16/06/2010

Où l'auteur montre un but handballistique si pas absolument inédit, en tout cas foutrement rarissime

Championnat de France Division 1 Française 2009-2010, rencontre Ivry-Chambéry : sur un tir contré par le gardien d'Ivry, F.-X. Chapon, le ballon rentre directement dans le but adverse. Bien que le ballon ait été frappé par la jambe du gardien, ce but est parfaitement valable et d'ailleurs validé. Etonnant, non ?

Et puis, un (petit) cocorico pour l'équipe nationale belge de handball qui, ce 11 juin, en battant le Luxembourg 29-25 dans le cadre de l'Euro 2011, a remporté sa première victoire depuis 6 (ou 7 ou 8) ans... avant de s'incliner face à la Turquie et à Israël et de ne pas se qualifier pour le tour suivant. 

Où l'auteur opine à la prose d'un grand auteur

Extrait du blog de Wanatoctoumi (en rubrique dans la colonne de droite, et chaudement recommandé) :

Autoportrait du pollueur
-----------------------
Mon métier consiste à polluer du fond des océans jusqu’à la surface. A
polluer le plus largement possible. C'est un métier de salopard. D'abord
parce que lorsqu’il est sur l’océan le salopard a envie de polluer la plus
grande étendue possible, ensuite parce que lorsqu'il y a plusieurs salopards
en surface, ils veulent tous polluer plus profondément les uns que les
autres. Un métier bestial.
Je suis pollueur.

Il y a eu le terminal pétrolier de Mina al Ahmadi, au Koweït (1991, 700 000
t), il y a eu la Plate-forme Ixtoc 1, dans le Golfe du Mexique (1980, 500
000 t), il y a eu un puits de pétrole, en Ouzbékistan (1992, 299 000 t), il
y a eu l'Atlantic Empress, à Trinité-et-Tobago (1979, 287 000 t), il y a eu
la plate-forme pétrolière n° 3, dans le Golfe Persique (1983, 250 000 t), il
y a eu l'ABT Summer, en Angola (1991, 260 000 t), il y a eu le Fortuneship,
en Iran (1987, 260 000 t), il y a eu le Castillo de Bellver, en Afrique du
Sud (1983, 252 000 t), il y a eu l'Amoco Cadiz, en France (1978, 227 000 t),
il y a eu le Son Bong, en Iran (1985, 200 000 t), il y a eu le Haven, en
Italie (1991, 145 500 t), il y a eu le puits de pétrole D-103, en Libye
(1980, 142 800 t), il y a eu le Barcelona, en Iran (1988, 140 000 t), il y a
eu l'Odyssey, au Canada (1988, 132 000 t), il y a eu le Torrey Canyon, an
Royaume-Uni (1967, 119 000 t), il y a eu le Sea Star, dans le Golfe d'Oman
(1972, 115 000 t), il y a eu le Texaco Denmark, en Mer du Nord (1971, 106
300 t), il y a eu l'oléoduc Kharyaga - Oussinsk, en Russie (1994, 104 400
t), il y a eu l'Urquiola, en Espagne (1975, 101 000 t), il y a eu le M.
Vatan, en Iran (1985, 100 000 t), il y a eu l'Irenes Serenade, en Grèce
(1980, 100 000 t), il y a eu les cuves de stockage, au Koweït (1981, 106 000
t), et maintenant il y a moi.
Je serai cette année le plus gros pollueur du Golfe du Mexique et, avec la
grâce de Dieu, l’an prochain aussi.

Je suis l’industriel le plus vorace de l’océan, le plus imprévoyant, le plus
irrespectueux, et mon travail consiste à fabriquer de la marée noire.
Tous les grands pollueurs fabriquent de la marée noire.
Polluer plus profondément, c’est polluer autrement ; de façon à semer la
panique et la désolation.
Faire peur. Dégorger de telle manière que les autres soient persuadés que
vous n’aurez pas de mal à contenir la fuite, jusqu’à ce qu’une corporation
entière dégorge comme vous.
Dans une vie de pollueur on ne peut inventer qu'une marée noire géniale et
une seule.
Le naufrage du Torrey Canyon a été vécu comme une véritable folie ; quarante
ans plus tard les vingt plus grosses pollutions pétrolières ont approché et
largement dépassé son record.
Maintenant il y a moi.

Être un grand pollueur est un état qui exige un abandon absolu de soi-même
et une désinvolture totale. Je souille à plein temps. Je souille en dégazant
au large de Cap Finistère avec mon tanker, l’été. Je navigue avec des
bateaux pourris jusqu’à la cale pour mieux répandre le fioul. Je souris à
l’armateur et au capitaine, parce que je sais qu’ils m’aident à répandre le
fioul. Je casse la tête du certificateur qui inspecte les navires parce que
je sais que cela m’aidera à répandre le fioul.
Prenez deux salopards à égalité de capital et de marge brute, sur la même
mer, mettez-les en face l’un de l’autre et c’est toujours moi qui pollue le
plus loin.
Le chenal qui commande l’entrée dans le Rail d’Ouessant, je le fais mille
fois par semaine. Les hauts fonds de 9 mètres de la Baie de Valdez, en
Alaska, ceux qu’on traverse avec un tirant d’eau de 17 mètres, je les fais
chaque soir avant de me coucher. Je sais tous les courants de la Mer du Nord
et à quinze knots, je m’y engage les yeux fermés.
Je me prépare aussi pour ces zones côtières réglementées et surveillées que
les tracasseries des autorités portuaires nous interdisent. Les anses
préservées qui permettent à un Erika, France, 1999, à peine 18 000 tonnes de
fioul lourd déversés, de faire crever près de 200 000 oiseaux.
Tout compte dans votre parcours.

Un jour, l’essentiel devient la résistance du tube. C’est le tuyau qui fait
la catastrophe. Vous avez gratté le budget de la vanne de sécurité, vous
avez choisi le tuyau simple plutôt que la conduite à double paroi, vous êtes
réjoui des économies réalisées et vous avez provoqué un large éventrement
parce qu’en plaçant le tube sur la vanne, vous avez surestimé de quatorze
kilos la résistance de la valve de surpression.
Quand je mange, je me salis, en dormant je souille mon pyjama. Je dégraisse
mes effectifs, je maximise mon profit. Mon Directoire et mes actionnaires
sont intraitables. J’affiche sans cesse à Wall Street mes gains de
productivité.
Lorsque l’administration me délivre l’autorisation d’exploiter, elle libère
des tonnes de travail. Après, il reste un pollueur dans l’océan qui n’a plus
ni retenue, ni principes, ni conscience et qui dégorge dans la mer pour
polluer plus profondément que les autres salopards.
C’est la règle.

Et puis, il y a le moment qui arrive forcément dans une vie, le seul moment
de vraie sérénité, de sérénité absolue. La sérénité du pollueur.
Un concurrent vous tient la dragée haute avec son énergie nucléaire, il
construit des centrales de plus en plus gigantesques et il fait cette
minuscule erreur de calcul, cette faute de prévention stupide (qui n’est pas
de négligence, puisque les pollueurs ignorent la négligence) qui élève la
température du cœur de quelques degrés au dessus de la norme. Et là, c’est
la vraie sérénité, la sérénité immense. Il a déjà un dégazage dans le
circuit d’eau pressurisée, puis très vite une fuite dans le circuit primaire
de sodium liquide et un début de fusion. Plus rien n’a d’importance, ce
n’est plus vous le pollueur, les médias se lâchent, les autorités bloquent
les alertes, vous savez qu’on prétendra que le nuage n’a pas franchi la
frontière.

Wana – le 15 juin 2010
------------------------
Réalisé d'abord au "104", à la Boutique de l'Oulipo, sur une trame "à trous"
d'H. Le Tellier.
Recomposé ici, sur le modèle du Descendeur de Paul Fournel.

15/06/2010

Où l'auteur s'inquiète vraiment de savoir s'il pourra un jour se marrer à nouveau sans arrière-pensée

Pour l’instant éclipsée par l’impact médiatique du Mondial de foot et de ses stars autistes aux salaires obscènes, c’est l’Apocalypse - et le terme n’est pas trop fort - qui a lieu en ce moment dans le Golfe du Mexique sous les yeux pas encore très ouverts de l'humanité débilitée aux sports de masse : la plus grosse catastrophe écologique de l’histoire, aux conséquences encore incalculables. Sale temps pour la planète terre et pour la race humaine ! Les crétins de BP, en forant dans les tréfonds du Golfe du Mexique, ont provoqué plusieurs fractures irréparables dans les fonds marins (18 repérées à ce jour), par où s’échappe non seulement du pétrole mais aussi des gaz hautement toxiques à des pressions impossibles à contenir par les techniques actuellement maîtrisées. Un cataclysme sans aucune commune mesure avec, par exemple, l’épisode Tchernobyl qui, par comparaison, sera bientôt considéré comme une aimable plaisanterie. Combien de dizaines millions de personnes seront évacuées de la côté Est des USA ? Quels impacts partout dans le monde, sur combien de milliards d’individus ? Cette catastrophe pourrait bien sonner le glas de l’hégémonie mondiale américaine. Et les évidences s’accumulent d’heure en heure, voyez les 3 liens ci-dessous en vous tenant bien à votre siège…

Bienvenue sur une planète de fous furieux qui ne sera plus jamais aussi agréable qu’à vivre qu’auparavant, pour autant qu’on ait pu lui trouver quelque charme jusqu’à ce jour.

 

http://clicks.aweber.com/y/ct/?l=HxVVJ&m=JegmQeAVBcDVtN&b=idX89Txb.WcmAAwv6Neyyg

 

http://beforeitsnews.com/story/76/057/Scientists_Warn_Gulf_Of_Mexico_Sea_Floor_Fractured_Beyond_Repair.html

 

http://www.dailymotion.com/video/xdnq3n_partie-1-lindsey-williams-explicati_news#from=embed

 

Et pendant ce temps-là, dans mon petit pays aussi insignifiant que surréaliste, les deux camps adverses, radicalisés à coups de propagande éhontée et de mensonges invraisemblable, fourbissent leurs armes pour de nouvelles joutes ridiculo-linguistiques.

 

07/06/2010

Où l'auteur annonce sobrement les festivités ruralo-locales à venir

Ce week-end dans mon village, c’est la fête : kermesse au cassoulet et tournoi de boules.

Une organisation du club des Joyeux Pétanqueurs (... on s'en doutait).

03/06/2010

Où l'auteur a tout à coup nettement moins envie de rigoler

Au lecteur aux tripes bien accrochées qui souhaiterait obtenir un éclairage édifiant sur la grandeur de l'âme humaine et la hauteur de ses ambitions, je conseille la lecture de ceci :

http://www.jp-petit.org/dangers/Armes_bacterio/armes_bact...

L'auteur, Jean-Pierre Petit, qui a développé un site considérable, sait de quoi il parle et en parle bien. Attention aux coeurs sensibles, il y a de quoi en faire de fameux cauchemars, par conséquent l'auteur en déconseille la lecture à fortes doses.

Où l'auteur, s'emportant initialement sur les cartons, finit par rebondir dans les fromages

La-men-ta-ble ! Hon-teux ! Sa-cri-lè-ge ! Que fait la justice ? Ou reste la police ? Que glande la milice ? A moi, Dieu ! Je hurle à l’infamie ! A l’arnaque ! Si personne ne bouge, je passe mon permis d’aviateur et je crashe un avion de ligne en guise de représailles !

 

L’objet du scandale : depuis des mois, j’amasse patiemment en mon garage-hangar, juste à côté de mes missiles d’ex-URSS, et en tas distincts, divers types d’emballages en carton que je collecte dans les entreprises des environs avec leur accord ; ceux dont je possédais jusqu’à hier, après décollage* / dépliage / aplatissage (phase dite « DDA »), le plus gros volume de feuilles cartonnées identiques, soit pas loin d’1m3, volume idéal pour envisager un meuble en carton massif, étaient des boites contenant 5 x 500 feuilles type/marque XXXXX (censuré, mais indice : le nom de la marque est l’anagramme de CHOIR, car c’est bien de chute qu’il s’agit dans divers sens du terme) PROFESSIONNAL A4 - 75g/m2, couleur jaune et rouge pour les boites (62x54cm), verte et rouge pour les couvercles.

 

Or, il se trouve qu’à l’occasion du dernier arrivage auprès de la société d’où je les collecte, (arrivage qu’on me dit) conditionné en une palette de 470 kilos pour 100.000 feuilles (ce dont on conclut qu’un feuille de papier pèse 4,7 grammes, c’est dingue, non ?), force me fut de constater que, sans tambour ni concertation ni trompette ni préavis, le fabricant a décrété unilatéralement que les cartons nouveaux seraient désormais différents des anciens**, et le résultat est proprement affligeant :

1)      les cannelures (ou ondulations donnant au carton son volume) de la boite ET du couvercle ne sont plus dans le même sens ;

2)      les dimensions de la boite sont différentes (hauteur ET largeur sont inférieures) ;

3)      après DDA de la boite, je constate que le carton ne forme même plus un rectangle parfait : l’une des 3 sections de la feuille est plus haute que les autres, et le résultat a l’air d’une croix aplatie ;

4)      la qualité du carton est notoirement moindre - le collecteur avisé s’en rend immédiatement compte au toucher : moins rigide, moins belle finition, c’est quasiment de la daube à la limite de l’inutilisable !

 

Bref, encore des économies sur le dos du consommateur via un rognage sur la qualité du produit - sans diminution de prix en contrepartie, bien entendu - qui rend l’emballage quasiment non-recyclable et dans ce cas-ci tue carrément dans l’œuf l’espoir d’un siège à naître dans un avenir proche qui s’envole à tire-d’aile vers un horizon de plusieurs mois, le temps qu’un carton d’une autre marque / dimension / texture atteigne le volume prescrit, puisque le stock précédemment constitué est impossible à augmenter à l’identique, et que je me vois donc contraint de le dégrader à la confection de meubles plus modestes du genre pouf ou tabouret alors que je nourrissais pour lui de bien plus hautes ambitions.

 

carto

Le fauteuil reporté dans le temps devrait ressembler à celui-ci (en moins bien fini, je débute).

 J’enrage. Je fulmine. Je bous.

 

 

Toutefois, un tel état ne me ressemble guère et n’est point tenable ni durable dans le temps**. Et mon naturel primesautier reprenant rapidement le dessus ainsi qu’il se doit, je me console en susurrant (susurrer : un s, 2 r) quelques ritournelles fromagères pour me remettre le cœur en joie.

 

A Ouagadougou

Un Gouda goûtu

Tout à coup

Roula dans la gadoue

 

Ah bin merde alors,

Y z’avaient l’air amers

Mais y z’ont l’air d’aimer

Le Leerdammer

 

Si tu mets un Roquefort

Dans un coffre-fort

Y d’viendra dur comme un roc

Et i’ sentira l’ croqu’mort.

 

plateau-fromages

Aucun des fromages sus-cités ne figurant ici, cette illustration ne sert à rien du tout.

 

Aaaaaah, du coup, ça va mieux.

Et c’est ainsi que se mène mon existence hebdomadaire (hihihi).

 

*après décollage des cartons évidemment, pas des missiles, faut suivre !

** expression(s) délicieusement pléonasmatique(s)

02/06/2010

Où l'auteur, puisant dans sa propre expérience, suggère une nouvelle méthode pour diminuer l'incivisme routier

Que le lecteur soucieux de conserver en permanence une longueur d’avance sur les développements de l’actualité s’entraîne dès à présent à mémoriser un nouveau terme certes un brin barbare mais qui sera explicité dans quelques secondes et ci-dessous avec toute la franche rigueur dont l’auteur est capable quand il se concentre vraiment sur ce qu’il raconte.

 

Ledit nouveau terme s’écrit et se prononce « Perdivéroukifonch ». Certes on dirait du Portugais, voire de l’Etrusque ou du Tibétain, mais répétez-le à haute voix dix fois de suite et vous verrez qu’il se retient fort bien. Je vois d’ici la complice pétillance illuminant instantanément l’œil des plus fûtés lecteurs de ce blog qui ont immédiatement compris, et je les en félicite car c’est effectivement le cas, qu’il s’agit là de l’abréviation d’une formule plus vaste*.

 

Le Perdivéroukifonch n’est rien d’autre que l’abréviation de « Permis de dissoudre les véhicules routiers qui font chier », un document au titre très explicite qui désormais s’impose et dont j’ai déjà entamé les prémisses de l’indispensable création officielle avec l’aide et la coopération des membres de ma famille et des très nombreux amis d’enfance qui occupent aujourd’hui la plupart des fonctions-clés au sein du gouvernement fédéral ainsi que dans les instances judiciaires, pénales et automobilaires de notre beau Royaume, c’est dire si j’ai les passe-droits moyens de mes ambitions.

 

Ce permis d’un genre nouveau serait octroyé à quelques personnes triées sur le volet, réputées ayant une bonne vue, dignes de confiance et de jugement sain (soit très exactement la description de l’auteur de ce blog, ce qui explique que le permis n° 001 lui soit d’ores et déjà promis), et s’assortirait de la mise à disposition du « Divérouquifonch » voir figure A (avec Di pour Dissolveur), une arme portative au plasma capable d’atomiser instantanément, et sans remuer les oreilles, des volumes de matières composites pouvant atteindre 100m3 ( = un gros camion ).

 

1

Figure A : Divérouquifonch. Aisément maniable à une seule main, idéal pour utilisation à partir d'un véhicule en mouvement.

 

La possession de ces deux attributs permettrait à chaque titulaire (en abrégé « PP » pour Porteur du Perdivéroukifonch) d’apporter une contribution décisive autant que bienvenue à l’ordre et au bien-être public en dissolvant sur-le-bitume (pour ne pas dire sur-le-champ car il est rare que les tracteurs in situ désobligent l’automobiliste moyen) les véhicules coupables de crétinerie(s) routières notoire(s) et caractérisée(s) telle(s) que :

-          bloquer un carrefour après s’y être engagé sans possibilité de pouvoir en sortir avant le changement des feux ;

-          conduite anormalement lente et/ou freinages intempestifs et injustifiés (en cas de doute, l’infraction est définitivement avérée si elle a pour effet de créer une file suiveuse de 50 véhicules ou plus) ;

-          rouler sur la bande de gauche ou du milieu d’une autoroute alors qu’aucune voiture ne circule sur les bandes plus à droite ;

-          manœuvre dangereuse, débile ou non-civique (p.ex. virer à droite sans clignoteur en coupant la route à un cycliste qui voulait continuer tout droit, ou s’arrêter en plein milieu d’une artère pour tailler la discute avec un piéton) ;

-          parcage témérairement inconsidéré (p.ex. en double file à 10 mètres d’une autre voiture en double file dans l’autre sens) ;

-          et tous actes routiers de nature et de conséquences avoisinantes.

 

Dans tous ces cas, le PP serait autorisé à agir de sa propre initiative et moyennant le respect de procédure légale et incontournable qui suit :

1) présentation du Perdivéroukifonch au contrevenant ;

2) explicitation au même en termes précis et circonstanciés de l’infraction constatée ;

3) annonce d’un préavis (optionnel) de 10 secondes destiné à l’évacuation du véhicule par ses occupants (ce préavis est raccourcissable, sans pouvoir être inférieur à zéro seconde, en cas de grossièreté ou de mauvaise foi notoire de la part du contrevenant ou de ses accompagnants - la fixation de la durée du préavis adéquat est dans ce laissée à l’appréciation souveraine du PP) ;

4) vaporisation de l’objet du délit sans autre forme de procès.

 

Dans tous les cas où le PP serait dans l’impossibilité de s’adresser directement au contrevenant (p.ex. parce que ce dernier aurait continué sa route après infraction), la procédure démarre directement au point 4).

 

Enfin, afin de garantir l’objectivité et l’équité de traitement pour tous, le PP s’engage à appliquer exactement les mêmes sanctions à son propre égard, s’il y a lieu.

 

Voilà. Ne doutons pas que la mise en œuvre de ces quelques mesures profitera au plus grand nombre en rendant nos routes plus sûres. Et si elle me vaut un jour une statue pour contribution notoire au mieux-être de l’humanité, je la souhaite gigantesque et en carton.

 

* « abréviation d’une formule plus vaste » = pléonasme, au même titre que « graduation progressive », « étapes successives » ou « errer un peu partout ».

01/06/2010

Où l'auteur, renonçant provisoirement à relater par le menu la magnifique conquête ouicandière de la Champions' League de handball par le valeureux THW Kiel, s'en tient à présenter un bête incident de course de voitures

Un lecteur m'ayant obligeamment fait remarquer qu'à défaut de q, un peu de spectacularité boosterait le nombre des consultations de ce blog - ce dont je me tamponne fondamentalement le coquillard en me grattant le ventre avec une plume de paon de l'an 40 -, voici toutefois une très jolie séquence de crash automobile enregistrée avec une débauche de moyens puisqu'on remarquera que c'est filmé du milieu de la piste, du bord de la piste, depuis la voiture juste derrière et depuis une autre voiture un peu plus loin derrière. Ca s'est passé ce week-end à Indianapolis (USA) et à 320km/h, le pilote qui transforme sa voiture en planeur s'appelle Mike Conway, il s'en est sorti avec une éraflure à la jambe, et la tyrannie de l'imagerie addictive spectaculaire et frissonnante est ici portée à son comble.

27/05/2010

Où l'auteur se livre à une réflexion quasiment métaphysique

Quand on voit les ravages que provoque un tsunami, on frémit à l’idée du désastre qu’occasionnerait le passage d’un tsunennemi.

26/05/2010

Où l'auteur fait voir de jolis cailloux qui rendent fort paisible son intérieur cossu

Ci-dessous de la labradorite. C'est une pierre très reconnaissable qui, sans éclairage direct, oscille entre des verts cuivrés quasiment reptiliens et des bleus profonds. Eclairée, elle se pare d'éclats jaune doré et bleu ciel comme ci-dessous. Mon rural appartement en compte des tas, et elles y mettent une ambiance reposante.
 
Comme disait Mr Géo Norge : "Je me suis fait des amis dans la race pierre" ...
 
lab1

25/05/2010

Où l'auteur se délecte des écrits de son auteur préféré

Dans le but de préparer une très sérieuse conférence sur l'Oulipo que je donnerai en septembre prochain devant un parterre de déjà connaisseurs auxquels je n'ai guère envie de raconter des andouilleries approximées et qui donc me contraignent à l'avance à repotasser la matière, je suis actuellement en train de relire La Vie, Mode d'Emploi du génial et givré Georges Perec et, bien évidemment, je me régale. Le petit texte ci-dessous est du même auteur, et celui de mes lecteurs qui n'identifie pas la contrainte sous-jacente est prié de résoudre 100 grilles de Sudoku force 9 avant de remettre les pieds sur ce blog - et je vérifierai !

Chapitre cent-cinquante-cinq (copie certifiée conforme)

Ça commença comme ça : certaines calomnies circulaient,

concernant cinq conseillers civils coloniaux : contrats

commerciaux complaisamment conclus, collaborateurs congédiés,

comptabilités complexes camouflant certaines corruptions

crapuleuses, chantages comminatoires, concussions

classiques... Croyant combattre ces charges confuses,

cinquante commissaires-chefs comiquement conformes (cheveux

châtain clair coupés courts, costume croisé, chemise couleur

chair, cravate café crème, chaussures cloutées convenablement

cirées) contactèrent certain colonel congolais causant

couramment cubain. « Cherchez chez Célestin, Cinq Cours

Clemenceau », chuchota ce centenaire cacochyme constamment

convalescent, « car ce célèbre café-concert contrôle

clandestinement ces combines criminelles ». Cinq commissaires

chevronnés coururent courageusement Cours Clemenceau.

Cependant, coïncidence curieuse, cinq catcheurs corpulents,

cachés chez Célestin, complotaient contre cette civilisation

capitaliste complètement corrompue. Ces citoyens comptaient

canarder certain chef couronné considéré comme coupable.

Commissaires certifiés contre champions casse-cou : choc

colossal ! Ca castagna copieusement. Conclusion : cinquante

clients contusionnés, cinq cardiaques commotionnés, cinq

cadavres ! Ce chassé-croisé cauchemardesque chagrina chacun...

 

Foutrement fortiche, pas vrai ?

 

24/05/2010

Où l'auteur fait pas rien qu'à raconter des balivernes

Contrepèterie du week-end : les balivernes d’Abaca (et sa rockante valeur). Je vous laisse réfléchir là-dessus.

 

Eurêka : j’ai enfin compris pourquoi un sucrier s’appelle un sucrier : c’est parce que le sucre y est ! Je l’aurais hurlé au monde ébahi… si j’avais su crier.

 

Très exact proverbe : "Quand tu fais quelque chose, tu auras contre toi tous ceux qui font la même chose, tous ceux qui font le contraire et tous ceux qui ne font rien".

 

La Belgique handballante a, comme à ses habitudes, pris trois roustes ce week-end (cette fois c'était dans le cadre des éliminatoires du Championnat d'Europe des moins de 18 ans), dont un cinglant 42-15 contre la Norvège. Je me console avec la victoire de mes chouchoux de l'USDK Dunkerque (en pleine perdition pour cause d'innombrables blessés) contre Nantes.

 

L’ancien champion cycliste déchu Floyd Landis révèle que le dopage est généralisé dans le cyclisme et que c’est Lance Amstrong (jamais pris) qui lui appris l’abc de la chose. L’UCI, jamais en retard d’une hypocrisie, feint de s’étonner et déplore. Il y a longtemps que j’ai cessé de m’intéresser à ce sport où le mensonge et la tricherie systématiques sont les passages obligés du succès, un peu comme dans la société mais en pire, si c’est possible.

 

Dimanche, à l'occasion de la fête du Maitrank (boisson typiquement ardennaise qui hélas ne passe plus bien du tout dans mes boyaux décatis, me forçant à un abstinage forcé qui grandement me désoblige), j’ai été (re)voir Daniel Hélin (qui me semble avoir disparu un bon moment avant son retour récent) en concert au Magasin 4. J’ai toujours aimé ce garçon pour sa présence scénique enthousiasmante, son humour déluré et ses textes supérieurement bien écrits. Si j’avais moi-même à défendre son répertoire sur les planches (ou à le mettre en scène), je m’y prendrais tout à fait différemment, mais je ne suis pas lui, mon avis on s’en fout et il fait ce qu’il veut. Cette légère réserve n’enlève rien à mon appréciation à son égard. Je lui ai acheté son dernier CD « Mallacoota » dont il a confectionné lui-même à la main la pochette en carton (vive le carton !) étant donné qu’il a résilié tous ses contrats et décidé de s’autoproduire. Les attitudes créatives courageuses méritent de l’attention et des bravos.

DH

Daniel Hélin

21/05/2010

Où l'auteur se souvient d'un groupe immense et toujours actif dont, 33 ans plus tard, il connaît encore par coeur toutes les paroles

L'inébranlable admiration que l'on voue à un artiste est l'un des plus sûrs moyens de devenir musicalement un vieux con (statut que j'assume et revendique fièrement et qui me semble infiniment préférable à celui de jeune con, engeance crétine par excellence dont certains spécimens n'hésitent pas à clamer haut et fort du haut de leur immense ignorance musicale que Joy Division c'est de la daube comme je l'ai lu récemment sur la toile), ce qui est un processus assez simple à décrypter : il suffit de tomber très jeune sur un groupe exceptionnel à la cheville duquel aucun autre n'arrive, et, à l'usure, se rendre compte que ça ne sert à rien de chercher mieux dans le même genre puisque ça n'existe pas, qu'ils (ils = ledit groupe) ont déjà tout fait et tout dit. Les quatre musiciens groupés que j'évoque ici n'ont cependant jamais vraiment connu le succès qu'ils méritaient (et dont je pense qu'ils n'avaient pas grand-chose à foutre), même si la liste des artistes qu'ils ont influencés - ou qui les ont carrément pompés - est interminable. Comme quoi la reconnaissance de ses pairs et celle du public ne vont pas nécessairement... de pair.

J'écris ce qui précède à propos du groupe anglais Wire : après avoir découvert par hasard leur 1er album Pink Flag dès sa sortie (et acheté, plus tard, leur chef-d'oeuvre 154 au moins 15 fois car je l'ai ensuite offert 14 fois - ou prêté à des gens qui ne me l'ont jamais rendu), je les ai vus en 1978 à Leuven pour l'un des plus mémorables concerts de ma vie. Le concert a commencé avec une heure de retard en raison d'une panne de courant, et durant cette longue attente l'un des spectateurs, également journaliste à En Attendant, qui avait sous le bras l'album Chairs Missing tout frais pondu, l'a fait signer par tous les spectateurs présents, dont le très pertinent et regretté journaliste Bert Bertrand qui allait périr assassiné à New York quelques mois plus tard. Il se trouve que par la suite, je suis devenu ami avec Colin Newman (le chanteur du groupe, rencontré à l'occasion d'une démonstration du sampler Emulator II acquis par Patrick Codenys et utilisé dans F242) et, longtemps après, avec le spectateur-journaliste en question, que j'appellerai par les initiales FD. Quand Wire est revenu concerter à Leuven en 2008, soit trente ans plus tard, ledit FD, sachant que j'allais les voir et lui-même empêché de faire de même pour raison d'agenda surchargé, m'a demandé de remettre au groupe son album signé par l'intégralité des spectateurs louvanistes septante-huitards, ce que j'ai fait après le concert (par ailleurs excellent quoique fatalement moins surprenant que le premier vu dans la même cité) dans les blanches mains de Colin qui m'en sembla fort ému.

 

Wire, Drill : putain de grave bon groupe, sur scène comme sur disque, et pourtant gravement mésestimé

20/05/2010

Où l'auteur lit des trucs gondolants, mais pas pour tout le monde, sur la crise économique

Lu ce jour sur le site de l’hebdomadaire Marianne, sous la plume de Laurent Neumann :

 

A priori, la crise qui secoue l’Europe ne prête pas vraiment à rire. Ou alors à rire jaune. Pourtant, quand on y regarde de plus près, il y aurait de quoi se gondoler.

 

Ainsi la pensée économique dominante nous a-t-elle seriné pendant des décennies que les marchés devaient s’auto-réguler. Ni règles, ni sanctions : laissez-nous faire, on se débrouille entre nous ! On a vu le résultat. Mais aujourd’hui, alors que notre Président de la République continue à se payer de mots, c’est Angela Merkel, la très conservatrice chancelière allemande, qui vient, après Barack Obama, président des Etats-Unis, de prendre de vraies mesures de régulation des marchés financiers pour s’attaquer – enfin ! - aux spéculateurs. Rires…

 

Le même cercle de la raison nous a vanté, pendant à peu près autant d’années, les vertus du désengagement de l’Etat des secteurs-clés de l’économie, à commencer par celui de la finance. Or, l’Etat est désormais appelé partout à la rescousse, y compris par les banquiers qui, hier, ont failli être engloutis par la crise des subprimes et qui, aujourd’hui, portent les milliards de la dette grecque. Fous rires…

 

Les mêmes experts, péremptoires, nous ont expliqué combien il était nécessaire, urgent, vital, de baisser les impôts. Au nom de quoi, d’ailleurs, on a instauré pour ceux d’en haut le moyenâgeux bouclier fiscal, pendant que ceux d’en bas, eux, devaient continuer, sans se plaindre, à être consciencieusement percés de flèches. Or, désormais, les économistes les plus savants, ceux-là mêmes qui n’ont pas vu venir la crise, justifient doctement l’impérieuse nécessité d’augmenter les prélèvements pour combler les déficits abyssaux laissés derrière eux par les Diafoirus de l’économie. Mort de rire… Mieux, et ce n’est pas un gag, un économiste renommé de la banque d’affaires Natixis, Patrick Artus, qui ne passe pas vraiment pour un gauchiste et qu’il convient ici de saluer chapeau bas, vient même de calculer qu’en alignant la taxation du capital sur celle du travail, l’on pourrait dégager en France la bagatelle de 100 milliards d’euros de recettes supplémentaires ! Cela fait juste dix ou vingt ans qu’on nous explique que cette hérésie est proprement inconcevable. Prière de ne pas rire trop fort.

 

De même, quand, au moment du passage à l’euro, certains esprits lucides osaient suggérer qu’une monnaie unique – et non commune – ne pouvait fonctionner sans une politique économique européenne concertée, l’orchestre de la pensée unique sonnait la charge contre les fausses notes des mal pensants. Aujourd’hui, les mêmes virtuoses du marché dé-régulé nous expliquent, toute honte bue, qu’un gouvernement économique européen s’impose absolument. Mieux, la Commission, disent-ils, doit contrôler les budgets des Etats. Et là, tout à coup, on ne rit plus…

 

De quel droit, en vertu de quels principes, devrait-on continuer à faire confiance à ceux qui, non contents de s’être trompés dans les grandes largeurs pendant tant d’années, ont conduit les peuples européens au bord du précipice ? José Manuel Barroso, sauveur de l’Europe ? Je ne sais vous, mais moi, je n’ai pas envie de rire du tout !

18/05/2010

Où l'auteur, qui suit de près l'actualité politique en France depuis plusieurs mois, trouve que Mr Jean-François Kahn est à la fois pertinent et drôle, et qu'il cause au moins aussi bien qu'il scripture

... et pour le blog du même, c'est ici.

 

16/05/2010

Où l'auteur ouicandement désoeuvré se tape des tas de films dont quelques-uns émergent

Ce ouicande prolongé, c’était overdose-rattrapage de films sur grand écran et en DVD, soit une douzaine dont j’en ai instantanément oublié la moitié , mais cependant retenu ce qui suit :

Cate Blanchett avantageusement teinte en brune fait dans le Robin des Bois de Ridley Scott (étant médiéviste de formation, tout film consacré au Moyen Age m'intéresse a priori) une Marianne irrésistible à côté d’un Russell Crowe à nouveau obligé de se refarcir, après Gladiator, un jeune souverain taré – et ce n’est pas le seul parallèle qu’on pourrait établir entre les deux films. A noter que les deux morts les plus notoires ont lieu par perforation de la gorge sur tir lointain, le second par RdB soi-même avec un arc mouillé au sortir d’un bain forcé sous la coque de deux navires avec à la fois les yeux pleins d'eau salée, la gueule en sang et la flèche qui part en vrille et au ralenti, c’est ça la magie du cinéma.

1918film20100105_152411_1_big

Dans "Erreur de la banque en votre faveur"Darroussin, Lanvin et Barbara Schulz campent des personnages auxquels on ne croit guère, j’ai noté un court passage digne d’intérêt avant de m’endormir rapidement : quand le banquier richissime et véreux croise devant sa banque un SDF qui mendie avec une pancarte « J’ai faim », il consulte sa montre et dit « Effectivement, il est déjà midi ».

Il y a deux acteurs français qu’on pourrait filmer immobiles pendant tout un film sans qu’on s’emmerde, c’est Yvan Attal et François Cluzet, qui excellent respectivement et notamment, l’un dans « Rapt » et l’autre dans « A l’origine », ce dernier étant à mes yeux un véritable chef-d’oeuvre. Pour le reste, il m'a nécessairement fallu voir un certain nombre de daubes obligées (ne fût-ce que pour, par contraste, mieux goûter la crème), notamment hollywoodiennes mais pas que, sur lesquelles, au lieu de les couper en rondelles à l'aune du bon goût objectif et considérable toujours de rigueur en ces lignes, je passerai un charitable silence pour consacrer mes forces déclinantes à de plus nobles et positives activités, comme par exemple celle qui consiste à finaliser la très définitive ritournelle du bûcheron annoncée quelques posts plus bas.

13/05/2010

Où l'auteur souligne l'intérêt manifeste, pour les artistes de scène, d'exceller dans au moins un sport de niveau raisonnable

 

Signer son arrêt de mottes

 

Il est parfois des organisateurs de festivals dont on se demande s’ils connaissent vraiment les groupes qu’ils invitent à leurs musicales agapes. En cette fin des années 90, Front 242, dont le management (entendez : nous) devait/devions également avoir omis d’ouvrir les yeux en signant le contrat, se retrouva à l’affiche d’un festival de … heavy metal, coincé entre deux groupes solides de chez lourd, Venom et Therion, ou l’inverse, sans garantie de certitude, mais en tout cas des chevelus qui font tourner leurs têtes en rond tout en hurlant et en grattant des guitares.

 

Je n’ai ni aversion ni inclinaison particulière à l’encontre du peuple jeanso-badgé-chevelu du monde du Metal, dont je me fous environ à l’exacte hauteur dont lui se tamponne du mien, mais je me doutais que la réaction de la majorité du public présent ce jour-là risquait de n'être que peu enthousiaste et que des manifestations de non-affinité notoire étaient à craindre dans leur chef en raison de l'inadéquation aussi manifeste des codes visuels respectifs. Effectivement, passé les premières minutes d’un compréhensible étonnement engendré par la totale absence sur scène de cheveux longs et de guitares stridentes, un certain nombre de spectateurs entreprirent, pour marquer leur désapprobation à l’égard de ce groupe venu d’ailleurs et nullement affilié à leur mouvance, de tenter de balancer sur scène (entendez : sur nos gueules) des mottes arrachées à la terre grasse du sol de dessous l’herbe car il pleuvinait et que la couche superficielle de Gaïa était humide ce soir-là dans ce coin reculé de la Germanie agricole.

 

Y avait-il péril en la demeure ? Certes il y eût pu, mais mon camarade Richard23 et moi-même eûmes à cette occasion l’opportunité et la présence d’esprit de remettre fort rapidement les pendules au milieu du village sous l’impulsion salutaire de nos considérables talents de sportifs de haut niveau que le monde entier de la zik électronique nous envie, et qui nous ont notamment permis de flanquer de solides dérouillées à tous les autres groupes footeux de la planète, c’est pas les Bollock Brothers ou Depeche Mode qui vont nous contredire.

 

Après plusieurs tirs tellement mal ajustés qu’ils ne passèrent même pas les barrières de sécurité (triste mais cohérent reflet de la situation du handball allemand complètement à la masse à l’époque), la première motte qui allait atterrir sur scène fut splendidement et instantanément explosée par une magnifique reprise de volée du pied droit de mon camarade chanteur-harangueur, également footballiste à ses heures, qui exécuta à cette occasion, sans arrêter de chanter, un superbe saut de carpe en ciseau qui lui aurait valu la première page du Bild s’il l’eût effectué dans le cadre d’une rencontre de la Bundesliga. Une demi-seconde plus tard, je prouvai que le handballiste que j’étais toujours à l’époque avait encore de beaux restes, en cueillant de la main gauche et en la relançant d’où elle venait, façon nonchalante quoiqu’autoritaire, sans sourciller ni bouger les oreilles, une motte destinée au batteur Tim Kroker qui cognait sur ses fûts quelques mètres derrière moi (et qui est teuton de ta race à toi, andouillesque et autoraciophobe patate de piètre lanceur de mes deux sur qui il faut pas !).

 

Le public hostile comprit instantanément que ses tentatives seraient vaines : la Belgique électro-sportive lui présentait un duo défensif infranchissable – et encore, Mr Codenys, qui fait le gardien de but footeux à ses heures, n’avait même pas eu besoin de rentrer dans la danse, puisque resté en réserve sur son podium en fond de scène - ; les tirs cessèrent aussitôt et définitivement, au grand soulagement du stage manager qui ne tenait nullement à ce que ses planches fussent transformées en auge à cochons, et qui nous remercia chaleureusement, lors de notre sortie de scène, pour notre sang-froid, notre sportive excellence et notre attachement à lui conserver un sol exempt de toute souillure même s'il était en l'occurence localisé par-delà les frontières de notre patrie chérie.

12/05/2010

Où l'auteur se trouve conforté dans sa ferme opinion que décidément, on n'est pas dans le brin

Extrait du remarquable blog de Mr Jean-François Kahn à propos du récent plan de sauvetage de l'Euro, intitulé "Plan de sauvetage ou sketche de Coluche?" :

On peut le regretter mais, faute que la seconde manifestation de lucidité, ou plutôt de bon sens, ait été le fait d’un dirigeant socialiste, c’est Marine Le Pen qui, avec les pires intentions du monde évidemment (j’exorcise d’avance le démon que l’Inquisition pourrait suspecter en moi), l’a exprimée. « On vient, a-t-elle déclaré, d’éteindre un incendie en arrosant d’essence le feu qui couvait ».
On pourrait décliner : pour échapper à une inondation on s’est jeté à l’eau. Pour résister aux Wisigoths on a fait appel aux Ostrogoths (Rome l’a fait). Pour défendre les libertés menacées on les suspend… provisoirement. Ou encore, pour se libérer d’une dette on la transfère sur sa carte de crédit !
Imaginons un instant les affres de n’importe quelle personne de bon sens qui cherche à comprendre quelque chose d’une façon générale à la crise financière qui a secoué l’Europe, et d’une façon plus particulière au remède que l’on a concocté. Qu’aura-t-elle retenu cette personne ?
Que plus les caisses sont vides et plus sont considérables les sommes que l’on est capable de mobiliser pour prendre le relais de leur vacuité.
Qu’on annonce être prêt à mobiliser tout l’argent dont on ne dispose pas pour sauver l’argent que l’on risque de perdre…
Que, à l’imitation du Sapeur Camember, on se dit prêt à creuser un énorme trou pour montrer qu’on est capable de combler, si nécessaire, des trous moindres…
Que pour mettre fin à d’inquiétantes suspicions on multiplie le danger par dix pour les rendre moins crédibles…
Que pour venir au secours de pays qui, pour avoir trop emprunté, pour combler leurs déficits, croulent sous leurs dettes, d’autres pays en déficit vont garantir ces dettes en se réservant la possibilité, pour ce faire, d’emprunter encore plus.
C’est un peu, en somme, comme la peine de mort qui revient à combattre le crime en tuant, ou la Croisade qui consiste à massacrer son prochain pour imposer une religion d’amour : là, on combat l’excès d’endettement en s’endettant.
Ce que Monsieur ou Madame Tout-le-monde traduira ainsi : des pays en manque de cash décident de mobiliser énormément de cash pour combattre les effets de ce manque de cash.
Mais où trouvent-t-ils l’argent ? s’interroge Monsieur Dupont ou Madame Michu.
Argent virtuel, leur répond-on. Mais des déficits et des dettes étant réels, comment peut-on exorciser du réel avec du virtuel sans prendre le risque que le virtuel se transforme en réel ? Autrement dit, ce qui a été décidé à Bruxelles revient, du moins virtuellement, à créer de la monnaie. Et donc, si besoin était, c’est-à-dire si les pays que l’on aide connaissent une défaillance, à recourir à l’inflation pour éponger leurs dettes.

L'auteur ne s'inquiète pas pour sa petite personne, mais plutôt pour les petites gens et les moins bien lotis qui, infailliblement, vont le plus souffrir des inévitables plans d'austérité que nous infligeront incessamment les ineptes qui se disent nos 'dirigeants' et qui sauront, eux, comme ils l'ont toujours fait, se mettre perfidement à l'abri des mesures de redressement destinées à tous les autres.

Où l'auteur, à qui personne n'a rien demandé, tente carrément une première ébauche de testament

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours adoré Kraftwerk, Raymond Devos, Pierre Desproges, Georges Perec, le bois, les livres de Pierre Hasaerts et le handball, cru dur comme fer en un Dieu assez peu catholique, eu de l'estime à l'égard des humoristes en général et des enseignants, aimé le chocolat et l'écriture, et voté écolo parce qu'il n'y avait pas de meilleur choix. Sur le tard, j'ai appris à aimer les légumes, rencontré les oeuvres de Géo Norge et Peter Greenaway, et vu le film Magnolia. Tout le reste, hormis quelques rencontres magnifiques (sur lesquelles repose à jamais un voile résolument pudique) et hasards fabuleux, est secondaire.

10/05/2010

Où l'auteur subjugué fait le point sur les progrès fulgurants d'une équipe de pionniers qui s'est mis en tête de conquérir l'espace

Quelques images valant mieux que de longs discours, voici comme annoncé l'état actuel de la recherche spatiale en République Démocratique du Congo.

D'abord, un franc succès avec le lancer de la fusée Troposphère 4 :

Ensuite, un autre franc succès avec la lancer de Troposphère 5 :

Elément troublant : le nom du chef de l'équipe des scientifiques a varié dans le temps : de IKEKA dans le 1er reportage, il est devenu KEKA dans le second. Je parierais que son vrai nom c'est plutôt IKEA. 

 

 

09/05/2010

Où l'auteur propose une contrepèterie vachement jolie, même pas vulgaire et quasiment métaphysique

 

Ne dites pas :

Le coma éthylique ?

Dites :

Le comique est-il là ?

Ce lundi, nous ferons en images le point sur la conquête spatiale au Congo.

03/05/2010

Où l'auteur, après un sondage intensif auprès des représentants les plus significatifs de la profession sylviculteuse, et dont il garantit le sérieux et la remarquable représentativité, livre ici un Best Of original et inédit

Voici donc le Best Of du Bûcheron* (extraits) gracieusement agrémenté de liens internettesques pertinents toutefois limités à 20 car telle est la règle imposée :

Animal préféré : le boa

Arbre barbouilleur préféré : le ça peint

Arbre fatiguant préféré : le bouleau

Auteur Classique préféré : Jean Racine

BD préférée : Sillage

Carrière rêvée : engagement dans la fonction publique pour pouvoir se contenter de mini-stères.

Champagne préféré : Michel Fagot

Chanson anglo-saxonne préférée : OMD « E(no)la Gay »

Chanteur français débutant préféré : Julien d’Orée

Chanteurs français non débutants préférés : Jacques Dutronc, Maxime Leforestier 

Chanteuse préférée : Marie Laforêt

Chien célèbre préféré :Lassie

Compositeur classique préféré : Jean-Philippe Rameau

Devise / maxime préférée : « Tout me fait scier »

Devise tennistique préférée : pour remporter la manche, faut cogner

Etat psychologique détesté : être abattu

Film préféré : Massacre à la tronçonneuse

Fromage préféré : le rondin de brebis

Guide touristique préféré : Le Petit Fûtaie

Homme politique préféré : George W. Bûche

Insulaires préférés : Les Corses

Joueur de basket préféré : Hervé Dubuisson

Joueur de handball préféré : Sébastien Bosquet

Historien préféré : Charles Petit-Dutaillis

Lettre préférée : H

Metteur en scène de théâtre préféré : Jacques Copeau

Nid d’espions pontifical préféré : La Sapinière

Note de musique préférée : si

Outil préféré : la perceuse (parce qu’on y met des forêts)

Parfum préféré : Boucheron

Partie anatomique préférée : le fendu

Passe-temps favori : dormir comme une souche

Pâtisserie préférée : tout ce qui est fourré

Paysagistes Français préférés : Henri et Achille Duchêne

Personnages de BD préféré : Olivier Delabranche (dit aussi Génial Olivier)  / Robin Dubois

Phrase célèbre préférée : "Hêtre ou ne pas hêtre…"

Pire crainte de santé : devenir dur de la feuille

Pire hantise financière : qu’on débite son compte

Récompense Sportivoprofessionnelle préférée : la Coupe des Coupes des coupes

Sculpteur préféré : Auguste Ro(n)din

Transport public wallon préféré : les TEC

Type d’écriture préférée : avec des sciures de mousse

XXX-actrice (à la retraite) préférée : Brigitte Lahaie

 

Renversant, convenons-en, non ?

 

*Que le lecteur pardonne à l'auteur son orthographe parfois approximative qui ne vise à rien d'autre qu'à renforcer la congruité de son propos.

 

28/04/2010

Où l'auteur, blasé et revenu de tout, s'étonne cependant

Je reçois régulièrement de certains membres de mon lectorat des mails de nature diverse auxquels je réponds ou non selon l'humeur du moment qui m'incite fort souvent à fermer ma gueule et à ranger ma plume. J'ai déjà, par ailleurs et par curiosité, essayé de lire mon blog traduit en anglais par un logiciel en ligne, ce qui, en raison des innombrables biscornuités et libertés que je me permets par rapport au français classique le petit-doigt-en-l'air et proute-ma-chouère, produit un texte à peu près incompréhensible. J'en ai un peu trop hâtivement conclu que je n'étais lu, outre par les gens de ma famille, que par un quarteron d'irréductibles francophones siphonnés au cerveau à peu près aussi tordu que le mien. J'avais tort, comme le prouve le mail ci-dessous.

Dear Jean-Luc,
I`m an attentive reader from your blog, since over 20 years
a great fan from your music and on this way I want to thank
you for coming with Front 242 to Hamburg 17.04. Markthalle.
It was a great event for me, first time see you live - my
birthday - PERFECT. Thanks so much!
Since I`ve heard your voice first 23 years ago, I love it - and I
think it remains till I`m old and grey.
I hope you do a lot of ingenious music in the future, write funny and
serious blogs to read and I wish you all the best in your life.
Have thanks for all - you`re great!
Kind regards from the edge of Hamburg
Gaby

Je dis respect, parce qu'il ne me viendrait pas à l'idée de suivre (au hasard) le blog de Jean-Louis Jossic s'il écrivait en breton.

Où l'auteur pourtant plein de belle et bonne volonté tombe dans un guet-apens dont il s'extrait dans l'abruptage mais avec la ferme conviction d'avoir bien fait

 

J’eus récemment l’occasion de dialoguer avec un jeune musicien débutant qui, averti de la longévité de ma carrière dans l’industrie musicale par un traître de mon entourage à qui je recommande pourtant de mentir effrontément sur mes activités réelles afin de préserver la tranquillité ouatée de ma vie privée, avait sans doute en tête de m’extorquer quelque confidence, adresse utile ou coup de pouce pour booster la sienne, de carrière.

 

L’individu en question a 18 ans et il travaille de façon conventionnelle : il utilise des sons d’usine qu’il extrait de CDs vendus dans le commerce, il assigne ses sons sur un clavier, compose ses morceaux sur son ordi via un logiciel prévu à cet effet, mixe le tout et sort le résultat en CD. Comme il avait l’air très fier de son savoir-faire qu’il semblait trouver fort peu banal, je me gardai bien de lui annoncer que c’est une manière de travailler qui date d’il y a environ 30 ans et qu’il y a probablement aujourd’hui dans le monde pas loin d’un bon demi-milliard d’individus qui font pareil. Sa musique fait boum-boum-bam-bam-pof-tchok, il la classe dans le genre R’nB électro, son entourage se pâme à l’écoute de ses CD (dit-il), les filles dorment par paquets de douze sur son paillassons (dit-il), il est tenu à l’œil par des tas de grosses firmes de disques (dit-il), je parie qu’il rêve de disques d’or et de grosses villas avec la piscine et les pouffes autour, bref il a déjà un melon considérable et un container de baffes qui l’attendent au tournant.

 

A mes oreilles, sa production sonne comme une sorte de bouillie rap-disco lourdingue à l’écoute de laquelle il me semble que tout être humain normalement constitué devrait s’attacher par pure charité à extirper farouchement de son auteur les germes de la maladie infectieuse qui l’incitent à pondre de tels miasmes, mais bon, mon avis étant probablement celui d’un vieux dinosaure aigri, à moitié sourd et non averti des tendances récentes de la dernière zik branchée dont il faut dire aujourd’hui qu’elle est mégabonne sous peine de passer pour le dernier des ignares (c’est curieux, ce genre d’attitude existait déjà de mon jeune temps quoique se déclinant avec d’autres vocables), je me la suis shuntée un bon coup et, optant pour un silence bienveillant à l’égard du résultat final qui venait d’envahir mes portugaises à ma plus grande répugnance, je poursuivis primesautièrement la conversation comme si de rien n’était en tenant de l’engager sur des terrains plus fertiles.

 

Après avoir rapidement dépassé les aspects technico-pratiques, je m’enquis donc auprès de l’écervelé de ses motivations profondes (chacun sait que l’impulsion initiale d’un projet est absolument prépondérante durant toute l’existence de celui-ci qu’elle contient déjà en germe, à l’instar de la graine minuscule qui intègre le plan superbe et à venir du chêne majestueux qu’elle deviendra au fil du temps par les effets conjugués de la photosynthèse et d’un tas d’autres phénomènes chimiques compliqués auxquels je n’entrave rien, j’ai toujours été nul en sciences). Il me répondit qu’il faisait de la musique "comme celle qui marchait" parce qu’il était convaincu d’être ainsi rapidement en mesure de gagner beaucoup d’argent en vendant ses morceaux instrumentaux à des vedettes à la mode qui allaient certainement lui en offrir des fortunes (d'où les filles sur le paillasson, parce que les filles qui devinent le pognon ça envisage et ça calcule avec une sournoisité qui frôle la chafouinure).

 

Dans un premier temps, je dus me cramponner fermement à ma chaise pour n’en point choir. Ensuite, j’eus beau multiplier les tentatives d’ouvertures de portes tous azimuts, en presque une demi-heure je n’obtins pas un mot, pas une virgule, pas même un point de suspension sur les considérations autrement plus fécondes et essentielles que sont au hasard l’exaltation de la création, l’excitation de la recherche, les trépidations de la composition, l’esquisse d’un prémisse de pressentiment qui répondait à l’appel d’une vocation émanant du plus profond des désirs de l’âme, l’évocation d’une inspiration capricieuse et abondante qui le tarauderait 24h/24 au point de se réveiller transi en pleine nuit avec l’irrépressible envie de composer du boumtchak là, maintenant, tout de suite... ou encore toute autre approche qui aurait témoigné, même de loin, même à dose homéopathique, d’un brin de hauteur de vue, de panache, d’élégance ou de classe : rien, nada, que dalle ; à chaque fois, avec une obstination sidérante et une non-entendance abyssale, l’olibrius m’a systématiquement ramené sur les seuls aspects mercantilement vénaux de son travail, en ajoutant que pour chaque morceau, partant de zéro, s’il n’avait pas un produit fini (entendez : vendable) après un quart d’heure, il jetait tout à la poubelle et partait regarder la télé.

 

Après un moment déjà trop long, et malgré mes dispositions initialement fort bien mises à son égard (ce qui m’étonna moi-même : je me réjouissais déjà de devenir, avec l'âge, asocial et bougon voire insupportable et infréquentable, et c'est le contraire qui se passe), quand je m’aperçus qu’il avait irrémédiablement tout dit depuis longtemps et me resservait sans cesse la même ritournelle, je coupai abruptement court à la conversation pour regagner mon rural et quiet logis, bien décidé à ne jamais lever le petit doigt pour aider ce cuistre en quoi que ce soit.

27/04/2010

Où l'auteur sa fait l'écho de la recette d'un cocktail particulièrement corsé : la gloutonnerie sans scrupules des financiers + l'inertie des politiques + la passivité des masses populaires = un super piège à cons où nous marinons tous

 

Extrait du blog http://www.superno.com/blog/

 

Les banksters nous pissent à la raie, protégés par nos politiciens bonimenteurs.  

 

Marc Fiorentino est trader, et fier de l’être. J’avais déjà parlé de lui, et pas en bien [...] Mais on doit au moins lui reconnaître deux choses : d’abord ne pas varier dans ses déclarations, puisqu’il affirmait déjà il y a un an que rien n’avait changé dans la finance mondiale; et de ne pas pratiquer la langue de bois lorsqu’il est devant un micro.

 

La preuve ce midi, chez Bernard Thomasson sur France Info. Il était invité à parler de Goldman Sachs, la plus célèbre des banques d’affaires de Wall Street. Elle est visée par un nouveau scandale, après avoir été montrée du doigt en Europe pour avoir poussé la Grèce au surendettement (avant accessoirement de spéculer sur sa chute), Goldman Sachs est désormais traînée en justice aux Etats-Unis pour avoir conseillé à des pigeons clients d’investir dans des produits financiers pourris, tandis qu’ils recommandaient à un autre client plus lucratif, un hedge fund, de spéculer à la baisse sur ce même produit.

 

Fiorentino commence par dédouaner d’une certaine manière Goldman Sachs, arguant du fait que son comportement, pour scandaleux qu’il soit, n’a rien de très différent de celui de ses concurrents. En gros, tout le monde fait la même chose, dans le même but : le maximum de profits dans le minimum du temps, la fin justifiant les moyens.

 

L’ensemble de l’interview est intéressante, mais à partir de 8mn45 environ, ça devient grandiose. Voici la retranscription intégrale de la fin.

 

- Bernard Thomasson : “Quel avenir pour Goldman Sachs, il y a un risque réel, pour eux ?

 

- Marc Fiorentino : “Non, aucun, je pense qu’on va se retrouver dans une… On est dans la commedia dell’arte, hein, on est dans le grand guignol, là, tout le monde va hurler, tout le monde va pousser des cris, d’ailleurs je…”

Bernard Thomasson : “C’est pas très rassurant, ce que vous dites, parce que le G20 nous dit on va…”

 

- Marc Fiorentino : “C’est ce que j’allais vous dire, le G20 nous dit ça depuis deux ans, je voudrais vous demander …”

 

- Bernard Thomasson : “C’est peut-être long à mettre en place, non ?”

 

- Marc Fiorentino : “Je voudrais vous demander ce qui a été fait depuis deux ans. On nous a dit : “on va lutter contre les hedge funds”, la semaine dernière les chiffres sont parus sur les hedge funds, ils n’ont jamais autant collecté d’argent que cette année, ils sont proches de leurs records. “On va lutter contre les bonus”, l’année a été l’année record pour les bonus. “On va lutter contre les paradis fiscaux” : ils sont toujours là, ils sont juste passés de noir à gris puis de gris à blanc, on ne sait pas par quel miracle. “Et on va lutter pour la réglementation financière”, et on vient d’assister au G20 finance ce week-end, et à la sortie du G20 finance, quel a été le communiqué ? Le communiqué a été de dire : on ne s’est mis d’accord sur rien, parce que notamment le Japon, le Canada, et l’Australie ont dit : aucune réglementation financière.”

 

- Bernard Thomasson : “Donc les politiques nous mentent.”

 

- Marc Fiorentino : “Les politiques nous mentent, les politiques nous abreuvent d’histoires. On a vu combien de G20, combien de déclarations d’Obama depuis qu’il est là en disant : “Attention Wall Street, tremblez, voilà, j’arrive” ? Il avait dit ça, c’était son premier discours dès qu’il avait été intronisé, il avait dit qu’il lutterait contre les bonus, et il se trouve que les bonus ont été les plus élevés”

 

- Bernard Thomasson : “Imaginez ce que pensent les gens qui nous entendent en ce moment, ils vont se dire, mais qu’est-ce qu’il faut faire, il faut faire la révolution, il faut aller brûler des banques, faut… ?”

 

- Marc Fiorentino : “Je suis toujours assez surpris de voir que finalement il n’y a jamais de manifestations devant les banques, je trouve ça assez étonnant.”

 

- Bernard Thomasson : “Voilà, Marc Fiorentino, moi je suis surpris de vos propos, vous qui avez dirigé des banques américaines en Europe…”

 

Voilà. Et c’est un expert de la finance qui le dit. Les politiques nous mentent, les politiques sont des escrocs, les politiques ne sont là que pour mettre en place ce que les dogmes du libéralisme prévoient.

 

La crise financière, provoquée par la cupidité insatiable des banksters, ce sont les contribuables, les électeurs ordinaires, qui vont la payer, trois fois : une première fois en cash, pour boucher les trous en urgence. Une deuxième fois par la crise économique qui en découle. Et une troisième fois par le sabotage de ses services publics et sociaux “nécessaire” pour résorber le déficit creusé par la “crise”. Et pendant le déroulement du hold-up, les Sarkozy, les Lagarde et les Woerth monopolisent l’antenne pour expliquer que l’affaire est sous contrôle et qu’ils travaillent dans l’intérêt des gens.

 

Dans un pays comme la Grèce, le phénomène est très accéléré. La stupidité et la cupidité de ses dirigeants, conseillés par Goldman Sachs, a poussé le pays à la faillite. Sous prétexte de résorber le déficit budgétaire, les “Grecs d’en bas”, qui n’y sont pour rien, vont devoir payer de leurs salaires, de leurs retraites, de leurs services publics, le fruit des malversations de leurs dirigeants et des banksters.

 

De même la raison principale du sabotage programmé des retraites françaises n’est pas la démographie ou autres foutaises dont on nous abreuve pour faire passer la pilule, c’est la volonté de ne pas déplaire aux marchés financiers et en particulier aux agences de notation (dont l’incompétence, la corruption et la responsabilité dans la crise sont notoires) afin de continuer à pouvoir emprunter de l’argent à un taux bas.

 

Fiorentino l’a dit clairement, les Obama, les Sarkozy, ont brassé de l’air à grand moulinets, mais ils n’ont strictement rien changé ! Ils n’en avaient d’ailleurs aucune envie, leur seul but était de détourner l’attention des électeurs. La situation des financiers est strictement la même qu’avant la crise, leurs objectifs et leurs moyens sont strictement les mêmes. Et ce sont toujours eux qui dictent leur loi au reste du monde.

 

L’objectif reste à la croissance et au crédit infinis. Et tout le monde s’en fout.

 

Nos politiques ? Les rois de l’enfumage et de la diversion : pendant qu’ils couvrent les agissements des banksters, et aiguisent en douce leurs couteaux contre les retraites, ils viennent de lancer, suivis en masse par l’ensemble de la presse, un débat psychédélique : “Peut-on conduire avec une burqa ?” Ou alors, variante : “Peut-on aller aux putes quand on est dans l’équipe de France de foot ?”

 

Certes, l’histoire les jugera. Mais en attendant, sommes-nous si cons que ça ? En Grèce, la révolte gronde. Un peu. Allons-nous attendre sagement que notre tour vienne ? Attendre passivement la prochaine “crise” ? Allons nous remplacer Sarkozy par DSK, qui est peut-être encore pire ? A quand, sinon la révolution, du moins, pour commencer, la première manifestation devant une banque ?

 

Un jour, bientôt, tout ça va faire boum, que je dis moi. Et même un très gros boum.

 

Pour le lecteur qui voudrait suivre les innombrables péripéties de l'apocalypse financière qui a lieu en ce moment sur la planète, le blog de Pierre Jovanovic. Surréaliste.

Où, perché au sommet de son infinie sagesse, l'auteur prodigue son indispensable conseil du jour

Si vous souhaitez conseiller à un camarade infortuné qui vient de perdre son emploi de canaliser sa frustration en allant abattre un arbre*, ne lui dites pas :

 

Si t’as perdu ton boulot,

Venge-toi sur un bouleau,

 

mais dites lui plutôt très vite, parce que c'est plus rigolo :

 

Si t’es cassé qu’on t’ait saqué, t’as qu’à scier un acacia.

 

 

* ce qui n’est guère écologique, mais, après tout, à chacun sa méthode.

 

26/04/2010

Où l'auteur avoue qu'il est irréductiblement fan de Jean-Baptiste Camille Corot

De par la grâce de mes parents qui se sont toujours intéressés à l'art et possédaient une fort belle bibliothèque dont j'ai exploré toutes les pages lors des très longues heures de ma jeunesse qui eût sans elles (les pages) été nettement plus chiante, je suis tombé dès que je sus lire dans la contemplation extatique et enchantée de nombre de magnifiques ouvrages superbement illustrés autant que bien écrits dans lesquels j'ai découvert quantité de peintres merveilleux dont Jean-Baptiste Corot (1796-1875) n'est pas le moindre ; ses paysages m'ont toujours fasciné, je ne m'en suis jamais lassé, et je m'y abîme encore aujourd'hui avec toujours autant de vertigineuse tourbillonnescence que jadis. Charles Baudelaire, qui ne fut jamais très loin de ses contemporains talentueux, a dit avec raison de son oeuvre qu'elle était "un miracle du coeur et de l'esprit". Comme Le Pont Auguste à Nera (ci--dessous) m'est repassé sous les yeux (et le coeur) tout récemment, et me rappelant que la dernière oeuvre de Mr Corot, peinte l'année de sa mort, s'intitule Les Bücheronnes, je m'attelle donc présentement à l'écriture - à sa mémoire - d'une chanson comico-troupière consacrée auxdits travailleurs sylvestres.

Bref, ça va scier. Résultat de ces élucubrations dans ces colonnes d'ici peu.

Corot-Narni%20Le_pont_d_Auguste_sur_la_Nera

 

Corot-Maison_pres_d_Orleans

25/04/2010

Où l'auteur n'ayant pas le temps d'écrire des vannes se dit qu'après tout compter c'est aussi rigolo (et peut-être même plus rapide)


Petites curiosités mathématiques citées sur la Liste Oulipo :

1 x 1 = 1
11 x 11 = 121
111 x 111 = 12321
1111 x 1111 = 1234321
11111 x 11111 = 123454321
111111 x 111111 = 12345654321
1111111 x 1111111 = 1234567654321
11111111 x 11111111 = 123456787654321
111111111 x 111111111 = 12345678987654321

1 x 9 + 2 = 11
12 x 9 + 3 = 111
123 x 9 + 4 = 1111
1234 x 9 + 5 = 11111
12345 x 9 + 6 = 111111
123456 x 9 + 7 = 1111111
1234567 x 9 + 8 = 11111111
12345678 x 9 + 9 = 111111111
123456789 x 9 +10 = 1111111111

9 x 9 + 7 = 88
98 x 9 + 6 = 888
987 x 9 + 5 = 8888
9876 x 9 + 4 = 88888
98765 x 9 + 3 = 888888
987654 x 9 + 2 = 8888888
9876543 x 9 + 1 = 88888888
98765432 x 9 + 0 = 888888888

1 x 8 + 1 = 9
12 x 8 + 2 = 98
123 x 8 + 3 = 987
1234 x 8 + 4 = 9876
12345 x 8 + 5 = 98765
123456 x 8 + 6 = 987654
1234567 x 8 + 7 = 9876543
12345678 x 8 + 8 = 98765432
123456789 x 8 + 9 = 987654321

Pas banal, hein ?


Question réservée au lectorat bruxellois : que dit, pour l'encourager, un Bruxellois à un ami musicien qui va monter sur scène  ?

Réponse : "Kick ass, peï !"

 

20/04/2010

Où l'auteur de retour de tournée pense et dit du bien d'un groupe belge épatant qui faisait inopinément du bruit dans les mêmes salles que lui

 

La semaine passée, tournée de 5 dates de Front 242 en Allemagne.

 

Business as usual ? Not exactly.

 

D’abord, parce que renouer avec une série de concerts dans des salles moyennes (chacune tournait autour des mille places) plutôt que sur des scènes énormes de festivals, c’était se retrouver au contact rapproché du public, ce qui a toujours été la position préférée du groupe.

 

Ensuite et surtout, parce que nous avions en première partie, outre les germanovétérans d’Orange Sector déjà connus de la plupart des (fort nombreux) spectateurs présents, la crème de la belgozik électromontante, à savoir le duo Soldout qui a ainsi effectué ses premiers pas sur le sol teuton face à un public pas forcément conquis d’avance, mais que Charlotte et David ont su convaincre et enthousiasmer grâce à leurs prestations mélodiques, vitaminées, et chaque soir plus affirmées. Outre qu’ils sont mignons tout plein, magistralement bien assortis, foutrement charmants, rigolos et tout, nos deux lascars sont bien aidés par leurs complices Gaëtan (au son, une bête) et Fred (à la vidéo, une brute) avec qui ils forment un quatuor aussi efficace sur scène que discret (et modeste) en dehors. Croyez-le ou non, même pour les vieux dinosaures que nous sommes, se retrouver sur la route avec des compatriotes talentueux et avenants est un plaisir rare que nous avons savouré avec l’exquisité qui se doit, et je pense que ce fut réciproque. A cet égard, un indice qui ne trompe pas : d’habitude nous ne regardons nos premières parties que distraitement, quelques minutes (voire secondes), depuis les coulisses ; cette fois, nous avons regardé la quasi-totalité de leurs 5 concerts depuis la salle. Et je ne vous raconte pas les délires communs d’après-concert. Ils ont tapé dans l’œil de plusieurs organisateurs présents, et il y a d’ores et déjà des plans pour que nous re-concertions avec eux dans d’autres pays.

 

soldout9665b

La moitié fredonnante de VenduDehors - photo Dominique Houcmant

Bref, une semaine de pur bonheur, avec du gros cartonnage à la clé. Trentième année dans l’électrozik, toujours autant de monde aux concerts avec la même frénésie inextinguible, aucune trace d’ennui à l’horizon, et le plaisir renouvelé et croissant de continuer l’aventure. C’est quasiment un rêve.

 

Soldout joue ce mercredi 21 avril à 23h10 à Louvain-la-Neuve et, sauf décès inopiné ou troisième guerre mondiale, j’y serai.

 

ps : à l'expérience, aux causes possibles de concerto-non-assistance, j'aurais dû ajouter l'endormissage inopiné sur mon confortable divan quelques minutes à peine avant de prendre la route pour rejoindre l'endroit des festivités. Comme quoi, à mon âge avancé, et plus que jamais, la vigilance s'impose. 

29/03/2010

Où l'auteur, entérinant que les valeurs de liberté, de fraternité et d'égalité sont laminées au pays des lumières, poste quelques écrivages qui lui semblent intéressants à faire partager

Si les gens savaient par quels petits hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite (Talleyrand)

 

Les financiers ne font bien leurs affaires que quand l’Etat les fait mal (Talleyrand).

 

Le jour où la merde vaudra de l’or, le cul des pauvres ne leur appartiendra plus (Henry Miller)

 

Micro Cosmos (métaphore)

 

Nous avons tous aperçu cette scène du film Microcosmos, tourné à raz du sol parmi les insectes de la prairie, où le bousier, obstiné, s’évertue à rouler une boule de crottin vers on ne sait quel but…

Il la pousse consciencieusement en s’arc-boutant sur elle avec ses pattes arrières, sans tricher avec l’instinct qui le commande, il pousse, pousse, tombe dans un trou, se redresse et reprend, infatigable, sa marche à reculons, sans talonnettes…
Il rencontre un obstacle, une épine qui vient s’empaler, un soir d’élection, dans sa précieuse boulette de crottin… mais il pousse dessus, s’énerve, s’excite, s’empalant un peu plus à chaque mouvement… puis contourne l’obstacle, dégage sa boulette de crottin, quitte à abandonner un petit morceau de taxe carbone en chemin… Et il reprend son cheminement pénible, à petit pas saccadés, obstinément vers on ne sait quel but.
Le bousier ne sait pas vraiment où ces errements le mènent… tous ces changements de direction qu’il a dû opérer, imposés par les obstacles du chemin… il n’a qu’une seule idée en tête : sa boule de crottin, elle est à lui, rien qu’à lui ! Ça lui a couté tant d’efforts pour la conquérir ! Personne ne viendra la lui prendre… Personne ! Et pour ça, il la pousse, aussi loin que possible !

On a beau chercher autour, prendre de la hauteur avec la caméra, personne ne sait, personne ne comprend où il se dirige avec son butin. Personne ne sait ce qu’il compte en faire (en a-t-il conscience lui-même ?)… il pousse, il pousse inlassablement, indifférent à la dure réalité qui l’environne, les chausse-trappes, les flaques d’eau, les pentes en dévers, les virages imposés… Sa boulette vient à prendre l’eau… Il perd la face, devient ridicule… Il s’éclabousse lui-même de matière…Peu lui importe… il pousse, avec ses pattes arrières : c’est sa fonction, il est là pour ça…
Dieu, sans doute, lui a assigné cette destinée: pousser ! Pousser à tout prix un boule de crottin. Dans n’importe quelle direction, pourvu qu’il la pousse !
Peut être le sait-il… peut-être pas ? Il n’a pas pour fonction de réfléchir à ce que la nature lui dit de pousser ! Ce n’est qu’une boulette de crottin qu’il tient entre les pattes, mais c’est son trésor à lui, qu’il pousse, pousse, pour accomplir son destin : rouler jusqu’à épuisement, n’importe où, une boulette de merde : depuis trois ans, déjà.

Instinctivement, sans réfléchir, il sait qu’il va avoir besoin bientôt de son petit tas de merde, parce que, où qu’il parvienne à la fin, encore deux ans peut-être, il sait d’instinct que c’est là-dedans que ses enfants grandiront et prospèreront le mieux.

(Extrait de l’excellent blog de wanatoctoumi )