.

 

Le premier qui ... toute ma considération ... blablabla. 

La réponse d’ici peu.

Où l'auteur pleure avec une vigoureuse mais stoïque mélancolie un artiste dont il avoue pourtant n'avoir pas tout apprécié

 

Alain Bashung n’est donc plus alors que Delerm et Mahé sont encore jeunes et en bonne santé, trois bonnes raisons d'être triste. Le premier nommé était quasiment le seul artiste francophone dont je supportais (litote) l’audition lors des soirées buvo-dansantes de ma jeunesse -qui déjà foutait le camp- au cours desquelles j’attendais, avec la patience obligée et la résignation des haïsseurs inconcessionnables des inévitables et chiantissimes marathons de nullité dansatoire abusivement réservés aux amateurs subéclairés des vendeurs de soupe aurique sans sel style Claude François - que résonne sur le dancefloor enfin illuminé la brillance nonchalante et décalée de « Gaby Oh Gaby ! » et de « Vertige de l’amour » qui éclipsaient bien des tueries frénétiques électroniques et post-punk également dans mes goûts que le DJ universitaire à œillères, oreilles bouchées et ignorance musicale en sautoir, ne passait de toute façon jamais, pour m’éclater les membres et l’esprit en de jouissives contorsions simili-orangoutangiennes bashungesques, tout en sachant pertinemment que j'avais environ 4 minutes pour exsuder la frénésie accumulée lors de l'ennui total des deux heures précédentes à m'être fait choir, et qu'allaient immanquablement suivre deux autres heures du même tonneau avant de retrouver pareille aubaine, ne me demandez pas de remettre de l’ordre ou de la clarté dans la phrase.

 

Je me souviens aussi de la grosse colère que j’avais piquée (dans le vide, car je me suis élégamment abstenu de lui faire savoir) à la lecture d’une chronique de Jacques Mercier à propos de l’album « Play Blessures » qui tourna en boucle sur mon pick-up dès sa sortie, comme la plupart des albums du même, chronique déclarant en substance que rien, absolument rien ne ressortait de cet album (je cite de mémoire et donc approximativement). Je pense avoir mis quinze ans à pardonner cette opinion à son auteur, car chez le scorpion la rancune, si elle est rare, est durablement tenace.

 

Je proclame haut et fort que d’une part je tiens « Osez Joséphine » pour l’une des plus grandes réussites de la chanson française, celle qui n’est pas pingre et qui s’autorise, mine de rien, l’un ou l’autre trait de génie (*), j’y joins le sublime clip qui va bien avec le cheval et la jolie demoiselle, et que d’autre part je tenais sans réserve son auteur pour un des rares et derniers grands de la discipline susnommée, rien que du très banal en somme au vu de l'oeuvre du bonhomme. Aujourd’hui, Juliette (Noureddine) règne donc seule ou presque et doit se sentir bien isolée dans les cimes de son excellence avec tous les nains qui même montés sur des échasses n'arriveront jamais à la hauteur de ses rotules.

 

Paradoxalement, pour que les exceptions ne contredisent point la tendance globale, j’ai détesté « L’indifférence » et je me suis considérablement ennuyé et même un eptit peu assoupi au premier, dernier et seul concert que j’ai vu de Mr Bashung au Cirque Royal au début des années 2000 ; mais n’y voyez là nothing personal, car non seulement je me suis également endormi à la première vision des « Ailes du désir » de Wim Wenders et à quasiment tous les films de David Lynch, mais en plus jamais mon indéfectible adhésion admirative à l’œuvre du cher artiste disparu ne fut le moins du monde remise en cause par ces errements de mon chef que j’attribue exclusivement à la mienne incapacité de goûter pleinement tous les aspects de la fulgurance du génie, et puis on pardonne beaucoup à ceux qu’on aime surtout si c’est pas leur faute qu’on n'a pas tout compris.

 

Et pour conclure, ah oui, il ne me faut point oublier de contrebalancer tout ce reluisage par du lourdement bête et méchant de bon aloi : en comparaison de la stature disco-scénique de Mr Bashung, Biollay (exemple pris au hasard) c’est de la roulette de Samsonite de chez charisme de beignet.

 

 

(*) le genre de chose que l’on chercherait en vain du côté des cuistres genre Pagny ou Obispo qui osent pourtant en toute invraisemblance s’auto-proclamer « rénovateurs de la chanson française » avec une outrecuidance face à laquelle on croit rêver alors qu’il conviendrait de sulfater.

12/03/2009

Où l'auteur évoque de très intenses moments de la vie paisiblement exaltante qu'il coule avec bonheur tant dans que loin de la ville

 

Presté quatre concerts cubiquement modernes de 45 minutes chacun en moins de 6 heures dans un local exigu et surchauffé. Voluptueusement plongé subséquemment, rompu de fatigue, dans mes plumes apaisantes pour un tour d’horloge réparo-salvateur.

Visité le Festival Off pour y revoir en coup de vent mon éditeur chéri et quelques camarades littéraires toujours aussi légers, fidèles au poste, créatifs, bondissants et brillants.

 

Lu et relu encore les poèmes inspirés et inspirants de Mr Norge, et quelques-uns, tout aussi émouvants, de Mr Lucien Noullez, bel artiste de son état, qui fut jadis et trop brièvement mon camarade de classe.

 

Lu le passionnant ouvrage de Mr Adam Zamoyski, 1812 - La marche fatale de Napoléon sur Moscou (éd. Collins Harper, 2003, en v.o.), où l’on s’aperçoit avec horreur que la déroute boucheresque de l’armée française et de ses alliés fut grandement causée par une absence flagrante de discernement et de plan cohérent de la part d’un empereur dont la santé et les facultés mentales étaient progressivement en train de se barrer en c*** (c’est pas moi qui le dis, ce sont ses sous-fifres qui l’attestent).

 

Donné un atelier d’écriture à une classe de 1ère secondaire particulièrement intéressée et concentrée, dont les élèves saisirent les astuces langagières avec une aisance qui m’épata.

 

Marché du pied gauche, hier, dans un splendide et extrêmement odorant étron canin de parc et de couleur orange foncée que je mis une heure, vingt litres d’eau, deux de sueur et une extrême contrariété olfactive à extraire de mes très profonds reliefs escarpinesques.

 

Failli défaillir de plaisir, en ce jour, au goûter d’un cramique artisanal bon de chez bon préparé des blanches mains des élèves apprentis boulangers - et de leur porfesseur bienveillant - d’une école non loin de mon logis.

 

Et c'est ainsi que la vie se fait.

 

Où l'auteur qui n'est sadique qu'à temps partiel révèle la simplissime solution du petit casse-tête dominical

 

A la demande pressante d’un certain nombre de lecteurs qui n’en peuvent plus de bouillir dans leur jus de cuisson (ou l’inverse) et qui me supplient de mettre un terme à leurs effroyables souffrances, voici ce qu’il fallait trouver : dans chaque phrase, la graphie du verbe principal est toujours suivie d’un synonyme, généralement (mais pas toujours) le dernier mot de la phrase. A noter que l’auteur parfois un brin bordélique n’a pas nécessairement respecté l’accentuation (dans les cas mentionnés par *), quoique, avec la nouvelle orthographe, il se pourrait que ce soit correct malgré tout, pas eu le temps ni les nouvelles règles sous les yeux pour tout contrôler. Ca vous paraît compliqué ? Minute ! Avec les solutions, tout va devenir très clair. Ainsi, phrase par phrase et dans l’ordre, on trouve successivement comme verbe principal et comme synonyme les mots suivants :

 

sens = raison

as = champion

est = direction

a = lettre

fut* = tonneau

sommes = siestes

avions = aéroplanes

savons = engueulades

faites* = cimes

trait = ligne

aura = prestige

dîmes = impôts

place = espace

 

Etonnamment limpide, non ?

(en dehors du fait qu’on m’objectera à juste titre que « lettre » n’est pas synonyme de « a »)

09/03/2009

Où l'auteur félicite d'un côté et en rajoute une couche de l'autre

Suite au petit casse-tête dominical qui précède, c’est Mr. Alain B., m’écrivant (en plein milieu des heures de bureau, c’est du propre !) d’un haut lieu de la culture bruxelloise, qui a droit à ma Très Elevée et Intégrale Considération ainsi qu’à mes Félicitations Empressées. D'autres lecteurs m'ayant écrit qu'ils cherchaient encore, je rajoute une couche à leur intention :

Elle trait les vaches après les avoir préalablement rangées en ligne.

Il aura droit à un prestige inégalé.

Nous leur dîmes qu’ils devaient payer leurs impôts sans tarder.

Place-toi correctement dans cet espace.

Evidemment, quand on sait, la solution est d'une fulgurance qui confine à l’évidentissimitude...

08/03/2009

Où l'auteur un brin sadique se propose de faire chauffer les neurones de la frange la plus givrée de son lectorat.-

 

Petit casse-tête du jour

 

Sachant que ce blog compte quelques lecteurs notoirement givrés goûtant pas mal les curiosités du langage, je leur propose un petit défi de nature à leur titiller les synapses. Les neuf phrases apparemment anodines ci-dessous ont toutes la même caractéristique unique et (mine de rien) étonnante. Le premier qui la trouve et m’en avise a droit à toute ma considération.

 

Je sens que j’ai raison.

Tu as dans ton équipe un grand champion.

Il est dans la bonne direction.

Il a dans sa poche une lettre de sa mère.

Il fut jadis aussi rond qu’un tonneau.

Nous en sommes réduits à faire des siestes.

Nous n’avions à l’époque que quelques aéroplanes.

Nous savons, au besoin, encaisser des engueulades.

Mais que faites-vous sur ces cimes ?

 

Bon phosphorage, niark niark.

26/02/2009

Où l'auteur annonce une sacrée soirée en perspective

 
17 avril small

25/02/2009

Où l'auteur cause de l'un des autres génies de sa famille

 

Dialogue trans-générationnel :

 

Ma mère, s’adressant à mon neveu (son petit-fils), subjuguée par tant de génie par lui avéré (génie auquel pourtant son fils aîné, à ma mère, l’a diantrement habituée depuis sa naissance et sans discontinuer, mais la mémoire durable non stockée sur disque dur a généralement tendance à échapper aux générations antérieures) : « Waouw, mon choupinet Robinou des Bosquets, toi qui as 6 ans et demi*, je constate avec délice(s)** que tu as obtenu 100/100 en maths en 97,5/100 en français sur ton bulletin, et que ton institutrice a  ponctué tes performances par un laconique autant que révélateur commentaire disant « Mais où t’arrêteras-tu ? ». Alors, dis-moi, mon Robinou, une moyenne de 110/100 constituerait-elle désormais un horizon acceptable pour tes  performances scolaires à venir ? »

 

Il s’ensuivit un blanc notoire au cours duquel l’absence momentanée de réponse se fit lourde de sens autant qu’annonciatrice de la gravité de la réponse à suivre, nous reprendrons le cours des choses après une brève pause publicitaire.

... 

J’ai vu dimanche soir le dénommé IndispensablE Tristan Edern Vaquette en spectacle à Bruxelles, ce garçon déjanté vaut la peine qu’on s’y attache, on a déjà connu moins lucide.

Tûûût !

….

Mon neveu (6 ans et demi, je le répète), déjà kador en choses de l’esprit, sommé de répondre à peu près sur le champ, marqua donc une courte pause puis émit d’une voix posée (je ne lui en connais pas d’autre sauf quand il a picolé au Champagne qui lui fait du caca mou - car son environnement est extrêmement logique et structuré), la docte opinion qui suit : « Non, grand-mère, mon horizon, c’est l’infini ».

 

Allez, y a Louis ! Pour les quinze jours à venir, je re-crois en l’avenir de l’humanité  de la jeunesse des moins vieux que la sagesse habite, nom de Dieu !

 

* restitution certes douteuse, j’avais prévenu, mais ça aide à situer le personnage

** le pluriel est vraisemblable, je ne suis pas sûr de connaître aussi bien ma mère que je pourrais le prétendre.

19/02/2009

Où l'auteur, d'humeur végétale, met le focus sur un ficus

 

Ce matin, à peine arrivé dans le havre de travail qui réchauffe ma viande en voie d’avariage autant qu’il m’évite de décrépir prématurément pour cause d’inactivité, j’ai pris ma patience à deux mains, un seau dans l’autre, et j’ai entrepris de nettoyer une à une, à l’aide d’une éponge douce et humide, les centaines de feuilles très exagérément encrassées du sympathique ficus de la salle jouxtant mon bureau, ce qui m’a notamment obligé à déplacer ledit végétal hors du coin dans lequel il s’empoussiérait pour en atteindre les parties les plus extrêmes, et à hisser ma carcasse engourdie au péril de mes os arthritiques au sommet d’une chaise à l’équilibre précaire pour en atteindre les branches les plus hautes. Mais le résultat en valut largement la peine, et c’est un arbre regaillardi, luisant, et irradiant une jeunesse et une vigueur pétillantes que je replaçai, au sortir de mes caresses spongieuses humectées, avec délicatesse et tact au même endroit mais dans un angle nettement plus avantageux pour sa pousse future, qui ne l’obligera plus à se rétamer stupidement les feuilles immaculées sur un mur monotonement enduit de latex bon marché mais qui pourra les étendre à sa guise dans l'air et la lumière libres à l'opposé. Car enfin un type qui, comme moi, lit Norge matin et soir, et qui ne se montrerait pas bienveillamment attentif aux êtres vivant dans son entourage direct, ou qui en ferait moins, ne serait somme toute qu’un misérable sépulcre blanchi, comme l’a dit en son temps et à juste titre un grand sage avisé des turpitudes des choses humaines utilement descendu de son paradis duveteux pour botter son rectum mollasson à la consternante race des bipèdes qui n’en touche pourtant quasi pas une de plus depuis - et s’apprête à le payer cher - en matière de compréhension et de respect de l’ordre universel fondamental immuable.

 

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C'est pas le même mais il y ressemble. A vue de nez, 58.000 feuilles, le compte est bon.

 

Et puisque j’ai amené le rectum sur la table (façon de parler), force m’est de déplorer avec force que je ne connais décidément aucune partie du corps humain aussi mal nommée : pourquoi diable s'entêter à s’appeler rectum alors qu’on se trouve situé sur la partie arrière ? Ce rectum au nom décidément ridicule ferait bien mieux de s’appeler versum, ça tombe sous le sens, signe-je avec persistance.

16/02/2009

Où l'auteur, sans en avoir l'air, parle d'expérience

 

Si vous êtes en panne d’inspiration culinaire le jour de la Saint-Valentin, au moment où votre conjoint / camarade vous dit que vous êtes tout à la fois son pote et son chou, sautez-lui dessus (sur l’occasion) pour la prendre au mot et lui préparer... une potée au(x) chou(x). Ah certes, on connaît des spécialités gastronomiques à l'appellation plus romantique, mais celle-ci a l'avantage d'être simple comme bonjour : dans une grande casserole, jetez beaucoup d’amour, de l’eau, un chou blanc, des oignons, des poireaux, des carottes, des patates, du saucisson polonais, du lard fumé et l’assaisonnement qui va bien ;  deux heures de cuisson plus tard, pâmez-vous les papilles au dégustage de cette préparation délicieuse à mourir de bon et, contrairement aux idées reçues, sans effets gazeux secondaires indésirables. Cuisinez tout ça en quantités excédentaires pour vous en nourrir tout au long de la semaine qui suit, le chou est excellent pour la santé.

 

Et à part ça, le nom commun le plus long de la langue française dont les lettres sont rangées par ordre alphabétique est "aegilops" (oui, l'anagramme de "spoliage"); c'est le nom d'une céréale. Epoustouflifiant, non ?

 

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Aegilops: un nom extraordinaire pour un look banal.

11/02/2009

Où l'auteur, pour laisser reposer ses synapses, cite un autre auteur

 

Nous y sommes

"Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à
la peine.
Nous
avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A
la Troisième Révolution.
Qui
a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? »
demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec
la croissance.
Peine
perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de
la Troisième Révolution.
Pas
d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie - une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore".

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

10/02/2009

Où l'auteur persiste en surenchérissant dans le compactage calembourifiant

 

Puisque les neurones sont chauds, raffinons et condensons un brin l’exercice précédent : voici, compactés en un seul alexandrin, le nom d’un illustre auteur ancien, le titre de ses deux œuvres les plus célèbres, et le lieu où se passe la première et débute la seconde.

 

Il y a dans l’eau, ô mère, trois maudits cétacés.

 

Fumant, pas vrai ?

08/02/2009

Où l'auteur d'humeur antique fait rien qu'à calembourer dans l'alexandrisme

 

On me pose quelquefois la question de savoir comment un chanteur désoeuvré pourrait utilement valoriser l’interminable attente qui précède un concert. Cette pertinente question d’un intérêt considérable me tarauda l’esprit un court instant dans la capitale de la Grèce qu’avait investie ce vendredi soir mon groupe le plus bruyant dans l’unique et sournois but de rajouter sans vergogne une déluge sonore industriel à l’océan de souffrances d’une jeunesse grecque déjà tant éprouvée.

 

Ma réponse solennelle et sentencieuse à l’interrogation judicieuse ci-avant émise est la suivante : tout auteur qui se les pèle dans les loges avant son entrée en scène, au lieu de vaquer à des activités aussi puériles que l’ingestion d’alcool, la énième re-répétition du répertoire à interpréter ou le taquinage de la gueuse de coulisses*, se rabattra désormais, uniquement et obligatoirement sur l’utile, créative et ludique activité suivante : rédiger - dans sa langue maternelle ou une autre - une œuvre en alexandrins, de sujet libre, dont chaque ligne, y compris le titre, devra impérativement contenir (au moins) un calembour en rapport avec le pays de la prestation du jour. Il est admis que les chanteurs incultes (une engeance qui pullule), subinspirés ou infra-écrivants se fassent aider par leurs collègues musiciens, mais l’activité doit absolument se clôturer – question d’honneur – avant l’entrée en scène, quitte à exhaler la bancalitude.

 

N’hésitant jamais à payer de ma personne pour joindre, à la parole à graver dans le marbre, l’exemple à casser des barreaux de chaise, j’ai le plaisir et l’avantage de présenter en première mondiale l’œuvre inédite et immortelle réalisée de 18h19 à 21h22 – moins le temps d’installation, de sound-check et du frugal dîner -  en cette soirée vendredisiaque concertante mémorable où les thermomètres athéniens extérieurs indiquaient 13°C et où le temps était à la pluie fine.

 

Où l’auteur maudit sait comment meubler son temps

 

Ma jeunesse s’érode, la mort s'amène, hélas ! 

Et mon bon fond s’échappe au long du temps qui passe

 

J’étais d’humeur amère, et j’ai pas bien chanté ;

A une demi-scène je me suis confiné

Et au ras des pâq(ue)rettes, je l’avoue, j’ai presté.

Mais l’ambiance fut bonne et le pire évité.

 

Il y a du monde en loge, après la fin du show.

Une madonne hystérique, qui m’a l’air cultivée,

Tout en fumant six clopes s’enfile trois Cointreau ;

Elle m’appelle « Messire », taquine. Et d’ajouter :

 

« Pour qu’un jour tu atteignes un bon niveau sans bide,

Mon conseil est de boire surtout de l’eau limpide.

Et, avant que le temps ne finiss(e) par t’user,

Dormir longtemps, sinon ta perf’ elle est niquée ».

 

Ce soir, fête à ma pomme - c’est le calendrier - ;

Les invités boiront fort tard à ma santé,

Amis qu’on n’ose pas virer, qui nous diront :

« Restez et on vous aime, mais si vous partez, non »

 

Donc, si vous en avez trouvé 22 (voire 23), vous avez gagné. S'il y en a plus, c'est pas exprès.

 

* pire encore, certains cruciverbisent, flèchemottent ou sudokutent, je m’arrête sinon je sens que je vais rendre.

02/02/2009

Où le visiteur-promeneur-curieux ne se contente pas de faire des tas de choses, il en parle !

 

Pour apercevoir de jolis cailloux bien rangés, rien ne vaut la fréquentation d’un Salon des Minéraux et Fossiles. Justement, il s’en tenait un 33ème du nom ce week-end au Salon Communal de Marchienne-au-Pont (une bourgade hennuyère lugubre dont les rues se transforment nocturnement en coupe-gorges, mais diurnement praticable en char blindé), qui abritait de nombreuses pièces de grande qualité, notamment une gigantesque malachite d’une telle beauté que mon non-amour généralisé de la couleur verte en fut tout ébranlé. Au rayon spectaculaire, quelques crânes de chats « dents de sabre » aux canines proéminentes et acérées ne vous font guère regretter de n’avoir point vécu 50.000 années plus tôt. Idem pour des insectes, nettement plus anciens et gros comme des tortues, auxquels je préfère largement nos poux et blattes contemporains considérablement plus discrets. Aux fins de compléter ma minérale collection qui va bien, et en raison de la crise, je me contentai d’acquérir en guise de souvenir un petit bloc d’ambre fort bien poli.

 

Jean-Luc Moerman est un artiste prolifique au prénom exquis qui n’a pas peur de barbouiller avec talent des espaces allant du rikiki (photo ou page de magazine, à l’encre) au gigantesque (sol, murs et plafonds d’un énorme entrepôt, soit dans les 3.000m², à la peinture fluo). Ses influences multiples passent par le pop’art, les tatouages, la culture urbaine, les mangas… A à la vue ses compositions en noir et blanc, je pense à du Gotlib (celui de la Rubrique-à-brac) abstrait, mais peut-être fabule-je. JLM montrait, jusqu’à ce dimanche 1er février, ses œuvres les plus récentes au B.P.S.22 à Charleroi, il faudra donc aller le revoir ailleurs.

 

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Jean-Luc Moerman repeint Goldorak : du Gotlib abstrait ?
 
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Un artiste qui voit grand : hangar entier repeint en fluo

 

La Bruxelloise est un restaurant de Charleroi où, mis en appétit par les jolis cailloux et sympathiques graboutchas ci-avant relatés, et conseillé par un serveur de la Cour des Miracles aux innombrables cocktails fort goutus, j’ai franchement pas bien mangé : la patate n’y goûtait pas la patate et le jambonneau y était adipeux - et je ne suis pourtant pas difficile. Je m’en éclipsai donc vite fait pour aller prendre dès le lendemain ma mère à son domicile et ma revanche sur le mal manger au Refuge des Grisons à Bruxelles, un restaurant suisse où champignons et fromages se tiennent bien tandis que les pommes de terre la goûtent.

 

Et enfin, brio de l’apothéose de l’excellence sur la cerise du gâteau, l’équipe de France de handball, dont je ne serine pas pour rien à qui veut l’entendre que cela fait deux ans au moins que c’est la meilleure de la planète, est (enfin) devenue Championne du Monde en direk à la télé en s’imposant (24-19) avec brio, patience, intelligence tactique, sérénité et détermination face à une Croatie qui s’est effondrée dans le dernier quart d’heure (2 buts seulement marqués par Balic, Vori & co dans les 18 dernières minutes face à la défense de fer des Bleus, du jamais vu dans un Mondial). Je pense n’avoir jamais assisté à un match d’un niveau aussi élevé, et à un spectacle sportif d’une telle qualité. Ou alors c’est que je deviens exagérément chauvin. Encore que je doive montrer une certaine prudence à affirmer péremptoirement que ce terme désigne effectivement un Belge qui supporte des Français.

 

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Jérôme Fernandez, le capitaine admirablement irréprochable de la meilleure équipe du monde

28/01/2009

Où l’auteur avertit le lecteur non amateur de handball qu’il risque de passer un bon moment à lire des trucs qui ne le passionneront guère

 

Dans un Mondial croate d’un niveau tout à fait remarquable, à l’issue du second tour, trois de mes quatre favoris se retrouvent en demi-finales : la Croatie, la France et le Danemark. Quatrième équipe du carré final et surprise du chef : la Pologne, finaliste du Mondial précédent, qualifiée hier soir de toute justesse, à 5 secondes de la fin, en marquant dans un but vide d’un tir lointain qui sanctionnait une perte de balle norvégienne en attaque où s’était inconsidérément rué le gardien (31-30) et qui évinçait du même coup son adversaire du soir. Comme quoi, une qualification tient parfois à un cheveu (si vous n’avez pas tout compris, relisez avec plus d’attention, je persiste et signe).

 

L’Espagne, mon 4ième favori, a été sortie dès le premier tour après un parcours tellement indigne de son rang que l’entraîneur s’en est excusé auprès de son pays. Condamnés à jouer en poule de consolation, les (plus trop fiers) Ibères aux naseaux frétillants d’amertume tels des toros (poin/tron)çonnés par des matadors de troisième zone dans un corrida cantonale, ont pu se refaire une (relative) santé dans les poules de consolation en écrabouillant tout sur leur passage :  205 buts pour et 98 contre en 5 matches (soit un score moyen de 41-20), c’est du jamais vu dans un Mondial ; l’Espagne a portant dû se contenter de  la 13è place.

 

Quant aux Allemands, ex-champions du Monde pas du tout méritants, avec un nul et deux défaites pour leurs trois dernières sorties, ils ont beau rouspéter sur l’arbitrage (pour la forme, parce que la paille et la poutre, hein, ça commence à bien faire…), ils ont été défenestrés de ce Mondial par les Scandinaves (Norvège et Danemark) unis pour cette noble cause, na-nananère, et c’est un juste retour des choses après l’imposture de leur succès mondial précédent dont que sur l’ignominisme duquel je vous ai déjà causé en long en large en travers et en diagonale.

 

La Croatie et la France se sont donc affrontées hier soir pour la première place du groupe A, dans ce que beaucoup qualifiaient de fausse finale avant la lettre (ou de match à fleurets mouchetés), un match sans véritable enjeu puisque les deux pays, en tête de leur groupe, toujours invaincus et favoris pour la finale, étaient déjà qualifiés pour les demi-finales. En réalité, il y avait quand même un enjeu à ce match, surtout pour les Croates : ils devaient l’emporter pour rester invaincus devant leur public (prestige oblige) et surtout éviter en demi-finale le Danemark, leur bête noire, qui venait de terminer premier du groupe B. La France, elle, pouvait se permettre de perdre (son seul objectif est le titre suprême), mais devait néanmoins rester concentrée sur son sujet pour éviter de subir une défaite trop lourde qui aurait pu nuire à la zénitude du moral de ses troupes et gonfler celui d’en face. L’entraîneur tricolore Claude Onesta, soucieux de cacher au maximum les possibilités de son groupe dont la plupart des observateurs (et moi aussi) considèrent qu’il s’agit du meilleur du monde, laissait opportunément au repos ses cadres principaux ; ni le gardien Thierry Omeyer ni le buteur Jérôme Fernandez n’ont  été alignés ; les autres joueurs de base (Karabatic, Sorhaindo, Gille, Guigou, Abalo, Narcisse), ne sont montés au jeu que pour un demi-match ou moins et ont été remplacés par des réservistes qui ont connu des fortunes diverses : si Franck Junillon a été étincelant, les deux gauchers Sébastien Bosquet (mon chouchou puisqu’il évolue à Dunkerque où il casse régulièrement la baraque) et le jeune Xavier Barachet ont signé de piètres 1/4 et 1/6 en attaque et n’ont guère été efficaces.

 

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Sébastien Bosquet - impérial en club, trop court pour l’équipe nationale 

 

Sébastien Bosquet, ce grand joueur, malgré toute l’estime que je lui porte - mais jamais au détriment de l'incontestable lucidité qui m'habite - est hélas l’une des déceptions de ce Mondial ; il a été peu utilisé, et quand il l’a été, il n’a pas saisi sa chance, sauf contre l’Australie, qui était de loin... l’équipe la plus faible du tournoi . A déjà 28 ans, le grand Seb, qui n’est plus une solution d’avenir, risque de devoir renoncer définitivement à sa carrière internationale ; il regrettera certainement les blessures qui l’ont tenu éloigné des terrains trop longtemps, à une époque où il aurait pu gagner durablement ses galons de titulaire… Au final, la victoire est revenue à l’équipe qui la voulait le plus : la Croatie s’est imposée 22 à 19, la France n’a rien dévoilé et a reposé ses troupes, tout le monde est content.

 

Les demi-finales opposeront donc la France au Danemark et la Pologne à la Croatie. La logique voudrait que France et Croatie se retrouvent une seconde fois pour une vraie finale explosive, cette fois-ci à couteaux tirés et visages découverts, mais rien n’est jamais écrit à l’avance : le Danemark est très solide (on n’est pas champion d’Europe par hasard), et la fantasque Pologne, dans un bon jour, peut battre n’importe qui. Le spectacle est assuré.

 

Côté non-européen, seule la Corée du Sud, au jeu rapide et déroutant, mais désavantagée par ses gabarits moindres, a réussi à passer le premier tour ; au second, elle n’a pu éviter la dernière place de son groupe, et ne se classera donc au mieux que 11ième. L’Egypte termine deuxième nation non-européenne, à la 14ième place, pas terrible pour eux (mais mieux qu’une très décevante Russie, 16ième). Autrement dit, la maîtrise européenne sur le hand mondial reste incontestée.

 

 

Note additive postée ultérieurement : la disgrâce (temporaire) des arrières gauchers de l'équipe de France (Bosquet et Barachet) se confirme avec la convocation, pour les deux derniers matches du Mondial, de Joël Abati, un arrière droitier très expérimenté au palmarès incontournable (champion du Monde, champion olympique, champion de France et d'Allemagne, vainqueur de la Coupe d'Europe des Champions et de la Coupe de France, qui a joué en Allemagne et qui joue aujourd’hui à Montpellier, champion de France) mais très âgé ( 39 ans en avril prochain! ).

 

Interrogé à ce sujet le 29 janvier par le magazine en ligne Handzone, Michaël Guigou, l’ailier gauche génial et virevoltant de l’équipe de France, ne laisse pas planer le moindre doute :

HandZone : Et le retour de Joël Abati ?

Michael Guigou : […] C’est un choix fait par Claude [Onesta, l’entraîneur] par rapport aux gauchers actuels. S’il vient avec la confiance du coach et des joueurs, ce qui est le cas, c’est positif. Vendredi, on ne doit pas gâcher* mais montrer […]

 

*claire allusion au désolant 2/10 (2 buts marqués sur 10 tirs) réalisé par les gauchers lors du match contre la Croatie.

 

Allez, Jacques est à l'Est...

 

20/01/2009

Où l'auteur, réparant un grave oubli, entretient son lectorat du fameux Docteur H. dont il a plusieurs fois fait mention dans le passé

 

Le Docteur H. est un être rare comme on n’en fait plus. Au premier abord, rien ne le distingue d’un humain ordinaire. On pourrait éventuellement évoquer une certaine ressemblance avec le célèbre tintinesque Tryphon Tournesol (chapeau, lunettes et loden en moins, quelques cheveux gris en plus) mais le docteur H., tout en élucubrant dans les développements scientifiques les plus pointus, garde, lui, les pieds toujours sur terre et n’est jamais à l’Ouest. Je parie qu’avec les crédits et l’équipement adéquats, il serait même en mesure de construire une soucoupe volante fonctionnant avec des crottes de lapin (ou un truc époustouflant dans le genre).

 

Le Docteur H., ne trimbalant jamais le moindre gramme superflu, est carrément superfluet. Son budget nourriture hebdomadaire ne dépasse que rarement la dizaine d’euro. Là où le commun des mortels, pour se rassasier, s’enfile apéro, entrée, plat, fromages et desserts, lui se contente nonchalamment d’une demi-pomme et la termine en disant qu’il a bien mangé. Le dernier qui l’a vu boire de l’alcool ou du coca-cola a quitté ce bas monde il y a bien longtemps. Bref, le Docteur H. est un être résolument frugal. C’est à se demander si son organisme renferme la moindre trace de cholestérol.

 

Le Docteur H., quand vous êtes son ami, il laisse tout tomber pour venir vous rejoindre et vous porter secours lorsque vous l’appelez à l’aide.

 

Le Docteur H., dans un groupe, il est toujours d’accord pour faire ce que personne d’autre ne veut faire. L’ampleur de la tâche ne le rebute jamais. Il est dur au labeur, persévérant, déterminé. Et la qualité du travail produit est toujours largement supérieure à ce qui était attendu.

 

Le Docteur H. est une encyclopédie sur pattes. Inutile d’aller vérifier ce qu’il vous a raconté sur des tas de sujets aussi variés que passionnants, c’est toujours exact. Quand il ignore de quoi qu’on cause, il annonce sans ambages qu’il n’y connaît rien (ce n’est d’ailleurs pas toujours vrai). Mais attention : quand on aborde un sujet à propos duquel il dit, de sa voix douce, la tête légèrement inclinée sur le côté, et avec un demi-sourire, « Je sais », cela veut dire qu’il connaît le sujet sur le bout des doigts, qu’il a lu tous les ouvrages importants sur la question, et qu’il s’est fait sa propre opinion – toujours originale, éclairée, éclairante.

 

Le Docteur H. ne transige jamais sur ses principes et ses engagements, dusse-t-il en baver des ronds de chapeau : il va sa route droit comme un i sans dévier d’un pouce, quitte à braver l’inconfort, prendre des coups ou sacrifier son bien-être.

 

Le Docteur H., je ne lui connais pas de défaut. Ah si, quand même : quand, au volant de son break, hésitant sur la sortie à prendre, il ralentit au point quasiment de s’arrêter en plein milieu d’un rond-point, il me fout une trouille bleue.

15/01/2009

Où l'auteur va incessamment se gaver de son sport favori

 

Ce samedi 17 janvier, c’est le début du Mondial de Handball masculin en Croatie. Les favoris en seront la France, championne olympique, la Croatie, pays organisateur, le Danemark, champion d’Europe, et l’Espagne jamais loin des meilleurs. Encore qu'un cinquième larron pourrait venir mettre tout le monde d'accord tant la hiérarchie mondiale peut se retrouver bousculée d'une compétition à l'autre.

 

Seule absente de marque : l’Islande, médaille d’argent à Pékin, qui s’est fait surprendre en qualifications, à l’étonnement général, par une Macédoine en pleine progression. On espère de bonnes prestations de l’Egypte, l’équipe-phare d’Afrique, seule équipe non européenne à pouvoir envisager de figurer dans le top 10, mais qui devra se bouger pour y parvenir.

 

Par contre, l’équipe championne du Monde en titre, l’Allemagne, complètement à la ramasse, n’a pas l’ombre d’une chance de renouveler son bail, et ce n’est que justice. J’avais largement raillé dans mon blog précédent les scandaleux truquages arbitraux - restés impunis par la Fédération Internationale - qui avaient permis à cette équipe de s’imposer indûment à domicile en 2007 alors qu’elle aurait dû se faire sortir par une Espagne, supérieure, dès les quarts de finale. En demi-finale, rebelote, la partialité des arbitres (suédois) fut encore plus honteuse car, accumulant toujours dans le même sens les décisions abracadabrantes et iniques, ils volèrent - il n’y a pas d’autre terme - à la France une victoire qui aurait cent fois dû revenir à des Bleus héroïques et légitimement furax de s’être fait ainsi gruger. Dans les 2 années qui suivirent ce scandale qui a considérablement terni l’image de ce noble sport, l’Allemagne n’a d’ailleurs jamais fait honneur à son titre usurpé, en foirant magistralement tous ses rendez-vous internationaux, et restera dans l’histoire du hand comme l’équipe de tous temps la plus indigne du titre suprême. Espérons que pour ce Mondial, la Fédération ait resserré les boulons sur le plan de l’arbitrage…

 

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Daniel Narcisse, arrière de l'équipe de France, l'un des meilleurs joueurs au monde.

Où l'auteur, in extremis, fait le point sur ce qui l'a bien botté lors de l'année précédente

 

Fruit de l’année : le pamplemousse en apéro, y a pas photo.

 

Spectacle de l’année : Fabrice Luchini dans la seconde partie de « Le point sur Robert » au Théâtre de la Renaissance à Paris. Totalement hallucinant et jubilatoire. Cet homme est un génie et son discours est passionnant. Mais que pourrais-je en dire qui n’ait déjà été dit ? Donc se taire, écouter, rire, savourer, lire un excellent compte rendu de l’affaire…

 

Concerts de l’année (hors groupes belges) : la sublimissime Juliette (je vous raconterai un jour par le menu l’épisode « Lapin » du concert, un truc que personne n’avait osé avant elle et que personne n’osera plus jamais après elle) et les magnifiques Tri Yann, tous les deux vus, à des dates différentes, à l’Olympia de Paris.

 

Groupes belges de l’année sur scène : Dada Pate, Texas Trauma et Les Bourreaux. La presse n’en parle pas, signe évident qu’il faut les suivre.

 

Pire concert de l’année : Saint-André cet été sur la Place de Moscou à Bruxelles. Besogneux, insipide, larvaire, chiantissime. Avec en prime dans le nullard une regrettable et salissante reprise de « Comme ils disent », dont l’exécution (vraiment le terme qui convient) fut un outrage sans nom au magistral talent de Mr Aznavour.

 

Série TV : découverte sur le tard en DVD, Rome, même avec ses errances historiques et mon aversion générique pour le genre, m’a emballé.

 

Film de l’année : Rumba, de et avec Fiona Gordon et Dominique Abel que j’ai vus en chair et en os interpréter une très belle chorégraphie lors de la très émouvante et réussie Soirée d’Hommage à Pierre Etaix.

 

Evénement de l’année : ladite soirée Pierre Etaix au Théâtre de la Toison d’Or, où ledit PE était présent, à la fois drôle et grave, avec ce je ne sais quoi d’indiciblement émouvant qui n’appartient qu’aux plus grands humoristes, ce qui explique que Mr Jean-Marie Bigard n’en fasse pas partie.

 

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Pierre Etaix, à gauche, ici avec son camarade Jerry Lewis. Ils sont fans l'un de l'autre.

Livre de l’année : j’ai retrouvé, après l’avoir perdue de vue durant plusieurs années, ma chère Elisa Brune, la seule auteure à laquelle, de toute ma vie fanatique pourtant déjà longue, j’ai un jour osé demander un autographe (c’était à la Foire du Livre 2002 si ma mémoire est bonne), dont je conseille vivement la lecture de son petit dernier « Alors, heureuse ? … croient-ils ! La vie sexuelle des femmes normales ». Savoureux ! Vite, acquérir ses ouvrages non encore lus et combler, en les rattrapant, mes lacunes en ses écrivages !

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Elisa Brune

Sportifs de l’année : la palme d’or et les gros bizous empressés du membre unique  - rouge de timidité autant que saillant d’admiration - du jury reviennent à l’équipe handballante féminine de Norvège, cet été Championne Olympique, et cet hiver Championne du Monde en surclassement sur une jambe et les doigts dans le nez alors même que ses deux meilleures joueuses (Katja Nyberg et Gro Hammerseng) étaient absentes pour blessures. Palme d’argent et chaleureuse poignée de mains à l’équipe de France masculine du même sport pour son titre olympique cent fois mérité : de toute l’histoire manoballante, jamais une équipe nationale n’a été aussi forte.

 

Restaurant de l’année : le Saint-Boniface, au 9 rue du même nom à 1050 Bruxelles. Ne pas s’abstenir d’en abuser.

 

Ostracizem de l’année (j’insiste sur l’orthographe) : la coupe de platine revient à Mr Eddy Decorte. Ne pas chercher à comprendre, lui seul pourra. Je fais des apartés si je veux.

12/01/2009

Où l’auteur-chanteur, n’hésitant jamais - pour le bien de la collectivité - à convertir en sagesse populaire la significative quintessence du moindre événement représentatif auquel il participe...

(suite du titre) ... expose en dix proverbes dûment commentés les méandres des (péri)musicales activités de sa fin de semaine.

 

Qui vole vers la banquise

Egare une valise

« La banquise » est ici une généralisation largement abusive désignant en réalité la Suède ; chaque déplacement de Front 242 vers ce jovial pays entraîne invariablement la non-arrivée à bon (aéro)port d’une valise…

 

Pour la Scandinavie

Prend double batterie

… valise contenant inévitablement plusieurs éléments indispensables au fonctionnement des bruyants instruments du batteur Mr Tim Kroker, fort marri de la chose, et de surcroît objet de sarcasmes bien qu’il n’y soit pour rien.

 

A Belgique en gelure,

Suède sans froidure

Tandis que les thermomètres du pays d’Albert II stagnaient misérablement aux alentours de -10° ce vendredi, le mercure göteborgien, pourtant 1.000km plus au Nord, affichait sans complexe un fier + 2° sans aucun flocon de neige à l’horizon.

 

A voir concerter 2-4-2

Gothenbourgeois viennent nombreux.

Göteborg ou Gothenburg, ville portuaire de Suède, énième sold out de la campagne, chaude ambiance malgré le temps humide.

 

Estrad(e) où pieds restent collés

Font jolies cuisses bien musclées

Certaines scènes sont rebondissantes comme des trampolines, d’autres glissantes comme des patinoires; celle de la salle Trad’ngar était poisseuse et collante, chaque décollement du sol demandait une double dose d’énergie, on se serait cru dans un marais.

 

Cidre de poire suédois

Met en tes boyaux grand émoi

Tournée post-concert : après minuit, le bar de l’hôtel ne propose qu’un choix limité de boissons ; ceux qui miseront sur le produit local, un cidre de poire au goût complètement chimique, en seront pour leur frais et paieront leur audace de sévères purges gastriques durant les 24 heures suivantes.

 

Chanteur, dans ta chambrette

N’oublie tes oreillettes

Le chanteur, dans son habituel état vaseux du matin (1), aurait été bien inspiré de ne pas omettre d’emporter avec lui, en sortant de sa chambre d’hôtel de la taille d’une boîte à chaussures, son système de monitoring in-ear (2). Le bougre habiterait dans un iglou mono-pièce qu’il parviendrait encore à y égarer un dromadaire !

 

A prononcer le nom « Malmö »,

Ne point meugler, penser « calme ».

Les Suédois, qui savent de quoi qu’ils causent dans leur dialecte viking, lorsqu’ils désignent le nom de la petite ville de Malmö, ne  prononcent pas « Mal-meuh », mais bien « Malme », soit une finale beaucoup plus courte identique à celle des mots « calme » ou « palme ».

 

A Malmö une fois encor

Le concert est vendu dehors

« Vendu dehors » : traduction littérale de l’anglais « sold out ». Le Kultur Bolaget (750 places) est bondé (comme un âne ?) et plein comme œuf.

 

Matos de circonstance

Induit la dissonance

Privé par sa coupable négligence de son matériel de monitoring habituel, le chanteur est donc obligé, pour un soir, de se produire avec du matériel de remplacement. Son de moindre qualité dans ce cas de retour non-gagnant moins adapté, qui l’oblige à cadenasser ses occasionnels accessoires auditifs non personnalisés et sub-adhérents bienveillamment accourus à son secours en les collant sur ses oreilles à grands coups de larges bandes de gaffer tape de couleur argentée, je vous raconte pas le look. Déstabilisé dans ses repères et auriquement traversé de spasmes vaguement mélodiques à la limite du discernable, il est donc inévitable qu’à certains moments ledit chanteur pousse la chansonnette dans des gammes franchement étranges voire résolument anti-conventionnelles et non repérées sur la carte. Il s’en sortira drapé dans la toge immaculée de l’honneur quasi-sauf en affirmant avec la dernière des mauvaises fois qu’il vocalise régulièrement en mode intentionnellement dissonant, concept inédit et novateur avec lequel l’auditeur contemporain n’est certes pas encore trop familiarisé, mais qui deviendra à coup sûr l’un des éléments fédérateurs des qualités interprétatives qui feront les grands beuglants de demain et que tout candidat aux scènes mondiales se devra de posséder sur le bout de la glotte. Que le politicien ou le manager qui n’a jamais recouru à de fallacieuses pirouettes rhétoriques pour eclipser ses criantes lacunes personnelles ou pour transformer ses honteuses défaites en trompettantes victoires lui jette la première pierre.

 

(1) à ne pas confondre avec un vaseux de nuit, rien à voir.

(2)  en français : retours dans les pavillons

06/01/2009

Où l'auteur ne se foule pas pour se fendre d'un titre accrocheur

 
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Gustave Parking, un humoriste très inventif frisant fréquemment le génial, et qui citait peut-être quelqu'un d'autre, a dit : "Suivez ceux qui cherchent et fuyez ceux qui ont trouvé."

Il a dit aussi : "Ne pas avoir de toit (1) dans un pays froid, c'est comme ne pas avoir d'eau dans un pays chaud".

 

(1) c'es la nouvelle orthographe. On écrit désormais toit au lieu de toît, l'accent circonflexe a disparu. On écrit aussi un sèche-cheveu au lieu de un sèche-cheveux. On croît rèver.

05/01/2009

Où l’auteur précautionneux appose un très visible carré blanc avant d’entreprendre sans fausse pudeur le narrage décomplexé de ses souvenirs de Bèze.

 

S’il n’y avait pour m’en retenir l’immesurable immensité de la modestie naturelle qui m’étouffe à chaque fois que me saisit l’envie d’en faire plus que le strict minimum, je placerais résolument cet article dans la droite lignée du reportage devenu légendaire que l’inimitable Daniel Prévost, dont la truculence n’est plus à vanter, consacra jadis au village de Montcucq dans l’émission-télé culte « Le petit rapporteur » et que je visionnai en direct à l’époque en me roulant par terre de concert (déjà) avec toute ma famille hilare pliée en quatre devant le poste.

 

Pour le réveillon de Nouvel An, je fus aimablement invité du côté de Dijon par des amis que je rencontre trop peu souvent car ils habitent loin, c’est la vie. Je le précise à l’intention du lecteur non géographiquement aware, Dijon est la très bourguignonne capitale de la moutarde, une préparation assez zonée et tellement relevée qu’elle n’a aucune peine à monter fréquemment au nez des chats dont le déjeuner n’est pas servi à l’heure (*).

 

S’enquérant à ma requête et sur le tard des disponibilités hébergementales environnantes, ma très zélée secrétaire particulière, qui règle les menus détails matériels de mon existence opulente et oisive dont les aléas de l’organisation pratique me courent sur le haricot, ma dite secrétaire donc me signala avec empressement qu’elle m’avait dégotté, en guise de primochoix de proximité, un petit hôtel estampillé « Logis de France » ( suivez cette enseigne les yeux fermés et, je l’atteste, vous serez bien logés ) qui seyait dans le village de Bèze dans la Côte d’Or (21), avant d’ajouter avec un enthousiasme mal contenu et une voix chevrotante qu’en raison de ce nom très prometteur elle serait également du voyage et que ce n’était pas négociable. Je ne pus donc qu’opiner.

 

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Bèze sur la Bèze

Arrivé sur place, au Chemin du Routoir (oui, il y a bien écrit Routoir avec un R), force me fut de constater que mes amis avaient grandement agrandi leur logis pour y mieux faire pousser leur marmaille qui s’était d’ailleurs multipliée depuis notre dernière rencontre, le tout non sans une très chaleureuse harmonie. Profitant de l’espace à disposition, lesdits amis avaient, avec une judiciosité et un hospitalitage de bon aloi, mis les grands plats dans les énormes et concocté un menu de 6 entrées, 3 plats et 5 desserts - le tout fait maison – qu’arrosaient la panoplie assortie des alcools qui vont bien ; même Pantagruel, Gargantua et consorts tous réunis n’en fussent point venus à bout - or il y avait de bonnes fourchettes autour de la (gigantesque) table - tant ça gargamellait (****) dans la bombance boustifo-ripaillante.

 

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Un lieu propice aux étreintes passionnées : la tour à chaux de Bèze

Au cours de la soirée, j’appris mille et une informations passionnantes sur la charmante bourgade de Bèze ; qu’elle était d’origine gallo-romaine voire antérieure (**) : qu’elle se situait à la source de la rivière homonyme et longue de 31 km (**) ; qu’elle comportait un centre fort urbanisé dit « Centre de Bèze » ou « Bèze-en-Ville » (***) ; qu’il y régnait en permanence un microclimat torride (***) ; qu’il s’y organisait chaque été depuis plus de trente ans une très renommée « Fête des Andouilles et des Cornichons » avec élection concomitante (******) de la reine des premières et du roi des seconds (**), ce à quoi ma secrétaire, jamais en manque d’initiative, me sussura (******) à l’oreille (*****) sur un ton vaguement égrillard (******) qu’elle nous y inscrirait pour l’édition 2009, encore que je ne ressente pas vraiment de motivation trépidante ni transcendante à l’idée d’une élection à un titre inférieur à celui d’empereur - ceci dit, je suis toutefois d'accord avec l'idée qu'une élection longue et durable s'impose pour jouir pleinement de Bèze.

 

Qu’échangeâmes-nous donc du côté de Bèze et à minuit sous le gui de l’An Neuf ? De grosses … accolades, évidemment.

 

 

(*) autrement dit : dont le mou tarde

(**) c'est très sérieux

(***) c'est pas sérieux du tout

(****) celui de Rabelais, pas celui de Peyo

(*****) on peut éventuellement sussurer ailleurs mais c’est nettement moins audible

(******) on ne m'aura pas sur un coup simple, j'ai vérifié l'ortho au dico

26/12/2008

Où l'auteur, en touriste averti, glose sur Dinant, ses couques, sa citadelle

 

La ville de Dinant est une sympathique et étrange cité belge située à une vingtaine de km au Sud de Namur, sur la Meuse. Cette ville est fameuse pour le saxophone dont l’inventeur, Mr Adolphe Sax, y naquit en 1814 dans une maison de la rue Grande aujourd’hui transformée en GB Express, c’est là la marque du progrès. D’une importance stratégique indubitable car située sur la route entre Paris et Cologne, Dinant fut très tôt dotée d’une citadelle - qui contrôlait l’accès au seul pont sur la Meuse dans les 20 kilomètres - pas si inexpugnable que ça puisque reliée au sol par un double téléphérique assurant 30 montées à l’heure pour 17 touristes à la fois (soit 510 touristes à l’heure, alors que la garnison au sommet ne comptait que 400 combattants. L’assaillant n’avait qu’à infiltrer discrètement les touristes - et à s’abstenir de redescendre - pour se retrouver en quelques heures au sommet en nombre supérieur à celui des défenseurs, boudju quel grand stratège j’aurais fait). Charles le Téméraire, Louis XIV puis les Allemands à chaque Guerre Mondiale la prirent avant de faire payer très cher aux civils dinantais (via des massacres en bon uniforme) les considérables efforts et pertes qu’ils durent consentir pour s’en emparer. Ces épreuves ont aguerri le Dinantais, ce qui se ressent dans leur principale spécialité gastronomique : la couque de Dinant. Car oui, cette ville excelle dans la gastronomie.  D’ailleurs ne dit on pas « L’appétit vient à Dinant » ?

 

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Couques de Dinant dans leur milieu naturel

La couque de Dinant est un coriace biscuit wallon composé d’1/3 de farine de froment, 1/3 de miel et 1/3 de ciment. Débitée en tranches d’1 cm d’épaisseur dans les mesures et formes adéquates, la couque de Dinant servait jadis de boucliers aux invincibles vikings, tapissait l’indestructible forteresse flottante allemande le « Bismarck » (qui, immobilisé par malchance au milieu d’une flotte navale anglaise notoirement hostile, ne fut coulé qu’après des heures de pilonnage insensé à coup de kilotonnes d’obus), sert aujourd’hui de gilet pare-balles à la gendarmerie wallonne et de protège-coucougnettes aux footballeurs du Standard ; j’ajouterais que les combattants d’Al Qaïda seraient indélogeables de leurs pakistaines et souterraines retraites, même à coup de missiles perfor(m)ants, s’ils en tapissaient les murs des grottes où ils s’enfouissent.

 

Appelé aussi « le bonheur des dentistes », ledit biscuit ne consent à devenir mâchable qu’après avoir mariné durant un minimum de 3 semaines dans du lait russe ou du chocolat chaud. Le néophyte non averti qui le confondrait par distraction avec un inoffensif spéculoos y perdrait la moitié de ses ratiches au premier mordage, et je conseille au prochain journaliste à qui viendrait l’idée de canarder le président U.S. à coups de taloches de troquer ces dernières pour une paire de couques dinantaises, autrement plus légères et faciles à manier, et à l’impact autrement plus ravageur surtout si on en lime les bords en biseau de façon à les rendre coupants (compter, par centimètre de pourtour, un centaine d’heures de limage à la disqueuse industrielle).

 

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Dinant. En haut: la citadelle. En bas: la Collégiale. A droite: le téléphérique.

La citadelle de Dinant est intensément caractérisée par une particularité sonique curieuse autant qu’intéressante qui n’a pas échappé au spécialiste des phénomènes auditifs insolites dont je suis (puisque je milite dans l’un deux): quand, le soir de Noël, sur la petite place jouxtant la Collégiale Notre-Dame, située pas tout à fait exactement 100 mètres moins haut à la pas vraiment verticale de son approximatif contrebas dans le sens de la descente, joue (sans sono et sans sax – car la pratique du sax aux abords des lieux de cul est interdite) un sémillant quintette de Pères Noël clarinette-banjo-percussions-hélicon-trompette, on en entend très distinctement la musique jusqu’au sommet de la citadelle pourtant située une bonne centaine de mètres plus haut à l’oblique verticale dans le sens ascendant, je l’ai déjà dit à l’envers et plus haut sans crainte de me répéter.

 

De là à imaginer que les défenseurs, du haut de la citadelle, entendaient, avec un minimum d’attention, tout ce qui se disait en bas, il n’y a qu’un pas hasardeux que je franchis allègrement avec la rigueur désinvolte du critique historique qui se réveille en moi à chaque fois qu’on cause faits historiques avérés, et en plus j’ai le diplôme. Outre donc qu’ils pouvaient entendre la messe tous les dimanches sans se déplacer, les défenseurs avaient donc aussi la faculté, en temps de conflit, d’ouïr très distinctement - et d’en tirer un avantage stratégique considérable - les conversations des assaillants miraculeusement parvenus au pied de la citadelle sans s’être fait préalablement hacher menu par le déluge de fer et de feu obligeamment déversé sur eux en guise de cadeau de bienvenue au dur pays des couques par les tirs croisés, concertés et nourris de centaines d’arbalètes, de tromblons, de fusils, de canons, de mitrailleuses ou d’obusiers, selon les époques.

 

Imaginons la scène :

(Premier assaillant miraculé, en abrégé ‘pam’ dans les lignes qui suivent) - Ouééé, pffffouuu, on y est arrivés ! On l’a échappée belle !

(Second assaillant miraculé, en abrégé ‘sam’ etc) - Ca c’est sûr, d’ici ils ne ne peuvent pas nous voir.

(pam) - On est combien ?

(sam) - Euh… y a que nous deux.

(pam) - Bon, on fait quoi ?

(sam) - Le téléphérique est en route ?

(pam) - Non.

(sam) - Alors, on va casser la roche sous la citadelle à coups de pioche.

(pam) - Bonne idée, t’en as apporté une ?

(sam) - Euh… »

Et ainsi, ayant tout entendu, les défenseurs rassurés pouvaient dormir tranquilles au sommet de leur rocher. Stupéfiant, n’est-il pas ?

14/12/2008

Où l'auteur pour une fois s'énerve

 

S’il est un chanteur appartenant sans conteste à la regrettable engeance des inévitables fâcheux qui vocalisent leur insignifiante variétoche mollassonne dans le poste sans qu’on leur ai fait ou demandé quoi que ce soit, c’est bien monsieur Vincent Delerm.

 

Quand bien même il se contenterait seulement de nous seriner matinalement ses fadaises de sa voix baveuse d’épagneul fatigué, il y aurait déjà outrage à la Belgique qui se lève tôt, tant sa voix suintant l’ennui menace de réendormissement précoce l’automobiliste méritoirement sur ses pédales dès potron-minet pour filer au travail les yeux encore engourdis de fatigue et ne demandant qu’à replonger dans les bras de Morphée.

 

Mais hélas, le cuistre ne se contente pas de fredonner, il se mêle aussi d’écrire, et là on tombe carrément dans l'intolérable, mais que fait Green Peace ?

 

Ainsi, l’autre matin : je me laissais comme souvent piloter par ma ronronnante Joséphine à moteur jusqu’à destination du havre de verdure où j’exerce désormais mes activités professionnelles, et tout baignait ; c’était le point du jour, je traversais la forêt de Soignes, les arbres se découpaient de plus en plus nettement sur le ciel qui lentement s’éclairait, un petit crachin ne parvenait pas à cacher la palpable tension de la forêt s’éveillant avec enthousiasme et toute entière à ce jour nouveau plein de promesses d’émerveillement. Plongé cœur et yeux dans le ravissement sans cesse renouvelé qui me saisit à chaque passage à la même heure au même endroit, j’en étais rendu à avoir sottement oublié que, quelques minutes plus tôt, dans les méchants tunnels de la petite ceinture, j’avais distraitement syntonisé mon auto-radio sur la fréquence de la radio nationale, lorsque soudain, un ministre phinancier de par chez nous, dont les dents rayent le parquet dès qu’il se trouve dans les parages d’Albert II, et appartenant à un parti dont je tairai le nom car je sais que traînent par ici des mineurs d’âge auquels je ne veux point faire lire le moindre gros mot, lorsque ledit phinancier donc, avant de déverser sur ses opposants politiques un flot de haine d’une virulence inversément proportionnelle à l’irréprochable immaculation de la Très Haute Opinion en laquelle il se tient lui-même, opta, en guise de choix musical introductif et ridicule dont on se serait bien passé, pour une chanson de monsieur Delerm déplorablement intitulée « Un tackle de Patrick Vieira n’est pas une truite en chocolat ». Sur coup de l'ahurissement de mes oreilles, le paysage s'assombrit.

 

Oui, lecteur, tu as bien lu : « Un tackle de Patrick Vieira n’est pas une truite en chocolat ». On n’avait plus guère connu une telle fulgurance dans les propos depuis Tata Yo-yo d’Annie Cordy, encore que la toujours sémillante septuagénaire belge n’a jamais eu, elle, la prétention de faire de la haute littérature.

 

« Un tackle de Patrick Vieira n’est pas une truite en chocolat » !

 

Je n’accorderai audit Delerm aucune circonstance atténuante. J’ai déjà suffisamment donné pour son père Philippe dont j’eus jadis à subir sans plaisir ni exaltation la lecture -pourtant chaudement recommandée par une personne généralement experte en littérages-, de trois recueils de textes courts dont j’ai oublié les noms sauf un – et croyez bien que je le déplore -, recueils au cours desquels je me suis considérablement ennuyé en me demandant, sans jamais trouver la moindre réponse, ce qu’un lecteur même lambda pouvait bien y trouver d’humoristique, de moderne, d’intéressant ou tout simplement de bien écrit. Pauvre Delerm, même son ascendance joue contre lui. Ou alors, son indigence scripturaire serait-elle le fruit d'une dérisoire tentative de se faire un prénom en essayant de briller dans les mêmes plates-bandes que son paternel ? Je m'interroge, mais brièvement, car j'ai mille fois mieux à faire que d'investiguer sur les élucubrations sans queue ni tête du premier guignol venu.

 

A propos, voici quelques suggestions à son endroit pour un morceau prochain : « Un shoot de Zinedine Zidane n’est pas un congre à la banane », « Un lob de Karim Benzema n’est pas une carpe à l’ananas ». Géant. Ne me remerciez pas, il est dans ma nature chevaleresque de me porter spontanément au secours des sub-inspirés.

 

Pour vous dire à quel point j’apprécie (et milite pour) la belle et bonne variété française, celle qui a du charme, du talent, de la pétillance, de l’inventivité, celle par exemple pratiquée par l’irréprochable Juliette, je lui ai fait sa pub, moi, à ce Delerm, tout ce week-end, en citant inlassablement son titre lamentable à tous mes amis rencontrés, chez qui désormais, grâce à mon action dévouée et juste, le statut dudit Delerm est passé de persona quasi incognita à persona totali non grata. Le seul ami/auteur ayant tenté de comprendre et défendre l'imbuvable charabia de ce triste sire est mon camarade Théophile de Giraud, ce qui ne m’étonne guère au vu de l’inépuisable mansuétude dont il fait montre à l’encontre des moins doués des écrivailleurs, et dont la meilleure preuve en est qu’il condescend à me fréquenter.

 

Bref : Delerm Vincent, retenir le nom et s’en abstenir absolument.

08/12/2008

Où l'auteur, redressant la tête, pérégrine et narre

 

Ami lecteur, c’est avec joie que je peux enfin commencer à lentement lever le nez de mon accaparant travail, et que j’annonce (avec prudence, donc au conditionnel) que je devrais être en mesure de reprendre un rythme de postage décent au cours des mois qui viennent. La complète palette des réactions à cette nouvelle, pouvant s’évaluer allant de « Chic ! » à « Oh non ! », m’enchante iso-également puisque j’ai toujours autant plaisir à régaler l’amateur -qui s’en délecte- qu’à désobliger le fâcheux -qui s’en débecte-, tout ceci étant exprimé dans la joie et l’allégresse avec l’élégance coutumière de mise en cet endroit langagièrement bien tenu et syntaxiquement irréprochable.

 

Je plaide coupable pour les impasses et les forfaits que j’ai respectivement dû faire et déclarer récemment sur des événements aussi variés et importants que le décès de François Caradec (il faudrait urgemment dire aux poètes et aux écrivains de talent d’arrêter de mourir les uns après les autres, c’est devenu une manie franchement désagréable), les prestations calamiteuses de l’équipe de France de hand féminin à l’Euro, les époustouflantes prestations de Jacques Bonnafé interprétant Jean-Pierre Verheggen, la soirée d’hommage à Pierre Etaix organisée par Nicolas Crousse et Véronique Navarre, j’en passe mais pas trop.

 

Il y eut la Finlande il y a quelques semaines, il y aura l’Irlande et la Pologne en 2009, mais ce week-end c’était en Hongrie que Front 242, dont l’incessante extension des frontières traversées et des territoires conquis n’a d’égale que la pétaradance de la formule scénique, s’aventurait pour la première fois de sa carrière pour y tester sa métallurgie bruitiste après laquelle certes l’herbe repousse, mais faut du temps quand même. Lisez ci-dessous pourquoi l’évocation de l’herbe est particulièrement pertinente dans le contexte qui nous occupe.

 

La Hongrie, disais-je, est un charmant pays de l’ex-Bloc de l’Est au climat invariablement tropical puisque même quand de par chez nous on gèle, là-bas on grille… les moins calembourophiles de mes lecteurs m’ont vu venir à des kilomètres avec mes gros sabots.

 

Sa capitale, à la Hongrie, énerve la plupart des grands mystiques ; rien qu’à y penser, Jésus fulmine et Bouddha peste. C’est pourtant une ville charmante ou hongroise des tas de gens dont on imagine qu’ils pourraient aisément s’appeler Terri-Aleur, Prissaleuçon ou Kitésèdètt, puisqu’ils se prénomment généralement « Attila », qui est là-bas le prénom numéro hun.

 

Cette ville possède une salle de sports que les organisateurs du concert de ce samedi 6 décembre avaient somptueusement décorée de photographies géantes de la Grand-Place de Bruxelles, histoire de ne pas trop nous dépayser dans ces plaines lointaines, et de toutes les pochettes de nos albums. Et dans les loges, serviettes de bain brodées au nom du groupe et chocolat belge, c’est pas tous les jours qu’on est aussi bien accueillis. Pour vous dire comme c’était la fête, même la sono asthmatique n’a pas réussi à refroidir l’enthousiasme des 1.000+ gens venus se défoncer les tympans et se remuer les fessiers aux rythmes frénétiques de la vigueur industrielle au service de vos sols.

 

Dès la lendemain matin, accompagné des organisateurs de la veille, subjugués, qui se joignirent au convoi alors que ce n’était pas prévu, départ matinal autoroutier pour 600km jusqu’à Prague (Tchéquie) pour un concert dans une salle plus petite, bondée et  chaudronnesque, dont l’étrange configuration (une scène dont la partie centrale est un cercle) fut un excellent prétexte à changer la disposition des musiciens, ce dont témoigne assez bien la série de (fort belles) photos que l’on peut trouver ici.

 

Bref, un week-end de plus de pur bonheur, et qui, de surcroît, (j'ai décidé de faire une phrase avec des tas de virgules) présage que, croyez-le ou non, l’histoire, pourtant déjà fournie, de ce groupe hyperactif, comme on peut le lire ici, n’est pas près, croyez-le, de s’achever, et c'est rien de l'dire.

 

A noter à l’agenda : ce mardi 16 décembre à 22h10, sur la chaîne de télé Canvas (c’est la VRT2), un reportage d’une heure sur Front 242 dans le cadre de la série Belpop. L’équipe de réalisation a accumulé des dizaines d’heures de filmage, je découvrirai le résultat en même temps que les lecteurs de ce blog devenus télévoyeurs pour l’occasion.

26/11/2008

Où l'auteur, à l'inverse de la vraie vie où il en fait beaucoup et n'importe comment, se contente d'en faire peu mais bien

Quatre mois que je n’ai plus tenu ce blog à jour, aaargh. La faute à mon exemplaire conscience professionnelle toute entière investie en semaine dans l’apprentissage d’un nouveau métier, le ouikènnd dans des activités musicales diverses et variées. Tenez, pas plus tard que récemment : samedi 22 novembre - 22h30 - Front 242 - Salle Apolo, Barcelone, Espagne - 1.200 gens (sold out) - ambiance : hystérie ; dimanche 23 novembre - Front 242 - Salle Heineken - Madrid, Espagne - 900 gens (sold out) - ambiance : survoltée. C'est-y pas beau ?

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Front 242 - Barcelone - samedi dernier

06/08/2008

Où l'auteur se montre manifestement soucieux, en prévision d'un important concert vikandieux en Allemagne, de ne point se blesser aux chevilles ...

Un ami m'envoie ceci, qui me semble pertinent. Je le soumets donc à la sagacité (avérée) du lectorat de ce blog. Ignorant le site de pondaison dudit commentaire (non mentionné dans l'envoi), et encore embué des effluves pamplemoussesques pré-évoqués, je renonce sans remords à en rechercher l'origine (dudit commentaire), étant persuadé que tout lecteur même médiocrement familiarisé à la recherche internetteuse mais suffisamment motivé par la chose saura s'acquitter sans mollir ni délai de cette démarche heuristique, le tout dans un délai ridiculement court. 

" LA CHRONIQUE DE FAVILLA

La Chine a déjà perdu les JO 

Les JO débutent vendredi. Nul ne doute que la cérémonie d'ouverture sera parfaitement organisée, que le feu d'artifice sera le plus beau du monde depuis celui du bicentenaire de la Révolution française à Paris le 14 juillet 1989, que Pékin fera la preuve d'une maîtrise technique absolue dans le déroulement d'une manifestation de renommée mondiale.

Mais tout cela, on le savait d'avance. Quand le CIO a confié à la Chine l'organisation des Jeux de 2008, ce pays était déjà sorti de son hibernation des deux siècles passés pour entrer dans le cycle de rattrapage économique et technologique le plus époustouflant de l'histoire du capitalisme. Le risque qu'elle ne soit pas à la hauteur de l'événement olympique était donc à peu près nul.

En revanche, le régime chinois avait beaucoup à montrer sur les autres terrains. Eh bien, on a vu ! D'abord, le téléspectateur a pu observer lui-même ce que tous les visiteurs de cette région connaissent : le niveau de pollution très élevé de la capitale chinoise, qui n'est qu'un des indices du peu de cas fait par le régime chinois des conditions écologiques du développement. Conscientes de la mauvaise image que pouvait donner sur les écrans du monde entier un brouillard épais flottant sur Pékin, les autorités ont pris la stupéfiante décision d'arrêter le fonctionnement de toutes les usines au cours de la période olympique. Le résultat sur la qualité de l'air est médiocre ; en revanche, le régime a démontré urbi et orbi qu'une dictature peut soumettre tous les acteurs de la vie économique à ses oukases les plus saugrenus.

Ensuite, compte tenu des engagements pris devant le CIO, on aurait pu espérer pendant cette période que la Chine gère avec un peu de subtilité la question des droits de l'homme. Or on a eu droit à un festival de répression, depuis les massives mises à l'ombre de dissidents tibétains ou tout simplement démocrates, jusqu'aux refus de visas de certains journalistes, en passant par le blocage à géométrie variable de l'accès aux sites Internet et la transformation de Pékin en ville en état de siège avec blindés et batteries de missiles, comme si les militants ouïgours étaient devenus en un mois un péril imminent... jusqu'à l'attentat de lundi qui leur a été imputé.

Enfin, « last but not least », l'ambassadeur de Chine à Paris s'est permis d'ajouter l'arrogance à l'inconvenance en menaçant la France de foudres célestes si le président de la République osait recevoir le dalaï-lama.

Avant cet épisode olympique, l'image de la Chine dans le monde était presque tout entière colorée par son exceptionnelle réussite économique. En quelques semaines, elle a commis, sur le terrain politique, toutes les erreurs conduisant à ce qu'elle apparaisse d'abord comme une dictature et en second lieu seulement comme un géant économique. Les Jeux seront sûrement un magnifique spectacle ; mais pour la Chine, ils sont déjà perdus."

31/07/2008

Où l'aupeur un min brurgé tartoge à son lectarat son assoum du pampleroupe

 

Une bouteille de vin blanc ou rosé. L’écorce d’un pamplemousse. Cent grammes de sucre. Un demi-verre d’alcool à 96° (ça se vend au Colruyt). Laisser mariner tout ça dans une casserole bien fermée durant 48 heures. Enlever les restes pamplemousseux et déguster frès trais. C’est boutrement fon (hips). Si vous avez momme coi, des crandes gasseroles, on peut chaire la fose en plus qrandes guantités, ourse cof. A sotre vanté !