05/01/2009

Où l’auteur précautionneux appose un très visible carré blanc avant d’entreprendre sans fausse pudeur le narrage décomplexé de ses souvenirs de Bèze.

 

S’il n’y avait pour m’en retenir l’immesurable immensité de la modestie naturelle qui m’étouffe à chaque fois que me saisit l’envie d’en faire plus que le strict minimum, je placerais résolument cet article dans la droite lignée du reportage devenu légendaire que l’inimitable Daniel Prévost, dont la truculence n’est plus à vanter, consacra jadis au village de Montcucq dans l’émission-télé culte « Le petit rapporteur » et que je visionnai en direct à l’époque en me roulant par terre de concert (déjà) avec toute ma famille hilare pliée en quatre devant le poste.

 

Pour le réveillon de Nouvel An, je fus aimablement invité du côté de Dijon par des amis que je rencontre trop peu souvent car ils habitent loin, c’est la vie. Je le précise à l’intention du lecteur non géographiquement aware, Dijon est la très bourguignonne capitale de la moutarde, une préparation assez zonée et tellement relevée qu’elle n’a aucune peine à monter fréquemment au nez des chats dont le déjeuner n’est pas servi à l’heure (*).

 

S’enquérant à ma requête et sur le tard des disponibilités hébergementales environnantes, ma très zélée secrétaire particulière, qui règle les menus détails matériels de mon existence opulente et oisive dont les aléas de l’organisation pratique me courent sur le haricot, ma dite secrétaire donc me signala avec empressement qu’elle m’avait dégotté, en guise de primochoix de proximité, un petit hôtel estampillé « Logis de France » ( suivez cette enseigne les yeux fermés et, je l’atteste, vous serez bien logés ) qui seyait dans le village de Bèze dans la Côte d’Or (21), avant d’ajouter avec un enthousiasme mal contenu et une voix chevrotante qu’en raison de ce nom très prometteur elle serait également du voyage et que ce n’était pas négociable. Je ne pus donc qu’opiner.

 

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Bèze sur la Bèze

Arrivé sur place, au Chemin du Routoir (oui, il y a bien écrit Routoir avec un R), force me fut de constater que mes amis avaient grandement agrandi leur logis pour y mieux faire pousser leur marmaille qui s’était d’ailleurs multipliée depuis notre dernière rencontre, le tout non sans une très chaleureuse harmonie. Profitant de l’espace à disposition, lesdits amis avaient, avec une judiciosité et un hospitalitage de bon aloi, mis les grands plats dans les énormes et concocté un menu de 6 entrées, 3 plats et 5 desserts - le tout fait maison – qu’arrosaient la panoplie assortie des alcools qui vont bien ; même Pantagruel, Gargantua et consorts tous réunis n’en fussent point venus à bout - or il y avait de bonnes fourchettes autour de la (gigantesque) table - tant ça gargamellait (****) dans la bombance boustifo-ripaillante.

 

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Un lieu propice aux étreintes passionnées : la tour à chaux de Bèze

Au cours de la soirée, j’appris mille et une informations passionnantes sur la charmante bourgade de Bèze ; qu’elle était d’origine gallo-romaine voire antérieure (**) : qu’elle se situait à la source de la rivière homonyme et longue de 31 km (**) ; qu’elle comportait un centre fort urbanisé dit « Centre de Bèze » ou « Bèze-en-Ville » (***) ; qu’il y régnait en permanence un microclimat torride (***) ; qu’il s’y organisait chaque été depuis plus de trente ans une très renommée « Fête des Andouilles et des Cornichons » avec élection concomitante (******) de la reine des premières et du roi des seconds (**), ce à quoi ma secrétaire, jamais en manque d’initiative, me sussura (******) à l’oreille (*****) sur un ton vaguement égrillard (******) qu’elle nous y inscrirait pour l’édition 2009, encore que je ne ressente pas vraiment de motivation trépidante ni transcendante à l’idée d’une élection à un titre inférieur à celui d’empereur - ceci dit, je suis toutefois d'accord avec l'idée qu'une élection longue et durable s'impose pour jouir pleinement de Bèze.

 

Qu’échangeâmes-nous donc du côté de Bèze et à minuit sous le gui de l’An Neuf ? De grosses … accolades, évidemment.

 

 

(*) autrement dit : dont le mou tarde

(**) c'est très sérieux

(***) c'est pas sérieux du tout

(****) celui de Rabelais, pas celui de Peyo

(*****) on peut éventuellement sussurer ailleurs mais c’est nettement moins audible

(******) on ne m'aura pas sur un coup simple, j'ai vérifié l'ortho au dico

26/12/2008

Où l'auteur, en touriste averti, glose sur Dinant, ses couques, sa citadelle

 

La ville de Dinant est une sympathique et étrange cité belge située à une vingtaine de km au Sud de Namur, sur la Meuse. Cette ville est fameuse pour le saxophone dont l’inventeur, Mr Adolphe Sax, y naquit en 1814 dans une maison de la rue Grande aujourd’hui transformée en GB Express, c’est là la marque du progrès. D’une importance stratégique indubitable car située sur la route entre Paris et Cologne, Dinant fut très tôt dotée d’une citadelle - qui contrôlait l’accès au seul pont sur la Meuse dans les 20 kilomètres - pas si inexpugnable que ça puisque reliée au sol par un double téléphérique assurant 30 montées à l’heure pour 17 touristes à la fois (soit 510 touristes à l’heure, alors que la garnison au sommet ne comptait que 400 combattants. L’assaillant n’avait qu’à infiltrer discrètement les touristes - et à s’abstenir de redescendre - pour se retrouver en quelques heures au sommet en nombre supérieur à celui des défenseurs, boudju quel grand stratège j’aurais fait). Charles le Téméraire, Louis XIV puis les Allemands à chaque Guerre Mondiale la prirent avant de faire payer très cher aux civils dinantais (via des massacres en bon uniforme) les considérables efforts et pertes qu’ils durent consentir pour s’en emparer. Ces épreuves ont aguerri le Dinantais, ce qui se ressent dans leur principale spécialité gastronomique : la couque de Dinant. Car oui, cette ville excelle dans la gastronomie.  D’ailleurs ne dit on pas « L’appétit vient à Dinant » ?

 

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Couques de Dinant dans leur milieu naturel

La couque de Dinant est un coriace biscuit wallon composé d’1/3 de farine de froment, 1/3 de miel et 1/3 de ciment. Débitée en tranches d’1 cm d’épaisseur dans les mesures et formes adéquates, la couque de Dinant servait jadis de boucliers aux invincibles vikings, tapissait l’indestructible forteresse flottante allemande le « Bismarck » (qui, immobilisé par malchance au milieu d’une flotte navale anglaise notoirement hostile, ne fut coulé qu’après des heures de pilonnage insensé à coup de kilotonnes d’obus), sert aujourd’hui de gilet pare-balles à la gendarmerie wallonne et de protège-coucougnettes aux footballeurs du Standard ; j’ajouterais que les combattants d’Al Qaïda seraient indélogeables de leurs pakistaines et souterraines retraites, même à coup de missiles perfor(m)ants, s’ils en tapissaient les murs des grottes où ils s’enfouissent.

 

Appelé aussi « le bonheur des dentistes », ledit biscuit ne consent à devenir mâchable qu’après avoir mariné durant un minimum de 3 semaines dans du lait russe ou du chocolat chaud. Le néophyte non averti qui le confondrait par distraction avec un inoffensif spéculoos y perdrait la moitié de ses ratiches au premier mordage, et je conseille au prochain journaliste à qui viendrait l’idée de canarder le président U.S. à coups de taloches de troquer ces dernières pour une paire de couques dinantaises, autrement plus légères et faciles à manier, et à l’impact autrement plus ravageur surtout si on en lime les bords en biseau de façon à les rendre coupants (compter, par centimètre de pourtour, un centaine d’heures de limage à la disqueuse industrielle).

 

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Dinant. En haut: la citadelle. En bas: la Collégiale. A droite: le téléphérique.

La citadelle de Dinant est intensément caractérisée par une particularité sonique curieuse autant qu’intéressante qui n’a pas échappé au spécialiste des phénomènes auditifs insolites dont je suis (puisque je milite dans l’un deux): quand, le soir de Noël, sur la petite place jouxtant la Collégiale Notre-Dame, située pas tout à fait exactement 100 mètres moins haut à la pas vraiment verticale de son approximatif contrebas dans le sens de la descente, joue (sans sono et sans sax – car la pratique du sax aux abords des lieux de cul est interdite) un sémillant quintette de Pères Noël clarinette-banjo-percussions-hélicon-trompette, on en entend très distinctement la musique jusqu’au sommet de la citadelle pourtant située une bonne centaine de mètres plus haut à l’oblique verticale dans le sens ascendant, je l’ai déjà dit à l’envers et plus haut sans crainte de me répéter.

 

De là à imaginer que les défenseurs, du haut de la citadelle, entendaient, avec un minimum d’attention, tout ce qui se disait en bas, il n’y a qu’un pas hasardeux que je franchis allègrement avec la rigueur désinvolte du critique historique qui se réveille en moi à chaque fois qu’on cause faits historiques avérés, et en plus j’ai le diplôme. Outre donc qu’ils pouvaient entendre la messe tous les dimanches sans se déplacer, les défenseurs avaient donc aussi la faculté, en temps de conflit, d’ouïr très distinctement - et d’en tirer un avantage stratégique considérable - les conversations des assaillants miraculeusement parvenus au pied de la citadelle sans s’être fait préalablement hacher menu par le déluge de fer et de feu obligeamment déversé sur eux en guise de cadeau de bienvenue au dur pays des couques par les tirs croisés, concertés et nourris de centaines d’arbalètes, de tromblons, de fusils, de canons, de mitrailleuses ou d’obusiers, selon les époques.

 

Imaginons la scène :

(Premier assaillant miraculé, en abrégé ‘pam’ dans les lignes qui suivent) - Ouééé, pffffouuu, on y est arrivés ! On l’a échappée belle !

(Second assaillant miraculé, en abrégé ‘sam’ etc) - Ca c’est sûr, d’ici ils ne ne peuvent pas nous voir.

(pam) - On est combien ?

(sam) - Euh… y a que nous deux.

(pam) - Bon, on fait quoi ?

(sam) - Le téléphérique est en route ?

(pam) - Non.

(sam) - Alors, on va casser la roche sous la citadelle à coups de pioche.

(pam) - Bonne idée, t’en as apporté une ?

(sam) - Euh… »

Et ainsi, ayant tout entendu, les défenseurs rassurés pouvaient dormir tranquilles au sommet de leur rocher. Stupéfiant, n’est-il pas ?

14/12/2008

Où l'auteur pour une fois s'énerve

 

S’il est un chanteur appartenant sans conteste à la regrettable engeance des inévitables fâcheux qui vocalisent leur insignifiante variétoche mollassonne dans le poste sans qu’on leur ai fait ou demandé quoi que ce soit, c’est bien monsieur Vincent Delerm.

 

Quand bien même il se contenterait seulement de nous seriner matinalement ses fadaises de sa voix baveuse d’épagneul fatigué, il y aurait déjà outrage à la Belgique qui se lève tôt, tant sa voix suintant l’ennui menace de réendormissement précoce l’automobiliste méritoirement sur ses pédales dès potron-minet pour filer au travail les yeux encore engourdis de fatigue et ne demandant qu’à replonger dans les bras de Morphée.

 

Mais hélas, le cuistre ne se contente pas de fredonner, il se mêle aussi d’écrire, et là on tombe carrément dans l'intolérable, mais que fait Green Peace ?

 

Ainsi, l’autre matin : je me laissais comme souvent piloter par ma ronronnante Joséphine à moteur jusqu’à destination du havre de verdure où j’exerce désormais mes activités professionnelles, et tout baignait ; c’était le point du jour, je traversais la forêt de Soignes, les arbres se découpaient de plus en plus nettement sur le ciel qui lentement s’éclairait, un petit crachin ne parvenait pas à cacher la palpable tension de la forêt s’éveillant avec enthousiasme et toute entière à ce jour nouveau plein de promesses d’émerveillement. Plongé cœur et yeux dans le ravissement sans cesse renouvelé qui me saisit à chaque passage à la même heure au même endroit, j’en étais rendu à avoir sottement oublié que, quelques minutes plus tôt, dans les méchants tunnels de la petite ceinture, j’avais distraitement syntonisé mon auto-radio sur la fréquence de la radio nationale, lorsque soudain, un ministre phinancier de par chez nous, dont les dents rayent le parquet dès qu’il se trouve dans les parages d’Albert II, et appartenant à un parti dont je tairai le nom car je sais que traînent par ici des mineurs d’âge auquels je ne veux point faire lire le moindre gros mot, lorsque ledit phinancier donc, avant de déverser sur ses opposants politiques un flot de haine d’une virulence inversément proportionnelle à l’irréprochable immaculation de la Très Haute Opinion en laquelle il se tient lui-même, opta, en guise de choix musical introductif et ridicule dont on se serait bien passé, pour une chanson de monsieur Delerm déplorablement intitulée « Un tackle de Patrick Vieira n’est pas une truite en chocolat ». Sur coup de l'ahurissement de mes oreilles, le paysage s'assombrit.

 

Oui, lecteur, tu as bien lu : « Un tackle de Patrick Vieira n’est pas une truite en chocolat ». On n’avait plus guère connu une telle fulgurance dans les propos depuis Tata Yo-yo d’Annie Cordy, encore que la toujours sémillante septuagénaire belge n’a jamais eu, elle, la prétention de faire de la haute littérature.

 

« Un tackle de Patrick Vieira n’est pas une truite en chocolat » !

 

Je n’accorderai audit Delerm aucune circonstance atténuante. J’ai déjà suffisamment donné pour son père Philippe dont j’eus jadis à subir sans plaisir ni exaltation la lecture -pourtant chaudement recommandée par une personne généralement experte en littérages-, de trois recueils de textes courts dont j’ai oublié les noms sauf un – et croyez bien que je le déplore -, recueils au cours desquels je me suis considérablement ennuyé en me demandant, sans jamais trouver la moindre réponse, ce qu’un lecteur même lambda pouvait bien y trouver d’humoristique, de moderne, d’intéressant ou tout simplement de bien écrit. Pauvre Delerm, même son ascendance joue contre lui. Ou alors, son indigence scripturaire serait-elle le fruit d'une dérisoire tentative de se faire un prénom en essayant de briller dans les mêmes plates-bandes que son paternel ? Je m'interroge, mais brièvement, car j'ai mille fois mieux à faire que d'investiguer sur les élucubrations sans queue ni tête du premier guignol venu.

 

A propos, voici quelques suggestions à son endroit pour un morceau prochain : « Un shoot de Zinedine Zidane n’est pas un congre à la banane », « Un lob de Karim Benzema n’est pas une carpe à l’ananas ». Géant. Ne me remerciez pas, il est dans ma nature chevaleresque de me porter spontanément au secours des sub-inspirés.

 

Pour vous dire à quel point j’apprécie (et milite pour) la belle et bonne variété française, celle qui a du charme, du talent, de la pétillance, de l’inventivité, celle par exemple pratiquée par l’irréprochable Juliette, je lui ai fait sa pub, moi, à ce Delerm, tout ce week-end, en citant inlassablement son titre lamentable à tous mes amis rencontrés, chez qui désormais, grâce à mon action dévouée et juste, le statut dudit Delerm est passé de persona quasi incognita à persona totali non grata. Le seul ami/auteur ayant tenté de comprendre et défendre l'imbuvable charabia de ce triste sire est mon camarade Théophile de Giraud, ce qui ne m’étonne guère au vu de l’inépuisable mansuétude dont il fait montre à l’encontre des moins doués des écrivailleurs, et dont la meilleure preuve en est qu’il condescend à me fréquenter.

 

Bref : Delerm Vincent, retenir le nom et s’en abstenir absolument.

08/12/2008

Où l'auteur, redressant la tête, pérégrine et narre

 

Ami lecteur, c’est avec joie que je peux enfin commencer à lentement lever le nez de mon accaparant travail, et que j’annonce (avec prudence, donc au conditionnel) que je devrais être en mesure de reprendre un rythme de postage décent au cours des mois qui viennent. La complète palette des réactions à cette nouvelle, pouvant s’évaluer allant de « Chic ! » à « Oh non ! », m’enchante iso-également puisque j’ai toujours autant plaisir à régaler l’amateur -qui s’en délecte- qu’à désobliger le fâcheux -qui s’en débecte-, tout ceci étant exprimé dans la joie et l’allégresse avec l’élégance coutumière de mise en cet endroit langagièrement bien tenu et syntaxiquement irréprochable.

 

Je plaide coupable pour les impasses et les forfaits que j’ai respectivement dû faire et déclarer récemment sur des événements aussi variés et importants que le décès de François Caradec (il faudrait urgemment dire aux poètes et aux écrivains de talent d’arrêter de mourir les uns après les autres, c’est devenu une manie franchement désagréable), les prestations calamiteuses de l’équipe de France de hand féminin à l’Euro, les époustouflantes prestations de Jacques Bonnafé interprétant Jean-Pierre Verheggen, la soirée d’hommage à Pierre Etaix organisée par Nicolas Crousse et Véronique Navarre, j’en passe mais pas trop.

 

Il y eut la Finlande il y a quelques semaines, il y aura l’Irlande et la Pologne en 2009, mais ce week-end c’était en Hongrie que Front 242, dont l’incessante extension des frontières traversées et des territoires conquis n’a d’égale que la pétaradance de la formule scénique, s’aventurait pour la première fois de sa carrière pour y tester sa métallurgie bruitiste après laquelle certes l’herbe repousse, mais faut du temps quand même. Lisez ci-dessous pourquoi l’évocation de l’herbe est particulièrement pertinente dans le contexte qui nous occupe.

 

La Hongrie, disais-je, est un charmant pays de l’ex-Bloc de l’Est au climat invariablement tropical puisque même quand de par chez nous on gèle, là-bas on grille… les moins calembourophiles de mes lecteurs m’ont vu venir à des kilomètres avec mes gros sabots.

 

Sa capitale, à la Hongrie, énerve la plupart des grands mystiques ; rien qu’à y penser, Jésus fulmine et Bouddha peste. C’est pourtant une ville charmante ou hongroise des tas de gens dont on imagine qu’ils pourraient aisément s’appeler Terri-Aleur, Prissaleuçon ou Kitésèdètt, puisqu’ils se prénomment généralement « Attila », qui est là-bas le prénom numéro hun.

 

Cette ville possède une salle de sports que les organisateurs du concert de ce samedi 6 décembre avaient somptueusement décorée de photographies géantes de la Grand-Place de Bruxelles, histoire de ne pas trop nous dépayser dans ces plaines lointaines, et de toutes les pochettes de nos albums. Et dans les loges, serviettes de bain brodées au nom du groupe et chocolat belge, c’est pas tous les jours qu’on est aussi bien accueillis. Pour vous dire comme c’était la fête, même la sono asthmatique n’a pas réussi à refroidir l’enthousiasme des 1.000+ gens venus se défoncer les tympans et se remuer les fessiers aux rythmes frénétiques de la vigueur industrielle au service de vos sols.

 

Dès la lendemain matin, accompagné des organisateurs de la veille, subjugués, qui se joignirent au convoi alors que ce n’était pas prévu, départ matinal autoroutier pour 600km jusqu’à Prague (Tchéquie) pour un concert dans une salle plus petite, bondée et  chaudronnesque, dont l’étrange configuration (une scène dont la partie centrale est un cercle) fut un excellent prétexte à changer la disposition des musiciens, ce dont témoigne assez bien la série de (fort belles) photos que l’on peut trouver ici.

 

Bref, un week-end de plus de pur bonheur, et qui, de surcroît, (j'ai décidé de faire une phrase avec des tas de virgules) présage que, croyez-le ou non, l’histoire, pourtant déjà fournie, de ce groupe hyperactif, comme on peut le lire ici, n’est pas près, croyez-le, de s’achever, et c'est rien de l'dire.

 

A noter à l’agenda : ce mardi 16 décembre à 22h10, sur la chaîne de télé Canvas (c’est la VRT2), un reportage d’une heure sur Front 242 dans le cadre de la série Belpop. L’équipe de réalisation a accumulé des dizaines d’heures de filmage, je découvrirai le résultat en même temps que les lecteurs de ce blog devenus télévoyeurs pour l’occasion.

26/11/2008

Où l'auteur, à l'inverse de la vraie vie où il en fait beaucoup et n'importe comment, se contente d'en faire peu mais bien

Quatre mois que je n’ai plus tenu ce blog à jour, aaargh. La faute à mon exemplaire conscience professionnelle toute entière investie en semaine dans l’apprentissage d’un nouveau métier, le ouikènnd dans des activités musicales diverses et variées. Tenez, pas plus tard que récemment : samedi 22 novembre - 22h30 - Front 242 - Salle Apolo, Barcelone, Espagne - 1.200 gens (sold out) - ambiance : hystérie ; dimanche 23 novembre - Front 242 - Salle Heineken - Madrid, Espagne - 900 gens (sold out) - ambiance : survoltée. C'est-y pas beau ?

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Front 242 - Barcelone - samedi dernier

06/08/2008

Où l'auteur se montre manifestement soucieux, en prévision d'un important concert vikandieux en Allemagne, de ne point se blesser aux chevilles ...

Un ami m'envoie ceci, qui me semble pertinent. Je le soumets donc à la sagacité (avérée) du lectorat de ce blog. Ignorant le site de pondaison dudit commentaire (non mentionné dans l'envoi), et encore embué des effluves pamplemoussesques pré-évoqués, je renonce sans remords à en rechercher l'origine (dudit commentaire), étant persuadé que tout lecteur même médiocrement familiarisé à la recherche internetteuse mais suffisamment motivé par la chose saura s'acquitter sans mollir ni délai de cette démarche heuristique, le tout dans un délai ridiculement court. 

" LA CHRONIQUE DE FAVILLA

La Chine a déjà perdu les JO 

Les JO débutent vendredi. Nul ne doute que la cérémonie d'ouverture sera parfaitement organisée, que le feu d'artifice sera le plus beau du monde depuis celui du bicentenaire de la Révolution française à Paris le 14 juillet 1989, que Pékin fera la preuve d'une maîtrise technique absolue dans le déroulement d'une manifestation de renommée mondiale.

Mais tout cela, on le savait d'avance. Quand le CIO a confié à la Chine l'organisation des Jeux de 2008, ce pays était déjà sorti de son hibernation des deux siècles passés pour entrer dans le cycle de rattrapage économique et technologique le plus époustouflant de l'histoire du capitalisme. Le risque qu'elle ne soit pas à la hauteur de l'événement olympique était donc à peu près nul.

En revanche, le régime chinois avait beaucoup à montrer sur les autres terrains. Eh bien, on a vu ! D'abord, le téléspectateur a pu observer lui-même ce que tous les visiteurs de cette région connaissent : le niveau de pollution très élevé de la capitale chinoise, qui n'est qu'un des indices du peu de cas fait par le régime chinois des conditions écologiques du développement. Conscientes de la mauvaise image que pouvait donner sur les écrans du monde entier un brouillard épais flottant sur Pékin, les autorités ont pris la stupéfiante décision d'arrêter le fonctionnement de toutes les usines au cours de la période olympique. Le résultat sur la qualité de l'air est médiocre ; en revanche, le régime a démontré urbi et orbi qu'une dictature peut soumettre tous les acteurs de la vie économique à ses oukases les plus saugrenus.

Ensuite, compte tenu des engagements pris devant le CIO, on aurait pu espérer pendant cette période que la Chine gère avec un peu de subtilité la question des droits de l'homme. Or on a eu droit à un festival de répression, depuis les massives mises à l'ombre de dissidents tibétains ou tout simplement démocrates, jusqu'aux refus de visas de certains journalistes, en passant par le blocage à géométrie variable de l'accès aux sites Internet et la transformation de Pékin en ville en état de siège avec blindés et batteries de missiles, comme si les militants ouïgours étaient devenus en un mois un péril imminent... jusqu'à l'attentat de lundi qui leur a été imputé.

Enfin, « last but not least », l'ambassadeur de Chine à Paris s'est permis d'ajouter l'arrogance à l'inconvenance en menaçant la France de foudres célestes si le président de la République osait recevoir le dalaï-lama.

Avant cet épisode olympique, l'image de la Chine dans le monde était presque tout entière colorée par son exceptionnelle réussite économique. En quelques semaines, elle a commis, sur le terrain politique, toutes les erreurs conduisant à ce qu'elle apparaisse d'abord comme une dictature et en second lieu seulement comme un géant économique. Les Jeux seront sûrement un magnifique spectacle ; mais pour la Chine, ils sont déjà perdus."

31/07/2008

Où l'aupeur un min brurgé tartoge à son lectarat son assoum du pampleroupe

 

Une bouteille de vin blanc ou rosé. L’écorce d’un pamplemousse. Cent grammes de sucre. Un demi-verre d’alcool à 96° (ça se vend au Colruyt). Laisser mariner tout ça dans une casserole bien fermée durant 48 heures. Enlever les restes pamplemousseux et déguster frès trais. C’est boutrement fon (hips). Si vous avez momme coi, des crandes gasseroles, on peut chaire la fose en plus qrandes guantités, ourse cof. A sotre vanté !

29/07/2008

Où l'auteur, malgré la chaleur torride et accablante, reprend la plume avec un courage admirable

Ami lecteur, c’est plus par désoeuvrement que par conviction que je rouvre à l’instant, de ma plume engourdie et d’un œil paresseux, les colonnes de ce blog endormi.

 

Que s’est-il passé de notoire au cours la longue période durant laquelle j’ai pris congé ? Peu de choses. Je citerais en premier lieu le décès du poète belge Jacques Izoard, qui avait fait à Théophile de Giraud et à moi-même l’honneur et le plaisir de sa présence vibrante et humoureuse lors de la présentation de nos booklegs respectifs à l’Aquilone à Liège, il y a quelques mois. Les retrouvailles avec une partie de ma famille non revue depuis quasiment une décennie. La sortie du CD live Moments de Front 242. Des concerts divers dans des endroits variés, et des tas de projets en préparation. Incidemment, j’ai également appris, dans la banlieue bruxelloise verdurée, un nouveau métier, ainsi que, du côté de Bergerac (Dordogne), la recette d’un savoureux apéritif à base de pamplemousse*, acquise entre une visite de grottes préhistoriques et un tournoi de badminton à l’ombre des vignobles (je sais : les vignobles sont de basse taille, mais l’ombre était rasante et la partie fut courte tant j’éclaboussai de ma supériorité physique, tactique et technique le joueur de sept ans qui me servait de partenaire).

 

* car l’homme ne vit pas que d’envolées superbes vers le Beau, le Sublime et l’Ethéré, il a aussi le droit, quand ça lui chante, de mariner sans vergogne dans le futile et l’alcoolisé.

 

Tout autre chose, encore que... (comme pourrait le dire Rocco Sifredi à la fin d'un tournage) : le lecteur averti des choses autoroutières l’est-il au point de savoir que l’autoroute E40 traverse non seulement la Belgique mais également l’Allemagne et la Pologne, et ne se termine qu’à la frontière russe ? En vérité, son parcours polonais (à l’autoroute, pas au lecteur averti) se résume pour l’instant à une simple plaisanterie de campagne encombrée de travaux, de feux rouges et de poids lourds en panne, ce dont mes camarades de 32crash et moi-même avons dû désobligeamment nous rendre compte samedi matin dernier en y marinant durant 3 heures en plein soleil pour en parcourir 100 pauvres petits kilomètres avant de nous rabattre sur une route bien plus sinueuse et pittoresque mais roulante qui nous mena au pied des ruines du château de Bolkow où se tenait l’annuelle Castle Party, un festival gothique fort bien fréquenté, rien que du bonheur. Je ne me souviens pas avoir jamais parlé précédemment à des Polonais (je n’avais d’ailleurs jamais mis les pieds dans ce pays), des Ukrainiens ou des Biélorusses, eh bien c’est chose faite, comme quoi il n’est jamais trop tard pour plus faire.

 

Bon, à part ça, l’auteur ne garantit nullement la poursuite intense de la reprise de son écrivage en ces colonnes, et retourne vérifier d'un pas traînant si la préparation de son apéro pamplemoussé se passe comme prévu.

 

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32Crash au Gothic Festival à Waregem, 25 juillet 2008 - Photo par Vincent

 

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Pas loin de 40° en plein soleil même quasi-couchant. Les mêmes à Bolkow (Pologne) le lendemain du jour précité.

21/05/2008

Où l'auteur, n'ayant strictement rien à dire depuis plusieurs semaines, persiste avec ténacité dans le fermage de gueule...

... tout est dans le titre.

15/04/2008

Où l'auteur la boucle et illustre

 
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AM
 
GH
 
Modern Cubism @ DNA, 11 avril 2008 - Photos : Bernard Féron

06/04/2008

Où l'auteur fait le plein de génie généralement poétique

 

Le 20 mars dernier, quelques jours avant d’atteindre ses 62 ans, s’est éteint le génial et fantasque (ça va souvent de pair) Klaus Dinger. Pionnier de la musique électronique, il fut membre de Kraftwerk à ses débuts, fonda ensuite Neu! , puis La Düsseldorf, que je considère comme l’un des tout meilleurs groupes électroniques de l’Histoire, avec (seulement) 3 albums magistraux : La Düsseldorf, Viva (que j’ai bien dû acheter cinq fois en version vinyl tant je me l’écoutais en boucle – manuelle à l’époque) et Individuellos, contenant des morceaux sublimes comme Rheinita, Cha Cha 2000 et Ich Liebe Dich, entre autres.

 

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Klaus Dinger, le génie de la zik électronique (à droite)
 

Parmi les artistes géniaux encore vivants, j’ai assisté cette semaine aux triomphes à Paris de Fabrice Luchini (au Théâtre de la Renaissance) et de Juliette (à l’Olympia). A peine remis de cette double claque phénoménale ponctuée d’une visite au Musée d’Orsay où j’eus les sens retournés par une série d’œuvres terrassantes au point que les mots me manquent pour en parler décemment, je m’en suis pris une troisième dans la foulée, de baffe, au FiESTIVAL Maelström ce samedi à Bruxelles, à l’écoute d’Ann Waldmann accompagnée/traduite par Marianne Costa et Pierre Guéry (qui interpréta un "Blues de la Reproduction" tout bonnement sidérant), Charles Coocoo, et les poètes et musiciens de la Troupe Poétique Nomade (que je viens de rejoindre) avec Dominique Massaut, Vincent Tholomé, Martin Bakero, Damien Spleeters, Théophile de Giraud et d’autres non moindres encore (du coup est née dans mon cerveau fertile l’idée d’enregistrer bientôt un album avec cette joyeuse bande au talent multiforme et non-sédentaire). J’ai interprété à cette occasion une double version oulipienne du Corbeau et du Renard, agrémentée de considérations fromagères étendues. Mon camarade Théophile se trouva fort aise que j'accordasse des vacances à son museau en quittant le siège voisin du sien pour aller déclamer au micro, tant les relents du Herve* que je tenais en poche pour illustrer mes propos commençaient à devenir insupportables à son petit nez mutin et fromajo-réfractaire.

 

* Le Herve est cette denrée fermentée belge ferme, légère et relevée, présentée en revêtement vert. En désenfermer le Herve révèle de revêches relents de sel, de ferments et de crème ; l’ensemble énerve très nettement le nez. Bref et certes, le Herve empeste et je m’empresse de le sceller derechef. Le Herve se sert en entrée et en entremets, et même, de temps en temps, se prend en dessert. Et ce n'est péché de s'en délecter.

 

La soirée se termina entre Poètes Nomades par une errance alcoolisée et rigolarde dans les bas-fonds bruxellois jusqu’au petit jour.

02/04/2008

Où l'auteur, collant à l'actualité du mieux qu'il peut, révèle des choses sidérantes mais finalement pas si incroyables que ça

La chose est à peine croyable mais bien réelle : les superbes poèmes de Monsieur Norge s’invitent sur scène pour quatre jours dès ce soir au Jardin de ma Sœur à Bruxelles (près de la place Sainte-Catherine), pour en savoir plus, suivez ce lien.

 Of course, j’en serai, emmenant avec moi un fort contingent d’inconditionnels. J’ai réservé les places il y a déjà longtemps tout en n’en parlant qu’à la dernière minute, car je ne tenais point à faire exploser sous la considérable capacité d'influence (ahem) de ce blog la billetterie très alerte de ce petit endroit précieux précédemment ignoré de moi et tellement bien sur le coup qu'il répond aux mails jusqu'aux heures les plus indues de la nuit. 

 

Beaucoup moins folichon : je viens d’apprendre que MM. Lambot et Gates, patrons de la société PIAS active dans la musique, qui distribuèrent jadis les disques de Front 242, viennent de recevoir le titre de Chevaliers des Arts et Lettres. Grand bien leur fasse. Mais permettez-moi de ricaner à cette nouvelle preuve de la lamentabilité de notre époque : des boutiquiers qui sont faits chevaliers ! Il n’y a sans doute pas assez d’Artistes Méritants dans ce pays pour qu’on attribue ce titre prestigieux non point à de Vrais Créateurs, mais à des commerçants bien plus préoccupés de rentabilité et de profit que d’art, de littérature ou de culture autres que sous leurs formes les plus dégradées, exploitables et commerciales. Dans une société où tout se récupère, s’achète et se vend, Arts et Lettres sont depuis longtemps moulinettés, conservisés et marketés comme de vulgaires marchandises (de Bas-Arts), et dans cette nouvelle donne, autant qu'on s'y habitue, ce sont les siphonneurs-de-talents-pour-en-faire-du-pognon qui empochent les sous et les honneurs. Ben voyons ! C’est merveilleux (et demain on canonisera Rocco Sifredi) ! Ne vous méprenez point à lire dans ces lignes la moindre trace d'envie de ma part : non seulement je ne me considère nullement comme un artiste (un artisan, à la rigueur), mais en sus je n’ai aucune ambition de reconnaissance hormis celle de faire passer quelques bons moments aux gens qui tombent sur ce qu'il m'arrive de pondre. Par contre, pour venir en aide désintéressée aux décideurs mous de la cervelle des Hautes Décorations Culturelles (dont on se demande s'ils y connaissent vraiment quelque chose), je suis en mesure de leur fournir gracieusement une liste motivée d'au moins vingt vrais artistes belges dont la nomination, elle, ne déparerait pas la hauteur supposée du titre qu'ils se targuent de décerner.

 

Allez, un peu d'audition d'oeuvres de Juliette pour retrouver la zénitude qui s'impose avant d'aller écouter les poèmes norgiens au cours de la belle soirée qui s'annonce.

 

PS : mon verdict post-visum: le spectacle sur Norge est une vraie réussite, nous sommes sept (identifiés) plus une trentaine d'autres (non identifiés) à avoir passé une soirée sublime et inoubliable. Courez-y !

27/03/2008

Où l'auteur, en pleine répétition, en fait un minimum, pour ne pas changer.

C'était il y a 10 ans, avec Cobalt 60, au club Underworld à Londres...

25/03/2008

Où l'auteur fait de la réclame pour une soirée chaude à capacité limitée

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Où l'auteur fond à vue d'oeil et à ouïe d'oreille

Mettre le volume à fond et savourer sans modération !

Il s'agit de l'orchestre de Michael Nyman dans "Water Dances : Stroking". Si ce n'est pas du pur bonheur, reste pu qu'à se flinguer sur-le-champ.

24/03/2008

Où l'auteur, via un grand auteur, prend de la hauteur

 

Rhaaa, pris par les choses de la vie (du genre : une gastro-entérite tenace), je n'ai point le temps de détailler les choses sublimes qui font l'extase de mes jours. Comme par exemple aller à Reims voir Mr Peter Greenaway et lui serrer la main dans les loges après sa performance. Ou aller voir à Ottignies le merveilleux acteur Jacques Bonnaffé mettre en voix les textes de l'insurpassable Jean-Pierre Verheggen dans ce spectacle intitulé "L'Oral et Hardi" (*) qui est un must absolu que j'encourage vivement mon lectorat à ne point rater la prochaine qu'il se pointera pas loin de chez lui (vous, toi).

 

Or donques, en ce début de week-end, je m’en allai faire un tour, via les belgicaines autoroutes enneigées sur lesquelles le grand Théophile de Giraud soi-même se distingua dans l’art du véhiculage d’autrui chiffré à trois (sa compagne Frédérique, une amie et moi-même) via son parfait pilotage concentré sur route peu sûre, du côté de la Maison de la Poésie à Amay (entre Liège et Huy). Son nouveau directeur, David Giannoni, nous y accueillit à bras ouverts en nous remettant un fort joli "Agenda poétique" (courant du 21 mars 2008 au 20 mars 2009, que j'adoptai sur-le-champ) et nous fit visiter par le menu, sans omettre ni les chiottes ni la chaufferie, le bâtiment qui contient en son premier étage un ancien théâtre qui, contrairement au reste de l'ouvrage, est encore à rénover – et l’espace en est prometteur. Au milieu de cet endroit, des centaines de livres en vente libre, dont, ô miracle et magique coïncidence, le magnifique recueil consacré à Géo Norge pour l’anniversaire du centième anniversaire de sa naissance, paru en 1998.

 

Ah, Géo Norge, l’admirable Norge ! J’ai déjà avoué dans ces colonnes que depuis que j’ai (re)croisé la plume de quelques grands auteurs, dont MM. Baudelaire, Verheggen et Norge, l’amour quasi exclusif que je portais auparavant à la musique électronique à décoller les papiers-peints a pris un fameux coup dans l’aile, et que je trouve désormais bien plus de puissance, de férocité, de jeunesse, d’inventivité, de surprenage, de musique (eh oui) et d’intérêt dans les délirantes et virevoltantes pages écrites de la blanche et inspirée main de mes auteurs chéris que dans les disques et concerts marteaux-piqués suintant la course effrénée au bruit sans grâce pour décervelés indécrottables, puant le photocopiage à l’infini de clichés déjà mille fois ouïs et usés jusqu’à la corde où le chercheur le plus obstiné s’efforcerait en vain de traquer la moindre trace de créativité, la moindre ombre de projet artistique ou la plus vague trace de prise de risque. Inutile de venir me chercher sur le sujet, j’ai encore essayé pas plus tard que hier soir, j’ai failli gerber. Sur une île déserte, pas de disques, des livres ! Mais je redigresse.

 

Ayant donc, dans ce glacial théâtre amaytois, mis la main sur le sublissime ouvrage collectif Norge 1898-1990, Le centième anniversaire de sa naissance, Mons, 1998, je m’empressai de le dévorer des yeux mais pas tout, souhaitant m’en garder sous le coude pour le savourer plus tard dans le confort douillet de mon appartement feutré.

 
Je pense avoir converti à  Norge, outre mes camarades présents déjà acquis depuis belle lurette, une demoiselle qui s'y trouvait (une certaine Carla, originaire du Cap Vert, déjà rencontrée précédemment dans les milieux littéraires), qui me vit - bien que je fus discret - mettre le précieux ouvrage sur mon coeur par dessous mes vêtements afin qu'il y demeurât au chaud, et qui s'enquit de ma sollicitude en me disant qu'il s'agissait là certainement d'un auteur précieux pour qu'on prît si grand soin de son livre. Sous le regard hilare de mon camarade Théophile, le fou génial dont l'oeil d'aigle voit tout, je lui dis que oui et lui en lis quelques extraits. Sitôt fait, conquise, elle se rendit dans la salle du théâtre qui faisait boutique y faire l'acquisition dudit recueil, et il me semble avoir ultérieurement remarqué, par un coup d'oeil furtif, qu'elle y portait la même vénération que moi en le lisant dans un coin du bar. On y trouve en effet ce qui suit :

 

Art n’a que faire aux cités

Où sévissent

Arnaques, férocités,

Ou ces vices.

 

Ou encore :

 

Tout comme on devient serpent

En rampant

C’est le fol orgueil qui rend…

… qui rend paon.

 

Ou encore en plus :

 

A femme de sable,
Homme de vent,
Fille de songe et garçon de fable.
Les voici dansant, rêvant, vivant,
Les voici s'aimant longtemps, souvent,
Des jours et beaucoup de jours suivants,
Les voici chantants, inimitables,
Puis repris par les sables mouvants.

 

Et comme décidément les grands auteurs se rencontrent, il y a dans ce recueil un texte inédit intitulé « Un de son temps », où Mr Norge dialogue avec un certain... Mr. Bodelère. Tudieu, encore une belle boucle de bouclée. Je n’aurai pas assez du reste de ma vie pour traduire en mots toute l’estime et la gratitude que je porte aux auteurs précédemment cités, auxquels j’ajouterais indubitablement Georges Perec, Jean Tardieu et Dorothy Parker. Et bientôt Maurice Maeterlinck, dont les premières lectures m’enchantent, elles aussi. Merci à eux grâce à qui j’ai régulièrement, comme le dirait Norge, « rendez-vous dans la hauteur ».

 

Si je répète ma performance chaque vendredi et convertis à Norge une personne par semaine, la planète entière lira ce grand auteur dans un peu plus de 115 millions d'années. Voilà, je trouve, une noble cause.

 

(*) j'ai tendance à penser qu'il s'agit là du spectacle le mieux écrit depuis ceux de Pierre Desproges, ce qui n'est quand même pas rien.

13/03/2008

La très profonde pensée du jour

Pour les opérations particulièrement complexes, le chirurgien est obligé de recourir au tertouri (*).

 

(*) et dans les cas limite, me demanderez-vous, comment fait-il pour choisir entre le bistouri et le tertouri ? Ca, c'est un grand bis-ter.

12/03/2008

Où l'auteur, comme peu souvent, émet une indéniable opinion politique

 

(trouvé sur le net, légèrement remanié dans la forme)

 

Désormais, l'emblème du gouvernement belge sera le préservatif.

Ce caoutchouteux ustensile représente parfaitement la politique belge : il supporte l'inflation, vide les bourses, ralentit la production, bousille la prochaine génération, et surtout – surtout ! - protège les glands.

Il procure en outre un sentiment de sécurité alors même qu’on est en train de se faire baiser.

11/03/2008

Où l'auteur se fait didactique...

 
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Où l'auteur relate par le menu ses 5 excellentes journées au Premier Festival OFF

Premier jour : mercredi 5 – la procession du livre.

 

Précédés d’un chariot sur lequel sont posées quatre balles de livres-martyrs pilonnés (déchiquetés et empaquetés en ballots de 250kg chacun), nous partons à plus de cent de la Place de la Monnaie vers le lieu du Festival afin de procéder à son ouverture, dans un ancien bâtiment industriel sis rue de l’Escaut, à un bon 3km. Chacun reçoit un livre à lire à voix haute sur toute la durée du trajet. Dur-dur de lire quand tout le monde autour de vous fait la même chose. Laurent d’Ursel, le détaché de presse, parfait dans son rôle, harangue avec hargne et drôlerie les troupes au mégaphone, passe dans le court cortège recueillir des bribes de lecture chez chacun, plaisante avec le commandant de la police qui nous supervise, parcourt 5 fois plus de distance que les autres marcheurs. Les badauds regardent avec étonnement ce groupe hétéroclite et brouhahaillant. C’est l’heure de pointe, une escadrille de policiers à moto bloque les grands axes quelques minutes pour nous laisser passer. Il fait un froid de canard. En cours de route, il se met à neiger. Doigts engourdis. Plusieurs marcheurs, dont les 3 ministres présents au départ (je n’ai vaguement reconnu que Fadila Laahan, je suis même très peu sûr de l’orthographe de son nom), renoncent en cours de route. Les autres s’accrochent. Destination finale, toujours au son de la voix sublimement rocailleuse de LdU. Récompense à l’arrivée : un verre de Moinette et l’inauguration du festival. Je fais le tour des stands, si j’avais le budget j’achèterais la moitié des bouquins présentés. Je me limite, en ce premier jour, à trois. 

 

Je rencontre Jean-Pierre Verheggen, lui remet mon bookleg, il sourit en en lisant quelques bribes, me félicite et me prodigue paternellement quelques conseils bienvenus et précieux pour survivre dans la jungle de l'édition, puis empoigne le micro pour entamer la slam-jam en fanfare par un texte puissant et savoureux, comme lui seul en a le secret. Suite à un quiproquo, je rate l’essentiel de la suite, mais l'ayant vu/entendu lui, L'Insurpassable, je m'en console.

 

Deuxième jour : jeudi 6 – * mode grand frisson* la séance de dédicace du premier livre de l'auteur

 

Après 28 années à n'oeuvrer qu'en tant qu'auteur de pétillantes chansonnettes boum-tchac, voici le moment de gravir une marche de l'interminable escalier de l'artistisme panthéonique : la sortie du premier ouvrage -ahem- sérieux car imprimé sur papier. Aucune raison de paniquer, j’ai déjà survécu à d’interminables séances de signatures d’autographes et de disques avec Front 242, ce n’est qu’un moment à passer, et court de surcroît puisque l’affaire ne doit ici durer que 30 minutes. A 16h30 tapantes, je m’installe sur un coin de table qui fait bien 20x15cm, mais c’est juste assez pour y disposer joliment plusieurs booklegs (« Tous Contraints, tome 1 », bookleg n°37 aux Editions Maelström). Comme promis, j’ai amené une (puis bientôt deux, faut boire grand) bouteille(s) de Champagne pour fêter la chose, mais c’est ma môman qui aura le privilège de flûter la première rasade. Je dédicace à tour de bras (ahem),

 

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à des gens connus (dont plusieurs ont parcouru des centaines de kilomètres) et à des inconnus. L’un des premiers visiteurs en prend quinze ( ! ) d’un coup, mais - ouf - ne me demande pas de les dédicacer tous. Epuisement des exemplaires sur place après 1'15" de dédicaces, j'ai connu des auspices moins prometteuses... me voilà contraint de sauver la situation en allant puiser dans le stock personnel que, mû par un sens étonnant de l'anticipation préventrice, je tenais judicieusement en réserve dans le coffre de ma Joséphine à moteur.

Levant alors mon verre à la santé des présents, je risque un vibrant et facétieux : « Trinquons tous à Tous Contraints ! ». Deux visiteurs subjugués par ce trait d’esprit brillant autant qu’improvisé m’en achètent illico un exemplaire... qui osera écrire un jour un ouvrage traitant de la contrepèterie comme argument de vente ?

A mon grand étonnement, David Giannoni (mon éditeur, photo ci-dessous), dont je n’ose croire qu’il eût pu être imbibé rien qu’avec un demi-verre de Champagne, empoigne soudain mon livre et me fait l’honneur d’en lire (brillamment) un extrait, celui qui raconte la vie de Jésus (sans la lettre e). Un grand moment. Suis émouvé.

 

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Je passe quasiment toute la nuit qui suit à travailler comme un forcené sur quelques chansons à terminer.

 

Troisième jour : vendredi 7 - le concert, la sortie de l’album de Modern Cubism, les délires du Docteur Lichic et le Pélerinage Nocturne

 

Cinquième concert déjà pour les poèmes baudelairiens électro-interprétés de Modern Cubism. Avec cette fois-ci les superbes (m’a-t-on dit avec raison) illustrations visuelles du maître-verrier Pierre Mansire (Action Lighting)

 

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Projections de Pierre Mansire/Action Lighting lors de "La Mort des Amants". A droite sur la photo, Annick Moerman. Photos: Bernard Féron.

spécialement venu d’Amsterdam pour l’occasion. Quelques soucis sonico-techniques, on passe au-dessus. La fierté de la soirée : un grand auteur belge qui viendra nous dire -discrètement- qu’il a adoré. C’est aussi le jour de la sortie officielle de notre CD des poèmes de Baudelaire « Les Plaintes d’un Icare », je suis content que cela ait lieu dans le cadre de ce festival.

 

Une heure de recentrage plus tard (Baudelaire, ça pompe), je vais écouter la loufoquement désopilante conférence du Dr Lichic, éminent pataphysicien, qui s’est préalablement défoncé aux rythmes baudelairiens et aux alcools les plus divers, et qui expose maintes manières de sauver la Wallonie « par la valorisation industrielle éthique des embryons ». Le tout arrosé de vodka généreusement partagée avec l’auditorat hilare. Un grand moment de savoureux savant (allitération) délire.

 

Fin de la nuit à la Pilgrimage (électro-goth-alternative) Night, qui a lieu désormais au West Side, 52 rue des Chartreux, un endroit clean avec une excellente sono.

 

J’y reçois le livre fraîchement sorti de mon camarade Théophile de Giraud « Cold love, satanic sex and funny suicide » dont il m’avait demandé de rédiger le prologue, ce que j’ai décidé de faire en n’employant que les lettres des nom et prénom de l’auteur, une idée originale dont je me serais bien passé paske j’ai ramé, je vous dis pas. Je reçois aussi le CD du combo électrobelge Cruise Ctrl « I heard it » sur lequel je pousse la (une) chanson. Il y a des jours (mais bon, c’est pas souvent) où je me dis que j’en fais quand même pas mal.

 

Quatrième jour : samedi 8 - l’épâtante découverte de Dada Pâte suivie d’une rencontre avec Noël Godin

 

J’arrive tard ce samedi, sans savoir quel sera le programme car le site internet du Festival est tombé en rade en cours d’après-midi. Je suis immédiatement captivé par la prestation musico-vocale d’un jeune homme qui chante tout en s’accompagnant d’un petit clavier posé sur ses genoux et d’un laptop pas loin, parfaitement décontracté malgré les lumières dans la salle qui ne sont même pas éteintes. C’est électronique, frais, léger, brillant, parfaitement exécuté, avec des paroles en français, le tout moins innocent que ça en a l’air et trrrèèès infectieux pour les neurones. Après trois morceaux, je sais que je tiens là mon premier parfait concert de l’année 2008. Le set est court, bien en place et l’unique membre du projet a une belle présence, sobre et chaleureuse. Il s’excuse de ne pouvoir continuer car sa voix s’éraille, ce que je n’avais nullement remarqué, et termine par un instrumental. Ce one-man-band répond à l’improbable nom de Dada Pâte et a sorti un CD 8 titres en 2007 chez Matamore contenant notamment l’irrésistible « Princesse de poche », et  tourne désormais en boucle sur ma chènifi. Pour vous situer, sa musique évoque Taxi-Girl, Dominique A., parfois Yann Tiersen, mais pas trop Jéronimo contrairement à ce que me souffle un ami présent. Hautement recommandé. Vivement son prochain concert.

 

Je remonte d’un étage pour aller rejoindre au bar Théophile de Giraud qui converse avec Noël Godin,

 

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le célèbre entarteur. Conversations drôlatiques où je suis soudain aimablement promu, le temps d’une interview télé, entraîneur des gloupinesques lanceurs de tartes. Je glose avec emphase et concision sur  l’allègement de la crème, le musclage fluide de l’épaule lanceuse et le perfectionnement continu du tir entraînatoire chantilli-croisé sur cible mobile. Conversation plus proche encore tandis que je ramène le Gloupier chez lui dans ma Joséphine à moteur parce que, youpi, ce soir là je n’ai rien d’autre de prévu. Un homme hors du commun, vraiment. 

 

Cinquième jour : dimanche 9 - la dédicace de Milady et la magnifique clôture de Laurent d’Ursel.

 

C’est toujours un plaisir de retrouver mon excellente amie (parfois ennemie pour de rire) Milady Renoir, dont je fréquentai jadis les ateliers d’écriture, et qui, ô surprise, sort également un bookleg chez Maelström, qui porte le numéro 38, soit celui juste à côté du mien. Durant sa séance de dédicaces, ambitionnant de jouer au garde du double corps (la belle attend famille), je m’efforce de me tenir dignement à leurs côtés, mais un mal de dos persistant ainsi que l’attrait des œufs en chocolat à côté des booklegs (chacun sa méthode) ont vite raison de l’illusion de mon rôle rêvé.

 

C’est à Laurent d’Ursel que revient l’honneur de clôturer le festival. Il s’en acquitte par le biais d’une prestation magistrale et fulgurante au cours de laquelle il guillotine (pour de vrai, impressionnant) les livres de Patrick Roegiers et diatribe avec justesse, humour et férocité contre ledit auteur - présent sur scène également et qui joue parfaitement le jeu –, lui reprochant de vouloir, depuis Paris où il s’est exilé, de travestir l’essence de la belgitude en voulant la rendre sympathique et respectable après du public français (je résume). Les formules magistrales s’enchaînent (du genre : « La Belgique est une catastrophe et doit le rester »), il s’attarde sur le « Pauvre B. » de Baudelaire (j’adore : j’en ai récemment reçu d’un ami cher une précieuse copie, le n° XII d’une série numérotée de I à XV sur papier Japon extra Barjon, c’est dire si je tiens cet ouvrage rare en très haute estime) et cite le « On n’a jamais connu de race si baroque que ces Belges » par lequel –coïncidence- Modern Cubism commence ses concerts, mais voilà que je re-digresse. Ledit Laurent d'Ursel défonce tout sur son passage, se met rapidement le public en poche, sa prose atteint des hauteurs franchement desprogiennes et sa lecture parfaite propulse d’une voix puissante l’ensemble au panthéon des B.C.L.A. (Belges Choses à  Lire Absolument). Le public approuve et applaudit et je suis, comme mes voisins, quasiment plié en deux du début à la fin. Il a droit à une longue standing ovation amplement méritée, on ne pouvait rêver mieux pour terminer en apothéose. J’espère vivement que ce texte d’anthologie sera publié un jour.

 

Ah oui, incidemment, j’ai aussi converti l’une des (charmantes) hôtesses du bar au calimucho (moitié vin rouge, moitié coca, pas de gueule de bois le lendemain même quand on exagère. C’est Miss Z, la furieuse guitariste de Punish Yourself, qui m’y a initié l’été passé, et depuis je suis accro).

 

Si l'on m'avait prédit que je prendrais un pied gigantesque, début 2008, dans une abbaye puis dans un festival littéraire, je n'en aurais rien cru. Je ne tirerai pas de cet état de choses la moindre moralité pontifiante. Je me bornerai à conclure sobrement : m'ai bien amusé, vivement l'édition n°2 du OFF.

29/02/2008

Où l'auteur annonce la sortie de son premier ouvrage d'écriveur - qui certes ne sera pas le seul

 

En ce beau mois de mars, les Editions Maelström me font le privilège, l’honneur, le plaisir et l’avantage de publier mon premier ouvrage d’écriveur, "Tous Contraints, tome I : réécritures oulipiennes de textes célèbres", un recueil poétique format bookleg.

 

Derrière le titre un rien alambiqué se cachent une trentaine de lipogrammes - ou textes à contraintes - dans lesquels l’auteur, dans la ligne de l'Oulipo et principalement de Georges Perec, se prive volontairement de certaines lettres (souvent le « e ») pour réécrire à sa facétieuse manière des textes illustres de la langue française tels que des fables de La Fontaine, du Baudelaire, du Rimbaud, du Corneille, des extraits de la Bible et même du Brassens.

 

Ne négligeant aucune occasion de se rapprocher de son public qu’il compte bien rencontrer de tactu/visu, l’auteur dédicacera de sa blanche main l’ouvrage le jour de sa sortie, le jeudi 6 mars de 16h30 à 17h pendant le Festival OFF @ L'ESCAUT, 60 Rue de l’Escaut à 1080 Bruxelles (à 300m de Tours et Taxis). Les 5 premières dédicaces seront agrémentées d’un verre de Champagne, donc pressez-vous, mais pas trop, c’est de toute façon ma môman qui passera en premier. S’il est suffisamment imbibé de bulles et que l’endroit s’y prête, l’auteur pourrait même grimper sur les tables pour interpréter sous l’œil médusé du public, surpris quoiqu’averti, l’un ou l’autre de ses écritages pour montrer que l'écriture est vivante et faite aussi pour être lue, racontée et rie. Oh que c'est joli. 


Le bookleg sera disponible à la vente ( 3 EUR : c’est donné ! ) au susdit festival OFF (
http://www.le-off.be/ ) du 5 au 9 mars (entrée gratuite), puis dans toutes les bonnes librairies de Belgique qui diffusent Maelström (Tropismes, Filigranes, Yeux Gourmands…), et pourra être commandé par Internet dès la mi-mars sur le site de MAELSTRÖM - Editions en réévolution - à www.maelstromeditions.com, Tél./Fax: +32(0)2.772.06.03 - GSM: +32(0)497.33.73.25  Maelström fait partie du réseau de RéÉvolution Poétique !

J’encourage vivement le lecteur soucieux d'encourager une littérature alternative et de qualité à aller visiter intensivement  les deux sites ci-dessus et à participer aux innombrables activités du Festival Off, comme je le ferai moi-même sans réserve. J’y concerterai d’ailleurs le vendredi 7 mars avec Modern Cubism où nous interpréterons Charles Baudelaire et Géo Norge.

 

Au plaisir de vous y rencontrer.


15/02/2008

Où l'auteur fait, avec retard, dans la circonstance

 

Histoire en 14 mots, pour le 14 février, sans la lettre « e »,

avec chute explicitative.

 

Il a occis sa lady, salaud ! On l’a foutu illico dans un cachot.

 

[Chute (et moralité)] :

 

L’assassin va à Lantin.

11/02/2008

Où l'auteur se lance dans une probante comparaison entre appareils photographiques

 
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A gauche, un faucon avec un Nikon.
A droite, un vrai con avec un Canon.

Où l'auteur semble finalement s'être barré pour rien

 

L’auteur a récemment testé pour vous, avec fruit, la salutaire retraite silencieuse en abbaye.

 

Légèrement survolté autant que déphasé et dans la ouate (1), ces semaines dernières, par son incessante activité de petite abeille ouvrière et produiseuse, et peu après avoir été ovationner chaleureusement les celto-bardes de Tri Yann (2) à l’Olympia de Paris, il (l’auteur) a subitement décidé de rompre -unilatéralement, radicalement et pour une semaine- ses amarres avec la société consommante, ses exigences de rentabilité et son matérialisme outrancier, en allant s’exiler en les murs de l’abbaye d’Orval, au cœur de la Gaume à un jet de pierre de la frontière française pas loin de Florenville, 190km plus loin que Bruxelles.

 

cours-des-retraitants

Même s’il reste en ses murs peu de moines (beaucoup sont partis), Orval reste un fleuron sublime du partimoine (hihihi) monastique belge qui brandit haut(es?) et fort(es?) ses spécialités que le monde entier lui envie : son fromage à croûte lavée, sa bière, son fromage à la bière, non point sa bière au fromage -spécialité encore inédite attendant d’être créée (3)-, mais surtout le silence dense et habité qui règne en ses murs austères dont l’épaisseur isole le retraitant du monde et de ses absurdités, tentations et autres futilités aliénantes qui détournent l’homme de son vrai chemin, celui qui mène à Dieu et qui, en dehors de l'amour du chocolat, du handebal et de la poésie de Mr Norge, devrait constituer l'unique objet de préoccupation de l'humain (dans un monde idéal s'entend).

A l’immuable programme des journées de retraitage, deux bornes incontournables : se lever le matin et se coucher le soir ; entre les deux, ne rien faire ou presque si ce n’est déplacer sa carcasse dans l’immense réfectoire pour participer aux repas, dans la campagne environnante pour randonner dans l’air aussi ambiant que pur, dans la chambrette pour siester à toute heure, ou dans l’église pour ouïr grégorio-vocaliser les moines. Pour le reste, je ne m'étais muni, pour ne rien faire, que d’un dictionnaire, un tapis, du fil et des aiguilles. Bien évidemment, ni gsm ni radio ni TV ni internet ni journaux. Rien que du silence.

 

Contrairement à ce qu’imaginerait le commun des mortels pour qui l’idée de retraite semble généralement aussi incongrue que le serait pour la gallinette cendrée l’étude du succès de la culture de l'asperge au Pérou, il ne fut pas question d’ennui une seule seconde. J’eus par exemple l’occasion d’observer de près les mœurs particulières et passionnantes des moines dont j’en expose ci-dessous les unes ou les autres à mon lectorat sidéré (ou en passe de l’être).

 

-         La dernière cérémonie de chants de la journée s’appelle les complies et a lieu tard le soir. Le moine novice n’y sera admis que lorsqu’il aura préalablement fait montre de sa maîtrise dans l’exécution de tous les chants antérieurs de la journée ; le jour béni où il sera enfin admis à la cérémonie du soir, on dira de lui qu’il est devenu un moine à complies ;

-         Le répertoire des chants se renouvelle peu, et est fort rigoureusement cadré : s’ils psalmodient tous les jours les nones (chants du matin), on entend rarement les moines chanter McCartney ;

-         Certains moines sont notoirement moins doués que les autres en chant, parfois même au point d’être de vrais boulets pour la chorale ; si on destine les meilleurs chanteurs aux interprétations en solo, on utilise les boulets pour les canons.

-         Si les chants grégoriens sont si beaux sur disque, c’est qu'il sont enregistrés directement dans les monastères, et depuis toujours, sur des enregistreurs trappistes.

 

Ô retraite salvatrice (4) ! Ô calme souverain ! Ô tranquillité bienfaisante ! Ô motus bienvenu ! Sept jours sans media, sans voisins bruyants, sans paroles vaines, sans bruit de fond autre que celui du chauffage qui ronronne, des oiseaux qui cuicuitent ou des abeilles qui vrombissent pour butiner. Pas de discours crétinisants, pas de débats lamentables, pas de réclame consternante. La paix, le vide, le repos, le paradis quoi. Même si je ne l’ai pas rencontré, Dieu existe, allez Louis A.

 

Hélas… à peine revenu dans le monde avec sous les bras un kilo de chaque fromage et douze bouteilles de bière ambrée, l’auteur, décidément incorrigible, et bien qu’il ait à se lever tôt ce prochain matin, a repris ses mauvaises habitudes de blanchissage de nuit, y a qu’à regarder l’heure du postage. Il en sera quitte pour une nouvelle retraite, incessamment, et plus longue encore, ce dont il se réjouit à l'avance.

 

(1) métaphores électriques. Brillant, non? J'aurais même pu ajouter "...et ampère te de vitesse".

(2) album 'Abysses', sorti en octobre 2007, chef-d'oeuvre à acquérir absolument !

(3) pléonasme !

(4) "Encore une retraite de réussie !" comme disait l'abbé Résina.

23/01/2008

Où l'auteur, bien qu'encore petit aux environs des deux tiers du siècle passé, montre qu'il était déjà doué pour - ou au moins intéressé par - bien des domaines cruciaux de l'existence : ...

1) L'hygiène personnelle
2) L'histoire
3) La pose photogénique
 
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21/01/2008

Où l'auteur se met en veilleuse pour de bonnes raisons

 
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Ah certes je sais que je ne me montre guère guère prolixe en ce lieu depuis le début de l'année, mais que le lecteur - avisé de mon sérieux et de mon assiduité aux tâches dont je me charge - soit informé que je n'ai guère le temps de chômer car, entre la publication prochaine de mon premier recueil de textes (Sonnez trompettes, grondez tambours, cela s'appellera "Tous contraints, I" et paraîtra chez Maelström), l'apprentissage du violoncelle, le tissage gigantesque en fils de laine d'un portrait de la déesse nordique Freya, la fréquentation de plusieurs littéreux belges notoires qu'il me navre de ne découvrir que si tard, l'Euro de handball, des apparaissages sur scène pour déclamer du Norge ou du Jarry, des albums et des concerts par ci par là, et de longues nuits réparatrices pour permettre le tout, franchement, j'ai à peine le temps de téléphoner à ma femme de ménage pour qu'elle vienne un peu ranger/nettoyer le boxon.

L'illustration du début vient à l'appui de ce qui la suit (qui précède), à savoir que non je ne fais pas rien.

03/01/2008

Où l'auteur, après avoir conclu, entame.

 

Résumer 2007 en une seule image ? Fastoche. Pour le reste, on efface tout et on continue.

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29/12/2007

Où l'auteur, à l'instar de Brel dans "Les Bonbons II", fait (fort correctement son) "zob" !

 

Je subis par mail les recommandations périodiques d’un lecteur passablement obsédé qui souhaiterait plus de q dans ce blog. Comme ce n’est pas la première fois qu’il m’objecte à juste titre la monacale austérité des chastes propos que je tiens dans ces colonnes qui constituent à l'évidence un parangon de droiture éthique et de rectitude morale, je m’exéculte et je cause de sous la ceinture, rien ne m’effraie.

Voulant cependant considérer les choses sous un angle différent (de 180°), je discourrai du côté verso du recto (ou du rectal ?), pour parler non de chibre, de Mont-Chauve, de popol ou de callibistri, mais de zob, et même triplement, à l’aide de quelques bons tuyaux (je vous en prie) à moi transmis par une dame honnête, à la répartie élégante et judicieuse, et dont la réputation nimbée de probité (je vous en re-prie) se situe au-delà de tout suçon.

1) Il existe un fort bon club de feûtebal en Division I iranienne qui répond au doux nom de Zob Ahan (*). Je ne sais s’il est mal entretenu ou doublement pas propre, mais son capitaine s’appelle Salsali. Je n’invente rien, vérifiez par vous-mêmes chez Madame Wikipedia.

2) C'est au ZOB que vous aurez à vous adresser si vous souhaitez investir dans un zébu (pour lui tâter la croupe ou dans tout autre but, le second terme de cette alternative étant écrit dans le dessein d'effectuer une transition adéquate -je la trouve personnellement fort brillante- avec le sujet du point précédent). En effet, le Zébu Overseas Board (dont l’adresse se termine par un "org" comme un mot usuel bien en rapport -ahem- avec le sujet et qui n’est pas "organiste") affiche on ne peut plus clairement ses principes : "Tout en favorisant l'agriculture biologique et l'élevage traditionnel, le ZOB met en place un système de financement original où l'investisseur est en relation avec l'utilisateur des fonds placés". Bon, ben allons-y à bien à fonds avec le ZOB, alors.

3) Depuis quelques semaines, des affiches fleurissent sur les vitrines d'H&M avec ce message prometteur : "Un job à votre taille". Je ne sais pas vous, mais moi j’irais bien un de ces soirs coller un "z" sur le "j"...

 

(*) côté recto, il y aussi le nettement plus célèbre club argentin de Lanus, tout récent champion d’Argentine, qui donne régulièrement lieu aux commentaires les plus affligeants du genre : « Une prestation qui restera dans les annales » ou « Encore un match à chier », « Excellent gardien : rien ne passe », « Ca joue fort regroupé derrière », « Lanus est bien en train », « Lanus veut transférer Kaka », « Lanus a le vent en poupe »,  etc. Bien entendu (depuis le temps, le lecteur me connaît), je me désolidarise franchement et sans réserve ni ambage de ce genre d'humour potache et populassier qui ne me fait aucunement pouffer.

24/12/2007

Où l'auteur, submergé par "la chose", barbote béatement dans le sublime

 

La chose vient par surprise, et même si on la connaît d’avant, à chaque coup c’est la première fois. Alors – boum – ce fut rebelote cette semaine lors d’une visite à l’exposition Le Grand Atelier (sous-titre : Chemins de l'Art en Europe, Ve - XVIIIe siècle) au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu’au 20 janvier.

 

Le contexte m’étonna un peu puisque je pénétrai cette expo dans un état d’esprit méfiant, m’imaginant tomber dans un fourre-tout de propagande laudative à la gloire de l’unité européenne qui aurait prétendûment préexisté sur le plan culturel et artistique bien avant que de se réaliser au plan économicopolitique (*). Bien que je ne réussis point totalement à chasser de mon cerveau assombri ce tenace a priori, je fus cependant largement convaincu par l’excellence des œuvres présentées qui  témoignent de qualités artistiques élevées innombrables dont les arts contemporains paraissent, par contraste, largement et singulièrement dépourvus, car hélas et entretemps, l'industrialisation, et à travers elle la tyrannie du répétitif, du préformaté et de l'ordinaire, est passée par là.

 

C’est dans ce contexte résolument non serein que je tombai nez à coeur avec le Buste d’Homme Accoudé de Nicolas de Leyde, et je fus instantanément pétrifié d’admiration béate et de ravissement contemplatif avec dedans des vrais morceaux de délectage et de frissonation allant de là à là voir figures A à C. Il s’agit d’une sculpture de taille modeste (à peine 50 cm de haut) dans du grès rose, dont la seule illustration que j’ai retrouvée sur internet ne rend aucunement justice à la réalité de cette œuvre, dont la beauté et la magistralitude est infiniment supérieure à ce que la photo en laisserait penser.

 

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Cette sculpture date de 1465-1467 et elle est cependant aussi dinguement que modernement  contemporaine, si je puis me permettre cette juxtaposition oxymoronesque d’adjectifs redondants, si je puis etc.

 

Je me calai donc, en position debout  - puisqu’aucun siège ne se profilait dans un environ raisonnable -, les yeux grands ouverts, légèrement frissonnant sous le coup de l’exaltation quoique bien campé sur mes deux jambes musculeuses endurcies aux innombrables longues trottes que je me farcis régulièrement pour me garder au faîte de la fréquentation du Beau, et je jouis pleinement du bonheur difficilement dicible qui émanait du visionnage de la susdite sculpture qui inondait à flots mes sens, mon cœur et mon âme : rien que de l’essentiel, de l’universel, du magistral et du sublime, en toute simplicité, par un artiste au sommet de son art. Rien de moins qu’un chef-d’œuvre absolu, toutes époques et disciplines confondues.

 

Je me surpris, durant cette intense période de silence et de communion avec le Talent Pur, à retrouver ma zénité et même à ressentir une certaine émotion teintée de fierté d’appartenir à la même race planétaire que ce Nicolas génial, oubliant un moment que ses semblables sont aussi les auteurs/reproducteurs zélés et persisto-signants d’une liste interminable de réalisations consternantes parmi lesquelles - et sans mentionner les pires - la déforestation sauvage, le génocide allègre, l'individualisme à tout crin, les frontières linguistiques crétines, le matérialisme inhumain, les armes à uranium appauvri, les camps de concertation négationnistes et la télé-réalité décervelante. Mais voilà qu’une fois de plus, après avoir pourtant évoqué des muscles, je dis graisse…

 

A me remémorer ces instants magiques et virevoltants d’échappée nicola-gréso-bozartesques hors de la médiocrité de la noirceur du temps, j’en (et Jacques en ferait de même s’il était encore parmi nous) chancelle derechef avec secousses d’électricité douce d’ici à la, voir les figures qui précèdent.

 

La charmante demoiselle qui m’accompagnait à cette occasion, qui avait tout vu et tout compris du subtil désarroi émerveillé dans lequel Monsieur de Leyde venait de m’immerger plus de cinq siècles après son départ pour des cieux plus cléments, se contenta, à mon retour vers ici et maintenant (c’est-à-dire là-bas il y a quelques jours), de poser sa tête contre mon épaule et de glisser sans un mot sa douce main en la mienne ravie. C’est peut-être un détail pour vous et ça n’a pas nécessairement quelque chose à voir, mais avec le temps j’apprécie de plus en plus les gens qui, au plus fort du creux des moments inoubliables, n’oublient pas de fermer leur gueule.

 

(*) au vu des dernières péripéties autourant la formation du gouvernement belge, je fus fort tenté de faire disparaître de cet adjectif composé la syllabe ‘no’.  

 

21/12/2007

Où l'auteur présente une oeuvre artistique contemporaine majeure

 
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Vincent Desiderio - Cockaigne (1993-2003)

Avec dedans des vrais morceaux de René Magritte, Pierre Brueghel et Chuck Close, entre autres.