19/05/2009

Où l'auteur fait voir quelques jolies images d'un tournage d'une vidéo qui promet...

 
Fin avril, au café-restaurant "Le Thé au Rhum d'Archi Ahmed" à Bruxelles (un endroit qui a l'habitude de recevoir des manifestations littéraires puisque c'est là que se tiennent régulièrement les Ateliers Oulipiens organisés par Kalame auxquels participe l'auteur), Bernard Feron filmait la première partie d'un clip vidéo destiné à illustrer le morceau "A propos d'un importun" de Modern Cubism (sur des paroles de Charles Baudelaire).  
Voici quelques photos de ce tournage, prises par Fabienne Cresens, qui rendent parfaitement compte de l'ambiance à la fois décontractée et professionnelle qui régnait sur le plateau - et j'en profite pour re-re-remercier tous ceux et celles qui y ont participé dont certain(e)s lisent d'ailleurs régulièrement les lignes de ce blog.  
La vidéo devrait être en ligne sur Youtube dans le courant du mois de juillet.
 
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Le metteur en scène-réalisateur débarque sur le lieu du tournage...

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... les figurants aussi, dont certains viennent de Paris (ou pas loin).

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L'auteur s'apprête à entrer dans la peau de Mr Baudelaire importuné...

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Etranges figures dans l'assistance - on reconnaît notamment DJ Gore de Cruise Ctrl

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Le patron, de dos, donne ses instructions...

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L'importun (joué par Théophile de Giraud), de dos, et les 2/3 de Modern Cubism (Gaston Hollands et Jean-Marc Mélot), de presque face.

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Benoît, le tenancier des lieux, qui interprète son propre rôle.

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Bernard en action...

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Le même, expliquant un plan aux acteurs attentifs...

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... qui font au plan suivant ce qu'ils ont compris de ce que l'chef a dit...

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Les ravages désastreux et conjoints de l'alcool et des interminables monologues de l'importun...

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...qui semble totalement ravi de ses effets.

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Une partie de la famille de l'importuné est dans la salle...

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L'importun bourré aux as,
Les donzelles le pourchassent.
 
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Nicolas Crousse, arrivé à mi-tournage, a eu à coeur de combler sans retard son déficit d'avinage.
 
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L'auteur montre avec conviction qu'il a "le cerveau consterné".

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... mais c'est toujours l'importun diabolique qui mène la danse...

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... et la caméra n'en perd pas une miette...

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...sous l'oeil goguenard d'un serveur improbable surgissant de nulle part...

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et qui fait marrer la salle...
 
Mais voilà déjà que les lumières se rallument et que les caméras s'éteignent...
 
Un dernier mot pour conclure :

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"Non, Monsieur de Giraud, le handball n'est PAS un sport de tapettes"

18/05/2009

Où l'auteur s'estime légitimement en droit de rétablir publiquement la plus élémentaire des vérités

 
Monsieur Théophile de Giraud, que je prenais jusque là fort au sérieux, a bien failli finir de me compter parmi ses amis ce jour récent où il m'a prétendu avec une grande conviction que le hand-ball était, au contraire du football sur gazon de plein air qu'il pratiqua jadis*, un sport de gonzesses.
*NDLA: le bout de phrase en italique a été modifié quelques heures après le postage, la vérité vraie mérite bien de temps en temps un petit arrangement.
 
Me sentant mortellement meurtri dans mon fors intérieur autant que souillé dans mon honneur handballiphore, et pour démentir à jamais le susnommé TdG tout en trompettant résolument l'hymne pétaradant de la Vérité triomphante, voici donc, illustrée par des photos recueillies sans même devoir chercher longtemps, la preuve par neuf de l'incontradictible virilité foncière du plus beau des sports de salle. Et, croyez-en mon expérience de spectateur averti (et sur place le plus souvent possible, pas uniquement à la télé), des situations ci-dessous, s'il y en a moins de 50 sur les 60 minutes que compte un match, c'est qu'il s'agit d'une rencontre amicale de vétérans féminins...
 
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Coup de coude dans le ventre                                                  Etranglement en pleine course (et ce sont des gonzesses) 

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Deux autres variantes de strangulation en plein élan

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Tentative de coup de genou dans les roudoudous                              Collision frontale de bassins

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Croc-en-jambe tendance coup de genou dans tout ce qui passe      Manchette en pleine poire

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Déséquilibre arrière (provoqué) dans le saut = chute assurée sur le dos ou le coccyx...
 
Décoiffant, n'est-il point ?

14/05/2009

Où l'auteur hyperactif de retour effleure divers sujets, annonçant par ailleurs qu'il part ailleurs

 

La relativité du temps m’a récemment frappé en ceci : il me suffit de négliger mon blog durant trois jours pour constater, quand j’y retourne, que plus d’un mois s’est écoulé. Bizarre, n’est-il point ? La faute à mes activités débordo-trépidantes qui ne m’autorisent guère à vaquer et dont je cite brièvement quelques faits saillants :

-         le cabaret littéraire et musical précédemment annoncé du 17 avril qui eut lieu en 7 actes devant une Dolce Vita pleine à craquer ; à cette occasion, je performe désormais littérairement en compagnie de Mr. Didier Cz, guitariste de son état, actif dans divers groupes musicaux dont l’un au moins traverse régulièrement les frontières européennes pour aller arborer fièrement le drapeau musical national aux quatre coins du continent ;

-         l’assistance à la dernière d’une série de quatre succulentes conférences du truculent Jean-Pierre Verheggen à Ottignies-L-L-N, conférence qui fut fort nombreusement suivie et appréciée (« On s’est bien bazookés ! ») et à laquelle faillit succéder entre huit-z'yeux une double cuite au Champagne et à la triple Westmalle;

-         quelques concerts à décaper les papiers-peints (même en plein air) de Front 242 qui continue sans faiblir à prester d’enfer et d’énergie dans la modernité loin des medias ;

-         un excellent concert d’un groupe existant depuis 1986 et resté à la fois aussi totalement frais /surprenant que notoirement inconnu de l’auteur de ce blog : Sol XIX (appelé aussi Sol 19) dont je vous recommande particulièrement le morceau « Little Wicked » qui me rappelle non seulement Brian Eno mais aussi tous les fondamentaux que j’ai toujours aimés et tenté de promouvoir dans la musique électronique; 

-         la saison 2008-2009 de mon club chouchou l'USDK Dunkerque reste une énigme : comment expliquer que ce groupe, porté par un remarquable Ragnar Oskarsson omniprésent, puisse s'incliner 20-21 à domicile sous mes yeux ébahis face à Tremblay en championnat, avant d'aller s'imposer, 7 jours plus tard, en mon absence spectatoriale, dans la salle du même club - avec les mêmes joueurs - par 23-36 (7-18 à la mi-temps) à l'occasion des quarts de finale de la Coupe de France, en atomisant ledit club, et alors qu'Oskarsson a été inexistant ? Je m'interroge encore.

 

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Tremblay-Dunkerque 23-36, le résumé du match en une seule image : les Dunkerquois Lamon et Mokrani barrent la route à l'international Mongin.
 
Mais trève de trivialités ; en plus de l’agenda ordinaire déjà chargé, il a fallu sur-assumer sérieux ailleurs car l’heure fut grave et le ton sonna l’aile.

Depuis les temps immémoriaux que les sirènes de la ruralité m’emplissaient les pavillons de leurs mélopées tentatrices, il fallait que les choses bougeassent et elles ont bougeassé car j’ai tout récemment décidé avec résolutivité et méthodicage de craquer à leur salutaire appel (celui des sirènes sus-évoquées, précise-je à l’attention du lecteur non concentré qui aurait mégardement perdu le fil échevelé de mes parfois trop longs élans scripturaires) : en effet,

1)      j’en avais depuis longtemps plus que ras les burnes de la ville tentaculaire, ses voitures mono-occupées, ses conducteurs speedés et discourtois, ses habitants qui n’ont jamais le temps de rien, ses parkings aux tarifs exorbitants, ses embouteillages chroniques, ses odeurs nauséabondes, ses trams et bus bondés, son air de moins en moins respirable, ses travaux incessants, et des tas d’autres choses pompantes en sus ;

2)      j’aspire désormais et depuis auparavant - malgré quelques tentatives autant antérieures que pas trop réussies d’expatriage temporaire sous des cieux moins citadins - à du calme, de la verdure, de la sérénité, voire même de la lenteur et du du silence, de la promenade dans des bois immédiatement voisins et toutes ces sortes de choses...

 

Bref, après avoir décidé en âme et conscience qu’il était enfin temps de déménager incessamment et durablement à la campagne parce que c’était juste et bon pour les conforts respectifs de l'auteur et de la planète, je viens, après quelques visites ciblées sous l’œil expert de l’agent quasiment immobilier et clairvoyant que je fus brièvement jadis, d’effectuer toutes les démarches adéquates pour occuper d’ici peu un logis campagnard élu avec judiciosité et congruence.

 

Je reste en cela en parfaite adéquation avec une saine politique - déjà mise en application maintes fois précédemment au cours de ma longue existence - de déménageage systématique de ma carcasse empesée à proximité de son lieu de travail de façon à réduire au minimum (1) l’utilisation de la petite Joséphine à moteur qui a droit à du repos de temps en temps et (2) la perte de temps et d’énergie consumée en déplacements aussi mornes qu’évitables, stériles et polluants.

 

Je gagne dans l'opération, outre la proximité de mon lieu de travail, la jouissance d’un superbe logis moderne et ensoleillé, l’éloignement des plaisirs éphémères et coûteux de l'urbanité tentatrice, ainsi que le recul nécessaire et bienvenu pour que l’inspiration souvent fuyante vienne me revisiter assidûment, viens me voir ma cocotte, y a du taf de création qui m’attend auquel je retourne d’ailleurs sur-le-champ.

Bonne nuit.

 

JLDV

L'auteur à la Dolce Vita avec Modern Cubism, mis en lumière par Pierre Mansire / Action Lighting, et en boîte par Frédérique Longrée

11/04/2009

Où l'auteur, ayant vu un fort bon film, en relate les péripéties essentielles en se gardant bien d'en révéler le dénouement

 

Au milieu de l’insondable médiocrité cinématographique que nous proposent ces jours-ci nos grands écrans moroses devant lesquels je baîlle de plus en plus fréquemment, j’ai vu tout récemment une superproduction qui me semble digne de quelque intérêt, et ce dans une grande salle incompréhensiblement vide hormis moins d’une vingtaine de spectateurs subjugués : « Red Cliff » (en français « Les Trois Royaumes ») de John Woo, une épopée stratégico-guerrière au budget pharaonique dont je m’en vais vous narrer les hauts faits de la version européenne (2h20 seulement, contre le double pour la version asiatique) sans me soucier de savoir s’ils sont contés par Mr Woo conformément au récit mythique du XIIième siècle dont ils sont tirés.

208 après J.-C. : l’empereur de Chine est sous la coupe de son premier sinistre qui répond au doux nom de Cao Cao, à prononcer Tcha-Tchao, ce qui, malheureusement, pour le spectateur avisé et attentif aux signes que je suis, évente quand même un peu l’issue du récit.
Cet individu ambitieux, arrogant et peu recommandable (il porte notamment de longs cheveux en chignon, bêêêrk) lève une armée de 800.000 hommes et 2.000 bateaux - je n’ai pas compté, mais au vu des images je dirais qu’il y a moins de soldats mais plus de navires (*) - pour aller conquérir les deux derniers royaumes insoumis, respectivement dénommés celui du Sud-Ouest (situé au Sud-Ouest) et celui de Wu (situé pas loin du Sud-Ouest puisque le personnage central du film évolue dans le premier lors du plan A, et dans le second lors du plan B qui succède immédiatement au plan A, si ce n’est pas un clair indice de proximité c’est que je suis nul en filmitude). Après avoir échappé de peu à la capture, lors d’une première bataille, en raison de sa grandeur d’âme le poussant à protéger ses paysans en fuite et grâce à ses généraux courageux qui n’hésitent pas à aller taillader de la soldatesque adverse en se jetant en plein cœur de la bataille au péril de leur vie précieuse, le roi du Sud-Ouest Liu-Bei demande et obtient l’alliance avec le roi de Wu via un jeune, beau et convaincant stratège, Zhuge Liang (suis allé rechercher son nom sur internet, j’aurais juré qu’il s’appelait autrement, mais avec tous ces noms chinois on fait vite de la salade), qui devient la figure centrale du film, celle qui voyage vite, ou alors moins vite mais entre deux royaumes fort proches comme expliqué plus haut, et qui scelle cette alliance lors d’une vibrante collaboration musicale (*) aux instruments à cordes avec le vice-roi Zhou Yu, lui-même chanceux époux (*) de l’icône vivante Xiang Qiang, la Carla Bruni de l’époque qui aurait eu un mari mélomane maniant le sabre.

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Le vice-roi, la brute et le stratège


La totalité des troupes ainsi réunies, un maigre 50.000 âmes, se retranche dans la forteresse dite de la « Falaise Rouge » sur le  fleuve Yangtze. On remarque derrière les remparts un général très photogénique et fort concerné par la bataille, y entraînant ses hommes avec conviction, qui confectionnera plus tard d’étranges bombes incendiaires contenant des œufs ( ?)(*) et qui sacrifiera sa vie pour faire s’écrouler dans une explosion préatomique, lors de l’assaut final, les fortifications du camp des assiégeants.

Bien qu’un avant-détachement de ses troupes en approche ait été proprement attiré et liquidé dans un traquenard placé sous le double signe de la tortue et des gonzesses avides d’escarmouches (*), l’infâme Cao Cao, qui voit les choses en grand et feint de négliger ce détail de l’histoire, amène prestement ses troupes par le fleuve et va bâtir son camp sur la rive opposée à celle occupée par les alliés ; à la vue de sa gigantesque flotte, un général allié découragé , anticipant de quelque 1.800 ans les préoccupations écolo-énergétiques contemporaines, s’écrie dans un sanglot : « Ca ferait du bois de chauffage pour 100 ans ! », comme on le comprend.

Pendant un moment, rien ne se passe, car ça cogite des deux côtés, et c’est clairement dans celui des alliés que se rangent l’humilité, l’intelligence et la clairvoyance stratégique, et on se dit non sans raison que Mr John Woo nous prévient que ça va bientôt chauffer sous les fesses de ce scélérat de Cao Cao décidément trop sûr de lui.

D'abord, une princesse du clan des bons, déguisée en soldat ennemi, s’infiltre dans le camp dudit Cao Cao pour y soutirer un tas de renseignements fort pertinents qu’elle communique aux siens via blanches colombes et linge de corps (*) ; elle y constate notamment qu’une épidémie de typhus ravage l’armée qu’elle espionne, dont le commandant suprême, qui n’en est pas à une scélérature près, envoie ses morts contagieux par bateaux chez ceux d’en face dans l’espoir de leur pourrir encore un peu plus le siège, et il y parvient presque, mais heureusement le stratège Zhuge Liang, qui a tout compris, veille au grain et et sauve l’affaire en isolant les contagieux des soldats sains.
Hélas, le début d’épidémie dans l’armée alliée, pourtant rapidement étouffé, a profondément affecté le moral du roi Liu Bei (dont on comprend que le visage cadavérique et défait n’inspire guère la vaillance à ses troupes *) qui décide de se retirer de l’alliance avec son armée, abandonnant le roi et le vice-roi de Wu (même pas fâchés), le stratège et leurs 30.000 combattants face aux 800.000 Cao-Caotiens, le tout diminué des typhoïdés, mais le rapport de forces reste quand même inégal.

Au fil du film, le stratège Zhuge Liang s’avère non seulement fortement sympathique et subtilement zen (il sourit toujours), mais aussi rudement finaud (il lit dans les pensées de son adversaire comme dans un jo
urnal intime et en déjoue tous les coups tordus), et surtout foutrement expert en nébulo-climatologie, puisque par deux fois son observation attentive de l’état du ciel va lui permettre d’anticiper de brusques variations atmosphériques qu’il exploitera à l’avantage des siens ;
- une première fois en envoyant furtivement dans la brume matinale inattendue des navires recouverts d’une épaisse couche de paille que les troupes de Cao Cao cribleront de 100,000 flèches qui, seront triomphalement ramenées au fort intactes, triplant d’un coup le matériel ballistique à disposition des archers ;
- une seconde fois en prédisant un brusque retournement de la direction du vent qui permettra aux alliés de bouter un feu dévastateur à la flotte
assiégeante.
Mais ce n’est pas tout.
Car comme en plus,
d’une part,
la vice-reine de Wu, Xiao Qiao (qui survivra finalement grâce à deux plongeons magistraux mais peu réalistes, l’un d’un général allié et l’autre de son mari) va jouer en parallèle un coup brillant en solo, désertant sans l’avoir prévenu son vice-roi d’époux pour aller retarder du temps qu’il faut - par son cha
rme diaphane et une fort lente cérémonie du thé (*) - l’attaque du généralissime Cao Cao secrètement amoureux de -et fasciné par- elle,
et que,
d’autre part,
le roi Liu-Bei, dont la désertion suite au typhus n’était qu’une ruse de guerre s’ajoutant à toutes les précédentes, revient en force attaquer les assiégeants par l’arrière,
je vous laisse vous faire une idée sur le dénouement final inattendu et surprenant dont je ne dévoilerai rien.

Je vous le dis comme je le pense, si Napoléon avait eu ce Zhuge Liang à ses côtés, une bonne partie de la Russie serait devenue française en 1812.

(*) je n’en dis pas plus, allez voir le film

10/04/2009

Où l'auteur, non gêné d'insister lourdement, se fend d'un peu de réclame en faveur des oeuvres qu'il promeut en nom collectif autant que propre

avril17

31/03/2009

Où l'auteur surpris s'incline de bonne grâce devant un génie surdoué

 

En matière de travaux / jeux de (et sur le) langage, il est de ces créateurs devant lesquels on ne peut que s’incliner façon carpette pour leurs improbables inventions qui ne sauraient souffrir de se voir accolées aucun qualificatif inférieur à « géniales ».

 

C’est ce que je me dis en découvrant avec incrédulité, délectation et des frissons de là à ici voir figure A, les sublissimes anagrammes de Monsieur Jacques Perry-Salkow, dont le nouvel opus Anagrammes pour sourire et rêver paraîtra ce 2 avril 2009 au Editions du Seuil.

 

Je rappelle au lecteur distrait, oublieux voire totalement égaré à son corps défendant en les lignes de ce blog allumé, que l’anagramme est un mot ou un groupe de mots formé par la transposition des lettres d’un autre mot ou groupe de mots.

 

Parmi les joyaux de Mr Perry-Salkow, on trouve :

 

Claude Levi-Strauss : a des avis culturels.

L’Amiral Nelson : sillonna la mer.
Auguste Rodin :
Oui, tu es grand.
Chatouillons : Nicolas Hulot.
Hi Jintao, Président de la République populaire de Chine : de l'abruti qui jardine et déracine un peuple philosophe.

Mais mon préféré, l’Ultime, celui qui me fait lui voter un crédit illimité pour l’érection d’une statue échelle 10 :1 en or massif de son auteur avec en prime sa promotion dans le cosmos pour un million d’années, c’est :

 

Albert Einstein ... Rien n’est établi.

 

Rien que de le réécrire, j’en frissonne encore.

 

Ce même Auteur, ne craignant nullement d’en rajouter une couche dans l’Inégalabilité Virtuosifiante du Retour de la Balle de Chez qui Déchire Ta Race, propose ici rien moins que deux poèmes palindromiques consacrés à Dante (des palindromes, il en a déjà écrit plus de 5.000). Vous avez bien lu : ça scande, ça rime, et ça se lit à l’endroit comme à l’envers.

 

On croît rêver, non ?

 

Jacques Perry-Salkow : il interdit de ne pas retenir ce nom.

28/03/2009

Où l'auteur groggy parvient néanmoins à se régaler, et tente de régaler

 

Voici un très beau texte à contrainte, créé par Arnaud Gazagnes sur son excellent blog que je recommande chaudement.

 

" J'ai ici idée folle, tendre : créer poésie, texte pour Elle. Thème intime ! Après-midi, matin, soirée, toute minute, comme chaque instant, chaque seconde passée, cette dame est en moi. Si ! Car Elle vient ébahir toute minute écoulée... Heureuse émotion partagée, adoptée (sachez notre couple formé). Jour après jour. Car Elle est ma vie. Elle est tout, mon seul amour. Elle est, il est vrai, livre dont toute page dit un des plus beaux poèmes. Aussi pour moi, pour qui sait les lire, les vers ainsi écrits égaient (vérité) toute minute. Comme Elle est gaie, cette minute, quand Elle est là ! Car tout est en mon Elle. Ses yeux, aussi, savent deviner chaque homme croisé comme vrai frère. Doux, ses mots ont goût des bons miels. Elle, femme active, bouge pour que tout homme soit libre, vivant heureux. Savoir aimer tant est beau. Corps rêvé (canon, quoi ! Vénus aurait jalousé, maudit) ainsi fait... est-ce que cela put être mon seul (idiot) regard quand Elle parut (tout début) ? Cela est pure folie ! Bête ! Cette dame (ravie, simple, subtile, rieuse comme Elle était donc) avait déjà gagné tout mon être, voilà ! Simple façon pour moi de lui dire ici tout ! "

 

La contrainte est celle des "montagnes russes". Chaque mot a soit une lettre de plus soit une lettre de moins que le mot précédent. Elle a été inventée par Patrick Flandrin.

 

24/03/2009

Où l'auteur, parce que la vie continue, combine - brièvement - nouvelle orthographe et calembour foireux

 

J'ai un landau, je l'époussète.

Et à part ça, que ça aille bien ou non, lisez et relisez Géo Norge, c'est du tout bon pour l'âme et le coeur.

20/03/2009

Où le fils reconnaissant célèbre le départ de son père vers des cieux plus lumineux

 

Mon père, Jean-Marie, à qui je dois tant, s’est éteint la nuit passée. Douze ans qu’il se battait, solide comme un roc, contre la maladie d’Alzheimer. Il a décidé de rendre les armes au moment choisi par lui, en refusant de s’alimenter depuis une semaine, avec sa détermination coutumière, d’abord sans céder un pouce de terrain, avant de sombrer en quelques heures, sans un gémissement, apaisé, totalement serein. Il se libère ainsi des contraintes de ce bas monde, libérant du même coup tous ceux autour de lui, en premier lieu son épouse ma mère, admirable tout au cours de ce parcours, et qui était à côté de lui à l’heure de son départ.

Admirable d’abord pour l’avoir gardé à la maison le plus longtemps possible – pendant plus de dix ans. Ensuite pour être allée le voir chaque jour dans l’institution où il était placé depuis qu’il était devenu impossible pour elle de s’en occuper encore en permanence.

Car avant cela, un soir, ma maman ayant oublié de fermer à clé la porte extérieure, il était sorti, sans se rendre compte de rien, en pantoufles et en pyjama, dans les rues, et avait marché, marché… d’autant mieux qu’il a toujours adoré ça et qu’il avait encore ses jambes de marathonien. Une légère distraction de quelques instants avait suffi, il avait disparu sans rien dire. Ma mère et moi avions immédiatement et longuement sillonné les rues environnantes en voiture, sans résultat. Une patrouille d’agents l’a retrouvé plusieurs heures plus tard, à dix kilomètres de là, sur la route vers Ninove, frais comme un gardon et se demandant ce qu’il avait bien pu faire d’anormal pour se faire embarquer dans une camionnette de police.

Et puis, pour dire à quel point cette p*** de s*** de maladie tord les humains et les change jusqu’à l’inimaginable en leur donnant les masques de ce qu’ils ne sont pas, cet homme toujours si doux était devenu, par moments, violent.

 

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Marc, Jean-Marie et Jean-Luc, 1963

Mon père et ma mère : par-delà les dimensions visibles et les épreuves, ces deux-là se sont gardés l’un pour l’autre un amour inextinguible, vibrant, vivant, transcendant, ça c’est sûr, et pas si courant.

 

Je pense aux personnes qui ont accompagné la vie quotidienne de mon père au cours des dernières années : des infirmières africaines, mal payées, peu considérées, et pourtant de véritables piliers de vie, d’humanité, de bonne humeur et de dévouement, auxquelles je suis profondément reconnaissant de l’avoir aussi excellemment pris en charge, avec sérieux, tendresse, douceur.

 

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Mon père et son père, dans les années 80.

Maintenant qu’il est parti, les questions se bousculent : l’ai-je aimé assez ? L’ai-je vu dans tout ce qu’il représentait ? Ai-je accompli ce que j’avais à accomplir vis-à-vis de lui ? N’aurais-je pas pu faire plus ? Il n’y aura jamais de réponse satisfaisante…

 

J’ai quand même un regret, mais de taille, et justifié : celui de ne pas avoir réussi à composer un morceau pour lui. J’ai pourtant pris le temps qu’il fallait, à la fin 1998, dans le studio Dreamworld au Pays de Galles où nous avions terminé le second (et dernier) album de Cobalt 60 quelques jours en avance sur le planning… mais je n’y suis pas parvenu : la musique était trop petite et ne comblait pas l’immensité de ce que je voulais créer pour lui. Aujourd’hui, je ne me souviens que des premières lignes et de la mélodie du chant :

Like a pure jewel he was born

Like a flower without a thorn

I wish I had his gentle ways

For just one single of my days

My father, my father…

 

Et puis, zut quoi, je ne vais pas hurler à l’injustice divine, mais c’est encore un homme profondément bon, juste et bienveillant qui quitte la planète à un moment où elle aurait bien besoin que ce genre de profil s’y multiplie, rogntudjuu (*).

 

Je me sens vide et foutrement fragile, et pourtant infiniment plus heureux que triste, car je sais que dans un ailleurs meilleur, c’est une âme libérée, légère et joyeuse qui poursuit son chemin, une belle âme dont je ne souhaite en rien entraver l’envolée par de la tristesse ou de vain regrets qui ne feraient que l’alourdir. Pas de chagrin dans mes larmes (ou juste un peu, je ne suis qu’un humain, après tout…), mais beaucoup de joie et de reconnaissance pour ce qu’il m’a montré et donné.

 

Alors à Dieu, et merci, mon Papounet chéri. Chacun des poèmes de Monsieur Géo Norge que je chanterai, et que tu aurais adoré, sera désormais pour toi là-haut.

 

 

(*) finis les accents circonflexes sur les « u », c’est la nouvelle orthographe. Et puis Dieu me sussure à l’oreille que les âmes bonnes, justes et bienveillantes ont des tas de places réservées à leur nom dans les plus beaux coins de toutes les dimensions de l’univers.

17/03/2009

Où l'auteur, qui n'est décidément qu'un vieux grincheux, avoue avec déplorage qu'il n'est en guère en phase avec l'évolution de l'orthographe contemporaine

Le texte ci-dessous, bien qu’il m’écorche les yeux, est parfaitement correct ainsi que chacun peut le vérifier ici.

Incredible, no ?

16/03/2009

Où l'auteur curieux entreprend témérairement de vérifier l'orthographe de son lectorat

 

Combien y a-t-il de fautes d’orthographe dans le texte ci-dessous ? Comptez bien. J'emploie à dessein un caractère plus grand pour que ce soit bien clair.

 

Laissant pour le dernier weekend d'aout son charriot combattif et affuté au "Relai des Rugbymans" afin qu’on l’époussète entre deux matchs, le contrespion offrit, en toute imbécilité et avec bonhommie, un révolver québécois et deux-mille-sept-cent-soixante-six coroles boursoufflées de nénufars douçâtres au joailler persiffleur qui brulait d’un traitreux exéma et dont l’ognon couteux égrenait un tictac plaintif.

 

Le premier qui ... toute ma considération ... blablabla. 

La réponse d’ici peu.

Où l'auteur pleure avec une vigoureuse mais stoïque mélancolie un artiste dont il avoue pourtant n'avoir pas tout apprécié

 

Alain Bashung n’est donc plus alors que Delerm et Mahé sont encore jeunes et en bonne santé, trois bonnes raisons d'être triste. Le premier nommé était quasiment le seul artiste francophone dont je supportais (litote) l’audition lors des soirées buvo-dansantes de ma jeunesse -qui déjà foutait le camp- au cours desquelles j’attendais, avec la patience obligée et la résignation des haïsseurs inconcessionnables des inévitables et chiantissimes marathons de nullité dansatoire abusivement réservés aux amateurs subéclairés des vendeurs de soupe aurique sans sel style Claude François - que résonne sur le dancefloor enfin illuminé la brillance nonchalante et décalée de « Gaby Oh Gaby ! » et de « Vertige de l’amour » qui éclipsaient bien des tueries frénétiques électroniques et post-punk également dans mes goûts que le DJ universitaire à œillères, oreilles bouchées et ignorance musicale en sautoir, ne passait de toute façon jamais, pour m’éclater les membres et l’esprit en de jouissives contorsions simili-orangoutangiennes bashungesques, tout en sachant pertinemment que j'avais environ 4 minutes pour exsuder la frénésie accumulée lors de l'ennui total des deux heures précédentes à m'être fait choir, et qu'allaient immanquablement suivre deux autres heures du même tonneau avant de retrouver pareille aubaine, ne me demandez pas de remettre de l’ordre ou de la clarté dans la phrase.

 

Je me souviens aussi de la grosse colère que j’avais piquée (dans le vide, car je me suis élégamment abstenu de lui faire savoir) à la lecture d’une chronique de Jacques Mercier à propos de l’album « Play Blessures » qui tourna en boucle sur mon pick-up dès sa sortie, comme la plupart des albums du même, chronique déclarant en substance que rien, absolument rien ne ressortait de cet album (je cite de mémoire et donc approximativement). Je pense avoir mis quinze ans à pardonner cette opinion à son auteur, car chez le scorpion la rancune, si elle est rare, est durablement tenace.

 

Je proclame haut et fort que d’une part je tiens « Osez Joséphine » pour l’une des plus grandes réussites de la chanson française, celle qui n’est pas pingre et qui s’autorise, mine de rien, l’un ou l’autre trait de génie (*), j’y joins le sublime clip qui va bien avec le cheval et la jolie demoiselle, et que d’autre part je tenais sans réserve son auteur pour un des rares et derniers grands de la discipline susnommée, rien que du très banal en somme au vu de l'oeuvre du bonhomme. Aujourd’hui, Juliette (Noureddine) règne donc seule ou presque et doit se sentir bien isolée dans les cimes de son excellence avec tous les nains qui même montés sur des échasses n'arriveront jamais à la hauteur de ses rotules.

 

Paradoxalement, pour que les exceptions ne contredisent point la tendance globale, j’ai détesté « L’indifférence » et je me suis considérablement ennuyé et même un eptit peu assoupi au premier, dernier et seul concert que j’ai vu de Mr Bashung au Cirque Royal au début des années 2000 ; mais n’y voyez là nothing personal, car non seulement je me suis également endormi à la première vision des « Ailes du désir » de Wim Wenders et à quasiment tous les films de David Lynch, mais en plus jamais mon indéfectible adhésion admirative à l’œuvre du cher artiste disparu ne fut le moins du monde remise en cause par ces errements de mon chef que j’attribue exclusivement à la mienne incapacité de goûter pleinement tous les aspects de la fulgurance du génie, et puis on pardonne beaucoup à ceux qu’on aime surtout si c’est pas leur faute qu’on n'a pas tout compris.

 

Et pour conclure, ah oui, il ne me faut point oublier de contrebalancer tout ce reluisage par du lourdement bête et méchant de bon aloi : en comparaison de la stature disco-scénique de Mr Bashung, Biollay (exemple pris au hasard) c’est de la roulette de Samsonite de chez charisme de beignet.

 

 

(*) le genre de chose que l’on chercherait en vain du côté des cuistres genre Pagny ou Obispo qui osent pourtant en toute invraisemblance s’auto-proclamer « rénovateurs de la chanson française » avec une outrecuidance face à laquelle on croit rêver alors qu’il conviendrait de sulfater.

12/03/2009

Où l'auteur évoque de très intenses moments de la vie paisiblement exaltante qu'il coule avec bonheur tant dans que loin de la ville

 

Presté quatre concerts cubiquement modernes de 45 minutes chacun en moins de 6 heures dans un local exigu et surchauffé. Voluptueusement plongé subséquemment, rompu de fatigue, dans mes plumes apaisantes pour un tour d’horloge réparo-salvateur.

Visité le Festival Off pour y revoir en coup de vent mon éditeur chéri et quelques camarades littéraires toujours aussi légers, fidèles au poste, créatifs, bondissants et brillants.

 

Lu et relu encore les poèmes inspirés et inspirants de Mr Norge, et quelques-uns, tout aussi émouvants, de Mr Lucien Noullez, bel artiste de son état, qui fut jadis et trop brièvement mon camarade de classe.

 

Lu le passionnant ouvrage de Mr Adam Zamoyski, 1812 - La marche fatale de Napoléon sur Moscou (éd. Collins Harper, 2003, en v.o.), où l’on s’aperçoit avec horreur que la déroute boucheresque de l’armée française et de ses alliés fut grandement causée par une absence flagrante de discernement et de plan cohérent de la part d’un empereur dont la santé et les facultés mentales étaient progressivement en train de se barrer en c*** (c’est pas moi qui le dis, ce sont ses sous-fifres qui l’attestent).

 

Donné un atelier d’écriture à une classe de 1ère secondaire particulièrement intéressée et concentrée, dont les élèves saisirent les astuces langagières avec une aisance qui m’épata.

 

Marché du pied gauche, hier, dans un splendide et extrêmement odorant étron canin de parc et de couleur orange foncée que je mis une heure, vingt litres d’eau, deux de sueur et une extrême contrariété olfactive à extraire de mes très profonds reliefs escarpinesques.

 

Failli défaillir de plaisir, en ce jour, au goûter d’un cramique artisanal bon de chez bon préparé des blanches mains des élèves apprentis boulangers - et de leur porfesseur bienveillant - d’une école non loin de mon logis.

 

Et c'est ainsi que la vie se fait.

 

Où l'auteur qui n'est sadique qu'à temps partiel révèle la simplissime solution du petit casse-tête dominical

 

A la demande pressante d’un certain nombre de lecteurs qui n’en peuvent plus de bouillir dans leur jus de cuisson (ou l’inverse) et qui me supplient de mettre un terme à leurs effroyables souffrances, voici ce qu’il fallait trouver : dans chaque phrase, la graphie du verbe principal est toujours suivie d’un synonyme, généralement (mais pas toujours) le dernier mot de la phrase. A noter que l’auteur parfois un brin bordélique n’a pas nécessairement respecté l’accentuation (dans les cas mentionnés par *), quoique, avec la nouvelle orthographe, il se pourrait que ce soit correct malgré tout, pas eu le temps ni les nouvelles règles sous les yeux pour tout contrôler. Ca vous paraît compliqué ? Minute ! Avec les solutions, tout va devenir très clair. Ainsi, phrase par phrase et dans l’ordre, on trouve successivement comme verbe principal et comme synonyme les mots suivants :

 

sens = raison

as = champion

est = direction

a = lettre

fut* = tonneau

sommes = siestes

avions = aéroplanes

savons = engueulades

faites* = cimes

trait = ligne

aura = prestige

dîmes = impôts

place = espace

 

Etonnamment limpide, non ?

(en dehors du fait qu’on m’objectera à juste titre que « lettre » n’est pas synonyme de « a »)

09/03/2009

Où l'auteur félicite d'un côté et en rajoute une couche de l'autre

Suite au petit casse-tête dominical qui précède, c’est Mr. Alain B., m’écrivant (en plein milieu des heures de bureau, c’est du propre !) d’un haut lieu de la culture bruxelloise, qui a droit à ma Très Elevée et Intégrale Considération ainsi qu’à mes Félicitations Empressées. D'autres lecteurs m'ayant écrit qu'ils cherchaient encore, je rajoute une couche à leur intention :

Elle trait les vaches après les avoir préalablement rangées en ligne.

Il aura droit à un prestige inégalé.

Nous leur dîmes qu’ils devaient payer leurs impôts sans tarder.

Place-toi correctement dans cet espace.

Evidemment, quand on sait, la solution est d'une fulgurance qui confine à l’évidentissimitude...

08/03/2009

Où l'auteur un brin sadique se propose de faire chauffer les neurones de la frange la plus givrée de son lectorat.-

 

Petit casse-tête du jour

 

Sachant que ce blog compte quelques lecteurs notoirement givrés goûtant pas mal les curiosités du langage, je leur propose un petit défi de nature à leur titiller les synapses. Les neuf phrases apparemment anodines ci-dessous ont toutes la même caractéristique unique et (mine de rien) étonnante. Le premier qui la trouve et m’en avise a droit à toute ma considération.

 

Je sens que j’ai raison.

Tu as dans ton équipe un grand champion.

Il est dans la bonne direction.

Il a dans sa poche une lettre de sa mère.

Il fut jadis aussi rond qu’un tonneau.

Nous en sommes réduits à faire des siestes.

Nous n’avions à l’époque que quelques aéroplanes.

Nous savons, au besoin, encaisser des engueulades.

Mais que faites-vous sur ces cimes ?

 

Bon phosphorage, niark niark.

26/02/2009

Où l'auteur annonce une sacrée soirée en perspective

 
17 avril small

25/02/2009

Où l'auteur cause de l'un des autres génies de sa famille

 

Dialogue trans-générationnel :

 

Ma mère, s’adressant à mon neveu (son petit-fils), subjuguée par tant de génie par lui avéré (génie auquel pourtant son fils aîné, à ma mère, l’a diantrement habituée depuis sa naissance et sans discontinuer, mais la mémoire durable non stockée sur disque dur a généralement tendance à échapper aux générations antérieures) : « Waouw, mon choupinet Robinou des Bosquets, toi qui as 6 ans et demi*, je constate avec délice(s)** que tu as obtenu 100/100 en maths en 97,5/100 en français sur ton bulletin, et que ton institutrice a  ponctué tes performances par un laconique autant que révélateur commentaire disant « Mais où t’arrêteras-tu ? ». Alors, dis-moi, mon Robinou, une moyenne de 110/100 constituerait-elle désormais un horizon acceptable pour tes  performances scolaires à venir ? »

 

Il s’ensuivit un blanc notoire au cours duquel l’absence momentanée de réponse se fit lourde de sens autant qu’annonciatrice de la gravité de la réponse à suivre, nous reprendrons le cours des choses après une brève pause publicitaire.

... 

J’ai vu dimanche soir le dénommé IndispensablE Tristan Edern Vaquette en spectacle à Bruxelles, ce garçon déjanté vaut la peine qu’on s’y attache, on a déjà connu moins lucide.

Tûûût !

….

Mon neveu (6 ans et demi, je le répète), déjà kador en choses de l’esprit, sommé de répondre à peu près sur le champ, marqua donc une courte pause puis émit d’une voix posée (je ne lui en connais pas d’autre sauf quand il a picolé au Champagne qui lui fait du caca mou - car son environnement est extrêmement logique et structuré), la docte opinion qui suit : « Non, grand-mère, mon horizon, c’est l’infini ».

 

Allez, y a Louis ! Pour les quinze jours à venir, je re-crois en l’avenir de l’humanité  de la jeunesse des moins vieux que la sagesse habite, nom de Dieu !

 

* restitution certes douteuse, j’avais prévenu, mais ça aide à situer le personnage

** le pluriel est vraisemblable, je ne suis pas sûr de connaître aussi bien ma mère que je pourrais le prétendre.

19/02/2009

Où l'auteur, d'humeur végétale, met le focus sur un ficus

 

Ce matin, à peine arrivé dans le havre de travail qui réchauffe ma viande en voie d’avariage autant qu’il m’évite de décrépir prématurément pour cause d’inactivité, j’ai pris ma patience à deux mains, un seau dans l’autre, et j’ai entrepris de nettoyer une à une, à l’aide d’une éponge douce et humide, les centaines de feuilles très exagérément encrassées du sympathique ficus de la salle jouxtant mon bureau, ce qui m’a notamment obligé à déplacer ledit végétal hors du coin dans lequel il s’empoussiérait pour en atteindre les parties les plus extrêmes, et à hisser ma carcasse engourdie au péril de mes os arthritiques au sommet d’une chaise à l’équilibre précaire pour en atteindre les branches les plus hautes. Mais le résultat en valut largement la peine, et c’est un arbre regaillardi, luisant, et irradiant une jeunesse et une vigueur pétillantes que je replaçai, au sortir de mes caresses spongieuses humectées, avec délicatesse et tact au même endroit mais dans un angle nettement plus avantageux pour sa pousse future, qui ne l’obligera plus à se rétamer stupidement les feuilles immaculées sur un mur monotonement enduit de latex bon marché mais qui pourra les étendre à sa guise dans l'air et la lumière libres à l'opposé. Car enfin un type qui, comme moi, lit Norge matin et soir, et qui ne se montrerait pas bienveillamment attentif aux êtres vivant dans son entourage direct, ou qui en ferait moins, ne serait somme toute qu’un misérable sépulcre blanchi, comme l’a dit en son temps et à juste titre un grand sage avisé des turpitudes des choses humaines utilement descendu de son paradis duveteux pour botter son rectum mollasson à la consternante race des bipèdes qui n’en touche pourtant quasi pas une de plus depuis - et s’apprête à le payer cher - en matière de compréhension et de respect de l’ordre universel fondamental immuable.

 

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C'est pas le même mais il y ressemble. A vue de nez, 58.000 feuilles, le compte est bon.

 

Et puisque j’ai amené le rectum sur la table (façon de parler), force m’est de déplorer avec force que je ne connais décidément aucune partie du corps humain aussi mal nommée : pourquoi diable s'entêter à s’appeler rectum alors qu’on se trouve situé sur la partie arrière ? Ce rectum au nom décidément ridicule ferait bien mieux de s’appeler versum, ça tombe sous le sens, signe-je avec persistance.

16/02/2009

Où l'auteur, sans en avoir l'air, parle d'expérience

 

Si vous êtes en panne d’inspiration culinaire le jour de la Saint-Valentin, au moment où votre conjoint / camarade vous dit que vous êtes tout à la fois son pote et son chou, sautez-lui dessus (sur l’occasion) pour la prendre au mot et lui préparer... une potée au(x) chou(x). Ah certes, on connaît des spécialités gastronomiques à l'appellation plus romantique, mais celle-ci a l'avantage d'être simple comme bonjour : dans une grande casserole, jetez beaucoup d’amour, de l’eau, un chou blanc, des oignons, des poireaux, des carottes, des patates, du saucisson polonais, du lard fumé et l’assaisonnement qui va bien ;  deux heures de cuisson plus tard, pâmez-vous les papilles au dégustage de cette préparation délicieuse à mourir de bon et, contrairement aux idées reçues, sans effets gazeux secondaires indésirables. Cuisinez tout ça en quantités excédentaires pour vous en nourrir tout au long de la semaine qui suit, le chou est excellent pour la santé.

 

Et à part ça, le nom commun le plus long de la langue française dont les lettres sont rangées par ordre alphabétique est "aegilops" (oui, l'anagramme de "spoliage"); c'est le nom d'une céréale. Epoustouflifiant, non ?

 

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Aegilops: un nom extraordinaire pour un look banal.

11/02/2009

Où l'auteur, pour laisser reposer ses synapses, cite un autre auteur

 

Nous y sommes

"Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à
la peine.
Nous
avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s'est marrés.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A
la Troisième Révolution.
Qui
a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? »
demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.
C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.
De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.
D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec
la croissance.
Peine
perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, - attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille - récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de
la Troisième Révolution.
Pas
d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.
Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie - une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore".

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

10/02/2009

Où l'auteur persiste en surenchérissant dans le compactage calembourifiant

 

Puisque les neurones sont chauds, raffinons et condensons un brin l’exercice précédent : voici, compactés en un seul alexandrin, le nom d’un illustre auteur ancien, le titre de ses deux œuvres les plus célèbres, et le lieu où se passe la première et débute la seconde.

 

Il y a dans l’eau, ô mère, trois maudits cétacés.

 

Fumant, pas vrai ?

08/02/2009

Où l'auteur d'humeur antique fait rien qu'à calembourer dans l'alexandrisme

 

On me pose quelquefois la question de savoir comment un chanteur désoeuvré pourrait utilement valoriser l’interminable attente qui précède un concert. Cette pertinente question d’un intérêt considérable me tarauda l’esprit un court instant dans la capitale de la Grèce qu’avait investie ce vendredi soir mon groupe le plus bruyant dans l’unique et sournois but de rajouter sans vergogne une déluge sonore industriel à l’océan de souffrances d’une jeunesse grecque déjà tant éprouvée.

 

Ma réponse solennelle et sentencieuse à l’interrogation judicieuse ci-avant émise est la suivante : tout auteur qui se les pèle dans les loges avant son entrée en scène, au lieu de vaquer à des activités aussi puériles que l’ingestion d’alcool, la énième re-répétition du répertoire à interpréter ou le taquinage de la gueuse de coulisses*, se rabattra désormais, uniquement et obligatoirement sur l’utile, créative et ludique activité suivante : rédiger - dans sa langue maternelle ou une autre - une œuvre en alexandrins, de sujet libre, dont chaque ligne, y compris le titre, devra impérativement contenir (au moins) un calembour en rapport avec le pays de la prestation du jour. Il est admis que les chanteurs incultes (une engeance qui pullule), subinspirés ou infra-écrivants se fassent aider par leurs collègues musiciens, mais l’activité doit absolument se clôturer – question d’honneur – avant l’entrée en scène, quitte à exhaler la bancalitude.

 

N’hésitant jamais à payer de ma personne pour joindre, à la parole à graver dans le marbre, l’exemple à casser des barreaux de chaise, j’ai le plaisir et l’avantage de présenter en première mondiale l’œuvre inédite et immortelle réalisée de 18h19 à 21h22 – moins le temps d’installation, de sound-check et du frugal dîner -  en cette soirée vendredisiaque concertante mémorable où les thermomètres athéniens extérieurs indiquaient 13°C et où le temps était à la pluie fine.

 

Où l’auteur maudit sait comment meubler son temps

 

Ma jeunesse s’érode, la mort s'amène, hélas ! 

Et mon bon fond s’échappe au long du temps qui passe

 

J’étais d’humeur amère, et j’ai pas bien chanté ;

A une demi-scène je me suis confiné

Et au ras des pâq(ue)rettes, je l’avoue, j’ai presté.

Mais l’ambiance fut bonne et le pire évité.

 

Il y a du monde en loge, après la fin du show.

Une madonne hystérique, qui m’a l’air cultivée,

Tout en fumant six clopes s’enfile trois Cointreau ;

Elle m’appelle « Messire », taquine. Et d’ajouter :

 

« Pour qu’un jour tu atteignes un bon niveau sans bide,

Mon conseil est de boire surtout de l’eau limpide.

Et, avant que le temps ne finiss(e) par t’user,

Dormir longtemps, sinon ta perf’ elle est niquée ».

 

Ce soir, fête à ma pomme - c’est le calendrier - ;

Les invités boiront fort tard à ma santé,

Amis qu’on n’ose pas virer, qui nous diront :

« Restez et on vous aime, mais si vous partez, non »

 

Donc, si vous en avez trouvé 22 (voire 23), vous avez gagné. S'il y en a plus, c'est pas exprès.

 

* pire encore, certains cruciverbisent, flèchemottent ou sudokutent, je m’arrête sinon je sens que je vais rendre.

02/02/2009

Où le visiteur-promeneur-curieux ne se contente pas de faire des tas de choses, il en parle !

 

Pour apercevoir de jolis cailloux bien rangés, rien ne vaut la fréquentation d’un Salon des Minéraux et Fossiles. Justement, il s’en tenait un 33ème du nom ce week-end au Salon Communal de Marchienne-au-Pont (une bourgade hennuyère lugubre dont les rues se transforment nocturnement en coupe-gorges, mais diurnement praticable en char blindé), qui abritait de nombreuses pièces de grande qualité, notamment une gigantesque malachite d’une telle beauté que mon non-amour généralisé de la couleur verte en fut tout ébranlé. Au rayon spectaculaire, quelques crânes de chats « dents de sabre » aux canines proéminentes et acérées ne vous font guère regretter de n’avoir point vécu 50.000 années plus tôt. Idem pour des insectes, nettement plus anciens et gros comme des tortues, auxquels je préfère largement nos poux et blattes contemporains considérablement plus discrets. Aux fins de compléter ma minérale collection qui va bien, et en raison de la crise, je me contentai d’acquérir en guise de souvenir un petit bloc d’ambre fort bien poli.

 

Jean-Luc Moerman est un artiste prolifique au prénom exquis qui n’a pas peur de barbouiller avec talent des espaces allant du rikiki (photo ou page de magazine, à l’encre) au gigantesque (sol, murs et plafonds d’un énorme entrepôt, soit dans les 3.000m², à la peinture fluo). Ses influences multiples passent par le pop’art, les tatouages, la culture urbaine, les mangas… A à la vue ses compositions en noir et blanc, je pense à du Gotlib (celui de la Rubrique-à-brac) abstrait, mais peut-être fabule-je. JLM montrait, jusqu’à ce dimanche 1er février, ses œuvres les plus récentes au B.P.S.22 à Charleroi, il faudra donc aller le revoir ailleurs.

 

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Jean-Luc Moerman repeint Goldorak : du Gotlib abstrait ?
 
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Un artiste qui voit grand : hangar entier repeint en fluo

 

La Bruxelloise est un restaurant de Charleroi où, mis en appétit par les jolis cailloux et sympathiques graboutchas ci-avant relatés, et conseillé par un serveur de la Cour des Miracles aux innombrables cocktails fort goutus, j’ai franchement pas bien mangé : la patate n’y goûtait pas la patate et le jambonneau y était adipeux - et je ne suis pourtant pas difficile. Je m’en éclipsai donc vite fait pour aller prendre dès le lendemain ma mère à son domicile et ma revanche sur le mal manger au Refuge des Grisons à Bruxelles, un restaurant suisse où champignons et fromages se tiennent bien tandis que les pommes de terre la goûtent.

 

Et enfin, brio de l’apothéose de l’excellence sur la cerise du gâteau, l’équipe de France de handball, dont je ne serine pas pour rien à qui veut l’entendre que cela fait deux ans au moins que c’est la meilleure de la planète, est (enfin) devenue Championne du Monde en direk à la télé en s’imposant (24-19) avec brio, patience, intelligence tactique, sérénité et détermination face à une Croatie qui s’est effondrée dans le dernier quart d’heure (2 buts seulement marqués par Balic, Vori & co dans les 18 dernières minutes face à la défense de fer des Bleus, du jamais vu dans un Mondial). Je pense n’avoir jamais assisté à un match d’un niveau aussi élevé, et à un spectacle sportif d’une telle qualité. Ou alors c’est que je deviens exagérément chauvin. Encore que je doive montrer une certaine prudence à affirmer péremptoirement que ce terme désigne effectivement un Belge qui supporte des Français.

 

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Jérôme Fernandez, le capitaine admirablement irréprochable de la meilleure équipe du monde

28/01/2009

Où l’auteur avertit le lecteur non amateur de handball qu’il risque de passer un bon moment à lire des trucs qui ne le passionneront guère

 

Dans un Mondial croate d’un niveau tout à fait remarquable, à l’issue du second tour, trois de mes quatre favoris se retrouvent en demi-finales : la Croatie, la France et le Danemark. Quatrième équipe du carré final et surprise du chef : la Pologne, finaliste du Mondial précédent, qualifiée hier soir de toute justesse, à 5 secondes de la fin, en marquant dans un but vide d’un tir lointain qui sanctionnait une perte de balle norvégienne en attaque où s’était inconsidérément rué le gardien (31-30) et qui évinçait du même coup son adversaire du soir. Comme quoi, une qualification tient parfois à un cheveu (si vous n’avez pas tout compris, relisez avec plus d’attention, je persiste et signe).

 

L’Espagne, mon 4ième favori, a été sortie dès le premier tour après un parcours tellement indigne de son rang que l’entraîneur s’en est excusé auprès de son pays. Condamnés à jouer en poule de consolation, les (plus trop fiers) Ibères aux naseaux frétillants d’amertume tels des toros (poin/tron)çonnés par des matadors de troisième zone dans un corrida cantonale, ont pu se refaire une (relative) santé dans les poules de consolation en écrabouillant tout sur leur passage :  205 buts pour et 98 contre en 5 matches (soit un score moyen de 41-20), c’est du jamais vu dans un Mondial ; l’Espagne a portant dû se contenter de  la 13è place.

 

Quant aux Allemands, ex-champions du Monde pas du tout méritants, avec un nul et deux défaites pour leurs trois dernières sorties, ils ont beau rouspéter sur l’arbitrage (pour la forme, parce que la paille et la poutre, hein, ça commence à bien faire…), ils ont été défenestrés de ce Mondial par les Scandinaves (Norvège et Danemark) unis pour cette noble cause, na-nananère, et c’est un juste retour des choses après l’imposture de leur succès mondial précédent dont que sur l’ignominisme duquel je vous ai déjà causé en long en large en travers et en diagonale.

 

La Croatie et la France se sont donc affrontées hier soir pour la première place du groupe A, dans ce que beaucoup qualifiaient de fausse finale avant la lettre (ou de match à fleurets mouchetés), un match sans véritable enjeu puisque les deux pays, en tête de leur groupe, toujours invaincus et favoris pour la finale, étaient déjà qualifiés pour les demi-finales. En réalité, il y avait quand même un enjeu à ce match, surtout pour les Croates : ils devaient l’emporter pour rester invaincus devant leur public (prestige oblige) et surtout éviter en demi-finale le Danemark, leur bête noire, qui venait de terminer premier du groupe B. La France, elle, pouvait se permettre de perdre (son seul objectif est le titre suprême), mais devait néanmoins rester concentrée sur son sujet pour éviter de subir une défaite trop lourde qui aurait pu nuire à la zénitude du moral de ses troupes et gonfler celui d’en face. L’entraîneur tricolore Claude Onesta, soucieux de cacher au maximum les possibilités de son groupe dont la plupart des observateurs (et moi aussi) considèrent qu’il s’agit du meilleur du monde, laissait opportunément au repos ses cadres principaux ; ni le gardien Thierry Omeyer ni le buteur Jérôme Fernandez n’ont  été alignés ; les autres joueurs de base (Karabatic, Sorhaindo, Gille, Guigou, Abalo, Narcisse), ne sont montés au jeu que pour un demi-match ou moins et ont été remplacés par des réservistes qui ont connu des fortunes diverses : si Franck Junillon a été étincelant, les deux gauchers Sébastien Bosquet (mon chouchou puisqu’il évolue à Dunkerque où il casse régulièrement la baraque) et le jeune Xavier Barachet ont signé de piètres 1/4 et 1/6 en attaque et n’ont guère été efficaces.

 

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Sébastien Bosquet - impérial en club, trop court pour l’équipe nationale 

 

Sébastien Bosquet, ce grand joueur, malgré toute l’estime que je lui porte - mais jamais au détriment de l'incontestable lucidité qui m'habite - est hélas l’une des déceptions de ce Mondial ; il a été peu utilisé, et quand il l’a été, il n’a pas saisi sa chance, sauf contre l’Australie, qui était de loin... l’équipe la plus faible du tournoi . A déjà 28 ans, le grand Seb, qui n’est plus une solution d’avenir, risque de devoir renoncer définitivement à sa carrière internationale ; il regrettera certainement les blessures qui l’ont tenu éloigné des terrains trop longtemps, à une époque où il aurait pu gagner durablement ses galons de titulaire… Au final, la victoire est revenue à l’équipe qui la voulait le plus : la Croatie s’est imposée 22 à 19, la France n’a rien dévoilé et a reposé ses troupes, tout le monde est content.

 

Les demi-finales opposeront donc la France au Danemark et la Pologne à la Croatie. La logique voudrait que France et Croatie se retrouvent une seconde fois pour une vraie finale explosive, cette fois-ci à couteaux tirés et visages découverts, mais rien n’est jamais écrit à l’avance : le Danemark est très solide (on n’est pas champion d’Europe par hasard), et la fantasque Pologne, dans un bon jour, peut battre n’importe qui. Le spectacle est assuré.

 

Côté non-européen, seule la Corée du Sud, au jeu rapide et déroutant, mais désavantagée par ses gabarits moindres, a réussi à passer le premier tour ; au second, elle n’a pu éviter la dernière place de son groupe, et ne se classera donc au mieux que 11ième. L’Egypte termine deuxième nation non-européenne, à la 14ième place, pas terrible pour eux (mais mieux qu’une très décevante Russie, 16ième). Autrement dit, la maîtrise européenne sur le hand mondial reste incontestée.

 

 

Note additive postée ultérieurement : la disgrâce (temporaire) des arrières gauchers de l'équipe de France (Bosquet et Barachet) se confirme avec la convocation, pour les deux derniers matches du Mondial, de Joël Abati, un arrière droitier très expérimenté au palmarès incontournable (champion du Monde, champion olympique, champion de France et d'Allemagne, vainqueur de la Coupe d'Europe des Champions et de la Coupe de France, qui a joué en Allemagne et qui joue aujourd’hui à Montpellier, champion de France) mais très âgé ( 39 ans en avril prochain! ).

 

Interrogé à ce sujet le 29 janvier par le magazine en ligne Handzone, Michaël Guigou, l’ailier gauche génial et virevoltant de l’équipe de France, ne laisse pas planer le moindre doute :

HandZone : Et le retour de Joël Abati ?

Michael Guigou : […] C’est un choix fait par Claude [Onesta, l’entraîneur] par rapport aux gauchers actuels. S’il vient avec la confiance du coach et des joueurs, ce qui est le cas, c’est positif. Vendredi, on ne doit pas gâcher* mais montrer […]

 

*claire allusion au désolant 2/10 (2 buts marqués sur 10 tirs) réalisé par les gauchers lors du match contre la Croatie.

 

Allez, Jacques est à l'Est...

 

20/01/2009

Où l'auteur, réparant un grave oubli, entretient son lectorat du fameux Docteur H. dont il a plusieurs fois fait mention dans le passé

 

Le Docteur H. est un être rare comme on n’en fait plus. Au premier abord, rien ne le distingue d’un humain ordinaire. On pourrait éventuellement évoquer une certaine ressemblance avec le célèbre tintinesque Tryphon Tournesol (chapeau, lunettes et loden en moins, quelques cheveux gris en plus) mais le docteur H., tout en élucubrant dans les développements scientifiques les plus pointus, garde, lui, les pieds toujours sur terre et n’est jamais à l’Ouest. Je parie qu’avec les crédits et l’équipement adéquats, il serait même en mesure de construire une soucoupe volante fonctionnant avec des crottes de lapin (ou un truc époustouflant dans le genre).

 

Le Docteur H., ne trimbalant jamais le moindre gramme superflu, est carrément superfluet. Son budget nourriture hebdomadaire ne dépasse que rarement la dizaine d’euro. Là où le commun des mortels, pour se rassasier, s’enfile apéro, entrée, plat, fromages et desserts, lui se contente nonchalamment d’une demi-pomme et la termine en disant qu’il a bien mangé. Le dernier qui l’a vu boire de l’alcool ou du coca-cola a quitté ce bas monde il y a bien longtemps. Bref, le Docteur H. est un être résolument frugal. C’est à se demander si son organisme renferme la moindre trace de cholestérol.

 

Le Docteur H., quand vous êtes son ami, il laisse tout tomber pour venir vous rejoindre et vous porter secours lorsque vous l’appelez à l’aide.

 

Le Docteur H., dans un groupe, il est toujours d’accord pour faire ce que personne d’autre ne veut faire. L’ampleur de la tâche ne le rebute jamais. Il est dur au labeur, persévérant, déterminé. Et la qualité du travail produit est toujours largement supérieure à ce qui était attendu.

 

Le Docteur H. est une encyclopédie sur pattes. Inutile d’aller vérifier ce qu’il vous a raconté sur des tas de sujets aussi variés que passionnants, c’est toujours exact. Quand il ignore de quoi qu’on cause, il annonce sans ambages qu’il n’y connaît rien (ce n’est d’ailleurs pas toujours vrai). Mais attention : quand on aborde un sujet à propos duquel il dit, de sa voix douce, la tête légèrement inclinée sur le côté, et avec un demi-sourire, « Je sais », cela veut dire qu’il connaît le sujet sur le bout des doigts, qu’il a lu tous les ouvrages importants sur la question, et qu’il s’est fait sa propre opinion – toujours originale, éclairée, éclairante.

 

Le Docteur H. ne transige jamais sur ses principes et ses engagements, dusse-t-il en baver des ronds de chapeau : il va sa route droit comme un i sans dévier d’un pouce, quitte à braver l’inconfort, prendre des coups ou sacrifier son bien-être.

 

Le Docteur H., je ne lui connais pas de défaut. Ah si, quand même : quand, au volant de son break, hésitant sur la sortie à prendre, il ralentit au point quasiment de s’arrêter en plein milieu d’un rond-point, il me fout une trouille bleue.

15/01/2009

Où l'auteur va incessamment se gaver de son sport favori

 

Ce samedi 17 janvier, c’est le début du Mondial de Handball masculin en Croatie. Les favoris en seront la France, championne olympique, la Croatie, pays organisateur, le Danemark, champion d’Europe, et l’Espagne jamais loin des meilleurs. Encore qu'un cinquième larron pourrait venir mettre tout le monde d'accord tant la hiérarchie mondiale peut se retrouver bousculée d'une compétition à l'autre.

 

Seule absente de marque : l’Islande, médaille d’argent à Pékin, qui s’est fait surprendre en qualifications, à l’étonnement général, par une Macédoine en pleine progression. On espère de bonnes prestations de l’Egypte, l’équipe-phare d’Afrique, seule équipe non européenne à pouvoir envisager de figurer dans le top 10, mais qui devra se bouger pour y parvenir.

 

Par contre, l’équipe championne du Monde en titre, l’Allemagne, complètement à la ramasse, n’a pas l’ombre d’une chance de renouveler son bail, et ce n’est que justice. J’avais largement raillé dans mon blog précédent les scandaleux truquages arbitraux - restés impunis par la Fédération Internationale - qui avaient permis à cette équipe de s’imposer indûment à domicile en 2007 alors qu’elle aurait dû se faire sortir par une Espagne, supérieure, dès les quarts de finale. En demi-finale, rebelote, la partialité des arbitres (suédois) fut encore plus honteuse car, accumulant toujours dans le même sens les décisions abracadabrantes et iniques, ils volèrent - il n’y a pas d’autre terme - à la France une victoire qui aurait cent fois dû revenir à des Bleus héroïques et légitimement furax de s’être fait ainsi gruger. Dans les 2 années qui suivirent ce scandale qui a considérablement terni l’image de ce noble sport, l’Allemagne n’a d’ailleurs jamais fait honneur à son titre usurpé, en foirant magistralement tous ses rendez-vous internationaux, et restera dans l’histoire du hand comme l’équipe de tous temps la plus indigne du titre suprême. Espérons que pour ce Mondial, la Fédération ait resserré les boulons sur le plan de l’arbitrage…

 

Narcisse

Daniel Narcisse, arrière de l'équipe de France, l'un des meilleurs joueurs au monde.

Où l'auteur, in extremis, fait le point sur ce qui l'a bien botté lors de l'année précédente

 

Fruit de l’année : le pamplemousse en apéro, y a pas photo.

 

Spectacle de l’année : Fabrice Luchini dans la seconde partie de « Le point sur Robert » au Théâtre de la Renaissance à Paris. Totalement hallucinant et jubilatoire. Cet homme est un génie et son discours est passionnant. Mais que pourrais-je en dire qui n’ait déjà été dit ? Donc se taire, écouter, rire, savourer, lire un excellent compte rendu de l’affaire…

 

Concerts de l’année (hors groupes belges) : la sublimissime Juliette (je vous raconterai un jour par le menu l’épisode « Lapin » du concert, un truc que personne n’avait osé avant elle et que personne n’osera plus jamais après elle) et les magnifiques Tri Yann, tous les deux vus, à des dates différentes, à l’Olympia de Paris.

 

Groupes belges de l’année sur scène : Dada Pate, Texas Trauma et Les Bourreaux. La presse n’en parle pas, signe évident qu’il faut les suivre.

 

Pire concert de l’année : Saint-André cet été sur la Place de Moscou à Bruxelles. Besogneux, insipide, larvaire, chiantissime. Avec en prime dans le nullard une regrettable et salissante reprise de « Comme ils disent », dont l’exécution (vraiment le terme qui convient) fut un outrage sans nom au magistral talent de Mr Aznavour.

 

Série TV : découverte sur le tard en DVD, Rome, même avec ses errances historiques et mon aversion générique pour le genre, m’a emballé.

 

Film de l’année : Rumba, de et avec Fiona Gordon et Dominique Abel que j’ai vus en chair et en os interpréter une très belle chorégraphie lors de la très émouvante et réussie Soirée d’Hommage à Pierre Etaix.

 

Evénement de l’année : ladite soirée Pierre Etaix au Théâtre de la Toison d’Or, où ledit PE était présent, à la fois drôle et grave, avec ce je ne sais quoi d’indiciblement émouvant qui n’appartient qu’aux plus grands humoristes, ce qui explique que Mr Jean-Marie Bigard n’en fasse pas partie.

 

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Pierre Etaix, à gauche, ici avec son camarade Jerry Lewis. Ils sont fans l'un de l'autre.

Livre de l’année : j’ai retrouvé, après l’avoir perdue de vue durant plusieurs années, ma chère Elisa Brune, la seule auteure à laquelle, de toute ma vie fanatique pourtant déjà longue, j’ai un jour osé demander un autographe (c’était à la Foire du Livre 2002 si ma mémoire est bonne), dont je conseille vivement la lecture de son petit dernier « Alors, heureuse ? … croient-ils ! La vie sexuelle des femmes normales ». Savoureux ! Vite, acquérir ses ouvrages non encore lus et combler, en les rattrapant, mes lacunes en ses écrivages !

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Elisa Brune

Sportifs de l’année : la palme d’or et les gros bizous empressés du membre unique  - rouge de timidité autant que saillant d’admiration - du jury reviennent à l’équipe handballante féminine de Norvège, cet été Championne Olympique, et cet hiver Championne du Monde en surclassement sur une jambe et les doigts dans le nez alors même que ses deux meilleures joueuses (Katja Nyberg et Gro Hammerseng) étaient absentes pour blessures. Palme d’argent et chaleureuse poignée de mains à l’équipe de France masculine du même sport pour son titre olympique cent fois mérité : de toute l’histoire manoballante, jamais une équipe nationale n’a été aussi forte.

 

Restaurant de l’année : le Saint-Boniface, au 9 rue du même nom à 1050 Bruxelles. Ne pas s’abstenir d’en abuser.

 

Ostracizem de l’année (j’insiste sur l’orthographe) : la coupe de platine revient à Mr Eddy Decorte. Ne pas chercher à comprendre, lui seul pourra. Je fais des apartés si je veux.

12/01/2009

Où l’auteur-chanteur, n’hésitant jamais - pour le bien de la collectivité - à convertir en sagesse populaire la significative quintessence du moindre événement représentatif auquel il participe...

(suite du titre) ... expose en dix proverbes dûment commentés les méandres des (péri)musicales activités de sa fin de semaine.

 

Qui vole vers la banquise

Egare une valise

« La banquise » est ici une généralisation largement abusive désignant en réalité la Suède ; chaque déplacement de Front 242 vers ce jovial pays entraîne invariablement la non-arrivée à bon (aéro)port d’une valise…

 

Pour la Scandinavie

Prend double batterie

… valise contenant inévitablement plusieurs éléments indispensables au fonctionnement des bruyants instruments du batteur Mr Tim Kroker, fort marri de la chose, et de surcroît objet de sarcasmes bien qu’il n’y soit pour rien.

 

A Belgique en gelure,

Suède sans froidure

Tandis que les thermomètres du pays d’Albert II stagnaient misérablement aux alentours de -10° ce vendredi, le mercure göteborgien, pourtant 1.000km plus au Nord, affichait sans complexe un fier + 2° sans aucun flocon de neige à l’horizon.

 

A voir concerter 2-4-2

Gothenbourgeois viennent nombreux.

Göteborg ou Gothenburg, ville portuaire de Suède, énième sold out de la campagne, chaude ambiance malgré le temps humide.

 

Estrad(e) où pieds restent collés

Font jolies cuisses bien musclées

Certaines scènes sont rebondissantes comme des trampolines, d’autres glissantes comme des patinoires; celle de la salle Trad’ngar était poisseuse et collante, chaque décollement du sol demandait une double dose d’énergie, on se serait cru dans un marais.

 

Cidre de poire suédois

Met en tes boyaux grand émoi

Tournée post-concert : après minuit, le bar de l’hôtel ne propose qu’un choix limité de boissons ; ceux qui miseront sur le produit local, un cidre de poire au goût complètement chimique, en seront pour leur frais et paieront leur audace de sévères purges gastriques durant les 24 heures suivantes.

 

Chanteur, dans ta chambrette

N’oublie tes oreillettes

Le chanteur, dans son habituel état vaseux du matin (1), aurait été bien inspiré de ne pas omettre d’emporter avec lui, en sortant de sa chambre d’hôtel de la taille d’une boîte à chaussures, son système de monitoring in-ear (2). Le bougre habiterait dans un iglou mono-pièce qu’il parviendrait encore à y égarer un dromadaire !

 

A prononcer le nom « Malmö »,

Ne point meugler, penser « calme ».

Les Suédois, qui savent de quoi qu’ils causent dans leur dialecte viking, lorsqu’ils désignent le nom de la petite ville de Malmö, ne  prononcent pas « Mal-meuh », mais bien « Malme », soit une finale beaucoup plus courte identique à celle des mots « calme » ou « palme ».

 

A Malmö une fois encor

Le concert est vendu dehors

« Vendu dehors » : traduction littérale de l’anglais « sold out ». Le Kultur Bolaget (750 places) est bondé (comme un âne ?) et plein comme œuf.

 

Matos de circonstance

Induit la dissonance

Privé par sa coupable négligence de son matériel de monitoring habituel, le chanteur est donc obligé, pour un soir, de se produire avec du matériel de remplacement. Son de moindre qualité dans ce cas de retour non-gagnant moins adapté, qui l’oblige à cadenasser ses occasionnels accessoires auditifs non personnalisés et sub-adhérents bienveillamment accourus à son secours en les collant sur ses oreilles à grands coups de larges bandes de gaffer tape de couleur argentée, je vous raconte pas le look. Déstabilisé dans ses repères et auriquement traversé de spasmes vaguement mélodiques à la limite du discernable, il est donc inévitable qu’à certains moments ledit chanteur pousse la chansonnette dans des gammes franchement étranges voire résolument anti-conventionnelles et non repérées sur la carte. Il s’en sortira drapé dans la toge immaculée de l’honneur quasi-sauf en affirmant avec la dernière des mauvaises fois qu’il vocalise régulièrement en mode intentionnellement dissonant, concept inédit et novateur avec lequel l’auditeur contemporain n’est certes pas encore trop familiarisé, mais qui deviendra à coup sûr l’un des éléments fédérateurs des qualités interprétatives qui feront les grands beuglants de demain et que tout candidat aux scènes mondiales se devra de posséder sur le bout de la glotte. Que le politicien ou le manager qui n’a jamais recouru à de fallacieuses pirouettes rhétoriques pour eclipser ses criantes lacunes personnelles ou pour transformer ses honteuses défaites en trompettantes victoires lui jette la première pierre.

 

(1) à ne pas confondre avec un vaseux de nuit, rien à voir.

(2)  en français : retours dans les pavillons

06/01/2009

Où l'auteur ne se foule pas pour se fendre d'un titre accrocheur

 
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Gustave Parking, un humoriste très inventif frisant fréquemment le génial, et qui citait peut-être quelqu'un d'autre, a dit : "Suivez ceux qui cherchent et fuyez ceux qui ont trouvé."

Il a dit aussi : "Ne pas avoir de toit (1) dans un pays froid, c'est comme ne pas avoir d'eau dans un pays chaud".

 

(1) c'es la nouvelle orthographe. On écrit désormais toit au lieu de toît, l'accent circonflexe a disparu. On écrit aussi un sèche-cheveu au lieu de un sèche-cheveux. On croît rèver.