29/11/2007

Où l'auteur conseille à son lectorat émerveillé un spectacle à la fois musical, drôle, surprenant et de haut niveau

 

Oyez ,oyez, braves gens, la Framboise Frivole est au Palais des Beaux-Arts jusqu’au 5 janvier, alors ruez-vous-z-y (comme dirait Laurent).

 

Pour moi qui suis fan de violoncelle, de chanteurs burlesques, de ponts entre les musiques et de calembours déjantés, la Framboise Frivole est évidemment le must absolu, et je ne rate jamais leur passage dans mes parages, qui sont nombreux et me permettent généralement de bisser voire de trisser le visionnage de leurs prestations.

 

La FB, c’est un duo qui sévit de puis déjà trente ans, où Peter Hens, le chanteur-violoncelliste multilingue, au smmet de son art, tient la vedette, épaulé (toujours superbement) par un pianiste souffre-douleur dont le rôle est tenu, dans cette nouvelle version du spectacle intitulée « Furioso », par le jeune Yves Tourneur (qui succède ainsi à Bart Van Caenegem) parfaitement rentré de plain-pied dans la peau du personnage.

 

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Le spectacle est expressément axé sur les liens entre la musique et la bouffe, et donne lieu à d’innombrables jeux de mots dont la plupart m’écroulent (« la nourriture en Angleterre est très mauvaise parce qu’ils n’ont pas envie qu’tu ailles »), et à des téléscopages musicaux absolument hallucinants puisque l’on passe, en l’espace d’un quart de seconde et sans crier gare (ni aéroport), de la musique classique au rock, de la variété française à l’opéra, des hymnes nationaux aux chansons à boire. Parmi les grands moments, qui sont innombrables, je retiens la chanson médiévale, le triple assassinat du cantatore italien, et le final où Mr Hens fait chanter du Verdi en canon aux spectateurs debout.

 

Bref, une superbe soirée en présence de deux artistes au talent incontestable et dynamiteur, où  maestria, époustouflifiance et surprenage sont au programme. J’y retourne dès que possible.

26/11/2007

Où l'auteur fait voir de jolies images, mais attention, y a un truc.

 
Regardez attentivement chacune des photographies ci-dessous. Vous devriez y reconnaître l'une ou l'autre tête connue.
 
cc_06_2a Self-portrait 1999

cc06_4a Willem Dafoe 1997

cc06_11a Cecily Brown 1999

cc06_5a Philip Glass 1998
Eh bien, ce ne sont pas des photographies mais des peintures du peintre hyperréaliste américain Chuck Close. De haut en bas :
- Self-portrait 1999 ;
- Willem Dafoe 1997 ;
- Cecily Brown 1999 ;
- Philip Glass 1997.
Magistralement pharamineux, non ?

 

25/11/2007

Où l'auteur révèle des faits avérés de la vie des rois, relativement peu connus du grand public, mais foutrement intéressants

 

(Quelques subtilités de ce post risquent d'échapper aux lecteurs non avertis de la langue de Vondel)

 

Le père du pharaon Ramsès s’appelait Ramkinz (ce dernier laissa son nom à de petits récipients permettant la cuisson au four).

 

Le roi Rama VII eut fort à faire pour nettoyer le pays après le règne d’Immon X. Le pays ne retrouva cependant son lustre d’antan qu’à l’avènement de Remiza IX. On connut une invasion d’espions sous le règne de Hyadeff VIII. Plusieurs provinces étrangères furent annexées par le roi Tropalé III. On affubla du surnom « L’Ivrogne » le roi Saka XX, qui gouverna le pays à peu près aussi mal que son successeur Comunesô VI.

 

Le roi Français Bour V succéda au roi anglais Rock IV. Le premier roi anglais à passer à la télévision fut Vouzètzalan X.

 

En Flandre, le roi Gon VI, qui était de mœurs bizarres, périt assassiné. On découvrit finalement le nom de l’assassin et l’endroit du meurtre sous les règnes conjoints d’Omarma II et Danlapan III. Celui qui contrepétait comme un charretier ? Bormell de Derde.

 

Le roi de Flandre Ilétètunpetina IV se promenait régulièrement en barquette avec le roi de France Marindô XII. Un jour que leur embarcation avait pris l’eau, ils furent sauvés par les cris perçants du jeune dauphin, qui devint roi plus tard sous le nom de Sinialdedé XIII.

23/11/2007

Où l'auteur - te fâche pas - explique.

 

Bon, allez, j’avoue ne pas avoir pu résister longtemps aux mails innombrables (environ 2) et déchirants (« tu continues ton blog ou bien je viens casser ta bagnole momentanément garée ici (suit : l’adresse exacte où elle se trouve en ce moment, brrr) et te péter eul’tronche la fois prochaine que tu iras faire tes courses au Carrefour de l’avenue (suivent le nom et le numéro exacts, re-brrr) »)* qui ont inondé ma boite aux lettres suite à l’effaçage de mon blog antérieur. J’ai donc repris les choses comme si de rien n’était, par la force des baïonnettes ET sous la pression populaire, en n’étant aucunement sûr de pouvoir faire mieux qu’auparavant, et en annonçant tout de go que j’observerai sans prévenir (j’adore improviser) de looongues périodes d’absence (d’où le terme « parcimonieux » judicieusement utilisé dans le titre) en raison du temps considérable que je vais désormais consacrer à voyager, à écrire et à ne rien foutre, entre autres.  

 

* restons concentrés sur la séquence précise des instruments ponctuatifs, voulez-vous ?

 

PS : je tiens à rassurer le lecteur qui s’est inquiété des annulations récentes des concerts de 32crash. Tout d’abord, les concerts en Allemagne et au Danemark, même si je n’en ai point parlé, se sont déroulés comme prévu, devant des assistances certes limitées mais néanmoins conquises (avec pour preuve des chiffres merchandising records, et le fait que deux organisateurs ont confirmé qu’ils rebookeraient le groupe l’an prochain). Le concert de Lyon (prévu pour le 24 novembre) a été annulé assez rapidement car les propriétaires de la salle ont réquisitionné leur bien pour organiser une autre manifestation culturelle ; le concert de Paris (22 novembre), où nous jouions en première de deux autres groupes bien établis, a été annulé en raison d’un manque de préventes ; et enfin, c’est le groupe lui-même qui a annulé le concert suisse (prévu le 23 novembre) qui avait lieu entre les deux dates précédentes, et qui constituait une aberration déplacemento-financière en raison des annulations susexpliquées. 

 

 

Les habitants d’Alexandrie vivaient de façon précaire.

Où l'auteur se souvient d'un gars vraiment rock 'n roll

 

Lane Staley (1967-2002) fut le chanteur du groupe américain Alice in Chains. Il avait un physique d’allumette, une voix exceptionnelle, et une présence scénique magistrale. Il est mort à 34 ans, probablement d’une overdose.

 

lane_staley

 

Avec mes camarades de Front 242, nous l’avons côtoyé pendant 2 mois en 1993 durant la tournée Lollapalooza, dont le principe était aussi simple que gigantesque : 8 groupes pour 40 concerts durant tout l’été dans tous les Etats-Unis. A l’affiche, il y avait également Arrested Development, Tool, Babes in Toyland, Rage against the Machine (qui ouvrait le festival et allait devenir énorme très rapidement par la suite), Dinosaur Jr et Primus. Outre une scène colossale, le festival déplaçait une gigantesque caravane de semi-remorques, un immense village de magasins, des centaines de personnes pour s’occuper du tout, et attirait chaque jour plus de 50.000 personnes. Bref, un summum rock’n rollesque, tendance Barnum, dans lequel Front 242 était non seulement le seul groupe électronique, mais également le seul groupe européen.

 

Dès le début de ladite tournée, mes camarades Patrick et Daniel déclarèrent tout de go au journal américain USA Today que la sono de ce gigantesque festival itinérant était médiévale, cardiaque et poussive, en un mot archi-nulle. Ce qui nous valut l’animosité générale de la part des techniciens de ladite sono et de tout le personnel de la tournée en général. Résultat des courses : dès ce moment et jusqu’à la fin de la tournée, notre caravane-loge se retrouvait systématiquement loin de la scène principale, au milieu des marécages, à proximité des égouts, ou en plein soleil au milieu des cactus. Etrangement, celle de Dinosaur Jr. n’était généralement pas loin. Nous n’avons jamais su s’il avait lui aussi fait des déclarations désobligeantes à l’encontre de l’organisation ou si cet état de choses était dû au fait que tous ses techniciens étaient européens (écossais et allemands).

 

De son côté, Lane Staley, qui avait une réputation d’individu difficilement manageable, vivait des moments pas tristes non plus ; il se déplaçait avec, pour lui tout seul, un tour bus (20 couchettes) alcohol free, un manager et un garde du corps, et passait l’essentiel de son temps à essayer d’échapper à ces deux derniers – ce à quoi il excellait - et à s’imbiber d’alcools forts pour combattre l’ennui profond qui suintait de cette tournée interminable. Il se trouve que, de l’alcool, il y en avait dans notre loge en bonne quantité, et Lane, dont le flair était légendaire et qui nous repéra très vite, prit donc l’habitude de nous y rejoindre dans le courant de chaque après-midi pour y terminer prématurément les bouteilles de gin et de vodka, en échange d’une apparition sur scène avec nous lors de Headhunter, où il se posait sur un monitor tel un corbeau inquiétant pour y brailler des cris qui n’avaient que peu à voir avec les véritables paroles du morceau, mais bon.

 

Au dixième jour environ de la tournée, nous le croisons vers 14h dans le village itinérant au bras d’une demoiselle japonaise tout à fait ravissante. Quelques instants plus tard, il nous rejoint - seul – dans notre loge pour entamer son imbibage journalier, et nous le complimentons sur la beauté de sa copine. Il nous déclare fièrement : « Ouais, un vrai canon, c’est la septième ». Nous lui demandons : « Ta septième copine depuis le début de la tournée ? ». Et il nous répond, sérieux comme un pape : « Non, depuis ce matin ».

 

Lane Staley, c’était un vrai.

22/11/2007

Où l'auteur fait entendre et voir l'une de ses chansons françaises préférées


François Béranger (1937-2003) - Les mots terribles

Où l'auteur cite un auteur de ses siens amis et prévient le lecteur : "On s'accroche, ça secoue!"

 

 

 

La dépression ? Quelle aubaine !

Je m’engourdissais

Dans le smegma du bonheur

 

 

 

Un chrysanthème de paix

Dans un ciel d’espérance

L’apocalypse nucléaire

 

 

 

A peine nées

Elles se suicident

Les fleurs du cerisier

 

 

 

Dormir

Célèbre la jouissance

De cesser d’exister

 

 

 

Des hommes en cravate

Emane volontiers

Une âme de crevette

 

 

 

Extraits de : Théophile de Giraud, Cent haïkus nécromantiques (préface de Jean-Pierre Verheggen), éd. Galopin, Spa (Begique), 2004.